Récit de la course : L'O'Rigole - 75 km 2012, par sputnik

L'auteur : sputnik

La course : L'O'Rigole - 75 km

Date : 8/12/2012

Lieu : Perray en Yvelines (Yvelines)

Affichage : 623 vues

Distance : 75km

Objectif : Terminer

1 commentaire

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L'O'Rigole 2012 (enfin finisher)

En 2010 fin de la deuxième boucle, j’avais les cuisses dures comme du bois et le moral dans les chaussettes. J’étais très certainement parti trop vite et je n’ai pas eu le courage de repartir sur la troisième boucle. Résultat, premier abandon sur un trail et retour au bercail.

Deux ans plus tard on remet ça. Cette fois si l’échec n’est pas une option. Je dois récupérer mes deux derniers points pour pouvoir valider mon inscription à l’UTMB l’année prochaine. La préparation a été entachée par une déchirure au mollet puis une tendinite persistante aux ischios. Je pars donc sous anti-inflammatoire pour tenir la distance. J’ai une séance d’onde de choc prévu pour le jeudi suivant. La préparation s’est tout de même bien passée avec environ 60 à 65K par semaine sur le dernier mois. Les sensations sont bonnes et je n’ai pas accumulé trop de fatigue.

J’arrive donc confiant au gymnase. Ma plus grande question et de savoir quoi porter, car il va faire froid, mais en forêt à alterner les grimpettes, ca peut rapidement surchauffer. Je décide tout de même de prendre mes précautions et de partir avec une seconde couche.

Je discute un peu avec Bikoon qui se remet de son GRR et avec Arnaud qui avait couru l’eco trail bien devant moi en début d’année. On n’écoute pas trop le briefing et puis on regagne la ligne de départ. C’est parti.

Je veux partir cool mais la première partie est roulante donc j’ai tendance à me laisser entrainer. Arrive le premier single boueux, les pulses sont un peu trop hautes et au 6ème k je décide de laisser passer les concurrents derrière moi et de baisser de rythme. On arrive aux premiers bosses en un peu moins d’une heure et c’est parti. Les jambes répondent assez bien mais je commence à avoir chaud. Je bois. Le sol est agréable sur cette partie assez souple. On récupère ensuite du chemin plus classique (plus trop de souvenir en fait de cette partie) avant de retrouver une série de côte. Je suis bien, donc je pousse et passe pas mal de monde. C’est assez grisant, mais faut y aller mollo tout de même, il doit bien rester 50k… La fin de la première boucle se fait tranquille, je lève le pied sur le plateau et me fait dépasser par des concurrents du 28k qui doivent en finir. Arrivé au gymnase, changement de chaussettes et de teeshirt qui est trempé. Je vois Arnaud qui est arrivé plus ou moins au même moment. Je lui propose de repartir ensemble mais il n’a pas fini ces pates.

C’est parti pour la deuxième boucle. Elle semble facile mais elle est usante, j’ai de mauvais souvenir. Je pars donc à un rythme cool. Les pieds sont de nouveau rapidement trempés. Il ya peu de parties vraiment roulantes et les appuis sont toujours difficiles dans la boue. Au fur et à mesure les jambes se font de plus en plus dures. Je commence à avoir des doutes. Je double un conçurent par ci et me fais doubler par un autre par là. Il y a des passages vraiment sympas au milieu des pins que j’aurais aimé faire de jour. Une remarque sur le balisage qui est vraiment parfait. Aucun risque de se perdre même si on court sur des chemins qui n’en sont pas. Enfin, les kilomètres avancent doucement mais surement et on fini la boucle à trois. So far so good. Pas d’abandon cet année en fin de B2. 6h08 de course environ 20 minutes de plus qu’en 2010 mais encore vivant ! Je ne me change pas cette fois. Ce sera une erreur pour les chaussettes tout au moins.

Départ de la dernière boucle. Il fait froid et je mets du temps à me réchauffer. Deux concurrents me dépassent mais restent en ligne de mire. On arrive à Auffargis, passe devant la salle des fêtes et puis c’est parti. Je m’attendais à ce type de tracé, mais c’est vraiment dur. Ca grimpe droit dans la pente et puis ça redescend et ça regrimpe. Il n’y a quasiment aucune partie roulante. C’est dur. On croise des frontales de temps en temps mais les positions n’évoluent pas trop. On perd un peu la notion du temps et les kilomètres n’avancent plus. On a ce petit croissant de lune sur la droite qui nous guette. Il reste sur la droite. J’ai hâte de l’avoir de face puis sur ma gauche ce qui marquerait le retour au bercail. Mais bon dieu que c’est long. On commence à entendre les cops chanter, le jour ne va pas tarder à se lever. Enfin, on traverse la nationale, le jour se lève doucement. je commence à avoir mal partout, sous la plante des pieds, aux orteils, aux épaules sans parler des jambes, pas bon. C’est l’heure du petit déjeuner et d’un coup mon rythme baisse et je commence à voir des étoiles. La fringale arrive. J’avale rapidement deux barres. C’et marrant comme le corps envoie des signaux pour dire qu’il a besoin de carburant et que l’on attend toujours d’être vraiment dans le rouge pour le satisfaire. Je me fais rattraper par 5 ou – coureurs qui restent dans mes pas. Il me faudra bien 20 minutes pour retrouver des forces. Finalement, la première féminine, Marion ou Marioune je crois pour les kikous revient sur moi et je trouve la force d’accrocher sa foulée. C’est plus ou moins à ce moment là que l’on sort de la forêt. On retrouve Auffargis, un bénévole nous indique 2,5k, il en faudra en fait 4. Marion ne faiblit pas elle, et j’ai un mal de chien à la suivre. Mais au moins on avance bien et le kilomètres passent plus vite. On traverse la nationale et nous y voila. 10h33 et 19ème place. Je me voyais plutôt dans les 50, il a du y avoir des dégâts. J'ai 77k5 au compteur en compteur.

Le bagnard me remet la polaire finisher, merci à lui et à l’organisation en général qui était parfaite. J’ai juste était étonné de croiser des coureurs en sens inverse dans la B2 !!!

Bilan : la course fut particulièrement éprouvante physiquement et mentalement. Il ne faut vraiment pas se poser de question au ravitaillement et venir pour finir. Si on se laisse la porte ouverte pour arrêter, c’est fini. Pas sur de revenir dans deux ans, mais bon on verra.

Prochain objectif, l'UTMB, ce sera encore une autre histoire.

1 commentaire

Commentaire de marioune posté le 19-03-2013 à 22:36:00

Hello Sputnik, je ne vois ton récit que maintenant. Vi c'était moi, marion alias marioune, ou alias mémé négative salit. Merci d'avoir partagé les derniers km, j'ai aussi adoré le bénévole "il reste 2,5km". Bonne prépa pour l'UTMB. Je reviens en France en Juillet, on se croisera peut être sur les sentiers, pas forcément de nuit dans la boue...

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