Récit de la course : Marathon de Bessans 2012, par marmotte_parano

L'auteur : marmotte_parano

La course : Marathon de Bessans

Date : 8/1/2012

Lieu : Bessans (Savoie)

Affichage : 825 vues

Distance : 72km

Objectif : Pas d'objectif

3 commentaires

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Challenge des 2 courses : 30km classique + 42km skating

Marathon de Bessans

07/01/2012 et 08/01/2012

30km Classique

42km Skating

 

Cette année, je décide de relever le défi : m'inscrire sur les deux courses de l'événement, le 30km classique le samedi et le 42km skating le dimanche. Même pas peur ! 

Samedi matin, après une grosse heure de route, c'est sûr maintenant, je vais me les peler.

-17°C 

On va dire que l'ambiance est plutôt frisquette en sortant de la voiture. Tout est bleu autour, oui, pas blanc, mais bleu. C'est magnifique toute cette neige mais qu'est ce que c'est froid.

 

 

Je vais chercher les dossards (cadeau avec l'inscription : une casquette même pas moche !)

 

Allez, on va finir de préparer les skis. Ma mère et ma sœur, qui étaient déjà sur place, me rejoignent. Elles m'encourageront avec Emilie.

 

 Fait froid !

Aujourd'hui, rien à foutre, je skie avec la veste. Tant pis si ça fait pas pro !  J'ai pas envie de perdre de précieuses calories dans ce froid.

 

Je traine pour aller m'échauffer. Il fait vraiment trop froid et ça se voit aux toilettes. Plein de coureurs se sont regroupés au chaud.

Je vais quand même skier juste 10 minutes avant de me mettre sur la ligne de départ.

 

Le départ est donné , et première victoire, je ne pars pas avec d'onglée. Juste un peu froid mais c'est acceptable. Par contre, partir aussi vite dans une température aussi froide avec aussi peu d'échauffement et aussi peu de glisse me met dans le rouge. Ah c'est sûr, j'accroche bien en montée par contre je n'ai aucune glisse, et ce même par rapport aux autres. Et je ne parle pas de cette douleur à l'épaule droite qui m'empêche de prendre de bons appuis en montée.

 

J'en chie, je perds mes doigts de pied et mes doigts. Je peste . Je n'avance pas . J'ai beau appuyer sur les bâtons, tout le monde me double et ça me plombe le moral. Je n'ai aucun jus, je subis le froid, la course.

Qu'est ce que je fous là ? Je me demande si  je ne vais pas abandonner. Puis je me dis que je vais au moins faire le premier tour (15km).

 

 Froid mais beau !

 En passant sous l'Arc (les habitués de Bessans comprendront), je perds définitivement mes doigts . La douleur m'empêche de plier les doigts. Là c'est plus possible, je m'arrête en haut d'une montée. Et je commence à faire de grands moulinets avec les bras . L'épaule droite est toujours rouillée.

Le sang commence à revenir au bout des doigts. Un groupe de 20 coureurs me double.

 

Après 3 minutes à m'agiter, je considère que c'est bon pour le moment. Je pars derrière deux coureurs.

Les sensations reviennent peu à peu et au bout d'un kilomètre, je les double.

 

Mais, mais, qu'est ce qui m'arrive ? Je glisse !  Putain, qu'est ce que c'est bon  ! La course commence enfin pour moi. J'ai toujours deux gros blocs de glace à la place des orteils, mais ça n'a plus d'importance. Je me sens bien ! 

Bim, ccccchhhhhhhh... BIM, cccccchhhhhhhhhhh... BIIIIMMM, cccccccchhhhhhhhh En poussée simultanée, j'appuie fort sur mes bras et je profite de la glisse. Et je vois que ça marche. Et je vois que je reviens sur les autres participants. Mon cerveau est passé d'un extrême à l'autre, de l'abandon à la rage.

 

Je passe le 15km en une grosse heure. Je ne sais plus combien de coureurs j'ai doublés. Je me souviens juste que c'était bon ! Que les skis glissaient. Que j'appuyais fort sur mes bras. Que le seul objectif était de rattraper le coureur devant. Et quand ce coureur était derrière moi, c'était le suivant à rattraper.

Crédits : FOXPHOTOS.fr 

Je passe la ligne d'arrivée en 1h55min01s à la 31ème place sur 170. Je tenais à remercier ma sœur, ma mère et Emilie d'avoir bravé le froid glacial pour m'encourager. Merci également aux membres de l'AVOC et du MONOLITHE SKI DE FOND qui m'ont encouragé.

 

 

Le lendemain, on prend les même et on recommence ! Cette fois-ci, mon père et ma sœur prennent également le départ.

Soulagement, la température avoisine le 0°C. La seule inquiétude est le choix du fart. Nous nous sommes fartés en bleu, est ce que le violet aurait été plus judicieux ? De toute manière, il n'y a plus le choix, il faut y aller avec ce qu'on a.

Je ne fais pas la même erreur que la veille. Je m'échauffe comme il faut . Une petite bise s'est levée, elle refroidit les extrémités mal recouvertes.

Le départ est retardé de 15 minutes. Dommage j'étais bien prêt à l'heure. Il faut continuer à s'agiter pour ne pas se refroidir .

2 minutes avant le départ, je chausse les skis sur la première ligne. Ce sera l'objectif, finir dans les 60 premiers pour continuer à bénéficier de ce privilège.

 

5... 4... 3... 2... 1... POUUUUUUUEEEEEETTTTTTT ! 

Et c'est parti !!! Je prends un bon départ . Au bout de quelques centaines de mètres, malgré la largeur de la piste, le devant du peloton bouchonne. Mais qu'est ce qui se passe ? On se regarder tous un peu. Les leaders sont juste devant. Ils n'avancent pas. La faute à ce vent qu'ils doivent affronter de face. Je profite de cet écran humain pour reprendre mon souffle. Ce lent départ me convient parfaitement, alors que chaque année, je suis dans le rouge les premiers kilomètres, cette fois-ci je me sens bien.

 

Les kilomètres s'enchainent et je prends un plaisir fou. Mes skis glissent à merveille. J'essaye de temporiser mon rythme car je commence à me connaître, avec de telles conditions, je suis capable de jouer et de gaspiller de l'énergie. Je cherche à poser mes skis parfaitement, à profiter de chaque Joule d'énergie dépensée.

 

Je rejoins deux coureurs. Alors qu'on finit de remonter la vallée contre le vent, je passe devant  en comptant sur le vent arrière pour le retour dans l'autre sens. Que nenni ! En prenant le virage qui nous permet de changer de sens, je me prends tout le vent de face ! Il remontait la vallée et pas l'inverse.  J'ai l'air malin maintenant à mener ce petit groupe tout seul le vent en pleine poire ! Je tiens quelques kilomètres comme ça, puis dans le plat descendant qui ramène au ravitaillement de la Bessanaise, un des deux participants prend le relais (Ouf, merci, je commençais à trouver difficile).

 

Tous les trois, on avance bien tout le long de l'Arc. Mais peu à peu, je sens mes forces diminuer. Pourtant, nous sommes maintenant à quelques dizaines de mètres d'un gros groupe qui s'est formé autour de la deuxième femme.

Je me fais lâché plus ou moins volontairement par le groupe 500m avant le début de LA grosse montée du parcours : un gros et long plat montant (la montée de la rouge). Je n'ai plus trop de jus, je sens qu'il faut que je mange et je vois le groupe d'une quinzaine de skieurs prendre de l'avance sur moi.

C'est un immense soulagement de voir que finalement la montée du Ribon ne fait plus partie du parcours (c'était déjà le cas l'an passé). J'attaque le second tour seul, avec une grosse baisse de régime. Je m'alimente un peu. Je prends garde à bien skier, à bien glisser pour ne pas perdre d'énergie.

 

Ce sont environ 7km de « moins bien » avant que mon moral ne puisse se raccrocher à un petit challenge. C'est en m'arrêtant au ravito de la Bessanaise  que mon salut arrivera. Je les ai vus arriver de loin pendant que j'avalais des pâtes de fruit.

Je pars en même temps que ce binôme, je me cale dans leurs skis et leur laisse faire tout le boulot. De toute manière, je serais incapable de prendre un relais, j'ai déjà du mal à garder le rythme. Ils doivent le sentir car ils ne me demandent pas de passer devant. Régulièrement l'un passe devant l'autre comme une mécanique bien rodée.

Au fil des kilomètres, je sens que ça revient : le mental et le physique. Si bien que lorsqu'un des deux dit : « C'est au 57 de passer devant », je prends le relais. A nous trois, ça fonctionne bien et on a peu à peu en ligne de mire un groupe. Ce groupe est d'ailleurs mené par la 2ème femme.

 

C'est juste en bas de LA montée que nos deux groupes fusionnent. Un de mes deux compères prend la poudre d'escampette et double tout le monde. Moi, j'essaye de limiter les dégâts dans la montée. Je commence vraiment à sentir le cumul des kilomètres. Je rattrape dans la montée la 2ème femme qui a l'air un peu en difficulté. Puis c'est dans la relance que je rattrape une grosse partie du groupe. Je sais que c'est fini et qu'il faut tout donner.

Je vais chercher au fond de moi ce qu'il faut de motivation pour doubler le dernier coureur restant du groupe dans les 400 derniers mètres. Il s'accroche. J'accélère un peu dans l'espoir de le faire décrocher . Le bruit de ses skis s'éloigne. C'est bon, je n'aurai pas à sprinter.

 

 Crédits : FOXPHOTOS.fr 

Je passe la ligne en 2h08min22s à la 47ème place.

 

Je suis très content de mon résultat et je tiens également à féliciter mon père pour sa performance et ma sœur qui s'en sacrément bien tiré malgré une semaine de ski intensive.

Au challenge des 2 courses, je termine 5ème sur une cinquantaine de participants. Là-encore, je suis très content de ce résultat.

 

Merci aux bénévoles et aux organisateurs ! 

Merci à tous ceux qui m'ont encouragé, ils m'ont bien aidé ! 

Merci à ma soeur pour les photos. 

3 commentaires

Commentaire de Schtroumpfette74 posté le 17-01-2012 à 20:51:58

ce fut un plaisir de t'encourager sur le 30km malgré le froid et mes doigts de pied qui ont bien souffert !
Bravo pour ce très beau doublé !!!

Commentaire de le_kéké posté le 18-01-2012 à 13:32:33

Bravo pour cet enchainement des 2 courses dans les 2 styles et bravo pour la perf, impressionnant !!!

Commentaire de yves_cool_runner posté le 23-01-2012 à 20:43:30

Et bien, ça c'est du vrai ski de fond, on se pèle, on est heureux, on a des coups de moins bien, ça revient... Félicitations pour les deux résultats, mais attention, Le Kéké tient une forme olympique et va tous nous bouffer !!!

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