Récit de la course : Les Foulées Gouvillaises - 21.1 km 2026, par Shoto

L'auteur : Shoto

La course : Les Foulées Gouvillaises - 21.1 km

Date : 29/8/2026

Lieu : Gouville Sur Mer (Manche)

Affichage : 106 vues

Distance : 21.1km

Objectif : Pas d'objectif

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FOULEES GOUVILLAISES en Normandie = en mode exercice V02max

Retour sur mon trail compétition de samedi dernier couru à Gouville sur Mer dans la Manche (50) dans le cotentin normand. 

Un TRAIL ou un semi-marathon mixte ?  Une distance de 21 200 mètres, 2 fois la même boucle à parcourir dont la moitié de la distance à marée basse les pieds sur le sable mouillé sur la plage (là, c’est bien du trail !), et 50% environ parcourus sur les routes et chemins zigzaguant derrière les dunes pour revenir vers la ligne de départ (là, c’est bien plutôt de la route principalement !)  … avec un dénivelé positif total « dantesque » de 109 m qui fait sourire le traileur plutôt typé montagne que je suis. 

 

Aujourd’hui, je vais courir ces 21 km en mode sprint pour booster ma V02 Max et ma VMA de vieux traileur lent que je suis (56 ans). Moi qui cours la plupart du temps en mode Aérobie, vouloir choquer mon cardio pour aller chercher de l’Anaérobie s’inscrit pleinement dans mon plan d’entrainement du moment. Attention, pour les lecteurs à VMA d’avions de chasse, vous ne lirez pas aujourd’hui le récit d’un bip bip runner aux avants postes de la course mais plutôt le CR d’un vieux briscard du trail lent ayant décidé de booster (un peu) son rythme de course habituel … passe donc ton chemin si tu veux lire une tentative de PODIUM … à bon entendeur 😉

 

Cette course de 21 km rapide s’inscrit en fait dans mon plan d’entrainement de cet été intégrant de beaux volumes pendant mes vacances, du quantitatif mais surtout du qualitatif avec plus de fractionné et de séances de seuil que d’habitude. M’étant fait insidieusement « bâché » par les BH (barrières horaires) pour la première fois de ma carrière sur mon dernier TRAIL « la BARJO » (Beaumont la Hague près de Cherbourg) en juin dernier (arrêté au 57ème Km par l'Orga sur mon ultra de 80 bornes), j’ai décidé de reprendre en main mon entrainement en intégrant plus de vitesse pour booster ma vitesse de croisière sur ultras.  Pas de blessure du moment, pas de bobo et affûté presque comme un sabre japonais, je cours aujourd’hui serein avec l’envie de me faire mal (dans le bon sens du terme). 

 

15h30 sur la ligne de départ de ces FOULEES GOUVILLAISES parfaitement bien organisées notamment par la Mairie de Gouville sur mer. Nous sommes environ 190 inscrits. Temps pluvieux annoncé. Il ne pleut pas sur la ligne de départ mais un vent à décorner les c… nous chahute. En attendant le Top Go, Eole m’incite à me planquer derrière la ligne de camping-cars bordant la ligne de départ installée près de la cale de Gouville au-dessus de la plage. 70 Km/h de vent sud-ouest avec de fortes rafales … il ne fait pas froid (environ 21 degrés), ni trop chaud ! ce qui me ravit par suite de cet été 2026 ayant connu en France et en Europe de nombreuses phases de canicules et ayant provoqué ou suscité le déclenchement de méga-incendies surtout en Gironde (33). 

Pas de risque de surchauffe aujourd’hui !  le vent est presque frais et nous secoue comme des bourriques ! Nous laissons arriver les derniers du 10 km et la course des randonneurs dans laquelle une rapide « mamie» marcheuse et souriante arrive première devant nos yeux ébahis avec une belle technique de marche déhanchée bien tonique ! Bravo à elle !

plage Gouville sur mer

TOP GO, c’est parti.  Enfin ! 

Je slalome sans brutalité pour dépasser les coureurs plus lents qui, à l’inverse de moi, veulent éviter le départ trop rapide. A vrai dire, je souhaitais courir ce jour en mode « négativ split « mais l’envie du moment et ma condition physique optimisée, me donnent envie de lâcher un peu les chevaux dès le départ, surtout que la pluie froide commence à tomber dès le top Go !. 

Nous parcourons vite la ligne droite sur la route bitumée évoluant derrière les cabanes de plage colorées de GOUVILLE. Sur un rythme bien rapide je déroule activement ma foulée (bien travaillée cet été), avant d’attaquer le sable et de descendre sur la grande plage en contrebas. Le vent fort nous prend de face (70 km/h avec rafales pour rappel). Je ralentis un peu et talonne pour ne pas remplir de sable dès le début du Run mes vieilles chaussures Salomon Speed Cross. 

Nous nous retrouvons à marée basse, sous une belle averse normande, à cavaler sur un sable mouillé mais relativement dur, de la bonne tôle ondulée à certains endroits. De nombreux cailloux déstabilisants m’obligent à prendre un peu plus au large contrairement aux autres coureurs, pour aller chercher de la bonne surface de course. J’ai en fait un peu d’expérience du terrain, ayant couru plusieurs fois à proximité l’ENDURO PEDESTRE DES SABLES d’AGON COUTAINVILLE qui se court également à marée basse sur le sable. De surcroit, j’ai pratiqué quelques jours avant la course une belle marche nordique entre Blainville sur mer et Pirou, circuit passant justement à cet endroit devant la plage de Gouville sur mer. 

Ayant vite trouvé le sable stable et humide qui me convient, je déroule activement ma foulée. Nous ne subissons plus la pluie forte dans la figure désormais, les hallebardes mouillantes de la forte pluie normande nous attaquent en fait de biais maintenant en arrière, à titre d'info une belle allure de « grand largue » babord pour ceux qui connaissent les allures en voiles ! 

Je rattrape vite quelques coureurs dont une traileuse en jaune qui évolue à un bon rythme et qui accélère lorsque je cours à côté d’elle, avant de me caler sur une belle vitesse constante de progression. Je trouve vite ma vitesse de croisière (rapide) du moment en aisance respiratoire et je suis subjugué par la beauté du paysage, admirant cette lumière particulière du soleil qui tente au loin de percer ces gros nuages gris,  dont 1 de leurs congénères a méchamment décidé de se purger au-dessus de nous en ce début de course ! La ligne de coureurs en action sur cette belle plage à marée basse nous offre une vision assez fantastique du moment, le bruit du vent, la pluie qui rafraîchit, la cavalcade avec tous ces confrères et consœurs, coureurs et coureuses, l’oxygénation garantie, me rendent heureux et me font kiffer fortement ce chouette moment de sport intense qui me fait me sentir pleinement vivant et en parfaite osmose avec les éléments de Dame nature !

Ma montre bipe tous les kilomètres ; 1er km en 5 minutes au kilo, puis 4mn58 du kilo sur le second kilomètre, le troisième kilo arrive avec un rythme de 4mn58 du kilo également, … bistre ! moi qui courais la semaine précédente habituellement mes sorties à plat  entre 5,30 et 6,15 du kilo, je me demande si je ne suis pas en surrégime malgré mes bonnes sensations ! mais je me dis qu’avec un vent de 70 km/h dans le dos, çà aide aussi à aller vite ! 

A cette allure, les gros fanions orangés plantés dans le sable par l’Orga défilent rapidement ! Nous alternons des phases de sables durs ou un peu mous et des passages de ruets, ces petits ruisseaux de mer circulant entre les plaques de sables et mini-dunettes à marée basse. 

La vue est tellement dégagée que nous voyons au loin tout au bout de ce long ruban humain en pleine action, les avions de chasse élites qui sont déjà presque arrivés en bout de plage. 

Environ une demi-heure après le départ, après avoir bien profité de cette belle grande plage normande, un tracteur stationnaire et un fanion orangé nous indiquent que nous nous devons remonter vers les dunes … mais là, changement de programme, car nous sommes désormais avec un vent presque de face !  Une « allure au près » terme qui parlera pour les voileux, et le sable gravillonné devient très mou ! Nous galérons pour essayer de conserver de la vélocité, dur dur ! Heureusement nous avons laissé la pluie et son nuage noir au-dessus de la cale de Gouville sur Mer et les dunes ne sont pas lointaines, seulement à 300 mètres. Sortis de la plage et du sable, nous rejoignons une route au bord de laquelle nous sommes accueillis par un poste de ravitaillement solide / liquide bienvenu. L’Orga a prévu des gobelets non jetables, lavables et donc réutilisables avec des bénévoles bien installés également jusqu’après la table de ravito, munis de grandes poubelles pour recevoir nos gobelets vidés. Bravo, belle organisation efficace et appréciable. 

 

Changement de programme et de terrain désormais, nous sommes sur la phase retour pour finir la première boucle de la course. Fini le sable sur cette partie, il nous reste principalement environ 4 km de petites routes bitumées slalomant entre des dunes sauvages et des maisonnettes de vacances. Le balisage est parfait, les aiguilleurs présents. Le sol est plat, et je me bagarre avec un coureur trapu en noir à casquette, qui avait dit à son fiston venu l’encourager en bas de cale principale qu’il était probablement parti trop vite. Je le double pensant le larguer mais le loustic a de la réserve et me mettra plus loin dans le vent sans espoir de le rattraper. 

En comparaison avec le sable humide de la plage, la course sur le bitume semble bien cassante même s’il est appréciable de ne pas avoir d’obstacle. La foulée semble toutefois plus aisée, et j’arrive à conserver un rythme encore rapide bien qu’étant un peu plus ralenti par rapport à la longue ligne droite en bas de plage. 

Nous courons désormais dans notre "caisson" de coureurs évoluant au même rythme. Difficile de doubler voire de se faire doubler maintenant. Certaines routes en ligne droite semblent un peu monotones mais le vent fort que nous devrions avoir de face est partiellement dévié par la végétation basse du bocage normand ainsi que les dunes. Nous courons aérés mais sans trop de difficultés. J’évolue sur cette partie entre 5mn07 et 5mn15 du kilo, ce qui me convent parfaitement. Naïvement, vu ma bonne condition physique du moment, je pense à cet instant que je vais réussir à courir la seconde boucle à ce même rythme ! 

Un virage, puis nous retrouvons la ligne de camping-cars à droite et le camping de Gouville plage à gauche. Le vent fort nous harcèle sur cette partie et je tente péniblement de conserver mon rythme de course en forçant un peu. 

Fin de la première boucle de 10,6 km, passage sur la ligne de départ en 50mn, soit une moyenne de 12,7 Km/h pour moi, ce qui est assez exceptionnel étant donné mes capacités mécaniques actuelles liées à mon âge de vieux traileur. Ravito express, bonjour à Tonton et Cousin venus me supporter et je repars un peu plus lentement ravitaillé d’une bouteille d’eau à la main qui m’a été tendue par mon oncle, ainsi que d’un morceau d’abricot. 

En bifurquant vers une poubelle pour jeter ma bouteille d’eau je me fais redoubler par mon lascar trapu en noir avec casquette, que j’avais doublé. Il s’est bien accroché le bigre. Je le redouble dans une légère montée derrière les cabanes de plage colorées de Gouville avant de redescendre sur la plage, en même temps qu’une coureuse rapide que j’avais prise en ligne de mire sur les dernières longues lignes droites bitumées.  

Lors de la descente sur la plage, que nous avions passée 1 heure plus tôt sous des trombes d’eau, le ciel est maintenant éclairci et le soleil presque revenu. Mon lascar trapu en noir me redouble dans cette descente, plus véloce que moi dans le talonnage technique du sable. Je tente de le réattaquer sur le sable humide, mais le loustic accélère et j’ai du mal à l’accrocher. 

Petit coup de mou, il va falloir gérer de nouveau cette belle et longue ligne droite à marée basse parallèle à droite à la plage de Gouville puis celle de Geffosses, et à gauche la mer pas très lointaine (500 mètres). 

Le vent est un peu moins fort désormais bien que toujours bien prononcé et bien orienté. Donc dans le dos ! Je relâche un peu mon rythme de course sans faiblir, surveillant mes allures. Mon lascar trapu s’éloigne progressivement et un coureur en jaune me rattrape faisant jeu égal à mes côtés jusqu’en bout de plage.  

Ayant mollis un peu, je tente de conserver un bon rythme de course, concentré sur ma foulée et ma posture pour ne pas perdre d’énergie. Foulée courte et tonique surtout dans les passages de ruets ou de sables plus mous, bien droit et menton haut, je balance activement des bras.  5mn10 du Kilo, 5mn27, 5m15, 5mn12, puis 5mn17 entre le 12ème km et le 16ème km sur cette belle plage à la luminosité incroyable. Je souffre physiquement mais le cardio reste bon et je sens que même si je ne peux pas accélérer, je peux tenir le coup à ce rythme. Je travaille le mental.  

Dernier fanion orangé sur le bout de plage au 16ème km avec son tracteur stationné, nous croisons des kite surfeurs en train de rejoindre la mer agitée et portant leurs voiles vibrantes dans le vent. Pas un regard de part et d’autre, pas un encouragement, nous faisons partie de 2 mondes sportifs bien différents. Etrange.

Je commets à ce moment une erreur au changement de direction avant de remonter vers les dunes et le ravito. En effet, je ne prends pas assez la corde, je suis effectivement trop la trace laissée par le tracteur de l’Orga. Mon traileur jaune suivi par 2 autres coureurs me doublent à ce moment me laissant empêtré dans un sable gravillonné bien mou face au vent fort. Coup de mou, je peine à essayer de les rattraper alors que je les vois s’éloigner. Mince ! une bonne claque au moral à cet instant. Fichtre ! moi qui me croyais bon dans les passages techniques … je perds rapidement 150 mètres par rapport à eux !

Ravito bienvenu. Hop ! banane et eau. 

C’est reparti ! je tente de relancer mon allure mais les jambes sont désormais lourdes et je me découvre un rictus de souffrance affiché sur mon visage. Dur dur sur ce bitume que je trouve bien dur ! les 3 coureurs que j’ai doublés ne sont pas finalement pas loin et ils ont rattrapé 2 autres coureurs. Ce qui me motive pour allonger ma foulée en me concentrant de nouveau sur cette dernière, l’attaque médio pied du sol et ma posture générale de course. 

Les lignes droites bitumées sont longues, je souffre. Je rattrape un coureur qui marche et qui grimace en se tenant les adducteurs. Croyant à une crampe, je lui propose de lui tirer la jambe pour faire passer celle-ci mais il me dit que ce n’est pas la peine. C’est à priori une blessure à l’adducteur. Il veut se reposer et marcher. Je laisse ce pauvre bougre qui pourtant faisait à priori aussi sa belle course. 

Au loin, au-delà de la grappe de coureurs que je tente de rattraper, je ne vois plus mon lascar trapu en noir qui a sacrément accéléré alors qu’il n’était pas très loin au dernier fanion sur la plage.

Il va falloir gérer maintenant dans la relative douleur cette fin de trail à haute intensité ! Ma montre m’indique des allures entre 5m33 et 5m44 du kilo … fichtre j’ai sacrément ralenti sur cette fin de de seconde boucle. Normal, le corps est fatigué et je ne suis pas un coureur habitué à de la haute intensité sur des trails courts. Je pense à mes fins d’ultra trails dans le dur et je me rassure en me disant que je cours à ce moment beaucoup, vraiment beaucoup plus vite que sur mes fins d’ultras … et que la période de douleur sera plus courte ! Soudain je me sens plus léger ! 

Dernier virage avant la longue ligne droite des campings cars et de l’arrivée, dernier kilomètre. Un coureur en beau tee shirt turquoise me double ayant accéléré son rythme. Il salue des connaissances sans avoir l’air d’être essoufflé ! Je m’accroche un peu à lui en guise de locomotive pour doubler mon traileur jaune dans la souffrance ainsi qu’un autre traileur. 

 Dernière ligne droite, je vois au loin la ligne d’arrivée. Accélération de fin de course pour tout donner et ne rien regretter. Mon secret espoir est de ne perdre que 5mn sur cette seconde boucle par rapport à la première et d’arriver en 1h45. 

Je franchis la ligne d’arrivée en 1h53 sous les applaudissements du public et de mon cousin venu avec sa conjointe m'accueillir.  J’ai « perdu » 13 mn sur cette seconde boucle alors que j’avais fini la première boucle en 50mn.  J’ai couru cette seconde boucle en 1H03mn à une vitesse moyenne de 10,4 Km/h  bien plus lentement donc.

Bien claqué mais heureux d’avoir participé à cette belle course bien organisée et très oxygénante ! 

Je finis 87ème sur 181 arrivés. 

Vitesse moyenne générale de 11,14 km/h. 

6ème Master 4 homme. 

Le 1er finit en 1h18mn (François Xavier Couillard) et la dernière Ana en 2h43.

Pas de blessure, pas de douleurs à part une mauvaise sensation sur un métacarpse du pied gauche sur le bitume lors des derniers kilomètres avant l’arrivée. 

J’ai bien boosté ma VO2 Max … cela me servira pour mon prochain trail de Fontainebleau et surtout mon ultra de fin septembre dans l’Ain, l’UTGC ! 

Vivement mes prochains trails ! et vive le trail !

Shoto. 

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