L'auteur : Benman
La course : Ultra Tour du Beaufortain
Date : 18/7/2026
Lieu : Queige (Savoie)
Affichage : 1121 vues
Distance : 110km
Objectif : Terminer
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Des espoirs nés d'une envie de revanche(s)
Prendre le départ d’une course un peu longue, c’est toujours une aventure.
Là, l’aventure avait commencé dès le 2 janvier, avec une épreuve de fast-clicking connectée suivie en direct par une armée de followers via WhatsApp.
Finalement, après un peu de stress et de fake news, à peu près tout le monde gagne le droit de venir à Queige le 18 juillet. La prépa peut commencer.
Résumons le truc : une course un peu poussive au Trail des Maquisards en plein hiver, puis une PLS d’arrivée d’anthologie aux 3 Couvents (une heure à reprendre mon souffle sur le brancard des secours), terminée par un DNF des familles en haut du Pilat lors du Pilatrail, avec rapatriement par la Croix-Rouge.
Y’a pas à tortiller du derrière, je suis fin prêt pour cette petite plaisanterie fastoche qu’est l’UTB.
Evidemment, je ne change rien à une routine qui marche : on prépare ses affaires au dernier moment, on a des calls au boulot juste en prenant la voiture, on prévoit pas grand-chose au niveau bouffe pour le soir, on ne se repose pas trop dans la semaine avant, avec 250 km de vélo, et surtout on n’essaye pas de dormir comme il faut. La course sur pré-fatigue, c’est le must de l’entraînement hardcore.
Depuis quelques mois, un petit nouveau s’est ajouté à ma litanie de VPC (Vieillesse Précoce Chiante) : le petit vomito saveur au choix. Pour moi, jusqu’à il y a peu, vomito, ça rimait surtout avec mojito.
Mais là c’est juste qu’il y a un physio et un videur à l’entrée de ton estomac : toi tu rentres, toi tu rentres, toi tu dégages…


Mon système digestif en course
C’est un VPN (Ventre Parfaitement Nettoyé) qu’il me faudrait en fait pour masquer mon manque de connexion avec une préparation soignée.
Bref, me voici plein de confiance et de certitudes sur la ligne de départ de l’Ultra Tour du Beaufortain.
En plus je connais bien cette course : j’y ai abandonné il y a 10 ans. C’est l’anniversaire aujourd’hui de mon 1er DNF. Trop cool.
Mais y’a 10 ans, j’avais 10 ans de moins, je n’avais pas les genoux en mousse, je digérais tout ce qui passe, et la course était un peu moins longue qu’aujourd’hui… bref, y’a pas de raison que ce qui n’a pas marché y’a 10 ans se mette à marcher aujourd’hui.
Voilà, sur ce tableau plein d’optimisme sur décor de petits chats mignons, il est temps de vous présenter la course.

En fait, je reviens dans le Beaufortain car c’est un endroit magnifique. J’ai encore en tête le passage du col à Tutu et l’envers de la Pierra Menta jusqu’au col du Grand Fond, comme une des plus grandes claques rétiniennes que j’ai prises en montagne.
Mon aventure il y a 10 ans avait tourné court au milieu des orages. Cette fois-ci, il fait un temps idéal : soleil, aucun risque d’orage, même pas trop chaud. Bref, aucune excuse cette année.

On y va? Il est 4h
Le départ se fait dans la bonne humeur, enfin, il est 4h, je me comprends, quoi. Quelques petits mots échangés avec Jano qui sort tout juste de son caca de la peur. Lui, il sait qu’on va en ch… Je rentre dans le sas au dernier moment au grand dam de mes coéquipiers du jour : Ewi et Steven.
Steven sonne la charge pour qu’on parte vite, Ewi se sent un peu fatigué, et moi je bluffe façon le meilleur magicien : comment faire croire qu’on est serein et que tout va bien se passer, alors que je sais que si je m’emballe, je vais finir en momie.
On commence par un tour complet du plan d’eau : ça sent déjà le plan foireux, va pas falloir prendre l’eau. J’ai dû faire un ou deux tours de trop, car je suis déjà au fond de la classe. Je n’ai pas envie de redoubler d’effort.
J’ai toujours eu des bulletins présentant un excellent rapport effort fourni/ résultat perçu. Je vais essayer d’appliquer ça au trail aujourd’hui.
Premières pentes, il fait tout noir mais je n’allume pas la lampe. Je joue à suce-lumière dans la forêt. On a tous un peu des têtes d’allumés.
Bison futé avait prédit quelques bouchons pour les derniers. On prend notre mal en patience pour souffler et s’alimenter. C’est facile finalement le trail dans ces conditions.
Après 15 minutes de temporisation, on arrive à Molliessoulaz. La pente est raide dans le pré. Une famille tombée du lit nous encourage chaleureusement. J’irais bien faire une petite rallonge de couette dans leur gîte, car la nuit a été bien courte, dans une fournaise plus propice à morfler qu’à Morphée.

Nous sommes bien calés en queue de peloton. Le gruppetto s’est organisé.

Certains sortent déjà les oreillettes. Je suis en mode contempl’hâtif.

Un moment, j’en mets une petite pour tester le cardio.


Ewi est déjà assez loin derrière. Steven embraye, mais me lâche irrémédiablement. Je n’essaie pas de lutter. Il veut faire sa course et a bien raison.

On atteint donc les premières crêtes et la Roche Pourrie, chacun dans son tempo. Je garde un large frein à main d’un côté et un œil sur le cardio de l'autre. Dès que ça dépasse les 130, mon régulateur de vitesse se met en marche.
Le pas de l’âne est franchi au pas de la tortue.

La descente jusqu’au Planay va pouvoir commencer.
Je rêvais de Planay, mais pour l’instant je m’écrase. Le terrain est assez caillouteux. Faudrait pas se faire une cheville.
La descente finale dans les alpages sur de larges chemins me convient mieux. Je gagne quelques places. La Pierra Menta se dévoile au fond. Nous y serons dans une petite dizaine d’heures.

Je tombe sur un jeune qui fait son deuxième UTB. L’an dernier, il a bâché au 80ème. Il n’a pas trouvé ça très drôle et s’est préparé en conséquence cette année. Je décide de le suivre en mode Lenny Martinez : pas doubler, pas bouger, pas de relais.

Quelques petits fanions rouges allument notre regard. Je rêve déjà de flamme rouge et de dernier kilomètre. Mais ne nous emballons pas. La course n’a pas commencé. Pour l’instant, on contemple.

Je décide de passer le moins de temps possible aux ravitos. Au Planay: 6 minutes pour refaire les niveaux et avaler ce qui voudra bien passer.
Il y a plein de compotes différentes. On peut tomber dans les pommes et être en pleine forme.
Pour l’instant, tout va bien. Je suis tranquille.
La 2ème montée vers le refuge des Arolles se fait à un bon rythme.

Nous sommes dans l’aire naturelle de fabrication du Beaufort AOP. Chaque brin d’herbe est précieux. Je foule le sol en essayant de léviter. J’ai mêlé un peu de beaufort à ma soupe au ravito.
Rapidement, je comprends mieux la fermentation du méthane bovin. C'est reparti plein gaz.
Cool, cela me permet de gagner une vingtaine de places par asphyxie.
Je fais un petit bout avec David, alias « ilgigrad », le local de l’étape. Il fait le guide pour un gars qui n’en peut déjà plus, en lui rappelant qu’on a une heure d’avance sur la BH.
On passe ensemble le refuge des Arolles. La vue sur le Mont-Blanc est chouette, mais c’est quand même un peu bouché à cet endroit.
On discute un moment puis imperceptiblement je sens qu’il va à son rythme et moi au mien. On se reverra plus tard. Mais va pas falloir trop traîner.

Nous entrevoyons le passage du Dard qui se fera en plusieurs étapes. Le Dard s’avère assez piquant avec le plein de cailloux. Je vide mes chaussures une première fois de ces petits souvenirs engrangés en chemin : tu as fait ton œuvre, Dard.
Dans la descente il y a quelques névés. Au détour de l’un d’eux, je reconnais une démarche caractéristique : c’est mon Raya avec qui nous avions terminé main dans la main puis dans un pas de danse endiablé la Diagonale des Fous il y a 2 ans.
Les retrouvailles sont brèves. Raya semble un peu dans le dur dans la descente, tandis que moi je sais que la descente est le seul moment où je pourrais m’éloigner un peu des barrières.
Je sais que cette course est une course à élimination par l’arrière, et si je ne veux pas passer à la trappe trop vite, le mode préserv’hâtif est le seul qui permet que la course ne capote pas trop vite.
Il est temps de se confronter aux lacs de la tempête qui ont l’air tout ce qu’il y a de plus calmes. Cet endroit est majestueux.

Nous dominons la Tempête et remontons un peu vers le col de la Louze.
Je me demande comment on a pu donner un nom pareil à un endroit si magnifique.
Les premiers habitants du quartier devaient se sentir un peu sanctifiés devant un tel paysage. Il paraît qu’on les appelait les «saints gens de Louze ». J’espère que la loose ne me collera pas aux basques après tout ça, pour se transformer en bide artistique. Je n’en suis pas à mettre du Georges Guétary dans mes oreilles, mais pas loin. Je suis à chaque pas plus près des cinq pets qui nivellent ma progression.
Nous sommes au 30ème km, et on a déjà 3300 D+ dans les pattes.

La suite nous mène en direction du lac de Saint Guérin.
Je sais que le ravito y sera le bienvenu.

Le lac de Saint-Guérin, c’est l’occasion de retrouver la foule, les randonneurs de tout poil, les pancartes «tape pour un boost», et d’en profiter un peu pour souffler.
Mais j’ai toujours un œil sur les barrières horaires. Je suis parti cool puis j’ai un peu accéléré. J’avais une heure d’avance au Planay. En arrivant à St Guérin, je n’ai plus que 3/4h d’avance. Va pas falloir traîner car derrière c’est encore serré. Raya n’est pas en vue, mais je repars quand même.
Je reste 8 minutes au total. Se profile maintenant la longue montée en plusieurs épisodes jusqu’au col du Grand Fond, toit de la course.

Je passe la passerelle au-dessus du lac. Un couple fait du canoë, accroché à ses bidons. Tiens, c’est déjà les vacances ?

Je rêve d’un peu de fraîcheur pour les rejoindre. Mais c’est le lac des Fées qui m’attend maintenant, puis l’enchaînement magnifique de lacs et de grandes traversées.
La montée au lac des Fées se passe sans trop de problèmes. Cet endroit est toujours aussi magique.
Il me reste à atteindre le Cormet d’Arêches pour avoir le droit d’accéder à la plus belle partie du tour du Beaufortain.

La vue sur le Mont Pourri n’est pas trop moche. Tiens, voilà un endroit que je ne connais pas du tout. Va falloir remédier à ça un jour.
Mais pas maintenant, car nous attend le col du Coin. Je ne fais pas le canard et continue de me dandiner tant bien que mal pour rejoindre le col vert -ou presque- et retourner manger un morceau au ravito de Conchette.


Conchette : y'a pas de lits
J’arrive à Conchette au train. Je ne me gare pas : j’ai toujours moins d’une heure d’avance sur la Grande Faucheuse. Pour l’instant, je suis à peu près sur les rails.
Un gars qui faisait la locomotive devant moi s’arrête sur un rocher en râlant : « mais c’est trop dur, et puis on n’a jamais le temps de souffler, moi en rando je fais jamais des trucs pareils, mais ils sont malades de nous demander ça bla bla bla. »
Je le passe en souriant et lui recommandant surtout d’admirer le paysage. OK c’est technique, y’a du caillou, mais c’est surtout très très beau.
Positive attitude, et hop on va vers le col à Tutu, le nom local du Passeur de Mintaz. Je suis avec une dame qui n’en mène pas large. Elle vient de Normandie, n’a jamais fait de montagne et arrive dans une zone un peu inconnue pour elle. En prime, elle craint les passages techniques.
Je la rassure en lui disant que ce ne sera pas long… mais bon c’est pas une raison. On passe le lac d’Amour.







Je ne suis que douceur au milieu de ce lac d’Amour pour la guider.
Je me sens désormais investi d’une mission divine : désacraliser chaque caillou et faire que tout se passe bien.
Bon, je passe le col finalement pas mal avant elle et n’ai pas le temps de bénir son passage des cordes sur l’envers du Tutu.

Je m’enfuis avant que ce soit l’enfer. Au diable mes conseils, pas le temps de niaiser. Je suis dans les cordes, pour retrouver quelques brins d’herbe et me poser pour faire une pause photo.
On voit clairement le refuge du Presset qui nous attend, et juste derrière au fond le mur du col du Grand Fond.

Je suis ensuite en chasse-patate avec des petits groupes très bavards. J’essaie de leur dire de tourner un peu la tête pour profiter un peu du paysage avec la Pierra Menta dans leur dos.

A chaque fois, j’en profite pour prendre quelques pas d’avance, prendre des photos et me hâter vers le refuge de Presset. Hihi, je suis devenu méchant.


Ça marche, je leur ai pris 20 m. Je suis un génie. On arrive au refuge.
Moi qui me voyais comme Zorro, arrivé sans ce Presset au Grand Fond, je dois me rendre à l’évidence : d’autres pauses photos sont à envisager.
Le lac de Presset me fait encore perdre un quart de seconde. C’est insupportable tant de choses à voir et à emmagasiner.

Le lac et le refuge de Presset. Le pétage de rétine continue.
Prochain objectif : le Grand Fond, tout là-haut, au fond

Moi aussi, je suis passé en vitesse « Grand Fond » : je monte comme un escargot qui sort d’un date avec une colonie de limaces. Bref, j’en bave. Pourtant ces derniers temps, j’ai développé une cochliophobie tant j’ai peur de me retrouver complètement scotché dans les montées.
Il paraît que le sel permet de lutter contre les limaces et les escargots. Vu comment mon T-shirt commence à ressembler aux Salines du Midi, je pourrais , arrivé au Cormet, le tremper dans la soupe pour finaliser mon plan anti-escargot.
Va falloir rentrer maintenant...
Mais il est bientôt 18h quand je passe le col. La BH au Cormet de Roselend est à 19h30, et il reste à descendre les 7km de la combe de la Neuva. Dans ma tête, c’est du 5A au maximum, surcoté le truc.
Je mets donc mes jambes en mouvement. En descente, ça passe nickel pour le moment.
Un gars m’interpelle au début de la descente, Je ne réponds pas tout de suite.
Je suis concentré sur mes calculs de min au km, pour avoir un peu de temps au Cormet pour me regarder dans la glace.

Ce gars s’avère être Steven qui m’avait largué à la fin de la 1ère montée. Je le croyais des heures devant moi, vu son envie et son aisance. Je suis presque un peu déçu pour lui de le retrouver là.
En fait, il m’attend depuis 10 minutes. Il s’est aperçu en regardant sur le livetrack, que son avance avait plafonné autour du quart d’heure, et qu’en fait on a avancé quasi à la même vitesse toute la journée.
C’est donc l’occasion de passer un bon moment ensemble.
Sauf que Steven est en mode « yenamarre ». Il a mal aux pieds, des ampoules à passer le reste de la nuit sans frontale, et un sentiment général de trop c’est trop.
Bref, c’est décidé, il arrête au Cormet, et moi, ça me met les boules.
Je connais bien ce sentiment, et je sais aussi comment l’enrayer. Je connais Steven depuis longtemps. On a commencé à courir ensemble à Belfort. Je sais que son mental peut parfois lui jouer des tours.
Je commence donc le tour des pensées positives :
«- regarde le paysage,
- on a déjà fait un superbe parcours,
- qu’est-ce qu’on a rêvé d’être là,
- profitons-en,
- le plus dur est fait,
- après le Cormet, c’est du gâteau»…
bref j’essaye tout.
Steven me rétorque que la Grande Faucheuse a déjà absorbé Ewi à Saint Guérin (hein quoiiii ? mais que lui est-il arrivé ?), et que selon ses calculs, elle ne demande qu’à nous engloutir au Cormet de Roselend.
De toute façon, la neige elle est trop molle, et c’est trop dur. Je lui dis, viens, c’est fastoche. Et Steven redémarre en gémissant : « j’y vais, mais j’ai peur ».
En revanche, il est quand même super content qu’on se retrouve et commence à apprécier la descente, même s’il sait que c’est la dernière avant une mort certaine.

Je me transforme en disciple épicurien en mission dans le jardin athénien.
«Tu sais, Steven, la BH, le plus terrible des maux, n'est rien pour nous, puisqu'elle ne nous concerne ni vivants ni morts : vivants, parce qu'elle n'est pas là ; morts, parce que nous ne sommes plus.»
Steven me regarde d’un drôle d’air. Il soupçonne un léger manque d’oxygène ou un choc un peu violent contre une pierre.
Je lui redis : «Tant que j’avance, la BH n'est pas; quand la BH est là, je ne suis plus».
Je me rappelle ces longues séances près du radiateur en terminale.
On m'y a dit qu'Épicure a apporté la réponse universelle à la question existentielle : «Comment vivre heureux malgré la souffrance, l'incertitude et la mort ?»
Epicure, le précurseur du dopage, quoi...
C’est le moment de mettre tout ça en pratique.
Vivre heureux malgré la souffrance, c’est exactement ça que nous avons à faire dans l’heure qui nous reste maintenant, avant l’arrivée de Thanatos, dieu des BH.
Je dis à Steven que le frère de Thanatos, Hypnos, serait quand même plus indiqué, et qu’après un petit somme, il pourra toujours refaire ses calculs.
En réalité, je fais aussi mes calculs. Si on arrive trop juste au Cormet, je n’aurai pas le temps de me changer, ni de vraiment manger .
Pas cool tout ça. Je n’ose commencer à regarder la barrière suivante, mais je sais qu’on va déporter le problème. Cela dit, pas question de le dire à Steven.
Tu poses le cerveau et tu cours, point barre. Steven me lance dans un dernier souffle qu’il a Achille qui se rappelle à lui avec une insistance toute humaine.
Je finis la descente un peu tout seul quand même.
Le plat final est indigeste, mais il faut se magner, l’arrivée au ravito promet de se faire moins d’une demi-heure avant la deadline. Steven a bel et bien décidé de rendre le dossard et pourra en profiter pour me faire l’assistance au ravito si je suis un peu juste. Je sors de mon rôle de penseur grec épicurien pour revenir à un rôle épique tout court.
Je décide d'abandonnrr le node "chill" pour passer en mode "Achille".
Je suis un guerrier agile, et je vais combattre l’Hector qui va m’empêcher d’arriver au bout de mon odyssée. Je me pose quelques instants la tête contre la table, Achille vient à ma rencontre :
- «Salut ô guerrier. Maintenant, c’est la revanche du Destin qui t’attend. Tu vas aller venger Ewi et Steven, qui ont laissé aux dieux le soin de trancher leur histoire. Le Destin n’aime pas les hommes qui avancent ; il préfère ceux qui renoncent.
Mais toi, tu es déjà allé trop loin dans la montagne pour lui offrir ce plaisir. Les jambes trembleront, le cœur bataillera avec le chœur grec, les kilomètres essaieront de te convaincre que l’arrivée est un mythe inventé par les bénévoles.»
- «Gné, Achille, t'as long à me raconter comme ça?»
- «N’écoute rien. Les oracles annoncent, les guerriers accomplissent. Alors relève-toi, reprends ton sac comme on reprend son bouclier et va montrer aux sommets qu’aujourd’hui ce n’est pas un homme qui monte vers eux, mais trois.
Ewi dans une jambe, Steven dans l’autre, et toi au-dessus pour porter ce qu’aucun dieu n’a jamais compris : la volonté obstinée des hommes qui refusent de céder.
- «Ah oui, c'est décidément de la bonne, l'ultra»
- «Aujourd’hui, tu ne cours plus seulement pour finir. Tu cours pour donner tort au Destin.»
Steven me tend un bout de banane et un bol de soupe. Je murmure : Est-ce toi Achille ? Il me sourit et me montre son talon meurtri. En récompense, je lui laisse mes affaires sales à ranger et mon sac à rapatrier au départ.
Un guerrier, ça ne se préoccupe pas des détails matériels. Merci Steven de m’avoir délivré de ces contingences. Mon aventure va continuer, mais je sors du ravito avec une laaarge minute d’avance sur la BH.
Juste avant de sortir, la responsable du ravito nous apprend qu’ils ont décidé de rallonger la BH de 20 minutes.
Quoi, mais alors ça voudrait dire que je pourrais prendre le temps de manger un peu, de vraiment me poser, parce que là, c’est quand même un peu juste. On lui demande si les BH suivantes seront également rallongées de 20 minutes... elle nous dit que oui…
Rappel : ne jamais croire un bénévole.
Je repars quand même, pas de rallonge pour moi au ravito.
Dernier bisou, merci et bon retour à Steven. Je sors.
Ben oui, la prochaine BH est dans 14 km et dans 3h45. Selon mes savants calculs, ça fait du 16’ au kilo.
Moins cher que la côte de bœuf. Mais y’a pas qu’une côte ni qu’un bœuf pour y arriver.

Fin de la base-vie. Début de la mort?
Nous sommes dans les prés à vaches qui entourent le Cormet de Roselend. On se dirige vers le col de la Sauce. Je crains un peu la sauce piquante. C’est bon avec la langue, mais je suis en mode mutique depuis qu’on a redémarré.
Je me rappelle que pile à cet endroit, il y a 9 ans, j’avais chambré un petit jeune qui se tenait à côté de moi avec une lumière plus que faiblarde. Ce gars-là, s’était avéré être XSBGV, plus simplement Xavier, avec qui j’allais ensuite réaliser de sacrées épopées, accompagnés ou pas de la chocolateam.
J’avais pensé à Xavier toute la course, car nous avons des dossards avec un n° évidemment, mais aussi 5 consonnes en dessous, avec plein de Z, X et K, bref des combinaisons improbables, comme celles de XSBGV.
Je regarde le gars devant moi. Il me double pile là où Xavier m’avait passé et je l’avais interpellé il y a 9 ans.
Il a exactement les mêmes chaussures que la paire de Brooks toutes propres que je viens de mettre au ravito.
Je décide que ça fera une entame de conversation. Il me répond et me branche directement sur Kikourou. Ah, oui, j’ai la casquette rouge sur la tête, il ne fait pas encore nuit et elle est bien visible.
« - Ah, tu connais kikourou ?
- Ben oui.
- Mais téki ? Moi c’est benman.
- Ah ! le fameux... Ah, ben moi c’est Toad78. »
Je sais pas comment je dois prendre le «fameux».
«- Mais alors, tu viens du 78 ?»
Et paf, je lui raconte direct notre rencontre avec Xavier. J’ai presque les yeux embués, car cette rencontre représente beaucoup pour moi.
Mon interlocuteur sourit. Il connait Xavier pour avoir fait un off francilien avec lui. Il habite près de Plaisir. Les planètes sont alignées. Nous n’allons pas mourir de plaisir ; j’espère juste qu’on ne va pas mourir tout court.
On est dans les derniers maintenant.
« Souffrir à force de s'étreindre et se confondre dans la nuit. Souffrir sans gémir ou se plaindre sans un cri, et mourir ... de plaisir »
Je me mets à chantonner dans ma tête. Ça r’double mon attention.
On prend une photo pour immortaliser le moment.
Visiblement, Cyrille a une science du JALBHAC (J’Avance Les Barrières Horaires Au Cul) assez fine : il est passé avec 20 min à St Guérin, 30 min à Conchette et 2 min au Cormet.
Si je l’accroche, je suis immortel. On discute un peu, mais rapidement je dis à Cyrille de ne pas m’attendre. J’ai retrouvé mes amies les limaces dans la montée, et je suis englué.
Au col de la Sauce, je demande aux signaleurs si la BH est bien étendue de 20 min. Ils me disent que pas du tout, elle est confirmée à 23h15 à la Gitte.




Plein de sentiments m’agitent alors. Je trouve la Sauce un peu aigre-douce.
Un coureur me dépasse et me montre la crête des Gittes qui se fait admirer au soleil couchant. Allez, on se dépêche, on va l’avoir au soleil. Enfermé dans ma bulle, je crois que c’est Cyrille.
Je regarde ses pompes, ce ne sont plus les mêmes. Je ne sais plus qui est qui.
La Sauce est en train de tourner au vinaigre. Je mettrai la nuit à comprendre que ce gars-là est un autre. Pourtant on se croisera plein de fois.
Le passage sur la crête des Gittes est hypnotique. Rien que pour ça, repartir au Cormet valait le coup.

Au loin, la Pointe Percée, un peu comme mon moral dans la côte.




on joue à cache-cache avec le Mont-Blanc. La Gitte et le couvert, ça se tient.


Derniers rayons. Derniers espoirs ?
Je me change rapidement pour la nuit, à l’abri du vent, au refuge de la Croix du Bonhomme. Je ne reconnais rien. Pourtant j’y étais passé à l’UTMB. La nuit change tout en fait.
ça sent le sapin dans la forêt
Je passe au col du Bonhomme. Suis-je un bonhomme ou un mauvais coureur, en tout cas je n’avance plus dans les montées. Ça fait un moment que j’ai du mal à m’alimenter : plus envie de rien, aucune volonté d’avaler quoi que ce soit.

J’essaye des gommes à mettre sous le palais. Est-ce ça qui me permet de remettre la gomme dans la descente ou la perspective de devoir me bouger les fesses pour à nouveau passer la prochaine barrière horaire.
Petit point de situation : il est 22h12, la BH est à 23h15. Il reste 4 km, tout en descente… large.
Mais j’avais pas vu que passé le col, on chemine le long d’un torrent en furie, et que c’est quand même un peu technique.
Difficile de courir tout le long. On passe le passage du curé. Je l'avais aussi oublié çui-là.
Il aime pas qu'on lui courre dessus le curé. Mais bon, pas d'arrêt-curé quand même, ce passage sent la poudre.
Bon, je dois remarcher un coup, puis je repars, pour finir à l’approche de la Gittaz en courant franchement.
Si la course devait se finir uniquement en descente, mais je serais largement finisher.
Bon, OK, sur le profil, il reste un peu de montées, mais on va tout faire pour inverser la pente.
Je passe en trombe le gars qui m’avait indiqué la crête au soleil. Je lui dis en passant de se magner, car la BH est à 23h15. Il me dit,
-pas d’inquiétude, elle est à 23h35, les bénévoles du Cormet me l’ont dit.
Ne jamais écouter un bénévole… je lui dis :
- si si, elle est maintenue.
Il arrivera 4 minutes avant la BH et abandonnera un peu dépité, non sans avoir râlé sur les pauvres bénévoles de la Gittaz, qui n’y pouvaient rien.
Moi j’ai pris un peu d’avance. J'arrive donc au Hameau de la Gittaz à 23h04.
J’ai royalement 10 minutes pour refaire les niveaux, essayer d’avaler quelque chose et repartir.
J’ai snobé les toilettes à l’entrée pour être plus vite au ravito, mais quand je sors, une minute avant la BH, des barrières physiques m’empêchent de revenir sur ces fameuses toilettes légèrement désirées.
Les barrières m’entraînent directement dans la 1ère pente. C'est vraiment une histoire de barrières cette course!
Pourtant je sais bien qu’il faut que ça sorte, là. Bref, pas possible de revenir en arrière, pour probablement repartir derrière les serre-files qui auraient déjà débalisé.
Crotte.
Je vais devoir trouver un moment pour m’isoler.
Bon en attendant, le mantra un pied devant l’autre est plus que jamais d’actualité.
Des calculs dans la nuit
Je n’avance plus du tout en montée. J’ai vaguement aperçu un panneau qui indiquait que le prochain ravito était à la Journée, avec une BH à 3h du matin. Ça laisse 3h45 pour à nouveau 14 km. Sauf que cette fois-ci il y a quasi 1000 D+.
Bon, on verra.
Eh ben c’est vite vu dès la 1ère montée. La limace n’arrive pas à suivre le rythme des derniers.
Plus de force. Mais j’avance quand même. Je ne m’arrête jamais. Je reprends parfois des coureurs marcheurs qui s’arrêtent pour souffler.
Je fais l’élastique avec quelques autres. Un gars probablement avec sa fille est là. Je n’arrête pas de jouer au chat et à la souris avec lui depuis quelques heures.
En passant, il me dit que je suis un cabri car à chaque fois, je lui mets un vent en descente. Mouais, je suis plutôt un petit cabriolet qui capote en montée.
Arrivé sur le plateau, je m’imaginais que ça allait vite redescendre. Mais en fait, ce n’est jamais plat.
On doit être après le col de la Gittaz. Mes calculs ont repris de plus belle : passage à 0h50. Il reste 2h10 pour faire 9 km.
Je m’imagine que c’est essentiellement en descente. Mais en fait, il reste bel et bien 300 m de D+ après le col .
C’est interminable. Je suis sur une crête ou un truc du genre, seul dans la nuit. On voit quelques lumières perchées dans le ciel.
La nuit, je sais que les impressions avec les lumières et la hauteur sont parfois très trompeuses, mais ça donne quand même l’impression qu’il va falloir aller décrocher les étoiles pour monter tout là-haut.
J’essaie de boire. Désormais, c’est officiel : plus rien ne passe. Je me retiens bientôt d’avaler ma salive. Les haut-le -cœur sont toujours présents.
Bon, soyons lucides, ça va pas durer bien longtemps cette affaire.
J’ai mis mes écouteurs pour essayer de changer un peu d’ambiance.
Je passe une autre féminine. Elle a l’air un peu en galère. Je ne l’avais pas encore vue depuis le départ. Tiens, je remonterais quand même encore des gens ?
Je la passe discrètement.
Puis quelques minutes plus tard, alors que je me suis arrêté pour vider les cailloux prisonniers de mes chaussures, elle me repasse avec un petit mot gentil : « ça va monsieur ? »
Je t’en foutrais du monsieur, tiens.
Du coup je la redépasse dès que possible sans un mot.
Le monsieur il te dit qu’il est pas mort, jeune dame.
Bon, elle porte le dossard 2, ce qui veut dire qu’elle est la 2ème plus jeune de la course.
Nous sommes à proximité du lac Noir, en plein dans les rochers des Enclaves. Je n’ai évidemment aucune idée de là où nous sommes et du topo de la suite.
Bon, l’envie est trop forte, je peux m’isoler. Il y a enfin un peu d’herbe et de mousse. Tout va bien, mes fesses seront en sécurité.

L'ineluctable
Une fois badgé au lac par l’un des nombreux signaleurs qui passent la nuit, stoïques à nous attendre en pleine montagne (mais quel courage !), je me dis que ça doit bien redescendre après.
Mais en fait, il en reste encore. Et en plus, c’est technique et j’ai rien bouffé et j’en ai marre.
Il reste 1h27 pour 6 km. Vu mon rythme, ça commence à être tendu, surtout que ça continue de monter en direction du lac du Bout de Crêt par le col de Sallestet.
Bon, la petite musique de l’abandon fait son chemin dans ma tête. Mes calculs de vitesse moyenne virent à la régression linéaire. À peu près comme mon cerveau, qui régresse lui aussi.
Je sors mon roadbook — oui, j’ai un roadbook, je suis un gars hyper-organisé et méticuleux. Enfin, surtout sur le papier. Le papier, lui, avance encore correctement.
Mais un détail me saute au visage : pourquoi cette BH à 3 h à la Journée, alors que la suivante, à Hauteluce, laisse encore 1 h 45 pour seulement 6 km de descente ?
Je finis ma réflexion le cul dans l’herbe.
J’éteins la frontale. Et là, miracle. Le ciel. Pur. Immense. Plein d’étoiles.
La Voie lactée au-dessus de moi. La course derrière. La fatigue partout. Mon avenir sportif quelque part entre les deux, probablement en soins palliatifs.
Je ne finirai pas l’UTB. Mais ce moment-là, je ne le regretterai jamais.
Je me mets à rêver : je suis Achille, j’ai transmis le flambeau à Ulysse, et il vogue maintenant au milieu de l’océan de la galaxie.
Pénélope ne m’attendra plus. A la Journée, je vais terminer ma nuit. En attendant, je profite de ce rare moment, seul dans la montagne, face aux étoiles.
Les signaleurs du lac Noir, mission accomplie, me rattrapent. Je leur demande le programme. Où sont les serre-files ? Qu’est-ce qu’on fait maintenant ?
— Bah, faut rentrer. Les serre-files sont avec les deux derniers, un peu derrière. Il y a un ravito à la Journée, et une navette pourra vous ramener.
Fallait pas me dire ça !
En vrai, je suis soulagé. Bref j’avance doucement avec eux. Ils ont un talkie. 3h est passé, je sais que c’est fini.
Puis j’entends dans leur talkie le PC course, qui demande au ravito de la Journée pourquoi ils notent les coureurs en hors délai depuis 3h. Il n’y a pas de BH à la Journée. Pourtant, elle était bien indiquée sur le Roadbook. Bref.
Il est 3h20. Ils leur disent que tant que la BH suivante à Hauteluce n’est pas injouable (elle est à 4h45) , les serre-files ne partiront pas, et ils peuvent proposer à tous ceux qui ont été marqués hors délai de repartir.
Bon, j’ai un éclair de lucidité pour me dire qu’en fait, ça aurait peut-être été jouable si j’avais eu cette information. Alors peut-être...
Sauf que la remontée à Hauteluce aurait été galère, et la suite je ne l’imagine même pas.
Fin du game
Plus tard, j’apprendrai que deux coureurs réussiront à terminer dans les délais à Queige en étant passés après 3 h à la Journée.
L’un d’eux avait fait toute la course devant moi : je ne l’aurais jamais revu.
L’autre, c’était Manon. La petite jeune au dossard 2. Celle qui m’avait demandé gentiment : « Ça va monsieur ? »
Et à 10h, j’assisterai, un peu blasé, à son arrivée en triomphe avec les serre-files à Queige : elle a terminé en gérant remarquablement les BH . Dernière finisheuse. Dernière, mais debout. Dernière, mais au bout.
Bravo à elle, car quand je regarde les temps de parcours de ceux qui ont terminé juste devant elle, ils avaient des énormes marges sur les BH à la Gittaz ou à la Journée, ce qui n’était de toutes façons pas mon cas. Donc, aucun regret, ça ne passait assurément pas.
En descendant au pas le pas d’Outray, je pleure : Papaoutai ?
Accompagné de mes signaleurs, je prends conscience que là aussi, c’était bien technique, et que je n’aurais pas fait des étincelles pour rattraper mon retard.
J’arrive, soulagé, à la Journée. Les bénévoles me badgent en hors délai. 85 km, 6800 D+ à la montre.
C’est fini.
Pas l’aventure.
Juste la course.
17 commentaires
Commentaire de samontetro posté le 27-07-2026 à 09:23:40
Cette sensation de ne pas avancer en monté... je la traîne depuis si longtemps! Ça semble quand même un gros morceau cet UTB que je ne connais pas.
Il va juste falloir que tu y reviennes une prochaine fois, il te reste des photos à faire sur la suite du parcours pour le plus grand plaisir de tes lecteurs!
Commentaire de jano posté le 27-07-2026 à 09:30:16
Moi je dis, ça peut passer... En optimisant dès le début sans bouchonner 20'. En arrivant à s'alimenter mieux pour repousser le mode limace. Il te faut pas 2h de marge.
Commentaire de le_griffon posté le 27-07-2026 à 09:38:31
Bravo et merci pour ce récit et ces magnifiques photos, ça donne envie. Dommage qu'il n'y ait pas un parcours junior avec arrivée au bout de 70-80 bornes, d'autant plus que la fin du parcours ne semble pas la plus intéressante.
Commentaire de bubulle posté le 27-07-2026 à 11:38:47
J'ai adopté depuis un bon moment un principe tout simple : la seule et unique référence pour les BH, c'est le règlement des courses....et ensuite le roadbook que je construis avec. Tout le reste est à ignorer, notamment quand on m'annonce qu'une BH est repoussée.
Cela a au moins l'avantage de ne pas s'accrocher à de fausses chimères même quand elles n'ont manifestement aucun sens (comme mettre une BH à La Journée)....:-)....et de se pousser au c.. quand ça devient tendu. Bon, ça ne fait pas avancer plus vite, mais au moins on sait où on va.
Et c'est vrai que la section Gittaz-Outray, c'est un enfer quand on le fait pour la première fois (c'était encore pire quand ils faisaient faire le tour du barrage de La Girotte où on voyait des frontales dans tous les sens). Par contre, c'est à refaire de jour vu que c'est à peu près aussi pas moche que toutes les photos que tu as avant....:-)
Mais, franchement, en allant me coucher ce samedi soir là après que tu aies bien passé La Gittaz, j'étais convaincu que tu allais au bout....:-(
Commentaire de trailaulongcours posté le 27-07-2026 à 11:48:17
Merci pour ce récit plein d'humour. Mes sincères condoléances pour cet abandon forcé. L'UTB est impitoyable!
Commentaire de xian posté le 27-07-2026 à 16:54:37
un super récit, comme d'hab avec Benman l'écrivain ! bon, en le lisant ça m'a rappelé ma galère pour finir le truc il y a quelques années. et je me suis même dit que j'y retournerais bien, avec toi, pour finir le chantier (mais bon, après, je me suis ressaisi et je me suis rappelé que la retraite, toussa toussa...)
Commentaire de Mazouth posté le 27-07-2026 à 18:56:04
C'est beau à lire, c'est beau à voir, malgré le DNF tu as fait un beau parcours en profitant de toutes ses beautés, et c'est encore plus beau d'apprendre que tu vas bientôt le finir avec xian ^^
Commentaire de Spir posté le 27-07-2026 à 22:36:16
Merci pour ce chouette récit Benoît ! Les photos sont superbes. Et malgré le DNF, ça donnerait presque envie de refaire de l'ultra.
Sans ces problèmes d'alimentation, tu aurais probablement eu l'énergie de continuer, en grapillant un peu plus d'avance aux BH. Mais ça t'a permis de vivre d'autres choses, et d'expérience ces souvenirs sont au moins aussi forts que ceux qui viennent d'une course que l'on a fini.
Commentaire de tidgi posté le 28-07-2026 à 10:59:09
Magnifique prose Benoit ! Dur dur cet UTB, mais tellement beau et magique comme le montrent tes photos. Tu reviendras pour le finir celui-ci.
Bon, si ca peut te rassurer, au moins vous n'avez pas essuyé un gros orage cette année, comme l'UTB sait si bien faire ;-)
Commentaire de TomTrailRunner posté le 28-07-2026 à 14:08:53
La paix des Troie n'a pas eu lieu !
Commentaire de philkikou posté le 28-07-2026 à 16:06:52
Toujours un régal de lire tes récits ! Un sacré chantier l'Ultra Tour du Beaufortain !
La préparation avant-course ne t'a surement pas aidé. Bravo pour le chemin parcouru et le plaisir que tu as pu prendre et nous transmettre avec ce récit homér'hic !
Commentaire de OhZenithO posté le 29-07-2026 à 16:22:23
En voilà une ode au hors délai ;o) Un récit inspiré. Merci et bonus photos au top
Commentaire de TortueTrélod posté le 29-07-2026 à 17:09:01
Génial le récit!! Merci beaucoup, j'ai passé un super moment à le lire!! Effectivement c'est pas l'ultra le plus facile...
Commentaire de malouka posté le 30-07-2026 à 14:07:28
Merci Benoit pour ton récit avec beaucoup d'auto dérision qui me donne envie d'y revenir car fait et terminé seulement en 2025 mais en shuntant quelques parties pour cause de mauvais temps
Commentaire de Yannael posté le 30-07-2026 à 22:23:02
Bravo pour cette course, qui aurait presque pu aller au bout. Et chapeau pour le récit très plaisant à lire, décalé et humoristique.
Commentaire de Arclusaz posté le 03-08-2026 à 15:34:23
comme d'habitude, un florilège de calembours (mention spéciale aux 5 pets qui nivellent) qui aèrent (pas les pets) cette tragédie grecque qui en devient une tragi-comédie. Tu as vécu des moments d'exception, c'est bien là l'essentiel. Se dire "oublie tout et pis cours" dans un tel décor serait un sacré gaspillage. Bravo voisin.
Commentaire de Toad78 posté le 05-08-2026 à 14:36:06
Avec ce genre de récit pleins de bons/beaux mots, je pense que le « fameux Benman » n’a pas besoin d’être plus expliqué 😉
Je suis ravi d’avoir partagé un bout de course avec toi et de t'avoir rappelé de bons souvenirs. Dommage que tu n’aies pas pu aller au bout, cette course ne laisse vraiment aucun répit.
Bravo pour cette belle journée dans les montagnes
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