Merci pour le suivi !
Pour ma part, c'était mon premier 100 miles, même si j'avais déjà fait la TDS l'an dernier, qui s'en approche quand même pas mal. Je suis parti prudemment, aux alentours de la 1400e place, pour ensuite gagner des positions quasiment tout au long de la course et terminer 823e.
Le seul moment un peu pénible a finalement été l'avant-course. Les horaires des navettes étant restés inchangés malgré le décalage du départ, il y avait pas mal de temps à tuer… sous des trombes d'eau.
En revanche, l'ambiance au départ est incroyable. C'est clairement quelque chose à vivre au moins une fois dans sa vie. Pendant quasiment 1 km, on fend littéralement la foule : c'est assez unique. J'ai quand même été assez étonné de voir que tout le monde pouvait rentrer dans le sas. Un paquet d'accompagnateurs qui n'avaient pas grand-chose à faire là et qui rajoutaient encore du monde alors que c'était déjà blindé…
J'ai diversement apprécié la montée du col de Voza, entre les supporters vraiment sympas et d'autres, un peu bourrés, qui hurlent n'importe quoi dans les oreilles des coureurs, les touchent, etc. Énormément de monde à Saint-Gervais par contre, et ça fait vraiment plaisir. Ça rebooste bien !
À Notre-Dame-de-la-Gorge, j'ai dû arriver un peu trop tard parce que je n'ai pas du tout retrouvé la foule que j'avais vue sur les vidéos des premiers passages : il n'y avait plus un chat. Ou alors j'étais déjà dans un état second

La montée à la lumière rouge était finalement assez insolite. Je ne sais pas pourquoi, mais ça m'a fait penser à Star Wars, sûrement à cause de toutes ces lumières qui ressemblaient à des sabres laser rouges. Et avec la pleine lune, on a eu une visibilité exceptionnelle pendant toute la nuit.
Le lever du soleil au col de la Seigne était incroyable. Quelle vue !
La descente vers Courmayeur, entrecoupée par l'arête du Mont-Favre, se passe sans problème. J'appréhendais un peu la montée vers le refuge Bertone, vu l'horaire et la chaleur qui commençait à monter, mais finalement elle se fait en grande partie à l'ombre.
Ironiquement, la partie que j'avais le plus hâte de découvrir est aussi celle que j'ai trouvée un peu longue : le balcon entre Bertone et Bonatti. La vue est carrément impressionnante, ça c'est certain, mais c'est une portion assez roulante avec pas mal de relances et j'ai trouvé le temps long. Même sensation jusqu'à Arnouvaz.
J'étais presque content d'attaquer le Grand Col Ferret, c'est dire

Et la montée s'est révélée plus exigeante que ce que j'avais imaginé, même si on m'avait prévenu. C'est long et quand même assez raide.
La descente vers La Fouly, en revanche, c'est une autoroute, au moins sur sa première partie. Quand on a encore de bonnes jambes, il y a vraiment moyen de s'amuser ! Heureusement, c'était mon cas. J'ai d'ailleurs été assez étonné de voir qu'à mon niveau, beaucoup de coureurs arrêtent relativement tôt de courir dans les descentes.
Habitué aux Pyrénées, j'ai d'ailleurs trouvé le parcours particulièrement roulant jusque-là. Toutes les descentes sont franchement très propres et permettent de bien dérouler. Forcément, ça peut aussi taper plus rapidement dans les quadris puisqu'on court beaucoup.
La partie La Fouly – Champex ne m'a pas laissé énormément de souvenirs, si ce n'est de très beaux chalets suisses… et l'occasion de travailler un peu la vitesse sur route.
J'arrive à Champex à la tombée de la nuit et je me dis : « Allez, encore une nuit dehors et c'est fini. »
Sauf qu'une nuit, c'est long. Très long. Deux nuits sans dormir du tout, sans fermer l'œil ni même m'allonger 5 min. Deux gels caféinés la première nuit, deux autres la seconde, et ça a tenu.
Niveau alimentation, j'ai bien respecté sur la première moitié de reprendre des gels et de bien boire, beaucoup moins sur la seconde. D'où quelques coups de pompe. Mais dès que je reprenais un gel, ça repartait. Pas très compliqué à comprendre, et pourtant

C'est aussi à Champex que mon assistance a compris pourquoi ma flasque était toujours aux 3/4 vide en voulant la remplir : elle était percée. Moi je trouvais juste ça bizarre.
Je redoutais un peu les trois dernières ascensions, sans encore me douter que le problème ne serait pas seulement le dénivelé. Toute cette fin de parcours devient beaucoup plus technique et cassante que ce qu'on a rencontré jusque-là, et ressemble davantage à ce que j'ai l'habitude de trouver sur des trails comme le GRP ou la TDS.
La montée vers la Giète est une succession de gros rochers et de cailloux. Les Tseppes, c'est littéralement un mur rempli de racines.
J'ai copieusement pesté contre les organisateurs dans la descente du Béchar. Putain, c'était quoi ce truc ? Un mélange de gros rochers et d'énormes racines, interminable. Et quand tu crois enfin en avoir terminé, ça remonte encore un bon moment avant d'apercevoir le bas du télésiège. Sauf que là, évidemment, il faut encore monter jusqu'au sommet du télésiège.
Je n'avais pas suffisamment identifié que cette dernière montée se faisait en deux temps. J'avais clairement sous-estimé la Flégère et, plus globalement, toute cette fin de course.
Heureusement, j'ai trouvé la descente vers Chamonix plutôt joueuse. Et comme je suis arrivé en haut de la Flégère en 37h02, je me suis lancé un dernier petit défi : finir sous les 38h.
Pari réussi… pour 2 minutes

Finisher en 37h58, pour un plan à 37h45. Pas très loin, donc. La différence, je l'ai laissée aux bases vie, où je suis resté bien plus longtemps que prévu.
Ça m'amène à l'assistance, et à un truc qui m'étonne toujours autant : à quel point certains sur-optimisent cette partie, au point de dénaturer un peu le sport. Surtout à mon niveau aux alentours de la 800ème place... Pour moi, une assistance ça sert à booster le moral, à remettre les idées en place et à aller chercher deux ou trois trucs au ravito et à remplir les flasques. Mais certains sont dans une autre dimension. Un supermarché entier dans le sac, massage des pieds, on les déshabille, on leur passe la crème, on leur donne à manger presque à la petite cuillère.
Chacun son truc, mais ce n'est pas ma vision du trail. Mais ça pose quand même une question : qu'est-ce que ça donne pour ceux qui viennent seuls, sans personne aux bases vie ? Entre celui qui gère ses sacs de délestage et son ravito tout seul, et celui qui repart chaussé, massé, crémé et nourri en 15 min, est-ce qu'on court encore vraiment la même course ?
Pour résumer cet UTMB : je n'ai eu aucun pépin physique, aucun problème pour m'alimenter et j'ai pu courir jusqu'au bout sans souci. La météo a également été parfaite, vraiment. Peut-être un poil froid la nuit, mais ça permettait au moins d'avoir moins chaud en journée.
Petit aparté matériel : j'avais été contacté par Kiprun pour tester leur matériel sur la course et j'ai eu la chance qu'ils m'envoient quasiment tout le matériel obligatoire, dont deux paires de Kipsummit Race.
J'avais le choix entre les Kipsummit Max ou Race mais je trouvais les Max beaucoup trop molles, trop moelleuses, ça manquait de fermeté et de maintien, je trouve.
En tout cas, j'ai été très content de l'ensemble du matos.
Les chaussures, c'était un petit pari : plaque carbone, ce qui me laissait assez dubitatif en trail, surtout à mes allures. J'utilise des chaussures carbone sur marathon, mais je n'avais encore jamais essayé ce type de technologie en trail.
Verdict : je n'ai pas ressenti d'effet particulièrement flagrant. Par contre je n'ai même pas ressenti le besoin de changer de paire à mi-course. Et il y a beaucoup plus d'amorti que sur mes Salomon s-lab Genesis mais du coup on perd clairement en stabilité sur les parties techniques.
Le sac est plutôt bien conçu. Seul vrai défaut : le système de sangles a tendance à se desserrer régulièrement, ce qui devient vite agaçant. J'ai entendu dire qu'ils allaient adopter un système type Quicklace, comme celui que j'ai sur mon Salomon ADV Skin 12. Si c'est bien le cas, ce serait une excellente évolution.