Récit de la course : Ice Trail - 30 km 2010, par jpoggio

L'auteur : jpoggio

La course : Ice Trail - 30 km

Date : 24/1/2010

Lieu : Presles (Val-d'Oise)

Affichage : 818 vues

Distance : 31.5km

Objectif : Pas d'objectif

4 commentaires

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Sortie lonue, genre...

Oh, miséricorde !
Six cent soixante sur sept cent soixante quatorze ? Sacrénom.

D’accord, j’avais dit, c’est IceTrail parce que ça fait une date, là, bien placée en fin de mois, que c’est « que » trente bornes, cool, quoi. Ca fera une sortie longue, moyenne côté Bilan Carbone, surtout si je loupe un carrefour, mais bon. Pas grave. Et puis, en 2007, il faisait déjà partie de la prépa CCC, et j’avais séché pour cause de crève carabinée…

N’empêche.

Je suis encore plus au fonds du classement que d’habitude.

Ouais, sur que le terrain était gras. Plus gras que les frites de base de la cantine, c’est dire. Limite cure thermale, genre. Mais il était pareil pour les six-cent cinquante neuf de devant.

Bref, une semaine que je rumine une belle leçon de modestie.

Mais qu’à cela ne tienne !

Cet Ice Trail cuvée 2010 était une belle affaire, ma foi. Un peu de confusion par-ci par-là (dans l’ordre, un souci de navigation parce que j’ai oublié de regarder le GPS au bon moment, un peu d’embarras au retrait du dossard parce que la licence 2010 était restée dans le scanner lors de sa transmission à l’Ecotrail, et le Foretrex oublié dans la voiture).

Heureusement, je n’avais pas oublié ma casquette Kikourou (celle qui revient d’Amérique), un sésame particulièrement précieux pour qui vise à un peu de socialisation dans le peloton, et m’a permis de meubler l’attente avec quelques Kikous (jay, lutin…) et ça finit par partir. Je tente la course d’équipe, rallié à l’appareil photo que Jay porte à bout de bras pour filmer le départ, mais je le perds de vue assez vite et je me remets en mode « solo ». Le train est raisonnable, j’ai l’impression de ne pas avancer très vite, et d’accumuler assez de terre sur mes pompes pour rempoter toutes les plantes de mon balcon. Mais bon, « sortie longue », hein.

Les montées grasses ne me vont pas trop, la frustration commence à me travailler, je n’ai aucune idée de la vitesse (et donc du temps que va durer cette galère) et en plus, les furieux du 15 kilomètres commencent à nous rattraper. Je vais finir par m’enrhumer à coup de courants d’air !

Et soudain, séparation 30/15, et ravito. On nous annonce 9 km. Oué ! En fait, je ne suis pas si lent que ça ! J’essaie donc de me caler sur le rythme, me trouve un lièvre et maintiens une allure raisonnable pendant une bonne heure. Bien sur, de nouveaux épisodes boueux cassent un peu l’enthousiasme, mais bon, l’ambiance est agréable, Kikourou en signe de reconnaissance est formidable et évite de ruminer seul dans sa bulle.

Je change une ou deux fois de lièvre au gré des coups de moins bien des uns ou des autres et soudain, tiens ! un ravito !

Je me goinfre sans vergogne, retrouve Jay qui était quelques mètres derrière moi (j’ai du le rattraper lors de ses incidents crampesques sans m’en rendre compte, je le pensais envolé loin devant) et nous repartons. Le peloton est clairsemé, je me remets dans ma bulle dont je serai sorti par les cris de coureurs qui m’ont vu louper une bifurcation (ça m’arrive statistiquement une fois par trail…). Le gag ne m’aura coûté que quelques mètres, j’ai de la chance !

Il resterait donc six kilomètres. Un tour du Parc de St Cloud (j’aime bien mesurer les fins de course en « tours du Parc de St Cloud », ça aide bien, enfin, il y a plein de tours possibles du Parc, mais bon, il y en a un qui fait à peu près six kilomètres).

Six bornes. Accélérons donc, alors. Sortie longue, oui, mais bon, c’est tout de même une course, que diable !

Hop.

Descente, vite, appuis, hop hop, montée, plat, dessert, non : descente – suis-je distrait. Montée…aïe-euh !

Crampe.

Heu, crampe du…euh…putain, ça s’étire comment c’te connerie ? Je me contorsionne pendant de longues secondes avant de parvenir à soulager enfin le truc à l’intérieur de la cuisse, juste au-dessus du genou. Jay me rejoint et m’encourage à relancer. Il me sert de lièvre pendant une dizaine de minutes, jusqu’à ce que nous rejoignions les chemins larges empruntés à l’aller. Nous demeurons ensemble encore un bon kilomètre dans une sorte de « Cyrano »  improvisé avant que, décidé à en finir, je reparte en courant dès le début du goudron (c’est malin, se remettre à courir lorsque la partie « trail » est terminée…). Après tout, je me souviens bien, ça monte un peu, puis on passe devant un chantier, on tourne dans la grande allée et l’arrivée est au pieds de la côte.

Un petit attroupement m’encourage, je tourne dans la grande allée et…méheu ?!

Salauds d’organisateurs, ils ont planqué l’arrivée !

En haut de la côte, sans doute.

Enfin, j’espère. J’envoie un peu plus, après tout, c’était sortie longue, hein, j’ai jamais vraiment été à fond (hum), il faudrait que je case un petit effort. J’avale la montée…pas d’arrivée en vue ? Si, un signaleur me signale, que si je tourne à gauche là bas…

Oué.

3:57:54.

Oh putain. Moins juste. Un ado plein de bonne volonté détache ma puce de sa gangue de boue et j’hérite d’un gobelet réutilisable fort élégant que je vais m’empresser de remplir d’un truc chaud. Je surveille l’arrivée de Jay peu après, sous les quatre heures aussi, et tiens, à propos de quatre heures, je me bâfre un énorme sandwich au fromage, papote avec quelques Kikous avant de retourner à mon véhicule…heu…il est où, au fait ? Je navigue à l’estime pour le retrouver, m’attendant sagement là où je l’avais garé à l’entrée du village.

En tout, content de moi.

Enfin, jusqu’à ce que je tombe sur le classement le lendemain.

Sortie longue, tu parles… !

Next time, EcoTrail 50, au moins, je n’aurai pas besoin de GPS pour trouver le départ. Ni pour savoir où je suis dans la course, d’ailleurs. « Régional de l’étape », comme on dit…Faudra juste que je n’oublie pas ma carte intégrale pour prendre le métro au retour…

4 commentaires

Commentaire de caro.s91 posté le 31-01-2010 à 15:39:00

Merci pour ton CR. Une autre façon de voir les choses. A bien y réfléchir, il était moins dur pour ceux (et celles) qui étaient davant toi, la boue étant moins "remuée".
Allez, bonne prépa pour l'EcoTrail. :-)

Caro

Commentaire de Jay posté le 31-01-2010 à 16:19:00

"Accumuler assez de terre sur mes pompes pour rempoter toutes les plantes de mon balcon" MDR !!! c'est clair que tes plantes risquent d'etre jalouses avec la quantité de nutriments dans laquelle tu as pataugé pdt presque 4h... ;-D

bon courage pour ta prépa de l'ecotrail où nous aurons certainement l'occasion d'aller se frotter à tous ces satanés coureurs qui s'obstinent à se mettre entre nous et l'arrivée ;-D

Jay

Commentaire de gdraid posté le 31-01-2010 à 16:26:00

Encore un témoignage de circuit très embourbé !
Peu importe le classement, tu es un énième Finisher, de cette difficile épreuve, alors bravo jpoggio !

Commentaire de Tamiou posté le 31-01-2010 à 20:59:00

Bravo le Pogio, j'étais dans le petit attroupement qui t'a encouragé avant la dernière ligne droite.
Bon Eco trail

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