Récit de la course : Marathon du Beaujolais Nouveau 2009, par c2

L'auteur : c2

La course : Marathon du Beaujolais Nouveau

Date : 21/11/2009

Lieu : Fleurie (Rhône)

Affichage : 1864 vues

Distance : 42.195km

Matos : un bon levé de coude

Objectif : Balade

2 commentaires

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Marathon du Beaujolais 2009

Marathon du Beaujolais 2009

 

Avec modération !! « Tamaron du Beaujocol, qui a débarqué pour la pilais ? »      Quesaquo ? On revient pour les crosses nous disait notre adjudant « préféré ».Euh !!! Reprenons donc la traduction une fois dégrisé :

« Marathon du Beaujolais qui a débarqué pour la picole ? »

 

Ce 21 novembre, sera-ce un chemin rempli de haies ou un parcours vers la gloriole ?

 Ni l’un ni l’autre, pardi.Je l’avais claironné un peu partout en bouclage de saison. Objectif n° 1 et unique objectif de cette étape pédestre, le vin aux ravitos. Ca avait été moyen de ce côté-là l’année dernière sur celui de Bourgogne. Alors j’étais prêt, cette fois-ci, à mettre le paquet. Mais attention pas le pisse dru, certes sympa, où là là je ne veux pas d’ennuis avec les locaux et avec mes intestins, celui que je laisse aux charters en partance pour Tokyo. Non, non. Objectif number one : Les grands crus locaux.

Le Beaujolais, jus frais en pichet ou wagonnets pour les Japonais peu gourmets, c’est parfait.

 
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Mi-octobre : contrôle technique à base de 200m sur piste. Les regards narquois des potes. « Mais qu’est ce que tu fous, t’avances pas !! » Une cata. Je lâche l’affaire. Eh ben mon p’tit gars, y a du boulot m’indique le coach, l’œil tout froncé. Ca va faire cher. « C’est tout encalaminé coté soupapes et y a un culbuteur qui cogne ».  Mince, il l’a vu. Je tente un rattrapage et sors tout penaud mes deux mots d’excuses : 143 bornes chez les ch’tis y a 2 semaines et la souriante infirmière à laquelle je n’ai pas résisté il y a quelques jours et dont l’aiguille m’a taxé un bon bol de sang et je sais plus combien de milliards de plaquettes. Souffle court et cuisses en papier mâché. Aucun effet sur l’animal. Sa sanction tombe, sèche, version CPE marquant son territoire. « Discute pas, retourne dans ta chaise-longue quelques jours ».

 

Novembre : Le jour des morts arrive et je ressuscite doucement. Ca enquille sorties longues autour de moi. Ca discute temps de passage, tenue et pompes. Mais quels sont ces gens ? De quoi parlent-ils ? J’ai l’impression d’être sorti de ce monde, de mon monde, par ailleurs si familier. Sensation étrange.

 Débarquement à Villefranche, à une petite vingtaine, avec entre autres plusieurs bizu(e)s sur marathon. Sourires crâneurs mais fesses serrées. Il a fallu canaliser, rassurer, conseiller, suggérer et même freiner pour certains. Vu de l’extérieur çà reste tout de même un sacré morcif un marathon. Pour eux sur ce Beaujolais, pas de Vouvray, de Cabernet, de Chardonnet clairet ni de picole version torgnole viticole. Une autre fois peut-être. Aujourd’hui, seulement dans leur tête l’idée de se faire plaisir en franchissant la ligne sans écœurement tout simplement avec, au plus vite, l’envie d’y regoûter. Un marathon c’est longuet. Si, si, je vous l’assure même pour des adeptes du très long. On s’en rend une nouvelle fois encore mieux compte durant « l’interminable » trajet, assis dans le car qui nous remonte depuis l’arrivée au départ de cette course en ligne. Ca dort, ca la joue frimeur, serein, concentré ou craintif. Un pied hors du bus à Fleurie et à 10m de là orchestre de bienvenue et bouteilles qu’on débouche. 9h, dans un relent de p’tit dèj, j’hésite franchement. Des noms tournent déjà dans ma tête : Brouilly, Chénas, Chiroubles, Juliénas, Régnié, Saint-Amour, Moulin à Vent, Morgon. Je fais l’impasse avant le départ. Les seules boutanches que je raterai sur ce parcours. Le ton est donné question liquide.  

Grande salle, buffet pantagruélique, échauffement en musique, rencontres, courte procession à travers les vignes vers le centre du village perché sur une colline, soleil généreux, climat de printemps un 21 novembre. Très bons auspices en attendant les hospices. Et dire qu’il y avait de la neige fondue l’année dernière.

 
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Chauffeur de salle sur la ligne, coucou d’Annette Sergent, qu’on ne présente plus, puis gentil décompte à 10h30. Tout de suite en forte descente entre hauts murs de pierre solides délimiteur de parcelles du nectar local. Par une laisse virtuelle j’essaie de retenir trois de nos « bizus », Jean-Marc, Claire et Bruno. Frein moteur les « jeunots ». Les autres, plus pros, feront leur course.

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Du déguisement en tout genre : du capitaine crochet, de la jeune mariée, de la bonne sœur, du bedeau, de la tahitienne, du centurion romain, du clown, du superman, du père-noël, du jésus, de l’emperruqué, rouge, vert, jaune, du pharaon,….. 

  

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Ils avaient dit neuf ravitos. Mensonge !!!   Enfin si, les officiels. Mais tous les autres, c’était pas comptabilisé et il a fallu assurer et faire honneur. Beaujolais station number 3 : Un Jacqouille blondinet et grassouillet à l’arrêt, brait. « Mais quels sont ces mets ??? Où sont  les brochets, les rougets, les carrelets, les raies ???  Je ne vois aucun civet, faux-filet, poulet, agnelet. Aucun cassoulet, ni magret, ni coquelet !!!».  Je lui rétorque que moi, c’am convient parfaitement car je ne vois surtout dans cet estaminet que plein de gobelets, de godets, de tonnelets et de pichets remplis de Beaujolais. « J’en voulais, j’en voulais et j’en ai » 

Ca vallonne, ca ondule. Petits villages ou hameaux. Pancartes de chais de tous côtés jusqu’à plus soif.

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Mamies sur les pas de portes. Je leur suggère de nous suivre. Franches rigolades. Des côtés bocage, où le cep de vigne domine. Mais le cep bas sur pattes. Taillé court. Le poil ras en cette fin d’automne. Des mamelons de tous côtés. Mais où allons nous donc passer ? Vent de sud et donc de face qui comme les godets descendus souffle encore avec modération. Plein de choses à regarder, à écouter, à respirer. Les kilo bien marqués, je ne les vois pas passer. J’ai l’impression d’être parti depuis peu et on est déjà au 17.  Après chaque dégustation que j’éponge au saucisson et au fromage, je me fais quelques petits fractionnés pour reprendre Jean-Marc qui lui taille la route plus classiquement et avec raison. Je reprends plus sérieusement mon rôle de guide. 

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Beaujolais guichet 9,….. Enfin 9 je crois. « Bonjour, c’est (juste) pour goûter ».  Dans ce guilleret relais cabaret frisquet loin de la mi-juillet mon cervelet cherche un cachet. Ma parole à force de faire le mariole, je m’étiole. Cela me désole et m’affole. Il faut qu’je m’isole en évitant d’en mettre sur mes guiboles et sur mes grolles sinon je dégringole. Ah la picole ! Où sont les cabinets. Derrière le bosquet de la châtaigneraie sur le remblai. C’est pas vrai !  Je somnole. Sans protocole, un bénévole créole me racole avec sa casserole de profiteroles dont je raffole. Je reprends mon envol en luttant contre Eole. Toute cette nourriture m’effraie. Je me soustraie, je n’ai pas de monnaie. Je ressuis le trajet, du moins j’essaie !!!! Un seul cri de ralliement : Beaujolais ! Beaujolais ! 

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Claire et Bruno partis progressivement légèrement devant s’appuieront mutuellement l’un sur l’autre jusqu’au bout de leur rêve de premier marathon. Mon seul regret : ne pas les avoir revu en les doublant au détour du ravito du 32ième densifié par les coureurs du 12 en attente progressive de départ.

 

 
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 Entrées de propriétés privées. Grands jardins. Châteaux qu’on traverse. Qui en pleine salle à manger, qui dans la cave avec escaliers ou les communs. Les noms de succèdent : Château de Corcelles, de Pizay, des Ravatys, de Sermezy, domaine du Grand Chêne, château de Laye et de Vaurenard….   

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 Les villages traversés de Lancié, Cercié, St Lager, Charentay, St Etienne des Oullières, Gleizé,…. Question musique ca assure au top tout au long du parcours. Tous les styles. Pour tous les goûts : Quatuor classique, batteries endiablées, chorale, orgues de barbarie,….  

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Comme promis, je pose Jean-Marc au 30 au pied d’une cote juste avant Arnas. Les kilomètres l’ont rendu un peu moins bavard, tout de même. A lui de faire sa course maintenant pour ce baptême. Qu’il se rende compte aussi par lui-même !! Je reprends un tempo plus personnel. Le parcours se prête vraiment bien à l’histoire des 30 de prologue suivis des 12 de monologue. Car ca se durci nettement question terrain. Belle rampe entre 33 et 35. Ca coince à droite à gauche.   

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 Soleil légèrement voilé et Icare se fâche, un peu plus, toujours de face.  Rebelote au 38, dernière grimpette courte mais bien sèche, vent dans l’pif. Elle en sèche pas mal d’ailleurs. A gauche toute. Et encore un château qu’il faut bien contourner, traverser pour ressortir par où l’on est entré en croisant les suivants. Je ne sais plus trop quel numéro il porte ce château dans notre visite. 

 

Beaujolpif  numéro….X : nième arrêt  « Garçon, la même chose, si’yous plait ». Bouteilles sans muselet. Vite un tabouret. Il reste seulement sur un buffet désuet un gentil et frais brouet à base de navets, de baies, de beignets, de bolets, d’encornets et de flageolets. Je pousse un cri d’orfraie.  « C’est pas vrai. C’est la plaie, le bouquet !!! ». Sans boire directement au robinet, je vous le promets, ce nouveau petit Beaujolais m’a quand même donné un bon coup de fouet look martinet. Après la picole sans niôle, je redécolle et m’envole. 

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40ième. Allez, un p’tit dernier pour la route sur un stand que de nombreux négligent à tord. La main ne tremble pas. Et pas de chichi à coups de goût de framboise, de violette, de cuir ou de banane. Il goulaye bien, tout simplement. Longue descente finale régulière. Je ressors le 11 dents à l’arrière. Ca enroule un max. Je lâche tout ce qui reste. Villefranche, cœur de ville. Superbe traversé du marché couvert en musique, cousin des pavillons Baltard. Surtout ne pas se louper pour se viander dans ces trois p… de dernières marches qui vous rejettent dans la lumière tel un acteur sur scène, les projecteurs en pleine tronche. Aspiration finale par la foule qui vous porte jusqu’à l’arrivée sur ce magnifique dernier 400m en forme de U autour de la mairie bordée de très nombreux spectateurs en place pour la future arrivé du 12 bornes. Long tapis rouge qui se prolonge après l’arche finale par un taste-vin  autour du cou et une nouvelle bouteille de vin à la main. Le chrono. Quoi le chrono ? Quel chrono ?  Ah oui, le temps passé aux comptoirs,….enfin  aux ravitos. Ben, pas très bon. Pas très bon du tout. Fort long même !!!Chose incroyable j’ai tout de même pété mon record sur la distance. Si, si je vous l’assure !! Mon record de lenteur !!!

Ce 2009 est un grand cru, comme le Beaujolais  de cette année d’ailleurs aux dires des spécialistes.

 A refaire sans modération.

Christian

2 commentaires

Commentaire de CROCS-MAN posté le 19-12-2009 à 10:10:00

Une belle ballade,Bravo d'en avoir tant profité.

Commentaire de Mustang posté le 22-12-2009 à 10:03:00

hips!!! belle ambiance !!

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