Récit de la course : Saintélyon 2009, par ChrisTof

L'auteur : ChrisTof

La course : Saintélyon

Date : 6/12/2009

Lieu : St étienne (Loire)

Affichage : 1760 vues

Distance : 69km

Objectif : Terminer

10 commentaires

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Ma 1ère SAINTELYON...pour mes 42 ans !!!

Préambule : ce récit s’adresse principalement à celles et ceux qui voudraient se lancer dans l’aventure et qui, tout comme moi pour cette 1ère participation, vont probablement se poser beaucoup de questions quant à la préparation, au choix du matériel et à la gestion de la course. Cependant, cette préparation comportant forcément des lacunes, voire de graves erreurs, il convient de lire ce compte-rendu sans nécessairement vouloir s’en inspirer…

1°- la préparation

Adorant courir en pleine nature, mais détestant tout autant le fractionné que les courses sur bitume, j’ai donc axé mon plan d’entrainement exclusivement sur des sorties en endurance fondamentale avec des parcours moyens de 20 km. En revanche, j’ai tenté tant bien que mal d’agrémenter ces sorties par du dénivelé positif afin de me préparer au mieux aux trails que je souhaitais réaliser sur le dernier quadrimestre.

Au total, ma préparation m’aura fait courir un peu plus de 900 km pour un D+ cumulé d’environ 19.500 m jusqu’au 1er décembre, date de ma dernière sortie (petit footing de 9 km) avant le jour J.

J’ai débuté mon plan d’entraînement le 22 août à raison de 3 sorties hebdomadaires, soit une moyenne de 60 km par semaine. C’est ma participation à La Nuit des Cabornes, trail nocturne de 42 km – 2000 D+, le 12 septembre du côté de St Romain au Mont d’Or (69) qui sera le véritable catalyseur et m’amènera, moins de 3 mois plus tard, à m’aligner au départ de cette 56ème Saintélyon.

Outre deux autres trails courus en septembre, ma préparation me conduira également à participer à un dernier trail de 50 km – 1500 D+ à 3 semaines de la Sainté (lire mon récit à propos du trail Uewersauer au Luxembourg) afin de tester, en conditions de course, mon équipement pour la Sainté. Hormis les sorties en endurance fondamentale, j’ai intégré quelques séances d’abdominaux durant les 2 semaines qui ont précédé la Sainté à raison de 10 minutes par jour.

Mais surtout, je me suis efforcé de courir lorsque les conditions météos étaient les plus défavorables. Non pas pour travailler mes appuis ou d’autres aspects physiques tout aussi prépondérants sur une course comme la Sainté mais tout simplement pour renforcer mon « mental » ou, plus clairement, développer la gnaque nécessaire pour participer à une telle épreuve…et aller au bout !!!...Coûte que coûte…sauf blessure réellement handicapante, style « arrachage de jambe par un Razorback venu d’un autre monde »…petit clin d'oeil aux cinéphiles passionnés de SF australienne...OK, je m'égare !!!

C’est ainsi que j’ai couru de nuit, sous la pluie, dans la boue, dans le froid, avec un vent de face, dans des ornières gorgées d’eau…bref, j’ai couru dans les pires conditions qui soient, si tant est que l’on puisse parler de « pires conditions » tant cette météo automnale fut particulièrement clémente et douce dans nos contrées lorraines…habituellement bien plus froides en cette période de l’année ! En tout cas, j’étais fin prêt ! Prêt à affronter un froid vif et pénétrant, prêt à supporter une pluie incessante ou prêt à en découdre sur des chemins transformés en véritables piscines ! Et finalement, je n’ai eu à déplorer aucune de ces conditions de course puisque la météo était parfaite, peut-être trop d’ailleurs, sur cette Saintélyon 2009.

Hormis ma préparation physique et mentale, je me suis efforcé de suivre des règles alimentaires simples durant les 2 semaines qui ont précédé l’épreuve. J’ai supprimé tout alcool ainsi que le seul aliment qui me provoque systématiquement de très désagréables troubles intestinaux ! J’ai beau le savoir, et parfois en « souffrir », je ne peux m’empêcher d’en ingurgiter…par pure gourmandise ! Je veux parler du chocolat. Sinon, comme je le fais habituellement, et sans rien changer à mes habitudes alimentaires, j’ai quasi exclusivement consommé des produits bio : lentilles vertes, pois chiche, soja et quinoa pour les apports en protéines végétales, pomme de terre, blé, avoine, tagliatelles et riz complet pour les glucides, produits laitiers (yaourt, lait, fromage de chèvre et de brebis), viande de bœuf (dont foie), poissons et fruits de mer pour les protéines animales, légumes verts, fruits frais et secs pour les vitamines, minéraux et autres oligo-éléments.

Je n’ai consommé aucun complément alimentaire considérant qu’une alimentation saine et équilibrée ne nécessite pas d’avoir recours à de tels additifs, qui plus est parfois mal tolérés par l’organisme.

Concernant l’apport hydrique, outre une eau plate du « robinet », néanmoins préalablement filtrée, j’ai également bu de la Vittel (1,5 l/jour) et de la St Yorre (30 cl/jour), le tout représentant un apport quotidien d’environ 3 l d’eau. Par contre, j’ai très fortement augmenté mon apport hydrique durant les 4 derniers jours pour monter à environ 4,5 l / jour, autant pour favoriser le stockage du glycogène musculaire (en raison d’une forte consommation de glucides lents) que pour permettre un relatif accroissement de mes réserves en eau. Le but étant de ne pas m’arrêter avant le ravitaillement de St Genoux situé au 34ème km sachant que je comptais partir sans aucun « liquide ». Il faut dire que je n’ai pas soif lorsque je cours à une température inférieure à 10°. Et de toutes façons, lorsque je bois en course, cela a plutôt tendance à me « couper les jambes » !

Comme quoi, il est très important de bien se connaître avant de se lancer sur une épreuve longue comme la Saintélyon.

Pour clôturer ce chapitre relatif à la préparation, je dois aussi reconnaître avoir « beaucoup » dormi (en moyenne 8h15 par nuit) au cours des 2 dernières semaines de préparation. Deux dernières semaines durant lesquelles j’ai soigneusement appliqué 2 produits de marque Akiléïne pour bien préparer mes pieds et éviter, ou en tout cas minimiser, le risque d’apparition d’ampoule(s) : « Tano » pour le tannage (chaque matin) et « Nok » pour le renforcement du derme (chaque soir).

 

2°- la course

 

J’en avais lu des récits sur Kikourou ! J’en avais entendu des commentaires ! A tel point que par moment, il m’est arrivé de douter ! Mais avec le recul, je me dis que j’ai bien fait de persévérer dans ma préparation. Pour en revenir à la course, j’ai d’abord eu l’occasion de faire une partie du trajet en train (au départ de Villefranche/Saône) avec Tidgi, un autre Kikoureur qui, comme moi, allait s’élancer sur sa 1ère Saintélyon. Nous sommes arrivés à St Etienne vers 19H30, juste le temps d’aller récupérer notre dossard dans le parc expo avant de rejoindre les autres Kikoureurs inscrits à l’AAB !

 

Superbe idée que cet AAB ! Nous étions un peu plus d’une centaine à deux pas du départ, dans un endroit très calme, bien au chaud, pour profiter des bienfaits d’une bonne pasta-party ! Encore merci à Mamanpat et Blob pour cette organisation aux p'tits oignons ! Pour ma part, ce fut une assiette de tagliatelles, sans sauce, agrémentée de deux tranches de pain. Le temps pour nous d’échanger quelques derniers conseils en matière de « stratégie » de course et de choix de matériel avant de commencer à nous préparer aux alentours de 22H30.

 

Question matériel, ce fut très simple :

-  chaussures (la grande question sur ce genre d’épreuve mixte, route-trail) : Asics Gel Nimbus 11

- chaussettes : Run 900 de chez Décathlon…après un dernier massage à la Nok !

- collant : Odlo

- maillot : manches longues Mizuno Breath Thermo

- lampe frontale : “vieille” lampe Energizer… en position ventrale !

-  un porte-dossard Raidlight avec un  tube de Sporténine (pour prévenir les éventuelles crampes) et 5 pâtes de figue Gerblé

- une ceinture-banane avec téléphone portable, gobelet remis par l’organisation, couverture de survie, pansements et quelques feuilles de papier toilettes (on n’est jamais trop prudent en la matière !)

-  GPS : un bon « vieux » Keymaze 500 de chez Décathlon.

Donc : pas de coupe-vent ou autres couches supplémentaires, pas de gants, pas de bonnet ou autres couvre-chef, pas de guêtres, pas de Camelbak ni autres porte-bidons…et donc aucune boisson.

 

Vers 23H, je me rendais ainsi équipé dans le grand hall pour y retrouver Eric, un ancien camarade de classe en BTS agricole, qui, pour sa part, en était déjà à sa 3ème participation, puis Raphaël, un « pro » de la course à pieds (semi, marathons et surtout…marathon des sables en 2002 !), qui venait de se « taper » tout seul dans l’après-midi les quelques 500 bornes qui devaient le conduire du nord de Metz à Gerland !

Et 500 km en voiture ne constituent certainement pas le meilleur des échauffements pour une telle épreuve !!!...surtout qu’après la course…il faut penser au retour !!!...

 

A 23H30, nous sommes sortis pour commencer à nous placer sur la ligne de départ ! Et là, surprise ! Beaucoup de coureurs avaient eu la même idée ! Pourtant le départ ne devait être donné qu’à minuit, en ce samedi 5 décembre…jour de mes 42 ans !!! Elle est pas belle la vie ?!...C’est pas un beau cadeau d’anniversaire, ça ?!...Y en a qui paieraient pour être à ma place…quoique…faut pas non plus exagérer !!!

Pour en revenir à la course, beaucoup de gens m’avaient dit « Démarre doucement ! Il faut en garder sous la pédale pour la fin du parcours ! ».

Oui mais…J’ai pris la décision de courir en chaussures typées « route » en lieu et place de mes bonnes vieilles Trabuco !

Objectif "officiel" : "Sainté d'argent" en moins de 7h20...objectif officieux : passer sous la barre des 7h !

Du coup, si je pars doucement, je risque de me retrouver englué (au sens propre comme au figuré) dès que nous aborderons les premiers sentiers vers le 9ème km ! Bref, cruel dilemme que voici : partir vite avec le risque de se « griller » ou partir doucement avec le risque de se retrouver coincé ? De toutes façons, de là où nous sommes placés, au milieu du 2ème tiers, il est évident que le départ va être relativement lent !

Cette fois, on y est : le départ va être donné d’une minute à l’autre, dernière poignée de main à Raphaël et Tidgi pour bien nous motiver ! Enfin ! Des semaines que j’attendais ce moment ! Près de 5.000 « fous furieux » (comme nous perçoivent beaucoup de gens de mon entourage) qui s’élancent pour cette 56ème Saintélyon… toutes frontales allumées (sauf la mienne, en position ventrale !).

C’est tout bonnement magique ! Un instant sans doute inoubliable pour celles et ceux qui, en tant que spectateurs, sont placés de part et d’autre de la route ! Comme je m’y attendais, ça démarre vraiment tout doucement…Je prends le temps de déclencher mon chrono à l’instant précis où je passe sous l’arche de départ ! Et là, voyant le nombre impressionnant de coureurs qui me précèdent, je décide finalement de partir plus vite que prévu ! Je n’ai vraiment pas envie de galérer dans les sentiers probablement boueux qui nous attendent avant St Christo. J’essaie de courir aux alentours de 13 km/h pour ne pas trop entamer mon physique. On m’a assez répété qu’il fallait impérativement en garder sous la pédale pour finir « facile » ! Du coup, je me mets à doubler des dizaines, des centaines de coureurs jusqu’au 9ème km. Cette première portion de bitume se passe finalement plutôt bien. Mes Asics Gel Nimbus sont de véritables chaussons et je ne regrette vraiment pas mon choix. Quoique déjà bon en soi, mes habituelles Trabuco ne m’apportent pas un amorti aussi agréable que celui procuré par les Nimbus !

 

Il n’empêche…je ne suis pas un coureur sur route ! Je n’ai pas cette maîtrise de la foulée propre aux marathoniens, cette aisance à « bouffer » du bitume ! J’ai donc hâte d’en découdre dans les portions trail, la boue, le D+, le D- ! C’est plus en rapport avec le bon vieux Diesel qui tourne sous le capot !!!...

Des éléments qui me conviennent donc beaucoup mieux et qui devraient me permettre de dépasser des concurrents moins habitués à ce genre de profil !

 

Avant le départ, ma stratégie était simple : parti sans aucun liquide, je décidais de m’arrêter à 2 postes de ravitaillements, en évitant dans la mesure du possible ceux dédiés aux changements de relayeurs car je ne voulais pas être pris dans la cohue provoquée par leur présence massive. Du coup, mon choix se portait sur St Genoux, km 34, et Beaunant, km 57.

Ainsi, je passais St Christo sans m’y arrêter, km 16, en 1h23, 320ème à ce moment de la course.

Lorsque l’on sort du poste de ravitaillement de St Christo, il y a une montée courte mais très raide qui nous attend. De nombreux coureurs en profitent pour s’alimenter en marchant. Pour ma part, je décide de continuer à courir car je veux passer Ste Catherine avant la meute des « relais ».

 

J’arrive ainsi à Moreau, km 22, en 1h59, à la 274ème place. Je ne m’y arrête pas non plus. Et là, encore une fois, je me dis que j’ai bien fait d’opter pour des Nimbus ! Le parcours n’est absolument pas technique et la boue que certains nous annonçaient est finalement très peu présente à de rares exceptions près. Il faut néanmoins reconnaître que passer dans les 300 premiers doit être plus facile. Car une fois plusieurs milliers de chaussures passées au même endroit, le sol doit certainement se transformer en un réel bourbier.

Bref, je poursuis ma route en direction de Ste Catherine, où j’arrive en 2H28. Aucune sensation de faim ou de soif ne m’envahit. Alors, comme prévu, je continue ma course sans m’y arrêter. Je me sens plutôt bien, heureux d’avoir pu accélérer le rythme dans les –rares- passages « techniques ». Je redouble néanmoins de vigilance car je sais que le maintien des Nimbus n’est pas aussi bon que celui des Trabuco ! Je le sais…et je le sens !

De surcroît, ma lampe Energizer n’est pas un « phare », loin s’en faut ! J’ai beau l’avoir placée en position ventrale pour bien éclairer la zone des 15-20 mètres devant mes pieds, j’avoue que c’est parfois limite ! Moi qui espérais profiter de l’éclairage de compagnons de fortune –ou d’infortune !-, j’en suis pour mes frais ! Cela fait plusieurs longues minutes que je n’ai plus aucun concurrent à mes côtés. Fort heureusement, ceux qui me précèdent ne sont qu’à une petite trentaine de mètres !Je décide donc d’accélérer un peu pour me caler dans leurs faisceaux lumineux ! Mais dans le bois d’Arfeuille, ça ralentit très fortement, trop à mon goût ! La descente tant redoutée ne comporte qu’une seule véritable difficulté : une profonde rigole sur une vingtaine de mètres qu’il faut passer en courant -et sautant- de droite à gauche. Mais il y a vraiment trop de monde à cet endroit et il est impossible de dépasser sans risquer de chuter ou de provoquer la chute d’autres coureurs. Du coup, je reste bien sage et profite de cette file pour manger ma 1ère pâte de figues et croquer un comprimé de Sporténine.

J’arrive finalement à St Genoux, km 34, en 3h23, à la 152ème place. Mon expérience sur du trail –bien que limitée- m’a permis de grappiller quelques places. Je n’ai toujours pas soif mais, mieux vaut prévenir que guérir, je décide, comme cela était prévu, de m’arrêter à ce poste de ravitaillement particulièrement bucolique : une grange légèrement à l’écart du sentier. La grange…manque plus que ZZ Top !!!...Bon, cette fois, je m’égare vraiment !!!... 

 

Il fait froid, l’eau doit donc être très fraiche. Je demande donc aux bénévoles de verser un fond de thé dans mon gobelet (nous sommes obligés d’utiliser le gobelet remis par l’organisation de la course car il n’y a pas, pour des raisons évidentes de protection de l’environnement, de gobelets plastiques sur les tables des ravitaillements) et de compléter avec de l’eau plate. Le mélange ainsi obtenu est à une température plus acceptable pour mes fragiles boyaux !

 

C’est le genre de petit détail qui peut vous ruiner une course si vous êtes soudainement pris de violentes secousses gastro-intestinales…C’est surtout un excellent conseil de Martine Volay, sportive de renom dont le niveau et l’expérience sur des ultras en tout genre (comme la Diagonale des Fous ou le Marathon des Sables !) forcent l’admiration. Je me suis donc efforcé de respecter scrupuleusement sa consigne ! Et bien m’en a pris ! Merci Martine.

Durant ma pause « boisson », j’ai eu le plaisir de retrouver Jacques Guido, président de Saône Mont d’Or Nature. Nous nous étions vus lors de la 1ère édition de la Nuit des Cabornes, le 12 septembre dernier, du côté de St Romain au Mont d’Or. Ca fait du bien à cet instant de la nuit de voir des gens que l’on connaît ! D’un autre côté, on ne peut pas non plus « taper la causette » !

Sitôt mes 2 verres d’eau absorbés, je repars donc en direction de Soucieu, km 45, où j’arrive en 4h12. Comme prévu, je ne m’y arrête pas ! A cet instant, je me dis que le gros de la partie trail est terminé ! Maintenant, il va falloir gérer le bitume ! Et ça, c’est une toute autre histoire…une vraie découverte pour moi !

Pour prévenir l’apparition de crampes, je reprends un comprimé de Sporténine et je mange une seconde pâte de figue. Je reste concentré sur ma foulée et ma respiration. Mes jambes vont bien, le moral est au beau fixe, je n’ai ni soif, ni faim. Je sais que deux difficultés nous attendent mais qu’en même temps, je n’ai jamais été aussi près de l’arrivée !

J’arrive à Beaunant, km 57, en 5h22. Me voici 123ème au général ! Je fais donc un 2ème arrêt « boisson » identique à celui de St Genoux : thé chaud mélangé à de l’eau plate forcément froide. Deux gobelets plus tard, et après quelques étirements préventifs, jambe gauche puis jambe droite (je sais que la montée de Ste Foy nous attend !), je reprends ma route. Et là, je me retrouve enfin dans ce qui constituera in fine pour moi le plus gros « morceau » de la Saintélyon !

Cette fois, je ne cherche même pas à savoir si je peux ou non courir ! Je marche quasiment dès le début de cette côte ! J’en profite pour absorber mon 3ème comprimé de Sporténine et manger ma 3ème pâte de figue. Je balance les bras vers l’avant pour essayer de monter tant bien que mal à 5-6 km/h…plutôt mal que bien d’ailleurs !

Sacré supplice que cette montée de Ste Foy ! Elle paraît interminable ! Une fois arrivé au sommet, je me dis que cette fois, le plus gros est fait ! Et sauf blessure sérieuse –cf. le Razorback dont je vous parlais précédemment-, la Saintélyon 2009 ne peut pas m’échapper ! Plus qu’hautement improbable, c’est carrément impossible !... 

Pourtant, je commence à avoir du mal à relancer. Et le parcours urbain qui va nous conduire jusqu’à Gerland ne me laissera pas un souvenir impérissable, si ce n’est la beauté offerte par le spectacle d’une ville de Lyon resplendissante de mille feux.

 

Cette année l’organisation a eu la –bonne- idée de nous rajouter une petite montée sur la fin ! Après celle de Ste Foy, me voici sur une côte, heureusement bien plus courte, du côté de Fourvière ! Cette fois, c'est sûr : il n'y aura plus de montée d’ici l’arrivée !

Une descente en direction des quais de Saône, empruntant des sections pavées et des marches d’escaliers (ça fait mal en fin de course, si, si, croyez-moi !!!), puis un parcours très plat jusqu’à l’arrivée.

 

Je passe le ravitaillement de l’église St Georges, km 63, en 6h10, à la 129ème position. J’ai donc perdu quelques places !Probablement doublé par des coureurs plus habitués que moi à courir sur le macadam.

Qu’à cela ne tienne, le moral est toujours au beau fixe malgré des sensations forcément entamées par cette nuit blanche et les quelques 63 km déjà parcourus. Maintenant, c’est que du « plaisir »…ou presque !...

Je traverse le Rhône et me voici sur les fameux quais, autre moment d’anthologie, tant ils paraissent interminables en fin de course ! Je double quelques coureurs et me fais également dépasser par des relayeurs (dossards rouges) de plus en plus nombreux sur la fin de ma course bien qu’ils se soient élancés une heure après les concurrents du raid solo. Cette fois la délivrance est toute proche, je vois l’arche d’arrivée à l’extérieur du bâtiment !

Au panneau 75 m, je donne tout ce qu’il me reste dans les tripes pour sprinter (si, si…j’étais en sprint...enfin presque !!!) jusqu’à l’intérieur du bâtiment ! Et je franchis la ligne…avec des larmes plein les yeux…car il y avait trop d’émotion à ce moment-là…

Pour en revenir à la course, peut-être ai-je couru trop vite en franchissant cette ligne d’arrivée ?

Toujours est-il que mon bracelet électronique n’a pas été détecté ! Alors que cela s’était plutôt très bien passé sur les contrôles intermédiaires ! Mais je ne m’en suis rendu compte qu’en milieu de matinée, après avoir quitté Gerland ! J’étais tellement euphorique au moment du passage de la ligne d’arrivée que j’en ai même oublié d’arrêter mon GPS ! Une jeune fille m’a offert un beau maillot finisher puis je me suis dirigé vers ce banquet qui nous tendait les bras : le dernier poste de ravitaillement ! Pain d’épice, barres de céréales et pâtes de fruits pour le solide, eau plate, puis gazeuse, pour le liquide ! Jusqu’au moment où, enfin, j’ai pensé à arrêter mon chrono qui indiquait alors 6h40’33’’. Sans doute un peu plus que le chrono officiel !

Il aura fallu patienter trois longues journées pour qu’il soit enfin officialisé ! Mille mercis à Rodio qui m’a apporté un soutien moral de premier ordre et a contribué à ma réintégration dans le classement officiel en relatant ma mésaventure à Mimisoso. J’étais heureux de ne plus lire la mention ABANDON lorsque je consultais le résultat du dossard 5596 sur le site de la Sainté ! Parce que, croyez-moi, et je ne souhaite à personne de vivre un jour la même mésaventure, que c’est dur, psychologiquement parlant, de lire ABANDON lorsque l’on sait que l’on est arrivé, que l’on a tout donné, que l’on s’est préparé durant de longues semaines et que, nécessairement, on a du faire des sacrifices !

Enfin, l’essentiel est d’avoir été officiellement réintégré au classement en 6h37’23’’, 125ème au scratch, et, cerise sur le gâteau, diplôme honorifique de finisher avec mention « Saintélyon d’argent » !

 

A 7 petites minutes seulement de la Sainté d’or…qui sera, à n’en pas douter, mon objectif 2010…à moins que les conditions météo n’en décident autrement !...ou que le chrono ne soit plus fixé exceptionnellement à 6h30 comme ce fut le cas pour cette édition mais, plus classiquement, à 6h20 !...

 

Cette course est mythique et le restera encore très longtemps ! Par contre, il ne faut pas l’aborder comme un trail car la Saintélyon est tout sauf un trail !...de mon point de vue...que chacun est libre ou non de partager !

Aussi, il est important de bien choisir ses chaussures ! Les Gel Nimbus profilées « route » conviennent parfaitement sur ce genre d’épreuve à condition de les avoir testées au préalable sur des sentiers boueux et de conserver à l’esprit que le maintien est parfois très aléatoire sur des descentes abordées un peu trop rapidement ! 

Les bénévoles sont aux petits soins et extrêmement souriants ! J’ai d’ailleurs adoré le ravitaillement de St Genoux. Merci à toutes celles et ceux qui ont œuvré pour que cette course se passe dans d’aussi bonnes conditions.

Et surtout, un grand bravo à tous ces bénévoles qui ont enduré le froid et l’humidité de la nuit pour nous apporter confort…et réconfort !

 

Le public est peu nombreux au fur et à mesure que les heures s’égrènent dans la nuit mais les rares spectateurs qui sont là savent nous encourager et nous redonner du baume au cœur. Merci aussi à ces inconnus qui m’ont parfois applaudi et encouragé, notamment place de l’église à Ste Foy…si ma mémoire est bonne !

 

Bravo aussi à tous les coureurs, y compris ceux qui ont du abandonner !

Etre là, à minuit, sur la ligne de départ, en « tenue de combat », constitue déjà un petit exploit qui n’est pas à la portée du premier -téléphile- venu !

 

Enfin, une pensée en ce traditionnel Téléthon pour ces enfants myopathes qui n’ont pas la chance de pouvoir vivre ce que nous avons pu ressentir durant cette nuit magique !

 

3°- l’après-course

 

Néophyte, j’ai forcément commis quelques petites erreurs.

 

Il est donc très important de faire le point sur sa course et de se remémorer certains aspects qui peuvent nous permettre d’être plus performant sur une nouvelle édition.

 

Ainsi, avec le recul, j’ai déjà trouvé le moyen d’en corriger quelques-unes qui devraient me permettre de grappiller quelques précieuses minutes dans cette quête de la Sainté d’or :

 

-   ne plus participer à un trail de 50 km – 1500 D+ à 3 semaines de la Saintélyon (ce sera les Templiers à J - 5 semaines !)

-  me placer beaucoup plus près de la ligne de départ

- effectuer les 8 premiers km à 13 km/h de moyenne (contre 12,3 cette année)

- utiliser une lampe plus performante (Petzl Tikka XP 2)

- éviter le ravitaillement de Beaunant, trop près de la montée de Ste Foy, pour ne pas briser mon "élan" !

- m’arrêter à celui de l’église St Georges ou…aller au bout selon mes sensations

 

Sinon, j’ai repris mon entraînement dès le mardi 8 décembre en effectuant 30 minutes de vélo d’intérieur, sans forcer, histoire de bien détendre les jambes et permettre aux articulations de récupérer dans la « douceur ». J’ai continué tout au long de la semaine en alternant vélo elliptique et vélo d’intérieur.

 

Ma première sortie en course à pieds est prévue durant le week-end du 19-20 décembre, soit 2 semaines après la Sainté.

En attendant, je continue de faire quotidiennement mes 10 à 15 minutes d’abdominaux agrémentées de séances de 30 minutes à 1 heure de vélo d’intérieur et/ou de vélo elliptique.

 

10 commentaires

Commentaire de millénium posté le 14-12-2009 à 21:26:00

et ben ça c'est du CR...!
J'ai presque aussi chaud qu'en courant !
merci et bravo

Commentaire de Mustang posté le 14-12-2009 à 21:54:00

haletant comme ta course!!! bravo pour ta très belle perf!

Commentaire de l'ourson posté le 14-12-2009 à 22:04:00

Youahh !! Quelle prépa d'enfer et surtout, quel beau résultat :-) sans oublier ce magnifique CR.

L'Ourson_ki_te_souhaite_une_Sainté_d'Or_2010_;-)

Commentaire de tgi54 posté le 15-12-2009 à 08:40:00

salut Cristof,

bravo pour ta course et merci pour ce CR qui nous transporte à l'intérieur de la course ...

a+
thierry

Commentaire de Liliputiengeant posté le 15-12-2009 à 09:51:00

Bravo pour ta course !

Tu semblais très concentré à table, sûr de ce que tu avais à faire. La course prouve que tu avais raison et tu fais une très belle perf' !

Lili, voisin de gauche le temps d'un AAB.

Commentaire de tidgi posté le 15-12-2009 à 10:05:00

Bravo à toi Christophe : belle perf pour une première !

Et heureux que tu aies pu être "réintégré" dans le peloton des finishers !! Et quand bien même, comme je te l'avais dit, le plus important est ce que tu as pu faire pour toi et ceux qui connaissent tes capacités (et je n'en doute pas pour la prochaine Sainté d'Or...)

A bientôt sur les chemins...

Thierry

Commentaire de poucet posté le 15-12-2009 à 21:23:00

Pour ta perf c'est déjà fait ... Alors super chapeau pour cet excellent CR !!! Un vrai "pro" de la Sainté le ChrisTof !!! Encore BRAVO
Poucet

Commentaire de Fimbur posté le 16-12-2009 à 12:17:00

Bravo Christophe, récit palpitant, course réussie. Et quel temps ! !
En route pour une CCC de folie !
Fimbur

Commentaire de julsocks posté le 24-12-2009 à 01:03:00

Tres impressionnant, surtout les 34km sans boire. Bon courage pour l'annee prochaine!

Commentaire de Belet posté le 10-01-2010 à 23:46:00

Bravo Christophe.

Ta gestion des ravitos me laisse pantois, moi qui ai du ingurgiter plus de 3L de boisson sur la course.

Mais tu te connais visiblement bien et tu fais une belle perf à cette Sainte. Bon courage pour l'année prochaine.

Arnaud.

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