Récit de la course : 24 heures d'Aulnat 2009, par déhel

L'auteur : déhel

La course : 24 heures d'Aulnat

Date : 7/11/2009

Lieu : Aulnat (Puy-de-Dôme)

Affichage : 619 vues

Distance : 203km

Objectif : Pas d'objectif

4 commentaires

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cr 24 heures d'Aulnat 2009

C.R  24 heures d’ Aulnat 2009.

 

Après la relative frustration de Séné où j’avais atteint, mais non franchi le 200ème kilomètre – vous saisissez la nuance - , j’ai décidé de courir une autre épreuve en automne ; mon choix s’est porté sur Aulnat suite à la lecture du C.R de B. Heubi : bonne organisation , circuit propice à la performance.

L’organisation : déjà , elle se charge de venir vous chercher à le gare le vendredi soir . Des matelas sont installés dans la salle polyvalente d’ Aulnat pour permettre à ceux qui le souhaitent de dormir sur place de vendredi à samedi. Un peu échaudé par mon expérience de la Riquet , je m’étais offert un hôtel à proximité , choix judicieux selon quelques collègues , d’autant que le départ à 11 heures autorisait une certaine grasse matinée. Après la course , remise des récompenses , repas , et reconduite à la gare. Les bénévoles , nombreux , sont aux petits soins.

La course proprement dite : le circuit mesure cette année 1341 mètres , 2/3 d’allées bordant des stades de foot et 1/3 de bitume. Inconvénient déploré par de nombreux coureurs , il est très tortueux et oblige à de nombreuses relances usantes à la longue. Le chronométrage s’effectuait électroniquement via une puce jointe au dossard , un portique de détection et un tableau affichant instantanément la distance parcourue , le temps réalisé sur le dernier tour et le classement. Très pratique donc , sauf que…le tableau va tomber en panne au bout d’une demi-heure pour ne fonctionner à nouveau que 10 heures plus tard ! Nous étions certes comptabilisés à chaque passage , mais difficile de se situer précisément ! Bien entendu , l’organisation n’était pas directement responsable de la panne , mais comme on dit , « ça la foutait mal »…Dernier point , les prévisions météo catastrophiques pour le week-end : pluie et vent quasiment tout le temps. En fait , nous avons essuyé 3 ou 4 averses dans l’après-midi , pas une goutte durant la nuit , de nouveau la pluie vers 10 heures dimanche , soit une heure avant l’arrivée. Chance inespérée ! Attention , les nuits sont fraîches en cette saison !

Record de participation battu : 170 individuels et 4 équipes de relayeurs. Les bénévoles n’ont pas chômé au poste de ravitaillement ! La course étant qualificative pour les championnats du monde de Brive , on note la présence de quelques grosses pointures.

Départ à 11 heures pile. Je démarre à 10 km/h , allure que je compte maintenir le plus longtemps possible de façon à passer les 100 km entre 10h30 et 11 heures. Comme expliqué plus haut , la défaillance du tableau ne facilite pas la tâche ! Les favoris sont partis « plein pot » , et creusent rapidement l’écart ; mais La Fontaine , qui devait être circadien , l’a bien écrit : « qui veut aller loin… ». Bref , plusieurs d’entre eux – et elles – vont craquer …Mon objectif étant de passer la barre des 200 , pas question de forcer la mule . Un 24 heures , c’est une question de gestion : allure , fréquence et nature des ravitaillements , choix des vêtements…avec tous les aléa de santé liés à ce type d’effort certes non violent mais terriblement usant. La plupart des défaillances surviennent durant la nuit . Mais pas question en ce qui me concerne de quitter le circuit pour me reposer : atteindre 200 km deviendrait illusoire . A titre indicatif pour les futurs circadiens , j’aurai au terme de la course quitté le circuit une dizaine de minutes pour me changer avant la nuit , et marché – en mangeant – une trentaine . En gros , j’aurai couru 23 heures sur 24, à 10 km/h maxi. Précision , je n’ai bénéficié d’aucune assistance au bord du circuit , il m’a fallu tout gérer , ce qui n’est pas toujours , objectivement , une mince affaire. Pas de petite femme pour me remonter le moral ou me préparer un ravito personnalisé ! Attention , un 24 heures , c’est très chi… , surtout quand on est seul. Tourner sur un circuit comme un hamster dans sa roue n’est guère palpitant , les circadiens sont vraiment une ethnie particulière – Levi-Strauss aurait sûrement aimé nous étudier -. Il faut non seulement tenir la cadence mais aussi garder le moral car il y a toujours des coups de moins bien. Chacun a ses trucs , les friandises , la musique , un peu de bavardage , difficile car il est rare que 2 coureurs gardent longtemps la même allure. La cadence , parlons-en : j’atteins les 100 km en 10h45 – à peu près , car le tableau…- et envisage les 150 pour la 17ème heure , ce qui me laisserait 7 heures pour les 50 derniers km . Ce sera 150 km en 17h 02 , pas si mal ! J’aurai  l’occasion de discuter avec Circadien Diabétique , qui m’expliquera toutes les difficultés qu’il rencontre à faire admettre au corps médical ses qualités de coureur d’ultra ; les préjugés…

Les cuisses tirent un peu , le tube digestif grogne de temps à autre , mais dans l’ensemble rien ne lâche. J’ai adopté une alimentation variée , salé-sucré , liquide-solide , et ça passe. Les meilleurs – enfin , pas tous – sont loin devant , le record de B. Heubi va tomber. Il y a de sacrés coureurs d’ultra en France , on les connaît peu , évidemment , les courses de 24 heures ne sont pas très médiatisées…Nous avons droit cependant à Fr3 Auvergne dont le reporter s’intéresse surtout à Gérard qui , à un âge maintenant respectable , participe à son 150 ème –vous avez bien lu – 24 heures  , sacré bonhomme ! Bon , pendant ce temps , je continue d’avancer , de moins en moins « vite » , et qu’est-ce que je calcule ! Après le 150ème , je tourne à 8 km/h environ et ne descendrai jamais sous 7,5. J’ai une marge , mais elle est étroite ! Aucune défaillance n’est autorisée. La majorité des concurrents y compris les meilleurs , marchent sinon en permanence du moins par intermittence , avec pour certains la même efficacité que moi qui continue de trottiner – je ne sais pas bien marcher -.C’est le cas par exemple de Marie « la teigneuse » - comme elle se qualifie elle-même – qui , les ischios fusillés , marchera durant plusieurs heures pour terminer en tête avec 207 km ; chapeau bas , madame. Et moi je suis très fier car je cours tout le temps , na ! Ce qui fait qu’à la 20ème heure , je suis certain que,  sauf imprévu , j’atteindrai mon objectif. D’autant qu’à partir de 8 heures , un nouveau stimulus apparaît : une quinzaine de camarades de club vont prendre le départ du marathon Nice – Cannes , il n’est donc pas question de faiblir maintenant , je vais  continuer de courir en même temps qu’eux . Vous l’avez compris , en fin de course , tout est bon pour se motiver !  A l’entame de la dernière heure , il me reste 4,5 km pour ce faire. Coup de pistolet libérateur : 203 km ,  je m’offre le luxe d’être dans les 10 premiers au scratch , et cerise sur le gâteau, 1er V2 ! Je n’avais aucun objectif en matière de classement , mais là j’avoue être plutôt content. Séné est « effacé » .

Douche bien chaude , palmarès , apéro , déjeuner copieux et sympa , chauffeur particulier qui me ramène à la gare. Merci , « chauffeur » dont j’ai oublié le nom , merci à vous toutes et tous qui nous ont supportés , dans tous les sens du terme , durant ces deux jours. Je ne sais pas si je reviendrai à Aulnat , mais je n’oublierai pas. Tiens , la Grèce me taquine à nouveau , j’ai bien envie de courir l’Olympienne…

 

4 commentaires

Commentaire de c2 posté le 17-11-2009 à 12:38:00

Bien joué pour les + de 200 !!

Tu résumes bien toute la problèmatique du double tour d'horloge. (côte hamster, rester le plus possible en piste, alimentation, parcours parfois tortueux...) bien loin, je suis d'accord, en payasage et bien moins chaud que pour le "Riquet".
Je pense que je vais replonger en Circadie en 2010. Ca remonte doucement dans la tête.
Encore bravo

Christian

Commentaire de Fredy posté le 17-11-2009 à 17:03:00

.".. les prévisions météo catastrophiques pour le week-end : pluie et vent quasiment tout le temps"

Un 24 heures en Auvergne, c'est pas fait pour les fillettes ;-)

Content que la course t'ai plu.
Bonne récup.

Fredy, distributeur de boisson au ravito.

Commentaire de bluesboy posté le 17-11-2009 à 21:36:00

Bravo pour les 200 bornes et pour ton récit.L'envie de faire un 24 h me trotte dans la téte ,aussi je lis tous les récits mais c'est le coté hamster qui me rebute un peu

Bonne récup

Commentaire de CROCS-MAN posté le 18-11-2009 à 07:22:00

Je ferai mon premier 24h le 5 décembre alors merci pour ton récit et tes infos bien précieuses.

BRAVO pour ta super course.

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