Récit de la course : Les Templiers 2009, par Papillon

L'auteur : Papillon

La course : Les Templiers

Date : 25/10/2009

Lieu : Nant (Aveyron)

Affichage : 1761 vues

Distance : 72km

Objectif : Pas d'objectif

21 commentaires

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Le récit

Les Templiers, voilà une course que j’ai rêvé de faire du jour où j’ai appris son existence en regardant un magasine et ses photos enchanteresses ! Je n’avais encore jamais fait de trail…

 

Mon premier, qui fut aussi mon deuxième l’année d’après ce fut le 21 km des sangliers à Cerny (91), le 8 mai 2004. Il pleuvait des hallebardes, les chemins plein d’eau et de boue, m’ont ravie. L’année d’après, je refis donc le sanglier, et le 16 km de la vallée de Chevreuse. Même engouement, ma passion était née.

 

2006, je refais les mêmes, et j’ajoute le 38 km du trail des cerfs, tout nouveau tout neuf, entraînant du même coup, mes copains du club de choisy qui commence à envier mes étoiles dans les yeux. A ce moment, je fais aussi du trail dans ma vie… coup de pied dans le tronc qui me barre le passage, et je trouve enfin… le compagnon qui ne me quittera plus, au détour des 25 bosses. Je l’accompagne au Mont-Blanc pour l’utmb, en spectatrice… je les trouve fous, courageux, magnifiques, et… je rêve… j’ai toujours adoré la montagne, depuis que je suis petite, sans doute le seul bagage de mon père que j’ai accepté d’emporter, sans doute la seule chose qui me rattache encore à ce qu’il fut.

 

2007, je fais ma première course de « montagne avec le ventoux », en arrivant, je rêve moins, j’ai souffert le martyre. 1 heure passe, j’ai oublié les douleurs de l’accouchement, et je veux remettre ça. Le 55 km du trail des cerfs en mai, la 6000D en juillet, et enfin, la CCC qui à cette époque ne fait « que » 86 km.

 

Juillet 2008, cette fois, ce n’est pas d’une course que j’accouche, mais de mon 3ème bébé… micro-pap, petit cadeau que nous nous sommes fait à tous deux, née au milieu de cette forêt qui fut notre berceau.

 

Il m’aura fallu 1 an pour revenir, l’Ardéchois 2009 fut la dernière course où je n’étais pas encore tout à fait prête. Entre les kilos à perdre et un semblant de vitesse à retrouver, la fatigue s’était sans doute installée.

 

Septembre 2009, mon ayrton nous a concocté un programme infernal pour réussir les templiers. Je lui avais dit : « J’en rêve de cette course… », et toc… la voilà dans mon planning !!!

Mais bon, ce n’est pas le tout de le dire, encore faut-il la faire !!!!

 

Nous savions que c’était une course assez roulante, où il fallait donc beaucoup courir… alors, nous avons couru… sortie longue, fractionnés longs sur piste, chrono à l’appui… nous avions enfin fait le plus dur, et puis premier soucis pour moi, 15 jours avant la course, une urticaire géante… un week-end de foutu, no-repos. Le week-end suivant, une gastro. Réaction en chaine, ayrton malade le vendredi, moi, le samedi, nous sommes morts ! Nous nous trainons toute la semaine.

 

Vendredi, J-2, les deux grands partent en vacances, nous sortons du boulot, nous fourrons le matos dans la clio, micro-pap dans le siège auto, et hop… une étape dans la Creuse. Nous ne sommes pas du tout dans le coup, à 10 000 années lumières d’aller courir un 70 bornes le surlendemain !!!!

 

Nous arrivons le samedi, nous fonçons rejoindre la maman d’ayrton qui nous attend devant le salon. Elle gardera micro-pap pendant la course, elle est ravie, car de ses Pyrénées natales, elle ne la voit pas souvent.

 

Nous rencontrons des kikous, ça y est, l’ambiance arrive à notre cerveau, nous commençons à être dans le bain ! Ouf ! Je retrouve un ancien copain de mon club choisyen qui a déménagé dans le coin, nous discutons, ça me fait du bien.

 

Réveil à 3h du mat… Brrrrrrrrrrrr… mes neurones sont gelés, je n’aspire qu’à une chose, dormir, mais non, il faut y aller.

 

Je me réveille difficilement. Je retrouve des kikous, Auvermarc, et toc une photo… super, merci, et voilà un petit souvenir qui fera du bien. Je dors debout, d’ailleurs, ça se voit sur la photo !!!! Le coupe-vent sur le dos, j’ai chaud, je me demande si c’est réellement pertinent de le mettre. Tous ceux que je rencontre me dise que oui… « Quand nous serons là-haut, ça soufflera, on aura perdu des degrés, tu seras contente de l’avoir. ». Bon d’accord, mais pas convaincu le Papillon. J’ai très rarement froid quand je cours, y compris dans la neige.

 

Ayrton et moi, nous nous quittons… nous avons du mal, nous ne nous sommes pas beaucoup vu cette semaine, ça nous manque, et là nous savoir si près et à la fois si loin… mais je sais qu’au bout du chemin, si difficile soit-il, il y aura son beau sourire. Ça me requinque.

 

Le départ est donné.

 

Que de monde !!!! Ça piétine, au moins, nous ne partirons pas comme des balles !

 

Bonjour l’Ourson, je ne te connaissais pas, et bien c’est chose faite ! Bonjour Gama, toi non plus je ne t’avais jamais vu, ravie d’avoir fait ta connaissance, le faux plat monte, je cours tranquille. Oui, mais voilà, j’ai chaud. Je transpire comme une damnée. C’est décidé, je vire le coupe-vent. J’ai eu des crampes les deux nuits d’avant, ce n’est pas vraiment le moment de se déshydrater ! Je le fais en marchant, et je vois tout le peloton me passer devant, grrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr… mieux vaut le faire maintenant que tout à l’heure, je pourrais encore remonter, le chemin est large à cet endroit.

 

Re-bonjour l’Ourson et re-au revoir, il me faudra plus de temps pour retrouver Gama et sa bande.

 

Que de monde, ça piétine toujours, pas moyen de courir à son rythme, je me dis que ça m’évite de partir trop vite, mais enfin tout de même. La file des frontales avance, je me rendors, doucement, mollement, je suis claquée.

 

Je cours en pilotage automatique, la cheville lâche, ça me réveille… des gars se fichent de moi, me disent avec ironie que «  Madame peut repartir… que la course est fini pour elle ». Bon, j’ai pris un coup de vieux, tant pis, je dois avoir une sacrée sale gueule ce matin !  Bande de salopiots, vous ne perdez rien pour attendre !!!! Nous nous retrouverons à intervalles réguliers avec des refichages de tronche. Je ne sais pas pourquoi, ça m’agace alors que d’habitude, je ne suis pas fâchée avec l’humour… ça doit être dans le ton, ou dans le côté répétitif, je ne sais pas… qu’importe, il me double, et j’avance.

 

Heureusement, un gars gentil comme tout, se met à me faire la conversation, le soleil s’est enfin levé, le tout fait son effet, je me réveille, doucement, mais sûrement… merci, je ne sais pas qui tu es, mais merci beaucoup. Je n’ai pas dû beaucoup te répondre, car insidieusement, j’ai fini par accélérer… peut-être que toi aussi, car je ne sais pas ce que tu es devenu, ni à quel moment tu t’es volatilisé ! Je me retourne, et là, un gros coup de bonheur me gonfle les poumons, que c’est beau, mais que c’est beau ! Trois grands trous dans les nuages laissent passer des flots de lumière sur les arbres jaunes, verts, orange, rouge !!! C’est magnifique…

 

Je retrouve Gama et sa petite troupe, puis je les double.

 

Une belle descente un peu gâchée par un super point de côté. Et qui je retrouve en train de marcher ??? Mes deux ch…x !!! Là, désolée, je ne peux m’empêcher de lancer « Alors les gars, on tape la causette en descente ? » Et, j’avance mais devant…

 

Enfin, Dourbies ! J’ai bien cru ne jamais voit ce ravito, je suis à sec, plus un gramme d’eau !!! Pourtant, j’avais fait le plein à celui d’avant, mais bon ! Je recharge, je ne m’attarde pas, et je repars…

 

Ça va mieux, je me sens plus fraîche, je suis globalement dans les temps qu’ayrton m’a donnés. 5h13 de course à Dourbies.

 

Je repars, je suis tout de même un peu remise. J’arrive à Trève sans encombre, je me suis un peu rendormie, mais bon, ce sera mon lot jusqu’au bout. Dans mon brouillard, j’entends « Allez les kikous !!! ». Je me retourne et je découvre un visage inconnu, il m’a réveillée… merci ! Du coup, ma belle-maman réussit aussi à se faire entendre. Elle est là, avec ma petite Lucine… Oh la la, que ça fait du bien ! Que je suis heureuse de les voir ! Des bisous, encore des bisous !!! Qu’est-ce que tu me manques mon micro-papillon… Et je repars

 

Je discute avec un compagnon de fortune en mangeant mon emmenthal dans la côte, et, oh surprise !!!! Il est le président du club de CO de Melun, un voisin en quelque sorte… nous faisons route commune.

 

Nous arrivons à Cantobre. Et là… ouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuh, gros coup de bambou derrière les antennes !!! Pépette m’encourage, la femme du balbuzard aussi, mais voilà, il n’y a plus rien dans les ailes ! J’entame la dernière côte, je rame… je rattrape tout de même le mec de la CO, mais pas pour longtemps.

 

Il y a pire que moi, des gars qui s’étalent dans l’herbe, morts, ou en train de rendre tripes et boyaux. Je ne m’en sors donc pas si mal que ça ! Nous arrivons à un endroit où se concentre un monde terrible ! De loin, on dirait qu’il y a un match ! Je tente de grimper un rocher, j’attrape une prise, et au moment où je pousse sur ma jambe pour me hisser, une crampe me foudroie, en haut de la cuisse… je me crispe sous la douleur, et paf une autre crampe aux abdos !!! Mes mains lâchent la prise, les pieds lâchent les appuis, et, je tombe en arrière ! Merci, les gars, merci ! Des mains robustes me repoussent vers le haut, d’autres tirent, et me revoilà en route !

 

La suite ne sera qu’une succession de crampes ! La descente est un enfer. Alors que je sens l’écurie à plein nez, je ne peux rien faire, dés que j’allonge la foulée, les mollets crampent.

 

Nant arrive enfin… bouuuuuuuuuuuh ! Une côte dans le village, ah les vaches ! Et puis une courbe, cette fois, c’est bon ! Au bout du chemin, comme toujours, ton beau sourire illumine mon regard hébété…

 

J’ai revu mes deux casse-bonbons du début… J’étais fraîche et douchée, arrivée depuis bien longtemps… méchamment, je leur ai dit « Bah alors, c’est à c’t’heure qu’on arrive ??? » Faut pas embêter le Papillon, ni lui friser les antennes… qu’on se le dise !!!!

 

 

21 commentaires

Commentaire de auvermarc posté le 27-10-2009 à 15:30:00

Bravo Papillon, ravi d'avoir fait ta connaissance et celle de ton Ayrton.
Joli CR, à la fois léger et plein de conviction, mais c'est juré, je ne me risquerai pas à te friser les antennes...

Marco

Commentaire de JLW posté le 27-10-2009 à 16:03:00

Les Templiers les yeux fermés, en dormant. C'est impressionant. Tu t'es entrainée aux 25 bosses pour ca ?
Merci pour ton récit entrainant.
Et maintenant, place aux cross ?

Commentaire de slyvere posté le 27-10-2009 à 16:06:00

Très joli récit, mais c'est pas sympa de se moquer des mecs couchés dans l'herbe!!!!
Tu as sûrement du me dépasser leur d'une pause sauvage que je me suis accordée!!!!
En effet, je finis en 13h20', mais en fait cette pause était pour savourer l'instant présent, et passer un petit coup de téléphone à ma petite famille qui était restée à la maison à 700km de là!!!
Voilà, bravo pour ta course et bonne continuation.

Commentaire de germaine posté le 27-10-2009 à 16:14:00

C'est plutôt rare de trouver cette mentalité chez les messieurs, d'habitude ils sont tout disposés à nous venir en aide .....ils ont sans doute senti que tu allais leur mettre la patée et c'était une tentative de déstabilisation ...loupé !
Bravo pour ton courage qui n'est plus à démontrer d'ailleurs .....juste dommage que tu n'aies pas savouré la course, mais ça ne peut pas être le nirvana à chaque fois, c'est bien dommage d'ailleurs ..

Commentaire de Papillon posté le 27-10-2009 à 17:39:00

Je pense qu'ils ont cru qu'ils allaient me la mettre... mais voilà, tel est pris qui croyait prendre!

Commentaire de jepipote posté le 27-10-2009 à 18:10:00

cool un CR du pap avec un petit historique sympa.
maintenant j'attends celui d'ayrton^^

Commentaire de l'ourson posté le 27-10-2009 à 18:22:00

Bravo Papillon ! Ravi d'avoir papauté quelques instants avec toi au départ. Bonne récup en famille maintenant :-)

L'Ourson_stoppé_à_Cantobre..;-(

Commentaire de Papillon posté le 27-10-2009 à 19:44:00

Moi, je suis stoppée chez moi... mon pied gauche me fait horriblement souffrir! Saleté de carcasse! Une épine a dû pousser dans mon pied! Grrrrrrrrrrr!!! C'est vilain, c'est méchant!

Commentaire de shunga posté le 27-10-2009 à 22:34:00

Bravo le papillon ! Tu l'as bien mérité ta course de rêve.

Commentaire de Marlène/Mô posté le 28-10-2009 à 17:24:00

Ha ha, j'ai bien ri, merci papillon ! j'adore ta façon de voir les choses.
Ta course n'a pas été trop mal gérée en fait. Attention aponévrose douloureuse, peut-être déchirure (je connais). Bon kiné nécessaire pour rééducation.
Peut-être à un de ces 4 sur les chemins.

Commentaire de laulau posté le 29-10-2009 à 18:49:00

Bravo papillon pour ta course et ce récit tellement agréable à lire
Bon rétablissement, j'espère que ce n'est pas trop grave !
Laurent

Commentaire de chris78 posté le 30-10-2009 à 07:30:00

Bravo pour ta course Papillon. J'étais au départ des Templiers, tous ces coureurs à la frontale, ca fait rever. J'ai encourager des coureurs à Cantobre à l'endroit dite "La palette".... ca doit etre là que tu es tombée car l'endroit est terriblement difficile à passer. Un type nous a dit qu'il a du s'asseoir 5mn sur le coté pour reposer ses muscles avant de pouvoir passer cette foutue palette sans crampes !!
Bonne récup
Chris

Commentaire de hagendaz posté le 30-10-2009 à 19:24:00

un papillon transformé en cheval pour l'écurie! on voit de tout aux templiers...
bonne récup

Commentaire de Papillon posté le 30-10-2009 à 19:31:00

Merci à tous pour vos commentaires... pourtant, j'étais un peu ennuyée de la façon dont je l'ai racontée cette fameuse course. Je trouvais mon discours un peu défaitiste et pas drôle du tout.

Tant mieux s'il vous a amusé!!!

Commentaire de Lucien posté le 30-10-2009 à 20:50:00

C'est toujours avec grand plaisir que je lis tes aventures pleines de sincérité et de fraîcheur avec une petite touche familiale qui donne du baume au coeur. Bravo pour ta perf et donnes le bonjour a tes p'tits bouts qui ont vraiment une grande maman. Salut et à +

Commentaire de Yvan11 posté le 31-10-2009 à 15:12:00

bravo pour ta course et content de vous avoir rencontré en vrai..
Yvan

Commentaire de Pottok posté le 31-10-2009 à 18:54:00

Bravo Papillon !!! Belle course et super récit, j’aurai été ravit de faire un bout de chemin avec toi...
Ça sera pour une autre fois
Promis je vais travailler ma vitesse...
a bientôt (pourquoi pas dans ls 25 bosses )

Commentaire de gdraid posté le 08-11-2009 à 10:21:00

J'allais louper ce beau récit ...
De retour de Provence je te retrouve à Mondeville By Night, avec "Micro Pap" qui vole enfin depuis 1 mois, de ses propres ailes !

(Au bout du chemin, comme toujours, ton beau sourire illumine mon regard hébété… )Tu parles de "Micro Pap", ou d'"Ayrton" en écrivant cela en fin de récit ?

Bravo pour ta perf. et pour ton mental aux Templiers !
JC

Commentaire de Papillon posté le 08-11-2009 à 14:58:00

Là, c'était plutôt ayrton... car mon micro-pap s'est d'abord demandé qui c'était que cette nana dégoulinante, toute blanche, pas en forme du tout...

ensuite, quand elle a fait le lien avec ce qui avait dû être sa mère un jour, elle s'est accrochée à ma jambe, en disant des "maman" en boucle. Je crois qu'elle s'est tout de même demandée où j'étais passée, elle avait l'air rassurée de me retrouver, même dans cet état là.

Commentaire de chabidou posté le 16-11-2009 à 14:40:00

Merci pour ton récit !
Reprendre le sport après un bébé, c'est pas de tout repos (je le confirme!). Bravo pour cette course qui n'a pas semblé facile !

Commentaire de caro.s91 posté le 28-11-2009 à 19:20:00

Bravo pour cette belle reprise et ce récit qui me donne bien envie de participer !!! Caroline.

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