Récit de la course : Le Challenge des 3000 Ariégeois 2009, par Papychan66

L'auteur : Papychan66

La course : Le Challenge des 3000 Ariégeois

Date : 22/8/2009

Lieu : Auzat (Ariège)

Affichage : 1527 vues

Distance : 46km

Matos : Ceinture porte-bidon (0,75L)
3 gels
2 barres amandes

Objectif : Terminer

2 commentaires

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Les 3 x 3000 ariegeois

 Bonjour les Kikoureurs et Kikoureuses,

Vendredi 21 août 2009, je quitte la maison à 13h30 pour me rendre à Auzat, lieu de départ d'une grande épreuve de course de montagne... les 3 x 3000 ariégeois... Le circuit du marathon avec un 3ème sommet à 3072m (pic du Sulho) à franchir. Une nouvelle course en parallèle au marathon du Montcalm pour fêter les 20 ans. Depuis longtemps je comptais y participer, mais à chaque fois des évènements de dernière minute s'étaient interposés. Alors cette année je ne voulais pas rater l'évènement.

A 16h45 j'arrive au camping, après un joli circuit touristique. Auzat est un charmant village ariégeois, au fond d'une vallée magnifique. Le camping est situé tout au bord de la rivière.

Il y a déjà beaucoup de monde et sur la place du village l'ambiance est déjà très chaude. Musique, exposition d'artisanat local, concours de danse...

Il est temps d'aller chercher le dossard. Pour cette fois ce sera le 130. Je vais faire un petit tour du village, avant de terminer mon installation. Le temps est légèrement gris, mais les dernières nouvelles de la météo sont excellentes. Il est prévu du grand beau temps pour le lendemain.

A 19h, nous sommes tous conviés au briefing d'avant course. Présentation de la course, recommandations de sécurité, description du parcours. Ce que je vais retenir, c'est que le 3ème sommet ne sera pas du gâteau et qu'il faudra en garder beaucoup sous la semelle. Pour ce qui est de l'organisation, cela semble très au point. On sent déjà que l'on a affaire à une équipe sérieuse et expérimentée.

19h45... Il va falloir penser à se restaurer, et pour respecter la tradition, ce sera la pasta party habituelle. je noue rapidement contact avec des coureurs. Il y a beaucoup d'anciens, mais le mystère du 3ème sommet est dans tous les esprits. 

Je vais rapidement écourter la soirée, car je sens que la journée du lendemain va être très dure...

Le départ étant à 6h30, je mets le réveil à 3h30... Aïe! Aïe! Aïe. Malgré la pression, je vais m'endormir assez facilement.

 Déjà 3h30!!! Avant toute chose, je vais voir ou en est le temps. Malgré l'heure ???!! tardive !!!?? la température est particulièrement douce, et il subsiste toujours une petite couverture nuageuse. Je vais prendre un petit... Grand déjeuner bien copieux... Barres amandes-céréales, crème au soja, biscuits soja-figue, jus de fruits, 2 bananes, chocolat... et je retourne me coucher.

Finalement je n'arriverais pas à m'endormir. Vers 5h je décide de commencer à me préparer.

6h: Dernier briefing au gymnase et dernier café pour partir bien réveillé. Beaucoup de coureurs s'inscrivent encore. On ne devrait pas être loin des 200 concurrents au départ. C'est bien, il n'y aura pas trop de monde... comme j'aime. On nous confirme que les sommets sont trés dégagés et que la journée sera belle et chaude. La pression monte et il est déjà temps de rejoindre la ligne de départ. Il fait encore nuit, mais cela ne posera pas de problème pour les 3 premiers Kms sur route.

6h30... 5... 4... 3... 2... 1... Top!!!! Départ pour le "Caillou"... C'est comme ça qu'on l'appelle dans la région.

Ma première pensée est de bien gérer le départ et la montée. Départ tranquille à 8Km/h même sur cette portion très plate. Je dois me situer en milieu de peloton. 

Rentrée dans la forêt sur un sentier assez confortable, mais la luminosité est encore faiblarde. Il faut bien ouvrir les yeux car le terrain devient accidenté. Puis arrive le premier raidillon, qu'il faut mieux aborder en marchant. Sans forcer, je vais doubler beaucoup de monde... tout ceux qui sont partis vite et on atteint la zone rouge un peu trop tôt à mon avis. Ce n'est pas évident de résister à l'appel de la vitesse quand le terrain s'y prête. Nous arrivons enfin sur l'acqueduc. Une portion de 3,5 Kms parfaitement plane, à flanc de falaise ou les pas résonnent à travers les dalles de béton. J'en profite pour récupérer et commencer à m'alimenter... une bonne quinzaine de coureurs vont me doubler.

Le circuit se poursuit à travers montées, descentes, route, sentier. Cette partie du parcours est particulièrement agréable. Le jour est bien installé, mais le soleil n'a pas encore fait son apparition.

Arrivée au parking de Lartigue, c'est là que les choses sérieuses commencent. Le sentier pas trop pentu au début prend rapidement des allures de rampe. Nous sommes encore dans la forêt, puis peu à peu la végétation s'éclaircit. Nous arrivons dans les prés d'alpage au milieu des bruyères et des rhododendrons malheureusement plus en fleurs. Maintenant ça grimpe trés dur. Il n'est plus possible de courir. Tout le monde se suit à une petite allure randonneur, mais les jambes commencent déjà à chauffer. Il y a un nombre impressionnants de ravitaillements... forts sympathiques d'ailleurs. De temps en temps je me hasarde à jeter un bref coup d'oeil vers le haut, et tout ça me paraît encore bien éloigné.

Arrivée au refuge du Pinet (2240m). C'est une architecture moderne, mélangeant bois-metal et verre, et qui trône là sur son éperon rocheux. Beaucoup de monde, gros ravitaillement et ambiance Rock'n roll. A vue d'oeil, on a effectué la moitié de la montée... faut mieux pas y penser. Je repars en marchant et le terrain devient de plus en plus difficile. L'herbe fait place aux rochers. La haute montagne se présente à nous. Le ciel est bien dégagé et le soleil qui éclaire les sommets nous offre un paysage magnifique. Passage à l'étang du Montcalm... Cette vue me met un peu de fraîcheur dans la tête. J'ai la mauvaise idée de demander à une personne de l'organisation ou se trouve le Montcalm. "Il est juste là-haut" me dit-il. Il me parait encore bien loin, trés loin, beaucoup trop loin... juste 520m plus haut... Je ne l'aurai pas imaginé aussi loin, après tout ce que je viens de monter.

A partir de maintenant, fini les jolis sentiers de randonnée bien tracés il faut trouver le chemin à travers les gros blocs de rochers, les pierriers. Il faut souvent s'aider des mains.  Puis le sentier chemine à flan de falaise. Je ne peux m'empêcher de penser à ce que sera la descente dans ce chaos. On se croirait dans un canyon du grand ouest américain. Au passage d'un premier névé, je croise déjà "l'extraterrestre" Michel RABAT"... le vainqueur du jour qui fonce vers l'arrivée... Il doit avoir des gènes d'isard.

Il n'y a pas de problême pour suivre le bon chemin, les organisateurs ont vraiment bien balisé le parcours.

Enfin le col 2900. La vue sur le versant sud est grandiose, et surtout de là on a une vue générale des 3 sommets qui nous attendent. La vue de la montée au pic du Sulho me fait froid dans le dos. Je commence à être bien fatigué. Il faut monter les 177m qui donnent accès au toit de l'Ariège... Le caillou. Heureusement le sentier est un peu plus sympathique et l'arrivée est un vrai bonheur. Je suis enfin sur le célèbre caillou. Quelle vue!!!! Je m'arrête quelques secondes pour admirer et je ne vois rien d'autre que des cailloux. Après avoir contourné un magnifique abri en pierres sèches, il faut pour la première fois... DESCENDRE!!!!! Les jambes sont de plus en plus raides. Je descends très lentement en essayant de récupérer, car dans à peine 10 minutes, il faudra attaquer la montée au pic d'Estats. Elle est plus courte que celle du Montcalm, mais beaucoup plus raide. Tant bien que mal je finirai par arriver au sommet, et je me dis qu'il n'en reste plus qu'un. Je sers les dents, et me voilà reparti dans la descente avec traversée d'un 2ème névé bien raide que je préfère contourner. Celui qui me suis, choisira la glissade sur les talons, avec arrivée en vrac sur les cailloux.

Arrivé pour la 3ème fois au col 2900, j'apprends qu'avant de monter au Sulho, il faut d'abord descendre tout là bas au fond. On aperçoit les concurrents qui montent, et vu d'ici... c'est impressionnant. Moi qui croyais qu'il n'y aurait que 172m à grimper... ce sera un peu plus de 300m. La pente ne doit pas être loin des 100%, c'est un vrai mur. L'itinéraire est aussi cassant que la montée. Je commence à en baver sérieusement, alors je me fixe un seul objectif... FINIR. Plus je me rapproche du pied de la montée, et plus elle me paraît impressionnante. L'organisateur nous avait bien prévenu, le pic Sulho n'est pas très fréquenté. La montée s'effectue entièrement hors sentier au beau milieu des éboulis, des blocs de rochers. Il devient bientôt indispensable de s'aider des mains, et surtout attention aux chutes de pierres provoquées par ceux qui sont au dessus. Franchement je ne m'attendais pas à une grimpette pareille. En repassant au col 2900, je n'ai pas pensé à faire le plein d'eau, puisque l'organisation à bien fait les choses. Pas de chance il n'y a pas de ravitaillement avant le sommet. Je vais me retrouver rapidement à sec. Cette montée commence à virer au cauchemar, mais heureusement dans les situations difficiles il y a toujours caché quelque part un petit réconfort. Il est perché là sur son rocher avec sa cloche et il encourage avec force chaque concurrent. On doit l'entendre dans tout le massif, et ça remet un peu de baume au coeur.

Enfin l'arrivée au sommet après 5h10 d'effort. C'est la première fois que je regarde la montre (Le premier est arrivé depuis 10 minutes... Impressionnant!!!!). Je suis 95ème. La vue est absolument magnifique. Le ravitaillement est un peu juste en eau, alors impossible de remplir le bidon. Un verre d'eau et en avant pour attaquer cette descente apocalyptique. C'est une vraie descente technique, raide, très raide, glissante à souhait et même un peu dangereuse comme je n'en ai jamais fait. Me connaissant, je vais assurer au maximum pour éviter la chute ou la blessure. La vitesse doit à être à tombée à 2Km/h, mais elle me permet de jeter de temps en temps des coups d'oeil admiratifs sur le paysage. Evidement je vois passer des quantités de kamikazes qui n'hesitent pas à se lancer tout droit dans la pente, sans se soucier des cailloux qu'ils envoient sur la tête de ceux d'en dessous. Souvent il faut s'aider des mains et même utiliser les cordes mises en place par l'organisation. Je vous le dis, ce n'est plus de la course, c'est de l'escalade. J'aurai bien perdu une dizaine de places.

Après cette descente difficile, revoilà enfin de la montée... Bof!!! Finalement ça passera très bien car j'ai bien récupéré dans la descente. J'en profite pour gagner 2 places, mais je commence à souffrir de la soif.

4ème arrivée au col 2900... enfin pas tout à fait, c'est toujours ça de gagné. C'est maintenant que commence la grande descente vers l'arrivée. Retour dans les pierriers, les rochers, les dalles glissantes et tout ce que la nature a pu inventer pour nous rendre la tache plus difficile. C'est la nature et c'est aussi pour ça que c'est beau... Mais dur!!!???

Je continue à assurer et à perdre des places... une bonne douzaine avant l'arrivée au refuge du Pinet. D'un autre coté, j'en profite pour m'alimenter copieusement. A partir du col j'ai décidé de m'arrêter à tous les ravitaillements. Quelques mots, un peu d'humour, un sourire... ça fait oublier la souffrance et les gens qui sont là ont bien droit à un peu de reconnaissance. Ils font un travail formidable... BRAVO!!!

A partir du refuge nous ferons une bonne partie de la descente à deux. Je maintiens un petit train régulier sur un terrain déjà plus sympathique, mais encore bien raide. Nous commençons à gagner des places... Ceux qui on commencé la descente façon kamikaze, ont les jambes raides. Me sentant bien ragaillardi, je décide de laisser mon compagnon de début de descente pour profiter de ce regain de forme. Je ne sais pas si ça va durer, et peut-être que je le reverrais me dépasser plus tard. 

Je fais la descente sans forcer en essayant d'avoir une foulée "économique" et en continuant à boire beaucoup. J'appréhende toujours un peu les 10 derniers Kms à plat ou faux plat. A l'arrivée sur la route (7h25 de course) j'ai bien regagné 15 places. Il reste 10 kms, pour le moment tout va bien, et je rattrape un à un plusieurs concurrents. Hormis les parties de route, le sentier est très agréable... Parfois le long de la rivière, au milieu de belles prairies, dans la forêt, mais il y a aussi quelques grimpettes "casse-pattes" pour nous rappeler que c'est une course de montagne... jusqu'au bout. J'arriverais à mon grand étonnement à tout passer en courant, et à dépasser quelques "marcheurs bien cuits". Sur un circuit pareil, une bonne gestion de course est primordiale.

Enfin le dernier Km avant l'arrivée, sur le goudron et au soleil, mais cela n'a plus d'importance. On entend l'ambiance de l'arrivée, alors je décide de tout donner, pour être sur d'être aller au bout de moi-même.

L'arrivée c'est toujours un grand moment. Il y a beaucoup de monde et une ambiance à tout casser.

8h19'03" et 88ème. Je suis bien content d'avoir fini, j'ai trouvé cette course très dure, mais le circuit est absolument " à voir". On m'avais dit que c'était comme le Canigou en un peu plus long et avec un peu plus de dénivelé. Je peux le dire maintenant... C'est beaucoup, beaucoup plus dur, surtout avec la montée au Sulho. Ce n'est pas un trail, c'est une vraie course de montagne, bien raide, bien cassante, mais vraiment magnifique, sauvage, grandiose.

Etrangement, je me sens moins fatigué qu'à l'arrivée au Sulho. Je pense avoir particulièrement bien géré ma course. Maintenant, il va falloir récupérer. Je vais boire au moins 1,5L de boissons diverses. Retour au camping pour une bonne séance d'étirements, douche...

Un grand BRAVO à l'équipe organisatrice. Vraiment tout a été au top. Les gens qui étaient aux postes de ravitaillements se sont montrés extrêmement amicaux, serviables.

On se retrouvera tous à table, ou chacun racontera son aventure, ses mésaventures, mais ce qui ressort, c'est la qualité du circuit, de l'organisation et la difficulté du parcours.

Il y a un petit quelque chose qui me dit que je reviendrai l'année prochaine. Si vous aimez la montagne... la vraie, n'hésitez pas à bien vous entraîner et venez faire un petit tour dans le coin, ça vaut vraiment le déplacement.

 

 

2 commentaires

Commentaire de Berty09 posté le 23-08-2009 à 23:24:00

Salut
Malgré la difficulté du parcours ça me donne vraiment envie. Peut-être dans 1 ou 2 ans...et encore bravo pour ta course.

Commentaire de Mustang posté le 27-02-2010 à 11:55:00

bravo pour ta course!! Effectivement, c'est une des plus belles courses de montagne!!!

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