Récit de la course : Trail Cenis Tour - 38 km 2009, par Schtroumpfette74

L'auteur : Schtroumpfette74

La course : Trail Cenis Tour - 38 km

Date : 2/8/2009

Lieu : Lanslebourg Val-Cenis (Savoie)

Affichage : 2322 vues

Distance : 38km

Objectif : Pas d'objectif

6 commentaires

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Trail Malamot Tour - Sous la pluie...

Après le marathon des Burons (le 21 juin 2009) qui s’était très bien déroulé, mon frère (marmotte_parano) m’avait encouragé à m’inscrire à la 1ère édition du Trail Malamot Tour, petit frère du Trail Cenis Tour. Un trail qui avait l’air magnifique, dans ma vallée natale avec départ du lac du Mont Cenis à la frontière franco-italienne, passage au Malamot, au col de Sollières et arrivée à Lanslebourg.

 

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La distance (38 km) et le dénivelé (2100 m +, 3000 m -) me paraissaient abordables.Toute la famille (ou presque) était inscrite sur le 38 km : mon père, mon frère et sa copine. Mon frère ne prendra malheureusement pas le départ, victime d’une entorse 3 semaines avant. Une semaine avant l’épreuve, j’avais beaucoup de fatigue accumulée, due à des semaines bien chargées (aussi bien au boulot qu’en dehors). Le samedi 25 juillet, j’avais participé à la dernière édition du tour de la Serra à Genod, où j’avais été surprise par mes bonnes sensations et ma forme alors que je pensais arrivée là bas complètement HS.Je partais pour le Malamot avec l’idée d’une grande et belle balade en montagne avec l’unique objectif de terminer, sans trop forcer et de bien profiter des paysages. Quelques jours avant la course, la météo annonçait un dimanche pluvieux et orageux. La veille, le temps était très chaud, entre 30 et 35°C, et lourd.Pourtant, le matin, en se levant à 5h le ciel est découvert. Malheureusement, on voit le mauvais temps qui arrive par le bas de la vallée et en montant à Lanslebourg, le mauvais temps gagne également par l’Italie et le haut de la vallée. On arrive à Grand Croix à 7h30, en dessous du barrage du Mont Cenis, au départ, sous un ciel chargé et menaçant.

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On récupère les dossards. Nous ne sommes qu’une soixantaine d’inscrits… Mais combien serons-nous réellement au départ ? On apprend que le parcours du 66 km a déjà été modifié pour des raisons de sécurité. On commence à se préparer…en rigolant…On ne dirait pas qu’on va partir courir sous la pluie !

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Je charge mon camel back avec une veste qui me permettra de lutter contre la pluie et le vent. Et puis, il se met à pleuvoir… mais pas pour rigoler, une vraie pluie qui mouille. On se précipite dans la voiture. Sauf qu’il est 8h30, que c’est l’heure du départ et qu’on doit être en train de louper le briefing qui doit se dérouler au sec dans le bâtiment à côté. On y court… Appel des concurrents (oups, ça fait déjà 2 fois qu’il nous appelle !) et dernières recommandations.  

Et puis on attend tous serrés à l’abri qu’il pleuve un peu moins pour sortir prendre le départ.

 

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Finalement vers 8h45, 8h50, une accalmie. Le départ est donné.

 

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On part tous assez tranquille sur une grande piste qui s’élève doucement. Mais la pluie a déjà recommencé à tomber. Puis la piste attaque une légère descente. Ça avance bien, mais je trouve que j’ai peu de souplesse dans mes appuis, et je n’arrive pas à allonger comme je le voudrai.

Et puis tout à coup, le parcours prend à droite, direct très raide dans un petit sentier. Et mes yeux se fixent sur le Malamot, là haut… dans l’orage… les éclairs zèbrent le ciel, le tonnerre retentit. Je ralentis le rythme, pas très motivée pour aller à la rencontre de l’orage. Je croise mon père qui redescend « non, je ne monterai pas dans l’orage, trop dangereux ». Je lui dis, que si moi aussi j’ai trop peur je ferai demi-tour. Et là je cogite… je continue à avancer, mais sans forcer… je me fais doubler.  

Dans ma tête, je pense à plein de choses… : je compte l’écart entre les éclairs et le tonnerre, me dis que si ça pète trop près, je fais demi-tour. Je regarde si l’orage décide de tourner. Et je pense au Mercantour, qu’un drame est vite arrivé, que la montagne aura toujours le dernier mot. Je sens la force des éléments : la pluie, le vent et puis la grêle qui s’y met. Ce n’est pas parce que tout le monde fonce dans l’orage, qu’il n’y a pas de danger et que je suis obligée de les suivre !!! Est-ce que ça vaut le coup de continuer ? Des courses je peux en faire plein d’autres…  Qu’est ce que je vais gagner à défier la nature et à me battre contre elle ? Et pourtant, je continue d’avancer, incertaine…

Et puis, l’orage s’éloigne… il n’y a plus que la pluie, mêlée à de la grêle… Je décide d’essayer de me rapprocher des deux participants qui sont un peu devant car je me sens un peu seule, et ça me remotive. Mais le vent, le froid, la pluie restent là… mon vêtement est collé à la peau et j’ai froid. Je m’arrête, et passe ma veste plus efficace contre la pluie. Mes doigts sont gourds, je suis contente de passer un vêtement qui est resté à peu près sec dans mon sac et qui me protège davantage ! Dans ma tête, je sais maintenant que j’abandonnerai en bas de la descente : trop mouillée, un peu froid… je ne suis pas obligée de courir dans ces conditions ! Je n’ai rien à me prouver et rien à prouver ! ça me suffira comme promenade dominicale ! 

J’arrive au sommet, je suis seule. Un bénévole me souhaite bon courage pour la descente. Des coureurs me rejoignent. Le chemin est glissant et ressemble à un petit ruisseau. Je préfère courir à côté dans l’herbe. 

Je rattrape une femme qui m’avait doublé à la montée. Elle a vraiment froid. Je lui demande si elle a une couverture de survie, si ça va aller. Je reste un peu pour m’assurer qu’elle n’a pas besoin d’aide supplémentaire et continue mon chemin. Plus bas, une jeep nous arrête : course annulée, on doit se rendre à l’hôtel Malamot, au départ, où on sera ensuite rapatrié à Lanslebourg (à l’arrivée). Je me trouve à ce moment avec deux concurrents. On rentre tranquillement en discutant jusqu’au départ. Moment plutôt sympa à échanger sous la pluie...

A l’hôtel, les autres concurrents sont déjà nombreux à se réchauffer et à se sécher à côté du poêle. Je retrouve mon père et la copine de mon frère. J’enlève ma veste et essaye moi-aussi de me réchauffer. J’attends avec impatience mes affaires sèches restées dans la voiture qui se trouve à Lanslebourg, ma mère et mon frère étant resdescendus, pensant qu’on serait tout de suite rapatriés en bas.C’est avec beaucoup de bonheur que je retrouverai un pull et un pantalon ! 

On descend ensuite à Lanslebourg où nous attend une tartiflette qui fait du bien ! Les organisateurs prennent ensuite la parole pour expliquer les raisons d’annuler la course. Je suis entièrement en accord avec leur décision, mais je sais que dans la salle certains sont déçus d’avoir été arrêtés dans leur effort.  

Pourtant, il y a une certaine mesure du risque à prendre lorsqu’on court dans de telles conditions. On n’est pas obligé de débrancher son cerveau en course. On n’a qu’une vie… Des courses, il y en une multiplicité…et tant d’autres occasions de se faire plaisir en trail… Tout mon respect aux organisateurs et l’envie que l’an prochain cette édition puisse se faire sous le soleil !

 

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Encore merci à mon frérot pour les photos !

 

6 commentaires

Commentaire de lulu posté le 06-08-2009 à 10:55:00

Une bien sage décision, ma foie !!!
Et puis comment profiter d'un trail dans le froid, la pluie, les orages....

En tout cas, BRAVO, d'avoir eu le courage de prendre le départ !!

A une prochaine, peut-être sur les skis !?

Commentaire de @lex_38 posté le 06-08-2009 à 15:09:00

Même si tu avais décidé d'arrêter, finalement l'organisation y a pensé aussi!
La pluie et le froid, ça ne gène pas trop, c'est juste pas très agréable, mais les orages...
Comme tu le dis, il y en a d'autres des courses et tu pourras y revenir...

Commentaire de Lucien posté le 06-08-2009 à 22:54:00

Si la course n'avait pas été annulée je crois que tu aurait terminé. En montagne plus tu te poses de questions, plus tu avances. Beau récit, prévoir un trail de 38 km avec 2100m D+ après Genod, il faut quand même y aller. Bon courage pour la suite. Amitiés.

Commentaire de regor34 posté le 06-08-2009 à 22:55:00

Je me demande parfois si c'est le courage ou si c'est la challenge qui nous pousse à avancer.
Déja que c'est dur natrellement ,certain trail peuvent vite se transformer en galére
y participer c'est déja

Commentaire de eric74 posté le 08-09-2009 à 13:26:00

en tout cas quel courage !!!

et alors pas de CR du tour de la Serra ???

quand tu veux pour se faire une petite sortie autour d'Annecy ... veyrier , semnoz

Commentaire de jac posté le 14-02-2010 à 17:15:00

Un petit mot un peu même beaucoup décalé, je salut la sage décision de l'orga et tes interogations, tu as bien raison on gagne rarement contre la nature, depuis tu as dû en faire plein de cr et c'est le principal, bravo pour les photos la montagne est belle il aurait été dommage d'avoir un mauvais coup.

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