Récit de la course : Trail Verbier St-Bernard - La Traversée 2009, par KiKiKoureur

L'auteur : KiKiKoureur

La course : Trail Verbier St-Bernard - La Traversée

Date : 4/7/2009

Lieu : Verbier (Suisse)

Affichage : 1350 vues

Distance : 52km

Objectif : Pas d'objectif

2 commentaires

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Trail Verbier Saint-Bernard-1ère

L'annonce au printemps du Trail Verbier Saint-Bernard dans une région voisine de chez moi me titille. Confiant en la réputation du traceur/organisateur (Dans le top 10 de l'UTMB quand même), je m'inscris dès le printemps sur le petit parcours. 52km pour 4300m de D+ annoncés me paraissent suffisants pour moi qui suis relativement néophyte en course à pied et qui n'ai jamais couru plus de 25km!

Le mois d'avril et le mois de mai sont studieux du côté de l'entrainement (Je ne suis pas un stakhanoviste non plus) et je termine le mois de mai par le trail de Collobrières et un week-end sur l'O'Biwak. Je serai beaucoup moins assidu au mois de juin:3 semaines de vacances à la mer (Plongée et CàP sont difficiles à concilier) et la montagne de boulot en rentrant.

J'adopte donc un profil plutôt bas lorsque le jour J arrive. Le départ donné à 12H permet de se lever tranquillement et d'aller retirer son dossard sans stress. Il reste même un peu de temps pour papoter avec quelques connaissances locales. Je rencontre aussi brièvement Badgone et Martine avec qui je n'ai malheureusement pas eu le temps d'aller boire un verre la veille. Mais ce n'est que partie remise sur un prochain trail...

Avec une précision toute helvétique, le départ est donné à 12H pile et je m'élance en queue de peloton. Les 300 premiers mètres seront l'unique portion plate du parcours! Un virage en épingle et on attaque la première montée. Pas loin de 400m de D+ pour s'échauffer en montant à l'alpage et on remonte le vallon que tant d'UTMBistes et autres CCCistes ont descendu sur l'autre rive du torrent. En face de La Peule, la montée vers le Col du Névé de la Rousse commence sur un single abrupt et irrégulier qui ressemble parfois plus à un escalier qu'à un sentier (Mais je n'ai encore pas vu tout le parcours!). L'ascension se termine de façon plus confortable. L'arrivée au col se fait sur un névé illuminé par le soleil au moment où je passe: un régal pour les yeux. Derrière le col se cache la surprise annoncée par l'organisateur: Il y a aussi un névé de 500m de long à descendre cette fois. Les concurrents précédents ont tellement brassé la neige qu'il est difficile de courir ou de glisser debout dessus. Une tactique finit alors par s'imposer: assis en glissade sur le train arrière. Une bonne partie de rigolade avec mes compagnons de fin de peloton! La suite de la descente est beaucoup plus calme. Une pente relativement douce ramène dans la vallée après un court arrêt au ravitaillement pour grignoter et enfiler la veste de pluie.

J'arrive ainsi au ravitaillement de Liddes après quelques 1400m de D-. Il y règne une ambiance familiale et folklorique plutôt sympa. Je quitte le vêtement de pluie et je me restaure convenablement en cherchant vainement ma suiveuse préférée.  Un petit coup de portable et j'apprends qu'elle avait des fourmis dans les jambes et qu'elle est monté au col suivant, histoire aussi de goûter l'ambiance de la course.

Je repars donc pour l'ascension du col de Mille. A partir de là, je rentre dans l'inconnu question gestion du parcours: je suis au-delà des distances et dénivelés maxi auxquels je suis habitué. Je me sens plutôt bien et je monte à un bon rythme (confirmé par l'analyse comparative des temps de passage plus tard). A mi-pente, je rencontre ma suiveuse qui redescend du col. Une petite pause et je repars. Je suis toujours étonnamment bien et je me pose la question de savoir à quel moment je vais le payer. Les 1100m de dénivelé passent donc avec une facilité déconcertante (A mon niveau...) et j'arrive au col où souffle un petit courant d'air frais qui n'incite pas à trainer au ravitaillement. Heureusement, dès que je passe sur l'autre versant, je me retrouve à l'abri du vent et je peux faire une pause pour profiter du panorama: je peux d'ailleurs apercevoir Verbier qui parait très près, mais il faudra d'abord descendre dans la vallée pour remonter sur l'autre versant!

Une longue traversée à flanc de montagne va maintenant m'amener à la cabane Brunet. Le profil est globalement descendant, mais il est quand même parsemé de quelques petits névés à traverser et de quelques courts coups de cul assassins. Mais j'arrive à destination sans problème majeur, alors que le paysage est toujours aussi splendide. En sirotant un pepsi au ravitaillement, la vue panoramique me permet de me faire une idée de ce qui m'attend pour remonter de l'autre côté de la vallée.

Fort de cette observation, je me lance dans la descente vers Lourtier (1000m de D-) en essayant de m'économiser au maximum. Peine perdue, car je sens maintenant que je manque cruellement d'entrainement en descente. Les quadriceps commencent à en avoir marre et me le font bien sentir. Deux petits arrêts pour sortir la frontale et récupérer d'une petite chute ne changeront rien à l'affaire: j'arrive à Lourtier bien entamé. Je m'arrête un bon moment au ravitaillement pour tenter de redonner du punch au bonhomme. Gagné pour le punch, mais le physique va s'avérer un peu court.

Et me voilà parti pour la dernière ascension: une bavante de 1200m de D+ pour 4km! Le début se passe bien: la nuit est douce et donne un aspect fantasmagorique au sentier. La lune pleine qui se lève ajoute encore à la magie du moment. J'apprécie vraiment ce moment, mais au 3ème tiers de la montée, c'est la panne. Je reste scotché sur la pente. Je m'arrête au bas de l'alpage pour m'alimenter, mais le dernier raidard sur cet alpage va me prendre un temps infini: quelques pas de fourmi, une pause et je recommence tout en me hurlant littéralement des encouragements. En haut du raidillon, j'aperçois enfin les lumières du contrôle de La Chaux qui marque la fin du D+. Il reste quand même un interminable morceau de faux-plat montant. Maintenant que c'est moins raide, je le franchis sans encombre. Il est agrémenté par une brève rencontre avec un lynx tout étonné de se retrouver dans le faisceau de ma frontale.

Au ravitaillement de La Chaux, je me fais un petit plaisir avant les 800m de D- à venir: je me débarrasse de mon tee-shirt trempé  de transpiration pour enfiler un vêtement à manches longues bien sec. Ainsi, je profite mieux de la petite promenade au clair de lune le long du bisse en pente douce. Un autre moment magique de la nuit! J'en profite tellement que je rate le chemin qui redescend à Verbier et que je mets un petit moment avant de m'en apercevoir: pas loin d'1km en rab donc, mais, au diable l'avarice, c'était presque plat! De retour dans le droit chemin, la descente dans la forêt achève ce qu'il me reste de quadriceps et il me tarde vraiment d'arriver. Malgré tout, je rattrape un couple sympa. La causette qui s'ensuit nous permets de penser à autre chose qu'à nos muscles douloureux pendant l'interminable plongée vers Verbier. Les 2 trouveront encore quelques ressources pour trottiner sur les derniers hectomètre de bitume (Marathon quand tu nous tient!). Je me contenterai de marcher, accompagné par ma suiveuse préférée montée à ma rencontre jusqu'aux limites des lumières du village.

Vu l'heure avancée de la nuit, mon arrivée est très discrète et je suis accueilli par les seuls préposés au pointage. Ca ne m'empêche pas de savourer intensément mon plaisir d'être arrivé au bout. J'ai terminé mon premier trail long! Après quelques photos souvenir sous la banderole d'arrivée, c'est l'heure de la bienfaisante assiette de spaghetti. Quelques impressions échangées avec l'organisateur et il est temps d'aller se reposer. Non sans avoir fait un sort à la binouze que j'avais laissée dans la voiture avant le départ. Pendant 2 jours, je serai incapable de descendre un escalier sans prendre appui sur les rampes. Ce seront les seules séquelles (hormis la fatigue normale) laissées par le trail et elle sont oubliées maintenant.

Ma petite expérience me confirme donc que, finalement, ce format est à la portée tout traileur (ou coureur) disposant d'une condition physique décente et d'une envie suffisante (à condition que les barrières horaires le permettent).

A priori, je serai de nouveau sur la ligne de départ en 2010, mais j'ai récolté 2 points "UTMB" et, l'appétit venant en mangeant, des idées d'ultra dans le massif du Mont-Blanc me titillent aussi. A suivre...

2 commentaires

Commentaire de millénium posté le 13-07-2009 à 14:57:00

effectivement , brêve rencontre mais sympa quand même....
Bravo pour ta perf , te voilà lancé sur de beaux objectifs....
A bientôt

Commentaire de map-o-spread posté le 13-07-2009 à 15:08:00

joli CR, bravo.
Te voilà mordu maintenant :-) fais attention, l'appétit vient en mangeant ;-)
Au plaisir de te croiser sur les entiers valaisans

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