Récit de la course : La Course nature du Pays de l'Arbresle - 32 km 2009, par Baobab

L'auteur : Baobab

La course : La Course nature du Pays de l'Arbresle - 32 km

Date : 21/6/2009

Lieu : L'Arbresle (Rhône)

Affichage : 1013 vues

Distance : 32km

Objectif : Pas d'objectif

3 commentaires

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Course Nature au pays de l'Arbresle 2009

 

Course Nature au pays de l'Arbresle 2009

 

 

Un 12 et un 32km étaient prévus. J'ai choisi la deuxième distance.

 

Cette course qui arrive avec l'été , je l'avais programmée uniquement pour le plaisir. J'ai passé une année difficile, la tête et les jambes plombés par une fatigue devenue chronique, et mes résultats sur 10km (ma distance phare depuis un an) se sont dégradés sensiblement, malgré l'entraînement.

 

Depuis quelques mois, ça va mieux, je sens la résurrection. Du coup, après une semaine de récupération dans le sillage des 10km de Chassieu le 10 Mai 2009, j'ai commencé abvec envie une prépa spécifique pour cette course nature (trail?) de 32km et 1000m de D+

 

Au programme, 13 séances sur 4 semaines+ 1sortie cool seulement la semaine avant la course.

J'ai fait connaissance avec les montées d'escaliers (je connais par coeur chaque marche de la montée de Soulary vers le Parc d ela Tête d'or) qui ont commencé par me casser les pattes pour 5 jours après ma première séance, puis qui sont nettement mieux passées ensuite malgré une progression dans le volume des répétitions. J'ai redécouvert les sorties au seuil (que je devrais réintégrer pour mes prépa 10km, ça me semble indispensable...encore faudrait-il pouvoir passer à 4*/semaine)...et surtout les sorties longues. Mes dernières dans cette catégorie remontaient à ma prépa Marathon de Clermont 2008. Quel bonheur de partir pour 20km, de revenir bien entamé (mais pas trop quand même) avec une faim de loup ! Je vais essayer de continuer ce type de sorties, qui, je le sens, ont un réel impact sur la progression générale. Enfin j'ai couru une seule séance de fractionnés courts, 12*30/30 seulement, mais j'en avais tellement bouffé depuis janvier que je ne me sentais pas particulièrement dans le besoin.

 

 

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Dimanche 21 Juin 2009.

 

01h18, les voisins gueulent. Je me réveille, râle tout bas, et protège mes oreilles avec un oreiller.

03h30, Petit-Lion pleure. Elle a perdu son doudou. Je lui retrouve, la remet sous la couette, bisou (« maintenant tu dors ! »)

05h20 : le réveil sonne. Je me lève avec le soleil qui se prépare pour sa plus longue course de l'année (une sorte d'ultra trail solaire quoi)

      Au menu : café (bien sûr), et pommes de terres à la poële. Le poulet d'hier est encore sur mon estomac. J'ai abusé : je n'aurais pas dû saucer le gras....

Je mange aussi deux pêches, et récupère une banane à manger avant le départ.

 

 

06h20, Petit-Lion (encore !!!) se lève. Mais qu'est ce que tu fais là ? C'est encore la nuit !!!! Réponse désarmante : « je voulais juste te voir. »

Re-bisou, re-sous la couette.

-« je penserai à toi en courant «  (Petit Lion s'intéresse beaucoup à la course à pied, et elle s'enquiert souvent de mes entraînements et performances)

-Au revoir Petit Lion, au revoir Petit Lapin, au revoir Douce étoile !!!!!

 

 

 

06h30, je saute sur le vélo, et direction gare de Perrache.

 

 

12 minutes pour arriver dans le train : Waowww, j'ai fait fort, heureusement qu'il n'y avait pas de radar)

 

Arrivée à l'Arbresle à 07h38. J'ai sorti un plan sur openrunner pour m'orienter jusqu'au stade. Je m'étais perdu un brin en 2006, je ne veux pas renouveler l'aventure.

 

Alors, à droite, au rond point à gauche, puis re- à gauche...plus loin à droite, ok tout va bien... mais elle est où cette rue ???? Nom d'une pipe, je suis allé trop loin ! J'erre un moment avant de commencer à prendre conscience de l'urgence de la situation. L'Arbresle c'est pas plat comme le 3ème de Lyon. Si tu loupes une rue, pas moyen de récupérer facilement : c'est plein de bosses ce bled (charmant par ailleurs). Bientôt, je range ma fierté, et demande mon chemin. Une gentille dame me remettre en piste. C'était pourtant facile : la rue en sens interdit, avec un pavage rappelant les voies piétonnes n'est autre que la large avenue que j'avais repérée sur ma carte openrunner (j'aurais dû désactiver le mode « plan » et ne garder que la vue satellite).

 

08h00, arrivée au stade. Je pose mon vélo au même endroit qu'il y a trois ans;, puis file au retrait des dossards. J'ai le numéro 5, et ça me motive (c'est mon plus petit numéro en 20 courses !)Je prends le temps de regarder le joli sac offert en cadeau de bienvenue, et de baver devant le sac de cerises bien mûres !!! Maim slurp. Il y a aussi un bidon Overstims, et deux gels. Sympa, non ?

 

Je cours me changer : il reste 25 minutes pour se faire beau. Bon, vu ma tenue ça va être difficile : cuissard bleu marine (pas lavé depuis quelques séances), T Shirt blanc, casquette de kikou, et horribles chaussettes oranges. Aux pieds, les trabucs, choisies pour les 90%de chemin (bon choix). Il ne me reste plus qu'à procéder au remplissage du camelbak, ce qui me prends quelques minutes afin de trouver une solution à un problème de fuite au niveau du bouchon (mal foutu je trouve).

 

08h20, j'ai laissé mon sac dans un vestiaire, je me dirige vers l'aire de départ, aux abords du stade. Tout le monde est détendu, assez calme, et de bonne humeur. Ça change de certaines courses où ça braille à qui peut le mieux et où ça bouscule comme si chaque mètre de gagné générait une extase mystique.

 

08h25, petit laïus pour commenter les 400 premiers mètres, puis compte à rebours.

 

Sujet : Pourquoi est-on obligé de sentir le besoin de refaire le lassage de ses lacets 3 secondes avant le départ ?

 

 

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08h30, ça part. Je cherche mon rythme, et comme tout le monde je suis gêné pour y parvenir par la masse de coureurs.

On contourne le terrain de rugby, puis passons sous la voire ferrée. Ensuite, on monte un sentier un peu « technique », puis on retrouve un terrain plus roulant. Globalement, le début de la cours est en faux plat. Tout le monde court dans les montées. Certains en profitent même pour doubler.

 

Le soleil est levé depuis un moment déjà, pourtant on ressent une fraîcheur d'aurore. La lumière est douce, et ses tons chauds rendent le végétation encore plus belle.

 

Devant, je suis souvent pris de nausées par des pets anonymes. Quand ça se mélange aux effluves d'eucalyptus, c'est le pompon. Je réfléchis à proposer aux fabricants de gels pour cuisses sportives de trouver des senteurs plus discrètes. Vivement qu'on ait un peu de vent !!!

 

 

Le parcours s'élève peu à peu, pour arriver sur des pentes qui me contraignent à la marche (comme les copains d'ailleurs). Je me cherche un peu dans les montées. Je ne veux pas me cramer trop tôt, mais je ne veux pas lambiner non plus. Faut il courir ? Marcher vite ? Quand boire ??? Ma dernière course de ce type (je ne parlerai pas de la saintélyon2008), c'était en 2007, pas étonnant que je ne sois pas sûr de moi. J'étais rentré en 3h50 en 2006, ralentit sur l fin par une bonne fringale. Je pense donc que 3h30 sont certainement accessibles, 3h15 possibles, du coup je vise moins. 10km/h ça devrait coller à mon niveau actuel. Le problème c'est qu'avec ma vitesse d'escargot en montée, il va falloir carburer comme un dingue dans les descentes. Inutile, et dangereux même, de trop pousser la machine sur cette première partie, largement ascendante ! Il faut garder des forces, et ne pas susciter de problèmes musculaires qui anéantiraient la possibilité d'un negative split.

 

J'ai une crainte : la fringale, le mur, les jambes en coton.

Je prends donc systématiquement à boire et à manger sur les ravitos. En course on fait ce qu'on peut...à table on se force. Je me permets deux verres de coca sur les deux derniers ravitaillements. Ça passe bien, et le kilomètre qui suit est égayé par les rots qui ne manquent pas de se faire entendre.

 

 

Le parcours est magnifique. Il part de l'Arbresle vers l'ouest, et fait le tour du Crët d'Arjoux (815m), du Crêt de Pélerat (857m), en empruntant des petites routes et des sentiers de randonnée. Il traverse des vergers, dans lesquels j'admire les cerisiers chargés de kilos de fruits attirants, des vignes , avec des grappes encore petites et des feuillages vert tendre, des champs de blé, de mais, des pâturages, des forêts. Rarement, il longe une maison, une ferme, ou bien une grange. Ce coin est vraiment tranquille : pas de bruit d'autoroute, juste les oiseaux...et la foulée des coureurs.

 

Le deuxième ravitaillement marque à peu près la mi-course. Tout va bien. Les jambes répondent bien, je ne ressens aucune fatigue musculaire. Depuis peu après le départ, je me trouve à proximité des même coureurs. On joue un peu au yoyo, mais sans se perdre de vue bien longtemps. Les langues commencent à se délier sur la deuxième partie : encouragements mutuels, blagues plus ou moins foireuses, partage d'expériences. Tout le monde attend avec impatience la partie descendante du parcours, mais on doit affronter une dernière longue montée. Je la fais calmement, les mains sur les cuisses, ou derrière le dos. J'avance bien : si je fais une deuxième partie à cette vitesse (ce qui est assez pessimiste), je rentrerai en 3h30.

 

Les parties descendantes m'ont toujours fait peur. Le danger de la glissade y est très fréquent, tout comme les contraintes musculo-tendino-articulaires très particulière. Si ça tape trop, c'est pas bon, mais si je me retiens, je me fais immanquablement mal aux tendons.

Je décide donc d'utiliser la méthode de Nico bzh67 : dans la descente, tu lâche tout, le plus légèrement possible, en toute fluidité, et en prenant un max de plaisir.

Effectivement : ça marche du tonnerre !!!! Banzai, je cale mon rythme selon l'énergie cinétique qu'impose la verticalité. Reste à ,assurer les appuis, calculer la trajectoire, et surtout, surtout, surtout, ne pas se déconcentrer. Une seconde d'inattention peut se payer très cher. Mieux vaut être encore alerte. Mais quel pied mes amis ! Je double du monde, surtout sur les 10 derniers km. Ma foulée est sûre, et pas encore assez usée pour me ralentir.

Mes descentes préférées sont celles qui traversent des bois. L'impression de vitesse est grisante : la forêt m'avale.

 

Je double un à un mes potes, après des conversations intéressantes parfois. Je sens l'écurie. Au dernier ravitaillement on m'annonce 7km. J'ai envie de finir en beauté, aussi j'allonge sur cette dernière portion, globalement en descente douce. 2Km avant la fin on se prend une bonne bosse. Je la cours tout de même. A présent, je n'ai plus à craindre la fatigue. Devant, assez loin, je vois un coureur isolé. Retrouvant mes réflexes de gagneur de places à 100m de la ligne, je décide de le garder dans le viseur, histoire pas vraiment de le croquer, mais surtout de m'offrir un objectif motivant et tangible. Je le rattrape peu à peu, puis arrive à son niveau. Il doit être en V2. Je ralentis à sa hauteur. Il me dit qu'il est cramé, ce que je vois bien. Je lui propose de finir avec moi, mais il décline l'offre : vas-y fonce. Je refuse. Ça ne se fait pas sur une course comme aujourd'hui, non...sur un 10km, oui, un semi aussi. Mais là, non , c'est pas poli.

Nous passons la ligne.

- « ben vous deux, vous ne vous êtes pas battus pour la place ! » :)  « on met lequel en premier ?

 

03h09. Mission: accomplie bien sûr ! Ce chrono ne va pas casser trois pattes à un canard, mais il me satisfait largement. Et qu'est ce que j' en avais besoin ! Physiquement je suis bien, pas cassé pour un sou, je ressens simplement une fatigue saine qui signifie quand même que je n'étais pas aux champignons.

 

 

Le ravitaillement d'arrivée est en deux parties : une sur l'aire d'arrivée, très simple, proposant les même victuailles que sur le parcours (morceaux de bananes, sucre, abricots secs, eau, coca, jus d'orange); et une autre à la buvette, proposant contre quelques pièces de monnaie des bières, des sandwichs, des barres chocolatées...et j'en passe. J'ai carrément faim, mais comme je n'ai pas d'argent, je me régale des barres que j'avais prévues pour la course (et que je n'ai pas touchées).

J'enlève mes chaussures, m'étire un peu, puis vais m'allonger sur la pelouse du terrain de foot. Ahhh c'est trop bon !!!!!!

Je me décide à tenter une douche, même si je n'ai rien pour me sécher. Mais comme l'endroit n'est pas des plus accueillants, je temporise : un bain à la maison, ça fera quand même l'affaire !

 

Pour finir:

J'ai aimé : le parcours, l'ambiance, l'accueil, les bénévoles,

J'aurais pu aimer si je n'avais pas eu faim : le ravito payant de l'arrivée (en 2006, on avait du saucisson, du pain, des tucs, des bouteilles de flotte et j'en passe....pour pas un rond !!!!)

Je n'ai pas aimé : ben euhhhh, rien ?!

 

 

 

  Merci :

Aux organisateurs pour cette belle course à deux pas de Lyon.

Aux bénévoles (je n'oublierai jamais le tableau des bénévoles du ravito2, encadrés par des cerisiers saturés de cerises !

3 commentaires

Commentaire de Le Lutin d'Ecouves posté le 23-06-2009 à 07:13:00

Lassage des chaussures ! Quel super jeu de mot pour quelqu'un de fatigué !
Ne cherche pas plus loin si tu as eu du mal cette année, papa c'est un vrai sport !
Heureux d'avoir eu de nouvelles de toi !

Commentaire de Fimbur posté le 24-06-2009 à 08:34:00

Merci pour ton récit Vincent.
Bravo pour ta course, effectivement parcours sympa, j'avais particulièrement souffert de la chaleur l'année dernière.
Alors 3h09, je te confirme c'est un super temps.

Au plaisir
Fimbur

Commentaire de Matov posté le 24-06-2009 à 12:01:00

Monsieur prend donc goût aux descentes? Bravo pour ta course. Je suis content de voir que tu retrouves enfin un peu plus de plaisir sur une course. En même temps, un trail comme celui-là est tellement plus intéressant qu'un 10 bornes dans les rues sales de villeurbanne. En tout cas ton récit me donne vraiment envie de reprendre au plus vite l'entraînement pour pouvoir retrouver ces sensations que tu décrits dans la course...

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