Récit de la course : Transju'Trail - 67 km 2009, par Duvi

L'auteur : Duvi

La course : Transju'Trail - 67 km

Date : 7/6/2009

Lieu : Mouthe (Doubs)

Affichage : 1054 vues

Distance : 70km

Matos : - Bâtons (indispensable pour moi)
- 2 vestes légères
- 1 T-shirt de réserve
- 1 gilet de réserve

Objectif : Terminer

5 commentaires

Faire connaître ce récit sur Twitter :

Faire connaître ce récit sur Facebook : Partager

A la découverte du Jura

2h55 du mat, le réveil sonne le glas, c’est enfin le moment tant attendu d’aller en découdre avec les éléments. Le premier réflexe est d’aller guigner à la fenêtre la circonférence des gouttes d’eau tombant du ciel …et ho surprise il ne pleut pas … soulagement, ça commence bien, mais pour combien de temps.

Tout à commencé plusieurs mois plus tôt où j’avais très envie d’en découdre avec des trails un peu plus long (> 42km). Après mettre essayé au trail des Aiguilles Rouges en 2008 où tout c’était bien déroulé, il n’en fallait pas plus pour je saute sur Internet à la recherche du premier trail marquant le début de la saison estivale 2009 --> La Transju’trail à 1h de la maison (j’habite Genève … et oui un Suisse) est choisie sans hésitation.

Et donc, me voilà maintenant à Lamoura, à 3h du mat, entrain de prendre le petit déjeuné avec mes compagnons de fortune. Il faut dire que ce trail est particulièrement bien organisé avec la possibilité de dormir à l’arrivée (la veille je précise) et d’être transféré au départ à 3h30 … donc pas de soucis pour récupérer ses affaires/voiture une fois arrivé (si on arrive, ça c’est un autre problème).

1h15 de car plus tard, nous voici confiné dans l’air de départ avec une ambiance tranquille et typique des trails long ou ultra … personne ne s’échauffe, pas d’agglutissement sur la ligne de départ … on aura bien le temps de faire sa place … largement.
5h30, c’est parti !!! Tranquille après un bref tronçon de route, c’est parti sur les sentiers du Jura. Le jour se lève …. avec le soleil !!! Sissi, je suis en train de croire au miracle, qu’il existe un dieu pour les traileurs. Il faut dire que cela fait une semaine que je scrute le bulletin météo dix fois par jour dans l’espoir d’une amélioration. Amélioration, il n’y en avais pas d’annoncé, donc maintenant je suis dans l’espoir d’une erreur du bulletin météo. Bref ça encourage de voir le soleil. Le tracé est bien roulant et les km défilent. On passe par le tremplin de saut à ski de Chaux Neuve, c’est originale (on passera par le fort des Rousses plus tard, c’est aussi originale). Première vrai montée à la Roche Champion, et en haut un panorama dantesque qui n’a rien à envier aux Alpes. Un soleil radieux inonde toute la vallée des lacs des Mortes (j’en ai pas vu) entouré de vert fluo avec en fond les nuages noirs … qui s’approchent !!!!

Et oui, après 3h de course, ils sont là, ces nuages, accompagnés de leur pluie, nous on rejoint (peut être que Malarddé ou Sherpa n’ont pas eu le temps de les voir, mais nous autre, coureurs populaires nous y avons eu droit). C’est là qu’on va voir si les vêtements techniques vont tenir le coup (dans un dernier élan de stress, je suis aller m’acheter un gilet aux Rousse la veille … que je n’aurais finalement pas mis).

Pour l’instant tout va bien, le moral (à défaut du temps) est beau fixe, et j’arrive à Morbier. Désolé messieurs/dames du ravito, mais je n’ai gouté au Morbier (fromage) car il restait encore beaucoup trop de km à digérer avant de se laisser aller au excès. Une petite grimpette (très raide, c’était plus un sentier sur la fin) et me voilà à la Roche au Dade avec une vue imprenable sur Morez et le départ du 34km (il est environ 9h50, le départ est dans 10 min). Le peloton est près à en découdre lui aussi. 15min plus tard je suis sur le point d’arriver à Morez … quand le premier problème pointe le bout de son nez … je sens une forte humidité sur ma fesse droite, j’inspecte de ma main et découvre que ma poche à eau s’est percée… dire qu’elle est toute neuve car ma précédente poche s’était percée la semaine précédente (je pourrais écris un roman sur 3 saisons pour raconter toutes les défaillances de mes poches à eau). Heureusement c’est problème technique et à 500m du plus gros ravitaillement (avec surtout son infirmerie), bref il y a toujours un ange gardien qui vous accompagne. On rafistole ma poche à eau avec du Compeed et du sparadrap, ça a bien faire rire les gaillards car leur première réparation n’était pas un pied ! Enfin, ça coule plus à flot, mais ça suinte et je ne remplis ma gourde qu’à un tiers (heureusement qu’on est pas en pleine canicule en semi-autonomie).

Je repars confiant et je tombe, à la sortie de Morez, dans la masse des coureurs du 34km (qui étaient parti 15min plus tôt mais ils ont fait un détour dans la ville). Du coup on est de nouveau pleins de coureurs tous ensemble, et chose atypique, les coureurs du 34km encourage ceux du 70km, c’est incroyable et cela vaut la peine de le vivre une fois … on est quand même tous dans le même galère, surtout qu’on attaque une sacré montée dans la foret du Risous (mais j’aime bien les montées raides)
Mes habits techniques s’humidifient et je décide de changer de T-shirt et de veste (ça prend pas beaucoup de place ces vestes). C’est parti pour la descente jusqu’aux Rousses, et là le 2e problème s’annonce, j’ai un peu mal à la cuisse gauche (quand je pense à tout l’entrainement que je consacre à ces quadriceps !!!). Mais la douleur restera constante et pas trop forte, par contre je commence à avoir une fatigue générale importante et les 20 derniers kms se feront de plus en plus lentement, les cuisses sont dans le rouge. C’est là que la course change de visage et j’entame de plus en plus souvent la causette avec d’autre coureurs (faut dire que tout le monde commence à être cuit, du coup on est plus bavard). C’est bon pour le morale, ce qui l’est moins c’est quand je demande aux officiels la distance qu’il reste à faire (17km à Prémanon alors que je pensais 14km, et 9km plus loin alors que je pensais 4km) … dur dur pour la tête et les kms n’ont vraiment plus l’air de défiler.

Mais ce n’est pas tout, je pense maintenant être capable de donner un exposé sur la boue. La consistance, le couleur, le capacité a retenir l’eau au milieu du chemin, l’adhérence, etc. En tout cas ça ne doit pas être mauvais pour la peau car je n’ai pas eu la moindre cloque aux pieds, ouf ! Belle victoire de côté là. Et oui, cette boue ne nous lâchera plus jusqu’à la fin, au point où des fois j’ai peur de laisser une chaussure emprisonnée dans ce piège sournois sans compter les glissades pas toujours bien contrôlée. Cela rend la fin du parcours bien technique et un peu moins roulant, aie ! Si des cochons avaient pris le départ, sûr qu’ils seraient arrivés 1h avant tout le monde.

Et voilà, toutes les bonnes choses ont une fin, j’aperçoit les remontées mécaniques de Lamoura, la dernière interminable descente, on entend le speaker au loin et l’arrivée finalement se dessine. Encore 100m, 50, 10 et c’est finiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!!! Still alive. Que du bonheur, je m’effondre sur le gazon au bord du lac sous un très léger soleil. 9h24 avec une 75e place, content !

Une douche plus tard (brulante pendant 1h), je partage le repas d’arrivée avec un 70km (et oui on commence à s’appeler comme ça maintenant), où nous parlons de notre passion commune. Mais les yeux ont beaucoup de peine à rester ouvert, un peu comme si je m’étais descendu une dizaine de Vodka orange. Il est temps de se faire une méga sieste réparatrice avant d’enfourcher la voiture qui me ramènera au bercail…. avec à la clef un massage des cuisses par me petite chérie.

Au final, je m’en tire juste avec des courbature aux cuisses. Rien aux pieds ni aux articulations mais pleins de bons souvenirs et un super T-shirt (marcel) orange fluo et super moulant (je me réjouis d’aller en boite avec, elles vont toutes craquer).

Cédric Delavy

5 commentaires

Commentaire de seapen posté le 09-06-2009 à 09:19:00

bonjour Duvi. Excellent récit plein d'humour que j'ai parcouru avec un sourire constant. Alors comme ça tu as fini par craquer, c'est la vodka orange que tu préfères. Je croyais que c'était l'incontournable boisson brune comme ta fiche l'indique. Tu as réussi ta course alors bravo et j'espère que pour le plaisir des lecteurs ce premier récit ne sera pas le dernier. Salutations sportives.

Commentaire de ludopital posté le 09-06-2009 à 15:38:00

salut Duvi,

content d'avoir participé à cette course avec toi et d'avoir fait ta connaissance la veille durant le repas (j'etais à coté de toi). Bravo pour ta course et on se voit donc pour les Templiers

Ludo

Commentaire de grandshaman posté le 09-06-2009 à 17:08:00

Bravo pour ce récit ! Ca fait plaisir de lire ce qui s'est passé jusqu'à l'arrivée car de mon côté je n'ai pas eu cette chance ( abandon à Morez). J'avais trop froid même en courant et 2 jours avant je commençais à être malade. Bilan: 40 de fièvre le dimanche soir et au sortir de chez le médecin lundi: bronchite-rhinite...
J'aurai donc une revanche à prendre l'année prochaine !
Bonne continuation

Commentaire de intuitiv posté le 09-06-2009 à 20:41:00

super course , bravo, je n'ai pas eu la chance de cotoyer les 34km au depart.
continue comme ca , simplement.....

Commentaire de DavidD posté le 22-06-2009 à 10:47:00

Salut Duvi,

Heureux d\'avoir manger avec toi la veille et d\'avoir pu papoter un peu avec toi avant Prémanon. Au plaisir de te revoir sur d\'autres courses notamment aux Templiers.
Regarde dans ton sac s\'il n\'y a pas une partie dure qui vient percer tes poches car celà fait beaucoup en peu de temps.

David

Il faut être connecté pour pouvoir poster un message.

Accueil - Haut de page - Version grand écran