Récit de la course : Landes et Bruyères,Cap d'Erquy-Cap Fréhel 2009, par Arno Le Fou

L'auteur : Arno Le Fou

La course : Landes et Bruyères,Cap d'Erquy-Cap Fréhel

Date : 2/5/2009

Lieu : Erquy (Côtes-d'Armor)

Affichage : 1116 vues

Distance : 15km

Matos : Adidas Supernova Riot

Objectif : Faire un temps

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Le récit

Objectif, moins d’1h40

 

Malgré la préparation de notre Trail des Fous, on continu tout de même à courir. Le rendez vous avait été fixé depuis déjà plusieurs mois et voilà on y est, c’est le grand départ dès le vendredi matin. Arrivée prévue vers 12h00 et là, on voit déjà tous les copains arrivés avant. Il y a déjà quelques « chapeau de fous » qui mettent l’ambiance, les Gentils Organisateurs Fous sont dans la place ! Le week-end s’annonce excellent. Il faut dire que le camping est occupé (complet même !) pratiquement que par des coureurs, alors on se salut, on discute, on crée des liens. Certains nous connaissent déjà, d'autres nous promettent de venir faire un tour en Mayenne dans 3 semaines maintenant.

Je ne le cache pas, j’avais des ambitions pour ce trail avec une préparation depuis 2 mois maintenant. Des ambitions toute relatives à mes capacités bien sur. Moi qui me revendique coureur amateur, je me suis finalement laissé prendre au jeu en essayant de faire une préparation digne d’un vrai sportif : 4 séances semaine alternant entre fonciers et fractionnés. Ce fut dur mais j’espérais enfin faire quelque chose sur une course. Puis ce défi de 15km, il fallait tout de même s’y préparer un minimum.

A la remise des dossards, le ton est donné : 370m de dénivelés + environ et autant en – avec une moyenne de course de 1h34. Là, le doute s’installe puisque c’est proche du temps que je voulais faire. Je ne me juge pas capable de faire ça, moi qui me situe toujours dans le dernier tiers des arrivants, je vise d’un coup la moitie du classement. Non, décidemment, j’ai peut être visé trop haut, il doit y avoir des difficultés cachées. On entend des rumeurs de « murs » à monter, d’escaliers de près de 200 marches. Gloups ! Suis bien assez préparé pour ça ?

Puis vient la Pasta-Party du vendredi soir. Ambiance très bonne, les dj assurent et on se met à danser. A danser tellement que les fous, fidèles à leurs habitudes, ferment le bal. Est-ce raisonnable ? On ne le saura que le lendemain, mais après tout, ce petit doute sur mes capacités m’a libéré, je suis aussi là pour faire la fête, profiter du moment présent avec les copains. Si le résultat n’est pas là, on aura le souvenir d’un bon week-end, sans regrets. Après un petit tout nocturne sur le cap Erquy, il est tout de même temps de se coucher, minuit est passé depuis déjà bien longtemps.

L’ambiance de fête a déjà changé en ce samedi matin. C’est plus électrique, plus studieux. Certains courent déjà, nous, on dort encore. Petit déjeuner rapide puis nos supporters nous abandonnent pour le repas de midi. On se met la pression, ça y’est, on y est, va falloir assurer. Finalement, les guibolles ont l’air de fonctionner malgré les excès de la veille. Encore des pâtes mais l’appétit n’est pas là.  Il est temps de rejoindre le départ, la foule est aussi impressionnante que les 1000 coureurs qui s’échauffent le long du port. Petit échauffement rapide pour nous aussi et on se fraie une place dans le peloton. Dernier cri de guerre, « Mais vous êtes fous, Oh oui ! », et c’est parti.

Le départ est donc donné à 14h00 pile poil sous un temps couvert mais avec une température idéale et pas de vent. Les recommandations ont été faites pour respecter l’environnement, gage permettant de reconduire le trail les années suivantes. Je ne pars pas trop vite, je sens qu’il va falloir la gérer cette course. Parti du port, nous longeons maintenant la grande plage d’Erquy puis presqu’au bout, direction le centre ville. Après déjà presque 2km arrive la première difficulté : la rue de l’enfer. On comprend son nom, 200m à plus de 10% de pente. J’assure, on ne va pas craquer dès la première cote quand même ! Et j’ai bien fait de résister puisque, après c’est sur du plat que l’on continue. Je récupère assez vite, les entrainements auraient ils enfin portés leurs fruits ? A l’indication du 5eme kilomètre, je jette un coup d’œil à mon chrono et là surprise, 30 minutes. Je ne suis pas si mal que ça finalement ! Le chemin avec des petits graviers va laisser place maintenant à un sol plus tendre, plus étroit mais jonché de racine. L’esprit du trail est là, chacun en file indienne crie la consigne au suivant si il y a une racine surprise. Évitons-nous la chute pour profiter de ce moment. Ce chemin, tout en descente va nous amener sur la première plage traversée. Je me surprends même à accélérer dans chaque descente. C’est dur de courir dans le sable, j’y perds quelques forces mais je résiste toujours. L’escalier n’était pas une rumeur, il est là maintenant devant moi. C’est en marchant que je le monte puisqu’on est tous les uns derrière les autres, je suis le rythme. Et ça m’arrange, je récupère un peu de ces 200 mètres de sable. Là, on enchaine sur les sentiers de la lande. Il faut faire attention car c’est jonché de pierres saillantes. Je ne regrette pas à ce moment là d’avoir investit dans mes Supernova !

Ca descend, ça remonte, on reprend des escaliers et de la plage. Le menu est copieux mais j’avale, j’ai faim de trail et le paysage de cette cote bretonne est superbe même si on ne le regarde pas avec toute l’attention qu’il mériterait. Le cap des 10km se passe pour moi autour de 1h05. Sur le cap Erquy il y a le deuxième ravitaillement et on voit les coureurs se croiser car il y a là une boucle. Je croise l’ami Micky qui se ravitaille mais moi j’ai encore une boucle à faire pour en arriver là. Et cette boucle va avoir raison de mon mental. Tout d’un coup les jambes deviennent lourdes. Quand enfin j’y arrive, je m’arrête, je prends le temps de boire et manger. Puis on repart, il ne faut pas craquer, finir à tout prix et ne pas flancher devant tous nos supporters que je n’ai pas encore croisés. Après le cap Erquy, les sentiers deviennent plus boueux, c’est bon j’aime ça, je n’essaye même pas d’éviter les flaques, c’est du trail après tout. Mais le rythme a sensiblement baissé, ça devient dur. Je crois que je commence à payer les excès de la veille et l’entrainement du mercredi certainement trop poussé avant une compète’. A 1,5 km de l’arrivée les supporters sont là et ça réchauffe le cœur. On tape dans la main de tous les petits fous. Poussée d’adrénaline, je me dis que ce dernier kilomètre je ne dois pas le regretter, je me remets à foncer, certainement trop par rapport à mes capacité mais tant pis.

Grosse descente avant l’arrivée, c’est impressionnant, je freine pour ne pas tomber. Puis on débouche sur le port pour les derniers 300 mètres. La foule est là, ça fait plaisir. J’entends même des « Allez les fous » mais je ne vois pas qui les lance. Il ne faut pas craquer, je sprint. Enfin sprinter est peut être un grand mot mais en tout cas, j’essaye d’aller le plus vite possible et passe le portique avec 1h39 et 10 secondes. Le contrat est finalement rempli, OUF ! Si je n’avais pas fait le zouave, j’aurais surement pût grappiller quelques minutes mais ça aurait été au détriment de bons moments passés.

J’aperçois au loin les autres GOF. On se sert dans les bras. Le défi a été relevé. Chacun a assuré sa performance. Pour se réconforter, on se met dans la peau de grands sportifs et on se fait faire un massage par les kinés présent sur l’arrivée. Puis on a le temps de voir arriver notre grand fous qui en fini avec ses 32km.

Vraiment Erquy marquera sans nul doute un tournant pour moi en ce qui concerne le trail. Je me rends compte que j’en deviens accro. Mais pas seulement pour le fait de courir, c’est aussi l’ambiance. Cette ambiance particulière qui a régnée au camping, cette ambiance de solidarité dans l’effort des coureurs et enfin et surtout l’ambiance des fous. Organisation au top, les bretons savant y faire. Un très bon moment que ce trail des Landes et Bruyères. Erquy 2009, j’y étais. Erquy 2010, j’y serais.

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