Récit de la course : Ultra Trans Aubrac 2009, par lolo'

L'auteur : lolo'

La course : Ultra Trans Aubrac

Date : 18/4/2009

Lieu : Ste Geneviève Sur Argence (Aveyron)

Affichage : 1178 vues

Distance : 102km

Objectif : Pas d'objectif

3 commentaires

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Ultra Trans Aubrac Magique

Voir l’Aveyron …. et guérir !

 

L’Ultra Trans Aubrac, 2ème ultra de l’année après les 24h de Rennes. Donc 102 kms de long et 3200m de haut.

J’avais loupé la première édition l’année dernière  et m’étais promis de retourner dans cette belle région que je savais très nature.

600 kms depuis l’ile de France et je m’échoue le vendredi à Espalion, lieu de retrait des dossards et ravito n°3 de la petite ballade du lendemain.

Je retire mon dossard et fonce me reposer à mon hôtel de Laissac (l’arrivée) et après un plat de pates j’éteints les feux à 21h car la navette qui doit nous amener au départ est à 4h du mat’….

Dans la navette, je m’assois à coté de Gideon et on échange un peu nos impressions sur cette course, celles du passé et celles du futur comme tout UFO qui se respecte !

Le départ est donné à 6h pour une première boucle autour de Laguiole. La température est fraiche mais la période de «chauffe» dans les premiers bourbiers fait très vite oublier la fraicheur du matin.

Une petite erreur d’inattention et je m’enfonce jusqu’en haut de la cheville dans la boue de laquelle je ressors mon pied hors de la chaussure ne tenant qu’avec la guêtre ; elle commence fort cette ballade.

Je prends mon parti de me réveiller un peu afin d’éviter tout autre incident alors qu’il reste encore
96 kms et que je suis clairement dans le peloton de queue…

Les 80 partants de cette 2ème édition sont assez étalés ce qui laisse le temps de bien profiter des paysages que nous offre le parcours. Malgré l’attention que je dois porter sur les monotraces, j’arrive quand même à lever le nez et à me réjouir du manque de trace de civilisation qui nous entoure; pas de maison, pas de ligne à haute tension, rien à perte de vue…. le pied !

Le temps s’oublie sur ce genre de parcours, au moins au début.

Je rejoins Laguiole (ravito n°1) : tous les voyants sont au vert, petit coup de téléphone à la famille restée à la maison, un petit morceau de gâteau et ça repart direction St Chely 25 kms plus loin en passant pas le plateau de l’Aubrac qu’on nous avait prévu enneigé.

Le Garmin au poignet me donne une bonne indication de la progression et pour l’instant je cours dès que le chemin ne monte pas trop pour m’économiser. Les kilomètres défilent et je me dis qu’il y a bien longtemps que mes problèmes gastriques en course ne se manifestent pas aujourd’hui. J’en profite donc pleinement tandis que nous attaquons des parties entières sur la neige.

Il est maintenant 11h et le soleil fait fumer le sol sur l’Aubrac, moment magique n°1

Avant l’arrivée sur St Chely, les cieux nous font un petit cocktail de vent, de pluie et de grêle mélangés. Je décide de me faire une bonne pause (km 53) pour me poser un peu, me ravitailler beaucoup et me passer de la crème réfrigérante sur ma cheville droite qui me fait souffrir depuis quelques kilomètres.

20 mn de pause et cap sur le dernier ravitaillement de la course à Espalion (km 75).

Le tracé passe par de bonne portions du fameux GR 65 (Saint Jacques de Compostelle), nous croisons donc quelques Pèlerins de l’ultra, 2 ou 3 Eglises Romanes et moult gites d’accueils pour ces compétiteurs mystiques.

Aujourd’hui Saint Jacques de Compostelle veille sur mon estomac car c’est le premier ultra où je ne vomis pas mes tripes au bout des 65 kms qu’affiche le forerunner ; pourvu que ça dure !

Une succession de bosses m’oblige à relancer systématiquement tandis que ma cheville me titille de plus en plus. Je me console avec le kilométrage qui me sépare du dernier ravito à Espalion.

Il est 18h30 quand j’arrive à ce ravito où une équipe bénévole prend le soleil encore présent en pointant les coureurs.

Rebelote avec la crème réfrigérante sur ma cheville qui me fait maintenant vraiment souffrir.

Je prends 20 mn de repos avant de m’attaquer au final. Je refais les niveaux d’eau, 3 soupes de légumes, un peu de fromage.

La dernière portion du parcours nous fait emprunter 2 tunnels d’une ancienne voix ferrée ;la frontale est donc de sortie et ne me quittera plus jusqu’à l’arrivée.

Le 2ème tunnel fait plus de 500m de long dont une bonne partie dans l’obscurité la plus totale.

Comme un fait exprès, j’ai les Bee Gees et Saturday night fever dans les oreilles, moment magique n°2

La nuit commence à tomber et j’essaie de courir un maximum autant que ma cheville peu encaisser.

La crème réfrigérante est d’une efficacité redoutable mais elle ne fait que masquer la douleur pendant un dizaine de kms. La progression se ralentit un peu car les balises ne sont pas réfléchissantes et obligent à maintenir une attention soutenue après 15h de course.

Cela fait bientôt 2 heures que je suis seul sur le parcours et je n’ai donc qu’une paire d’yeux pour me guider. Le marquage au sol me rassure un peu sur le parcours mais certaines intersections laissent la place au doute plusieurs fois.

Je prends quand même le temps de lever les yeux au ciel en éteignant la frontale 2 ou 3 fois  pour admirer cette nuit sans nuage qui nous offre une vue sur les étoiles et la voix lactée. Seules les régions peu polluées savent donner un tel panorama nocturne à ceux qui en prennent le temps ; moment magique n°3.

Les lumières au loin présagent d’une arrivée qui se rapproche et c’est ce qui fait tenir ma cheville un peu plus. Je me surprends à trottiner pour abréger ce qui n’est pas un calvaire mais plutôt une grosse envie de rentrer à l’écurie.

Mon GPS ayant rendu l’âme au bout de 13h20  de course ( !) je ne compte plus que sur l’heure et ma vue pour estimer vaguement le temps qui me reste ; il est 11h15 et à priori plus qu’une demi-heure avant de rejoindre Laissac.

L’entrée dans le petit village me remplit de satisfaction et ce sentiment se poursuit jusqu’à l’arrivée dans la salle des sports où une quinzaine de personnes applaudissent à mon arrivée tandis que je réponds au micro à la question du chauffeur de salle avant de récupérer mon t-shirt finisher et mon plateau repas.

 

Bilan de cette journée : 3 moments magiques et un bonus ,mon premier ultra sans rendre mes tripes sur le terrain, et ça c’est un miracle, merci Saint Jacques.

Pour ceux qui ne croit pas au miracle ; après avoir essayé tout ce que j’ai lu sur le sujet depuis 7 ans sans succès, j’ai appliqué un conseil simple que m’a donné un participant aux 24h de Rennes il y a un mois…

Réponse à ceux qui poseront la question ;-)

Merci encore à Marc d’Action 12 pour cette 2ème édition qui mérite évidement une 3ème.

Pace e salute

LOLO

3 commentaires

Commentaire de Manuwak59 posté le 25-04-2009 à 21:44:00

Salut lolo'. D'abord un grand merci pour ce beau CR qui décrit un peu l' idée de la course que je m' étais faite dans un coin de ma tête ( bon tu m'a suivi !?). Ensuite un grand bravo car tu es finisher sur une épreuve rude!! . Enfin, comme je suis un grand préposé aux problèmes de ventre (voir encore mon dernier CR) dis-moi c' est quoi ton secret ?? STP ???
Allez bon repos.......
Manu.

Commentaire de lolo' posté le 26-04-2009 à 10:38:00

une simplicité affligeante

Manger uniquement à l'heure de ces repas habituels ;-)

A bientôt

Commentaire de claude 34 posté le 01-05-2009 à 14:42:00

Je lis ton cr un peu tard mais je me suis régalé. C'est la course que j'aimerai faire si mes genoux tiennent. Petite organisation, peu de concurents, parcours enorme et que des gens biens :) . Merci de me permettre de garder cet espoir et bravo pour ta course.
claude

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