Récit de la course : Marathon d'Annecy 2009, par petzel

L'auteur : petzel

La course : Marathon d'Annecy

Date : 19/4/2009

Lieu : Annecy (Haute-Savoie)

Affichage : 875 vues

Distance : 42.195km

Objectif : Terminer

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Notre 1er marathon à mon frère et moi

Ca y est, c’est le grand Jour, après 3 mois de préparation, mon frère et moi allons pouvoir courir notre premier marathon que l'on espère terminer en 4heures. On se lève à 4h45 du matin (j'habite près de Grenoble) et la nuit s’est bien passée pour moi ainsi que pour mon frère. On se retrouve tous les 2 autour de notre petit-déjeuner en étant vraiment content de pouvoir enfin faire la course. « On va enfin lâcher les chevaux » me dit Sébastien. J’appelle la météo pour connaître les conditions de course et cela s’annonce correcte : 5°C prévu à 8h à Annecy, nuageux mais pas de pluie prévue dans la matinée.

 

Il est maintenant 5h45 et après s’être habillé et vérifié une dernière fois que l’on avait rien oublié (surtout les certifs médicaux), on prend la route direction la Haute-Savoie !! Dans la voiture on discute de la façon dont on va prendre les ravitaillements et mon frère conseille de ne pas s’y arrêter mais de prendre à boire et à manger en marchant. On entend aussi à la radio qu’ils parlent du marathon et annonce un départ à 8h… Bah merde alors, ils ont mis 8h30 sur le site. Je pense que la radio se plante mais on vérifiera quand même au retrait des dossards.

 

7h15, on est dans Annecy et on trouve une place pas très loin du village marathon. On s’y rend tranquillement à pied pour récupérer notre dossard. En prime, on nous donne aussi le journal du Daubé de la veille qui a fait un article sur le marathon, un t-shirt, et un gel. Ils nous confirment que le départ est bien à 8h30 et non à 8h… Puis nous retournons à la voiture pour se mettre en tenue de course. Il fait frais mais nous décidons de courir en short et t-shirt sans veste. Je mets aussi la ceinture-gourde avec 3 gels d’endurance et 2 cachets de doliprane. Je glisse dans la poche de mon short un petit papier avec les temps de passage que l’on devra respecter si on veut arriver en 4h.

A 8h nous sommes de nouveau dans le village et faisons un très léger échauffement et quelques brefs étirements au bord du lac. Putain dans 30mn c’est le départ. On se rend dans les rangs vers 8h15 près du ballon du meneur des 4heures. La pression monte, on s’encourage avec mon frère, on est vraiment  contents d’être là.

 

8h30, coup de feu, les fauves sont lâchés. On s’embrasse, se tape dans le dos et on avance en marchant vers la ligne de départ. Ca y est, c’est parti, je déclenche mon chrono. Le début du parcours est une petite boucle dans Annecy. On passe le 1er km en plus de 6mn. Pas de panique ce rythme lent est normal car on court encore en peloton. Il ne faut pas s’affoler, on prendra notre rythme marathon un peu plus loin, le but étant de rester près du ballon vert. Après une 12zaine de minutes, on est sur le bon rythme. La petite boucle se termine, on se retrouve de nouveau près du lac et on se dirige vers la rive ouest pour prendre la piste cyclable qui longe le lac. On suit toujours le ballon et le rythme est bon. On boit et on s’alimente à tous les ravitaillements.

 

On passe le 10ème km en 56mn et 20s. Je vérifie sur mon petit papier avec les temps de passage. On est super bien car 20s sous le temps de référence qui nous ferait arriver en 3h58mn. Je demande à mon frère comme il se sent. Il me confirme que tout va bien. Au bout d’1h15 de course je demande à mon frère s’il pensait courir si facilement il y a 3 mois. Il me dit que non et note que la préparation est vraiment efficace. Il y a pas mal de spectateurs sur le bord du parcours et grâce à nos prénoms écrits en gros sur notre dossard on entend parfois, « allez Pascal, courage » ou bien  « vas-y Sébastien, c’est bien ». Il y aussi pas mal d’enfants qui attendent leur papa ou leur maman, avec des pancartes comme « allez maman, c’est toi la plus forte ». Il y a aussi quelques fanfares jouant de la grosse caisse et du tuba. Il y a aussi des Clarines (cloches à vache) tous les 5km. C’est bon enfant, en un mot, un vrai régal. On va maintenant passer sous le tunnel de Duingt que l’on prendra également au retour.

 

Juste après, au passage du 16ème km, on entend des sirènes de moto et on nous fait signe de courir sur le côté droit de la piste cyclable. Ce sont les 1ier de la course qui vont nous croiser. Ils sont 3 et tous Kényans. Parmi eux, il y a le gagnant de l’année dernière. Ils sont déjà au 28ième km et n’ont pas l’air de souffrir alors qu’ils ont presque couru 2 fois notre distance… C’est vraiment impressionnant de les voir courir à cette allure. Lorsqu’ils passent à notre hauteur, on les encourage en hurlant et en tapant dans nos mains. Ils ont fait le trou car on ne croisera les suivants que dans une 10zaine de minutes. A la sortie du tunnel on passe un petit faux plat qui nous conduit jusqu’au bout du lac. On s’écarte maintenant un peu du lac pour faire une boucle dans une plaine avant de traverser le petit village de Doussard. Notre temps de passage au semi est d’environ 1h59 ce qui est parfait car nous sommes toujours sur les bases de 3h58. C’est à ce moment que je prends mon 1er gel.

 

Nous sommes à présent sur le retour et dans l’inconnu car ni Seb ni moi n’avons jamais couru aussi longtemps et il reste 2 heures de course. Nous avons prévu de courir juste à coté de la piste cyclable sur la terre pour éviter la dureté du goudron. On se relaie avec un coup Seb devant, un coup moi et parfois chacun d’un côté de la route tout en surveillant l’autre pour voir si tu vas bien. On continue de respecter tous les ravitos et on s’éponge aussi car le soleil a fait son apparition et la température a légèrement augmenté. A présent on voit des signes de faiblesse chez certains concurrents qui marchent ou courent à très faible allure. A un moment on aperçoit même une personne allongée sur le dos et mettant se jambes en l’air pour soulager ses crampes. Il y a également de plus en plus de monde avec des couvertures se survie dans les petites tentes des postes de secours. On croise même quelques personnes qui ne sont pas encore arrivées au semi.

 

On garde le rythme et nous approchons maintenant après 2h50 de course du fameux mur psychologique du 30ème km. Je dis à mon frère qu’on va lui faire sa fête au mur et qu’on va l’exploser. Et ben non, ça ne va pas se passer comme on l’a voulu. Au 31ème km, je sens mon frère qui commence à piocher et je lui demande si ça va. Il me répond que non car il a de plus en plus mal aux jambes. On décide alors de ralentir l’allure. On court à présent sous les 10km/h et on met plus de 6mn au km. On perd l’avance que l’on avait gagnée jusqu'à maintenant et on attend que ça se passe. Je donne un doliprane à mon frère et après 5 km et quelques encouragements, il « reprend des couleurs » et on retrouve notre rythme de croisière s’amuse... Je sais à présent que l’on arrivera après 4heures mais sans trop dépasser ce temps.

 

Les km semblent être de plus en plus longs mais on voit à présent le village marathon au loin, ce qui nous motive un peu plus. Pour se donner du courage,  mon frère jure « 36km putain !» en voyant la pancarte du 36ème km. 37, 38, 39, merde elle arrive quand la pancarte du 40ème km? La voila ! Allez plus que 2 bornes et c’est le tapis rouge. On double pas mal de monde car on fini bien mieux qu’eux. Une dernière boucle nous éloigne de l’arrivée, ce qui ne plait pas vraiment à mon frère : « Merde ou est-ce qu’ils nous envoient ? ». Puis c’est le 41ème ; on guette maintenant sur les côtés pour voir si nos épouses sont là. Pas facile de les voir car il y a beaucoup de monde maintenant pour supporter les survivants. Un gars nous dit « Bravo Pascal et Sébastien, allez tirez-vous la bourre ». Il est fou ce type, on n’est pas là pour battre l’autre mais pour arriver en "frère siamois". « Regarde Seb, le panneau du 42 ». Ca y est, on est enfin sur le tapis rouge pour les derniers mètres, j’attrape mon frère par la taille en le secouant et en l’embrassant. Au passage de la ligne d’arrivée je lui prends la main et on lève les bras. J’arrête mon chrono : il indique 4h03mn26s. CA C’EST FAIT !!! On passe au contrôle ou l’on nous remet notre médaille et une serviette en souvenir de la course. On est content car on a réussi notre objectif.
 

1 commentaire

Commentaire de xav04 posté le 25-04-2009 à 15:24:00

Bravo pour ce premier marathon réalisé dans les objectifs et merci pour ton récit.

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