Récit de la course : La Piste des Seigneurs 2009, par patcastelnau

L'auteur : patcastelnau

La course : La Piste des Seigneurs

Date : 21/2/2009

Lieu : Rodez (Aveyron)

Affichage : 954 vues

Distance : 65km

Objectif : Pas d'objectif

2 commentaires

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Quelle piste, Messeigneurs !

Après 3 mois passés à nous demander dans quelle galère nous nous étions embarqués, l'équipe des Déboussolés (dans l'ordre moi, Nadège, Jean-Michel et Claudie, tous du Jogging Castelnau) étions sur la ligne de départ face à l'Evêché et la Cathédrale illuminée de Rodez, que j'avais l'impression de voir pour la première fois tellement l'ambiance était émouvante et solennelle pour cette première épreuve Rodez-Millau.

Le soleil se couchait à peine et c'était la première fois que j'utilisai en course les éléments de l'auto-suffisance et ceux de la course de nuit. Pour un double baptême, je fus servi. Quand la descente vers Le Monastère fut avalée, nous prîmes rapidement le sentier GR et la première côte boueuse vers le centre équestre de Combelle. Et déjà, l'alternance marche-petit trot que les coureurs solo maîtrisent si bien, rythma notre parcours. J'avoue que mon manque d'entraînement en dénivelé me coupa les jambes. Heureusement, les étoiles étaient bien présentes au ciel, et la météo nous laissait tranquilles. Pour ma part, le parcours était essentiellement du chemin, parfois du monotrace et du travers-champ, mais l'impression générale était : "Ca ne fait que monter !". Je m'accrochai bien à deux solo qui marchaient devant moi dans la côte de Comps à Inières, puis dans les interminables derniers km vers Pont de Salars.

Avec au total 20 km dans les pattes (au lieu de 17.8 annoncés !) et plus de 3h de marche-course, je laissai le relais à Nadège parmi les dernières équipes mais avec plus de 200 solos encore derrière sur le chemin. Nadège prit la suite dans un froid de -1°, bien emmitouflée. Nous la regardâmes passer 3/4 d'heure plus tard à Prades de Salars. Elle était pimpante, et malgré un premier Kilo en forte pente, une bonne petite route goudronnée et assez plate de 3 km lui avait permis de trouver son rythme de croisière. Nous n'avions plus qu'à l'attendre à Curan, dans une petite salle des fêtes où les organisateurs avaient fait les choses en grand pour permettre à tous les concurrents un bon ravito, une bonne récup' et aussi, hélas! aux solos qui abandonnaient de pouvoir rentrer en car sur Millau. Vers minuit trente, je me mis à attendre, assez fébrilement je l'avoue, l'arrivée de ma chère et tendre, car je connaissais la dureté de sa fin de parcours. C'est à 00h59 qu'elle entra dans la salle après une côte dantesque vers Curan. "Si les lumières là-haut, ça n'est pas Curan, j'abandonne", lui avait dit quelques minutes plus tôt, une concurrente qui l'accompagnait.

Jean-Michel s'élançait alors pour le relais le plus court, le plus haut (passage à 1000 m) et le plus culturel (passage dans le cloître médiéval de Comberoumal). Nous rejoignîmes donc Saint-Beauzély par une petite route au milieu des restes de neige glacés et nous pensions bien à lui, alors que la température dehors était passée à -3°. Nous bûmes un bon vin chaud dans la salle du château qui accueillait les rescapés de la nuit. Nous ne fûmes pas trop longtemps à attendre, car c'est en 1h30 que Jean-Michel boucla sa partie, en doublant bon nombre de solos fatigués et en manquant aussi de se faire une entorse dans la glissante descente vers Saint-Beauzély.

Restait Claudie. Et une fin de course aux allures de fin du monde à la fin de la nuit ! Les coureurs solos rencontrés paraissaient épuisés au fil des heures et leurs silhouettes de zombies éclairées par le long cordon des lampes frontales dans la descente de Peyre (où nous attendions bien au chaud dans nos voitures, le passage de "Notre" Claudie), restera à jamais gravé dans nos mémoires. Puis, nous partîmes vers l'arrivée, dans la salle du Parc de la Victoire, qui revêtait des airs de fête comme au 100 km. Claudie avait pris son relais à 2h37 du matin et c'est vers 6h32 après 11h17' de course que nous remontâmes avec elle l'allée de la Victoire pour passer la ligne d'arrivée. Elle nous raconta tout : les dénivelés fous qui la menèrent jusque dans la Pile 1 du viaduc, telle une Don quichotte qui s'attaque à un fantastique moulin nocturne. "C'est vous qui avez tiré au sort le quatrième relais ?", lui demanda-t-on au petit matin. "Non, c'est moi qui l'ai choisi", répondit-elle. Elle était d'ailleurs ravie de ce choix qui l'avait lancé dans l'inconnu, et elle était heureuse comme une gamine qui a fait une bonne blague.

La nuit, que j'avais commencée dans la douleur, s'achevait dans la joie et dans quelque chose qui s'apparente à la magie (peut-être celle de l'enfance).

 Merci à tous, organisateurs, bénévoles et coureurs pour cette merveilleuse nuit. Le seul petit bémol étant l'étalonnage erroné des kilomètres, qui fit souffrir sûrement pas mal de solos.

2 commentaires

Commentaire de caroux posté le 23-02-2009 à 17:46:00

AAAAh oui cette douce odeur de vin chaud en rentrant dans la salle du château ...
Merci de nous avoir fait revivre ces moments ...

Commentaire de parrain posté le 24-02-2009 à 22:45:00

je confirme, les "solos" en ont bavé pas mal sur ce fameux 4ème tronçon... Belle épreuve tout de même, mais éprouvante! Bravo aux finishers (et que dire des finisheuses!) et merci à l'organisation (même si le chronométrage était, c'est vrai un peu...folklorique...)

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