Récit de la course : Raid Inook 2009, par kailasa

L'auteur : kailasa

La course : Raid Inook

Date : 10/1/2009

Lieu : Meaudre (Isère)

Affichage : 1293 vues

Distance : 28km

Objectif : Pas d'objectif

3 commentaires

Faire connaître ce récit sur Twitter :

Faire connaître ce récit sur Facebook : Partager

Le récit

 

Le raid Inook, c’est une course d’orientation en raquettes par équipe de deux, d’une vingtaine de kilomètres environ (autour de 500 mètres de dénivelé positif pour 900 de négatif), qui se déroule chaque année du coté de Méaudre dans le Vercors.

Deux formats sont au programme cette année : une randonnée et une course chronométrée. Connaissant l’esprit très légèrement compétiteur des deux équipiers, c’est bien entendu sur cette dernière que nous nous alignerons.

 

Un petit mot justement sur l’équipe. Mon partenaire et moi-même sommes plutôt des coureurs à pied. Notre point faible ici : notre expérience proche de zéro que ce soit en raquettes ou en orientation. Notre point fort : une condition physique acceptable, et surtout, on joue à domicile…

 

Premier choix crucial, les raquettes : notre but est de trouver des raquettes avec lesquelles on puisse courir. De plus, on veut pouvoir rapidement les enlever ou les mettre. Donc, après deux sorties-tests, on opte pour des raquettes toutes simples, identiques à celles des enfants, avec un simple élastique pour tenir le pied, et relativement étroites et légères. L’inconvénient, c’est que le pied est mal tenu et le risque de déchaussage important, surtout dans les devers. Les bâtons ayant tendance à nous encombrer, on fera sans.

 

Le jour J :

Lors du retrait des dossards nous est fourni un extrait de carte IGN au 1/25000 avec les différentes balises et… un questionnaire sur la montagne (sécurité, culture, économie, flore, faune). Noté et pris en compte pour le classement.

Euuuuuhhhh… On a le droit d’appeler un ami ?

Bon, on a répondu a une quinzaine de questions genre : « citez 6 plantes ou arbustes poussant dans le Vercors », « combien représentent en kilomètres sur le terrain  4,7 centimètres sur la carte ? », « Citez deux fromages du Vercors », etc.

 On retrouve rapidement nos réflexes d’écoliers, que dis je, nos réflexes de bons élèves (hum hum). Je ne développerai pas plus…

Fin de la première épreuve.

 

Tout le monde en bus, direction le village voisin d’Autrans, et le sommet des pistes de ski alpin. 10 minutes de télésiège plus loin, nous voilà rendus sur le lieu du départ. L’objectif est simple, poinçonner 8 balises, faire un atelier technique raquettes et rejoindre le plus vite possible le col de la Croix Perrin, situé à une dizaine de kilomètres à vol d’oiseau et 400 mètres plus bas, le tout sur un parcours très vallonné.

 

Les équipes partent toutes les minutes. Si la plupart des équipes partent en marchant, nous on choisit de partir vite, d’autant que la piste de ski de fond que l’on emprunte sur les premiers hectomètres est roulante. En 500 mètres, on double déjà au moins 4 ou 5 équipes parties avant nous, et notamment des Saint Cyriens (toute une promo de Saint Cyr participe à ce raid ; pas évident pour eux, car ils partent avec des godillots dont le poids selon moi doit avoisiner le kilo). Puis on bifurque rapidement sur un sentier étroit où la neige creuse énormément. Pendant une grosse demi-heure, on va courir dans ce type de neige, et c’est quand même assez physique. La première balise est rapidement atteinte, et on a encore rattrapé de nombreux concurrents. La difficulté principale, c’est de doubler ; on sort de la trace, et on est obligé de courir dans de la neige encore plus profonde, et le cardio monte alors très vite dans les tours, d’autant que mon partenaire maintient un bon rythme. Je sens les mollets qui tirent, les crampes ne sont pas loin, et on a à peine fait 3 kilomètres.

Après la troisième balise, on se fait une session hors trace hors piste tout droit dans la forêt et au milieu des rochers, la progression est un peu ardue ; et une chute de mon partenaire ! Et vas y que moi aussi je m’étale… Passage difficile, certes, mais gain de temps appréciable, et on passe ainsi devant des équipes parties plus de 30 minutes avant nous, le tout au bout d’une  petite quarantaine de minutes de courses. On rejoint alors les pistes de ski de fond, bien damées : on décide  d’enlever les raquettes ce qui nous permet de courir plus efficacement et plus naturellement aussi. Le bien être au niveau des mollets est immédiat. On remarque alors qu’il n’y plus que deux traces de raquettes : il n’y a donc plus qu’une seule équipe devant… En 4-5 kilomètres de conditions difficiles, on a dépassé la trentaine d’équipes parties avant nous.

  

Cette piste de ski de fond nous amène sur le plateau de la Molière. Que dire ici, vu que les mots ne peuvent traduire la beauté du site : sous un soleil magnifique, et au dessus de la mer de nuages qui recouvre Grenoble, on survole Vercors, Chartreuse, Ecrins ; les Bauges sont là bas tout au loin, et encore plus loin, la masse imposante et majestueuse du Mont Blanc. Ma-gi-que.

 

Revenons à la course : on emprunte ensuite les crêtes de la Molière, mon  « spot » trail préféré de l’été dernier, un sentier vallonné, avec de belles petites montées, et toujours ces paysages d’une rare beauté. Je commence à récupérer du début de course, et me sens de mieux en mieux. On passe alors le point haut du parcours (1700m). La cinquième balise est la plus difficile à trouver (surtout pour les premières équipes, les autres n’ont eu qu’à suivre les traces), perdue au milieu des bois. Mais mon partenaire se révèle être un orienteur de première qualité ; on tombe dessus directement tandis que nos prédécesseurs, au vue des traces qu’ils ont laissé, se sont un peu perdus dans la « pampa » avant de la trouver.

  

Une petite montée, une petite descente et on enchaine avec un autre moment clé de ce parcours, l’atelier technique raquettes. L’équation est simple : une pente vraiment « pentue » à descendre en raquettes : une main par terre = petite pénalité, les fesses par terre = grosse pénalité !!! J’avoue, je suis un petit peu passé à travers cette épreuve. Mon partenaire = une main. Moi : deux mains, une fesse, un déchaussage (pas pénalisé à priori, mais les juges  étaient gentils). M’énerve, ça ! Excuses : on était désavantagé par nos raquettes « enfants » et notre absence de bâtons. Et ça descendait vraiment fort. Et suis pas doué, c’est tout ! Et j’aimerai bien vous y voir, vous ! Pffff. Et après, bien sûr, il a fallu remonter… A noter qu’aucune des 75 équipes ne fera un sans faute.

 

Et c’est reparti sur un sentier ou le profil est plutôt descendant. A ce moment là, on va plutôt vite, on court sans raquettes. Avant dernière balise puis 4 bons kilomètres de descentes avant de rejoindre la dernière balise. Cette dernière nous pose quelques soucis, et on va la trouver en apercevant au loin l’équipe qui nous précède et qui, elle, a trouvé le bon chemin du premier coup.

Il ne reste plus qu’à filer vers l’arrivée, que l’on coupe en 2h16.

 

L’après course : étrange de ne pas connaître les résultats de suite, vu que les juges doivent corriger les questionnaires et tenir compte des pénalités liées au relevé des balises et à l’atelier technique. Retour à la maison vers 12h30, donc…

 

18h, je passe chercher mon équipier et tranquillement nous nous rendons ensemble à la salle des fêtes de Méaudre où doit avoir lieu la remise des prix et la fondue d’après course. On arrive semble t-il un petit peu en retard, la remise des prix touche à sa fin et… il ne manquait que les vainqueurs… Pas très sérieux tout ça… Ben oui, mais on n’était pas au courant qu’on avait gagné ! Passage rapide sur le podium (et une belle paire de raquettes !), serrage de main à Mr « Inook », photos, tirage au sort des séjours (perdu…), et on peut alors consulter les résultats : on a 16 minutes d’avance au temps sur nos suivants, seules 4 équipes passent sous la barre des 3h30 ; on est la seule équipe à avoir 60/60 au questionnaire ! On est juste pénalisé par l’atelier technique.

 

L’après course est vraiment sympathique (le mot est faible). Avec mon équipier, nous trinquons et mangeons avec les juges de la course (un peu louche, ça, non ?).  

La présence de cette promo de Saint Cyr, très esprit militaire, avec leurs chants, leur bonne humeur, mais aussi leur sérieux et leur respect, donne un caractère particulier à cette soirée. L’ambiance est vraiment hyper conviviale. Je crois qu’à la fin, tout le monde était content, et c’est assez rare pour être souligné, non ?

 

 Petit bilan personnel : une victoire sympa, en équipe, dans une discipline inconnue, qui plus est à « domicile ». J’étais le maillon faible de l’équipe, j’étais un petit peu malade, j’ai donc souffert par moment. Mais au final, c’était que du plaisir.

 

Chapeau et merci à mon coéquipier qui à parfaitement géré l’orientation et mes coups de moins bien.

 

Un petit bilan sur cette course : Paysages somptueux, organisation parfaite, convivialité, bon repas, bonnes boissons, de supers bénévoles... A refaire !

            

  

3 commentaires

Commentaire de Davidou le minou posté le 11-01-2009 à 17:47:00

Merci pour ce CR qui donne vraiment envie. Et puis félicitation pour le résultat !! Premiers, tranquille les mecs, ça assure grave.
Et en plus on fait les faillots avec les juges le soir, c'est du propre ;-)

Allez, encore bravo pour cette course et ce récit bien sympa à lire !! :D

David

Commentaire de agnès78 posté le 11-01-2009 à 18:57:00

vraiment super sympa votre raid... pour des néophytes de la raquette vous avez fait forts! Bon faut dire que niveau course à pied avec vous deux dans l'équipe, le niveau était élevé... BRAVO pour votre victoire... et merci pour ce récit qui donne envie de se lancer sur un raid blanc... Bonne récup' à vous deux!

Commentaire de flapi38 posté le 15-01-2009 à 22:24:00

Bravo à vous pour cette victoire. Tu attaques bien l'année.

Il faut être connecté pour pouvoir poster un message.

Accueil - Haut de page - Version grand écran