Récit de la course : L'O'Rigole - 71 km 2008, par lepidop

L'auteur : lepidop

La course : L'O'Rigole - 71 km

Date : 7/12/2008

Lieu : Le Perray En Yvelines (Yvelines)

Affichage : 1728 vues

Distance : 71km

Objectif : Pas d'objectif

7 commentaires

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Dans la serie: " Je veux faire un truc que je n'ai jamais fait!" voici L'ORIGOLE

 

En parcourant les CR des années précédentes une phrase du genre :" Je m'attendais à l'enfer mais c'était pire" avait particulièrement retenue mon attention.

Voilà la course qu'il me faut. De la distance, du relief, de l'eau, de la boue, des forêts mal rangées, éventuellement le froid, bref tout pour me plaire.

Me voici donc au gymnase du Peray samedi soir dernier avec plusieurs objectifs:

-Finir

-Faire connaissance de Reivilog avec qui je vais faire le Raid28 le mois prochain.

-Rencontrer des Kikous.

Après m'être changé, équipé dossard retiré, je me dirige vers  un groupe de coureurs d'un village voisin du mien. Le ton est donné ça chambre gentiment et j'aime ça! Mais bon, il me faut aussi aller voir le petit groupe de Kikous qui se prépare un peu plus loin...

Une bise à Taz toujours souriante quelques mots échangés aves Monstertruck, je fait connaissance avec Ouster, Tounik,, Vetchar14 et quelques autres qui me pardonnerons je l'espère de ne pas tous les citer.

Reste Revilog que je finis par apercevoir. Les présentations sont rapidement faites et le courant à l'air de bien passer entre nous de bon augure pour le futur Raid 28.

Mais le temps passe, déjà l'organisation donne les instructions de course et tout le monde quitte le gymnase en direction de la Mairie devant laquelle va être donné le départ. Je fais part à Vetchar14 pendant le trajet de ma déception de ne pas être sur la photo de groupe des Kikous, elle sort de sa poche son appareil  et nous prends Reivilog et moi. Merci à elle encore une fois.

Je compte faire tranquillement la première boucle en 3h30' soit 8,5km/h de moyenne environ. Si j'y parviens je suis persuadé que je finirai, car après, pour être dans les délais un "petit" 6km/h suffira.

Je fais le début, en fin de peloton avec un groupe de Kikous non identifiés qui me chambrent gentiment quand je coupe un rond point par le milieu " T'as gagné au moins 3 mètres 50".

S'ils savaient ce que je vais perdre plus tard....

Le début de la course se fait à une allure tranquille, un peu de bitume puis des bois, ça bouchonne régulièrement quand le chemin se retréci, puis ça accélère quand il y a plus de place. Un coup d'oeil au GPS, ne pas dépasser les 10km/h pour ne pas se mettre dans le rouge. Sur cette boucle globalement je double dans les parties techniques et me fais doubler quand c'est roulant.

Deux souvenirs me resterons plus particulièrement,

-la descente sur le chateau des Mesnuls, superbe!

- Un petit fait de course: Une jeune personne me dépasse, puis quelque mètres plus loin s'arrète presque quand une grosse flaque  d'eau se présente. Je lui fait remarquer qu'elle aurait pu attendre avant de doubler et elle me désigne la flaque en disant quelque chose du genre " T'as qu'a passer là". Je l'ai fait et si je l'ai un peu éclaboussée qu'elle me pardonne.

Quand on vient pour faire une course de dingues, il ne faut pas s'étonner qu'il y ai des fous qui aiment l'eau...

Retour au Gymase 28km en en 3h25 et 56ème position du 75km. Je suis dans les temps que je me suis donnés.

Pas question de s'attarder, le plein de la poche à eau et le ravitaillement en nourriture effectués, je ressors immédiatement dans le brouillard pour attaquer la deuxième boucle, gros morceau de la course + ou- 1000m de D+ et environ 24km.

Durant cette boucle, je doublerais tout le temps. Comme sur la première, je rattrape des concurrents dans les parties techniques, reste avec eux quand c'est (relativement) roulant, et je repars de l'avant quand les difficultés se représentent.

Et des difficultés il y en a:  ça monte, ça descend, ça tourne, ça glisse, ça remonte, ça redescend, on saute des troncs, des fossés, on remonte pour redescendre aussitôt et ça dure, ça dure, ça dure...

On a beau s'y attendre, plus de trois heures et demie à faire du tobogan c'est lassant!

Tout ça dans le brouillard et le silence de la forêt perturbé par les chiens des villages environnant qui aboient dans la nuit et le froid.

Petit moment de bonheur à l'état pur quand un petit mulot traverse devant moi. Cette petite boule de poil grise de 10cm de long maximum se détachant sur le fond roux des fougères désséchées a du avoir la peur de sa vie!

A force de monter plusieurs fois (celle que l'on croit être) la dernière côte, celle ci finit par arriver et c'est le retour en longeant un étang alors que l'herbe gelée crisse sous nos pas. Un passage  sous la voie ferrée  par un tunnel et me voici de nouveau au gymnase. 7h16' de course je suis revenu à la 21ème place. J'ai raisonnablement mal aux jambes, tout va bien.

Martial un ami de longue date est là, il a préféré arrêter après 28km. Il me donne un coup de main pour recharger le Camel en eau et nourriture et je me dirige vers la sortie, toujours obsédé par l'idée de passer un minimum de temps au chaud et de repartir au plus vite.

C'est à partir de ce moment là que tout se détraque.

Arrivé devant la porte de sortie du gymnase, une dame marque mon dossard pour attester de mon départ sur la dernière boucle, puis un charmant monsieur m'explique par où rejoindre le début de celle ci.

Et c'est malheureusement à ce moment là que je réalise que j'ai oublié de changer mes chaufferettes. Elles sont hyper importantes pour moi car je suis atteint depuis toujours du syndrome de Raynaud qui me retire toute posibilité de me servir de mes mains par temps froid (le sang se retire par vaso-constriction, les doigts deviennent blancs et insensibles et il est impossible de les bouger). Donc sans chaufferettes je ne peut plus m'alimenter.

Retour au sac, changement de chaufferettes et je repars...tout droit au lieu de tourner à gauche au feu.

Je sais que pour traverser la route nationale qui longe le Peray il faut passer sur un pont situé au bout du village. je ne voit pas de rubalises mais sûr de mon fait,  j'insiste. Enfin après un looooonnnnnnggg moment, je doute, en effet je marche tranquillement en mangeant un petit sandwich depuis au moins dix bonnes minutes et je n'ai pas vu de concurrent revenir à ma hauteur, j'hésite, je continue encore un peu avant finalement de revenir sur mes pas et de trouver le début de cette troisième boucle.

En comparant les distances entre deux GPS, le bilan de la balade à travers le Peray se solde par 2,200km de rab qui rapportés à l'allure à laquelle je les ai effectués m'ont couté entre 15 et 20 minutes sans tenir compte de la fatigue supplémentaire. Mentalement c'est dur, très dur à encaisser.

Et maintenant que j'ai fait une anerie, je continue, j'accèlère je veut regagner le temps perdu et je néglige le fait qu'il reste 22km à parcourir qui même annoncés roulants seront les plus durs.

Je ne réagit plus quand je voit 12km/h sur le GPS, je continue, j'oublie de boire, je ne mange plus non plus et ...le carburant manque la machine ne veut plus avancer, les fossés de 1mètre de large paraissent en faire 5. Les côtes que je passait si bien il y a une heure encore me paraissent interminables. Mon GPS m'indique une progression en vitesse instantannée inférieure à 5km/h.

Il reste entre 12 et 15 bornes et à 5km/h c'est long, très très long....dans la forêt presque silencieuse.

Je prends enfin le bonne décision, je m'arrête, vide mes poches, mange tout ce quelles contiennent, repars en marchant, bois abondamment et miracle, le moteur se remet en route et je parcours les 5 derniers kilomètres d'une traite.

Deux petites choses sur ce dernier tour:

La traversée d'un camps de scout en pleine forêt, il faut être un peu malade pour dormir dehors par ces températures là! De toutes les façons ils ont du penser la même chose des fous qui courraient un peu partout alors...

Et puis, le bruit que font ces animaux nuisibles avec deux pattes et un fusil...

 Je reviens à la course.

L'arrivée au gymase fut un grand moment les applaudissements ont fait chaud au coeur, merci, merci à tous.

Et puis se dire:" l'ORIGOLE je l'ai fait! "

Deux jours après en écrivant ces lignes je me rend compte qu'il y a des choses que l'on achète pas, on va les chercher c'est tout!

Merci aux organisateurs pour cette magnifique course que c'est dur, mais quel bonheur de finir!

Ne vous découragez pas votre course est unique! du Top de chez top.

Merci à tous ces bénévoles que j'ai croisé dans le froid et qui m'ont encouragé alors que je préférais ma place à la leur. Merci sans vous pas de course possible.

Une dernière pensée pour ceux qui ont nettoyé le gymnase, quand je suis parti pour rejoindre mon véhicule, j'ai eu honte de l'état dans lequel je laissais la place.

Merci à vous aussi!

Enfin je termine en donnant rendez vous au Kikous pour le Raid28 où "Le Bagnard et ses boulets" seront présents du début à la fin.

Merci de m'avoir lu

Benoît

 

 

7 commentaires

Commentaire de Zeb posté le 09-12-2008 à 15:26:00

Bravo à toi !!
Si cela peut te rassurer, nous sommes plusieurs à nous être trompés au départ de la 3éme boucle, j'ai personnelemment fait 3 "aller-retour" entre le feu et le pont avant de tomber sur un bénévole qui nous a montré l'entrée de la boucle (et j'ai aussi perdu au bas mot 20 minutes, mais l'essentiel est bien ailleurs). Je me souviens bien de toi, tu mangais ton sandwich et tu tenais effectivement à aller tout droit, j'ai pensé plusiurs fois à toi, en espérant que tu avais retrouvais le chemin...ce fût le cas, tant mieux !!

Encore bravo !

Commentaire de la panthère posté le 09-12-2008 à 17:09:00

super récit pour une super course "hors normes"....Ravie d'avoir fait la connaissance du kikou kikourt avec des chaussettes sur les mains...
et au raid 28, alors...

Commentaire de frankek posté le 09-12-2008 à 17:11:00

bravo pour ta course ! c'est une course de cinglé ! l'an dernier j'y suis venu et j'ai comme toi vaincu ce trail dans des conditions dantesques...alors chapeau et bon raid 28 ! c'est drôle j'ai eu le mème programme que toi l'an dernier...récupère bien...il va te falloir aussi beaucoup de courage pour la suite...

Commentaire de al27 posté le 09-12-2008 à 22:05:00

Salut papa, Eh oui on l'a fait et pas qu'un peu, il faut être allé au bout de ces trois boucles pour savoir ce que ça veut dire,
Bravo,
Al27

Commentaire de JLW posté le 09-12-2008 à 23:08:00

Bravo papa (ça me fait drôle d'écrire ça !).
Dommage pour tes petits déboires ds la 3ème boucle car tu étais visiblement très bien parti pour une bien honorable place.

Mais comme l'a dit Zeb l'essentiel n'est pas là.
Savoir continuer et terminer malgré les aléas, c'est bien cela la plus grande victoire.

En plus très agréable à lire ton récit. C'est sur, habitant ds le coin, va falloir que je le fasse un jour cet Origole.

Commentaire de ogo posté le 12-12-2008 à 10:37:00

Tu l'as vu aussi le mulot !!! J'ai eu la même réflexion que toi en en voyant débouler un à peu près au même endroit.
Voilà, sinon, je faisais partie du groupe de "chambreurs" du rond-point. T'as raison, on en prend conscience à la fin de la course : 3,50m c'est 3,50m ;-)
Encore bravo pour ta course. Ta stratégie de partir lentement a été payante. Au final, tu arrives devant moi.
Ravi d'avoir fait connaissance. A la prochaine.

Commentaire de shunga posté le 14-05-2009 à 20:07:00

bravo, ça donne envie

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