Récit de la course : Per Camin - Trail Belvédère - La Gordolasq 2008, par Shostag

L'auteur : Shostag

La course : Per Camin - Trail Belvédère - La Gordolasq

Date : 7/9/2008

Lieu : Gordolasque (Alpes-Maritimes)

Affichage : 2057 vues

Distance : 26.5km

Objectif : Faire un temps

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Per Camin 2008 - 26,5 km, +/- 2.050 m

Belvédère (06), pittoresque village de la Vésubie, niché en contrebas du Vallon de la Gordolasque et l’un des principaux accès aux célèbres gravures rupestres de la Vallée des Merveilles, organise pour la troisième année le Trail Per Camin. Encore confidentielle, cette superbe course mérite sans conteste plus d’écho (et de participants).

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Située en zone périphérique du Parc National du Mercantour, avec un dénivelé positif de 2.050 m (dont 1.750 m d’une traite) pour 26,5 km, l’épreuve est un véritable condensé des terrains et paysages de la moyenne et haute montagne. J’étais venu pour établir une référence chronométrique (3h45, à défaut sous les 4h00), j’aurais mieux fait de profiter du cadre magnifique que de rester l’œil rivé sur le cardio et être obnubilé par mes performances.

 

Parcours

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Le départ est donné sur la place principale. Nous traversons rapidement le village pour attraper le GR 52 A, joli sentier en balcon, alternant replats et montées raides. Nous bifurquons à droite au niveau de la Croix du Serre pour remonter sur la Route des Blancons.

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Sur le goudron, il est possible de dérouler sa foulée sans à coups même si certains préfèrent marcher par alternance ou en continu. Nous ne tardons pas à emprunter un sympathique sentier en sous-bois, coupant les nombreux lacets. foret.jpg

A la Cabane, nous suivons une ancienne piste taillée dré dans le pentu qui rejoint la ligne de crêtes. Avec l’altitude, la forêt commence à se faire plus éparse : le panorama, splendide, se dégage alors petit à petit sur la Gordolasque et la Vésubie en contrebas.

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L’ambiance est bucolique sur la crête de Bermonnet. La trace se fait discrète dans ces alpages, laissant le choix de la meilleure ou plus agréable trajectoire. Après un premier ressaut, nous apercevons en point de mire la Cime de Montjoia, où le passage des coureurs qui nous précèdent est salué par une vigoureuse corne de brume.

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Réapparition de quelques rochers sur la crête terminale ainsi que dans la petite descente préalable à l’ascension de la Valette de Prals. Le sentier réapparaît clairement mais il reste plus efficace de tirer tout droit comme nous y invitent les rubalises.

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Au sommet de la Valette de Prals, le temps est clair et le panorama somptueux. Nous apercevons au nord les « 3000 » frontaliers du Mercantour, dominés par le Gélas et son abrupt couloir sud. Nous distinguons également en contrebas les somptueux Lacs de Prals, randonnée familiale très prisée au départ de la Madone de Fenestre. Mais le plus beau nous est offert côté sud où aucun sommet ne masque la vue jusqu’au bord de mer (Baie de Nice, Cap d’Antibes) qui apparaît très nettement. J’y avais même aperçu la Corse lors d’une précédente balade cet hiver mais celle-ci est aujourd’hui masquée par les nuages.

Il est temps de redescendre, nous évoluons sur les crêtes jusqu’à la Baisse de Prals avant de plonger sur Saint-Grat dans une monotrace sinueuse et escarpée avec de gros rochers. Nous quittons rapidement les alpages pour entrer à nouveau dans la forêt puis la vallée, longeant la rivière avant d’aboutir à la Vacherie de la Gordolasque, unique et imprévu ravitaillement de l’épreuve se courant en totale autonomie (nombreux points d’eaux sur le parcours).

Une dernière remontée jusque sous la Serre de Clapeiruole (presque 300 m de D+ tout de même) nous attend, avant de nous élancer sur la fabuleuse descente des terres rouges. Comme son nom l’indique, celle-ci se déroule entièrement sur un beau sol ocre et humide, en contraste flagrant avec le terrain de jeu rencontré précédemment. D’abord rapide et roulante, elle devient de plus en plus technique sur le bas.

Nous tombons bien trop vite sur la route, inévitable portion qu’il nous faut subir avant de rejoindre un dernier sentier ombragé le long d’un canal et le final dans les ruelles de Belvédère.

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Ma course

 

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J’ai péché par orgueil et impatience. Je ne suis pas encore au bout de ma première année de pratique. Je ne m’entraîne pas très sérieusement avec environ une séance foncière (VMA, pas de seuil), sauf en endurance où j’enchaîne les grosses et très longues sorties. Je me suis fixé un objectif trop ambitieux (3h45) que j’ai voulu coûte que coûte tenir. Cela n’est pas passé, j’ai trop forcé en flirtant continuellement avec la limite souffrance/vomissent et je n’ai quasiment pris aucun plaisir.

Je pensais effectuer la montée au seuil anaérobie (172 bpm) mais je me suis vite rendu compte que j’étais trop lent : 700 m/h mais surtout dépassé par une bonne trentaine de coureurs alors que je visais le top 15 / top 20. J’ai donc rapidement lâché la bride, dépassant allégrement les 180 bpm avec les jambes lourdes d’acide lactique. Mais rien n’y a fait, ma dégringolade a continué jusqu’à ce que je me retrouve en deuxième partie de peloton.

Je ne comprends pas du tout la logique des évènements qui ont suivis (sauf à être anormalement endurant) : parti imprudemment au maximum de mes possibilités, j’aurai dû flancher, être rattrapé de l’arrière par ceux plus raisonnables et plus frais qui ont mieux su gérer leur effort. Et pourtant, après 30 minutes, la machine repart : je n’ai plus mal aux jambes, je ne suis plus doublé. J’arrive même à courir sans marcher sur la route des Blancons et ses passages raides à 15 %.

Je reprends ainsi environ 25 coureurs, dont la plupart sur les crêtes quand la pente est au-delà de 30 % et j’atteins le sommet (11,4 km, + 1.750 m) en 2h13 à 177 bpm de moyenne. C’est là que je paie cet effort initial trop violent : je n’arrive plus à accélérer en descente et sur le plat, me traînant lamentablement au mieux à 10/11 km/h avec 170 bpm !

Je continue néanmoins ma remontée dans la descente sur Saint-Grat, gagnant une dizaine de places et n’en reperdant que trois dans le final plus roulant des terres rouges, qui m’est nettement moins favorable. Je franchis la ligne d’arrivée en 4h01. J'ai connu un ralentissement notable de 0,77 sur cette deuxième partie (15,1 km, + 300 m). Qu'est ce que cela a du être pour les autres ?!!

Une bonne gestion de course m’aurait-elle permis de passer sous les 4 heures ? Je me demande : une montée au seuil correspondait vraisemblablement à un passage au sommet en 2h30, il aurait encore fallu que je descende alors en « négative split ». Ne vaut-il pas mieux dans un tel cadre aller 10 % plus vite dans les ascensions quitte à être 15/20 % moins rapide sur le plat et en descente ? Réponse, l’an prochain, au 4ème Trail Per Camin de la Gordolasque.

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