Récit de la course : Trail de la Dent du Chat 2008, par Sagarmatha

L'auteur : Sagarmatha

La course : Trail de la Dent du Chat

Date : 6/7/2008

Lieu : Le Bourget Du Lac (Savoie)

Affichage : 1071 vues

Distance : 25km

Objectif : Se dépenser

4 commentaires

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Trail de la dent du chat ... c'est ca aussi le trail !

Je me suis présenté dimanche, trois semaines après le trail de Faverges, au départ du trail de la dent du chat en Savoie. Cette épreuve longue de 25 km avec 1350 m+ n'est pas la plus éprouvante du calendrier mais certainement une de celle qui réservait le plus de surprise, vous comprendrez très vite pourquoi...

Arrivé une heure avant le départ, en compagnie de Yann, PH, et André, nous avons le temps de retirer les dossards et de se préparer tout doucement.

J'effectue avec Yann un échauffement sérieux d'environ 20 minutes, avec quelques exercices spécifiques...histoire de bien faire monter le cœur avant le départ.

Nous y voilà ! Sur la ligne, 300 coureurs. Environ 200 pour le grand parcours de 25 km et 100 pour le plus petit de 13 km.

Je suis aux côtés de Yann, Aurélien Brun, Franck Gorry...et beaucoup d'autres encore. Nous recevons les dernières consignes de l'organisateur qui a bien hésiter à lancer quelques secondes avant le départ, un : « On annule tout...! »

En effet, nous sommes arrivés à surprendre une conversation via radio que les conditions météo au sommet du « molard noir » était chaotique ! Et lui répondant : « Va leur dire aux 300 furieux devant moi que nous annulons l'épreuve... ! »

Le départ est quand même donné. Ce fut un départ rapide. Un groupe de 10 coureurs, dont je fais partis, se crée tout de suite. Le premier kilomètre est relativement plat pour la traversée du Bourget du lac par les routes goudronnées.

Mais très vite, que vois-je ? A l'entame des premières pentes Yann prend les choses en main ! A ce moment là, l'allure est un peu trop élevée pour moi, je lâche prise, et laisse donc filer ce groupe de tête.

Nous arrivons dans les bois, la pente s'accentue encore. Mes sensations ne sont pas bonnes. Je n'ai pas le rythme, quelque chose ne va pas...mes jambes sont lourdes, mes puls cardiaques sont élevées. Je me surprends à beaucoup marcher, les premiers kilomètres sont pour moi assez difficiles. La pluie recommence à tomber, pour ne plus jamais s'arrêter !

Je gère comme je peux cette première partie d'ascension avec beaucoup de difficultés. Puis arrive quelques portions plus roulantes à la séparation des deux parcours. A ce moment là, j'en profite pour me refaire « la cerise ». Je relance convenablement. Les kilomètres passent, et puis ca va de mieux en mieux, mais ce n'est pas encore ca...

Nous prenons de l'altitude, nous ne voyons absolument rien, le paysage est totalement bouché. Les dernières rampes pour accéder au « Molard noir » sont raides. Nous devons se servir de nos mains par endroit, et même s'aider de la main courante prévue à cet effet car ça glisse ! Un coureur s'exerce même à demander au groupe avec lequel nous sommes, quel niveau d'escalade ces quelques passages requièrent...

Nous arrivons enfin au sommet sous un déluge impressionnant. Là haut, c'est l'apocalypse! Les nuages au dessus du lac du Bourget remontent le long de la paroi de la montagne, et viennent avec le vent se plaquer sur nous en plus de la pluie. Il y a un tel brouillard, que par endroit nous ne voyons pas à trois mètres !

Au sommet, je relance fort sur la crête car mes jambes vont beaucoup mieux. Mes sensations reviennent. Je passe même à l'attaque dans les parties les plus délicates, j'ai l'impression que je peux tenir ce rythme élevé jusqu'au bout.

Les premières portions descendantes arrivent. Je me sens de mieux en mieux. Et s'est sans compter que je me lance dans cette descente infernale !

Je cours vite, peut être trop vite pour l'endroit. Je rattrape très rapidement une dizaine de coureurs, ...

Cette descente est raide, et glissante. Sous bois, c'est parfois la nuit, on y voit pas grand-chose !

Je cours, je cours plus vite ... et « Vlan », une gamelle ! Dans une épingle, j'ai glissé sur des cailloux. Heureusement, plus de peur que de mal...le temps de se relever et c'est déjà repartis. Mais pensez-vous, cela ne m'a pas calmé !

Ca descend toujours aussi fort. Et là, un mec me double. Je me dits : « alors lui il est carrément fou. Déjà, que je descends vite mais lui, il ne finira pas vivant. Je n'ai pas eu le temps de finir ma phrase que je le vois passé tout droit dans le trou, suite à une épingle. Ouf ! Il s'est accroché à un arbre, j'ai bien cru que j'avais assisté à un saut de l'ange en direct... »

Puis sans trop savoir pourquoi, ni comment d'ailleurs, alors que les pentes sont toujours aussi raides, mon pied droit se bloc dans une branche, ma tête passe entre mes jambes, je me vois volé littéralement, et effectue un salto avant...je me relève tant bien que mal, je suis un peu sonné. Le coureur à distance derrière moi, s'arrête à ma hauteur, me demande si ca va ? Je lui réponds que oui, mais un peu sonné tout de même. Apparemment rien de cassé ! Mais que vois-je ? Ma chaussure droite complètement explosée ! Pendant la chute ça a tout arraché. Je me retrouve donc avec une chaussure sans lacets, ni œillets. Vaille que vaille ! Je repars.

Ma cheville droite n'est plus tenue alors c'est un peu galère par moments mais ca va le faire quand même jusqu'à l'arrivée. Le comble ! Je double encore des coureurs avec une chaussure explosé. Décidément, les descentes j'adore ca !

Une légère montée avant l'arrivée pour casser le rythme que je passe sans difficulté, bien au contraire. Un peu furieux par rapport à ma chaussure, je cours à vive allure.

Je passe la ligne d'arrivée en 30e position, toujours sous la pluie, 10 minutes après Yann (11e).

Je suis un peu déçu de mon classement, mais en analysant bien ce trail, je me rends compte que ce n'est pas si mal que cela.

30e / 170 classés en 2h39' soit 9.5 km/h de moyenne pour les 1350 m+. En 10 minutes d'intervalle, nous sommes 2 coureurs par minute, ce qui veut dire que dans une meilleure condition en début de course, je pouvais accrocher le top 10.

Je n'avais pas préparé et abordé ce trail comme un objectif. J'étais essentiellement là pour faire du dénivelé et prendre un peu de rythme.

A part la première partie de l'ascension, où j'ai bien « galéré », peut être à cause d'un départ trop rapide, j'avais de plutôt bonnes sensations sur l'ensemble du parcours.

Et puis, il ne faut pas oublier qu'il y a seulement eu trois semaines depuis le trail de Faverges, et que je sors d'un cycle intense au niveau entrainement.

Voilà, ce trail fût riche en émotions. Avec du recul, plus de peur que de mal, car j'aurai vraiment pu me faire très très mal lors de ma deuxième chute. Mais c'est aussi ça le trail...

4 commentaires

Commentaire de frankek posté le 08-07-2008 à 17:47:00

bravo pour ton trail ! j'ai fais quelques sorties dans le coin ! et c'est vrai quand le mauvais temps est de la partie ! c'est très, très difficile !! encore bravo

Commentaire de Davidou le minou posté le 08-07-2008 à 20:02:00

Bravo mec !
J'ai failli venir, mais comme toi, pas super préparé, suite à 2 semaines en Hollande et une récupération du Grand Duc plus longue que prévue. Et la météo au matin m'avait même rassurée ;-)
Donc félicitation pour ton courage, pour ta fin à fond les ballons avec 2 gamelles et une chaussure en vrac.

Commentaire de Philippe8474 posté le 09-07-2008 à 18:11:00

Ca c'est de la sortie: météo, cascades, explosage de matos.... et malgré tout un sacré résultat!!! Bravo!!!

Commentaire de Fimbur posté le 11-07-2008 à 11:00:00

Ah ben c'est sûr les descentes tu aimes !

Bravo pour ta performance, dans ces conditions.

Fimbur

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