Récit de la course : Marathon des Burons 2008, par Gibus

L'auteur : Gibus

La course : Marathon des Burons

Date : 22/6/2008

Lieu : Nasbinals (Lozère)

Affichage : 1943 vues

Distance : 44km

Objectif : Pas d'objectif

7 commentaires

Faire connaître ce récit sur Twitter :

Faire connaître ce récit sur Facebook : Partager

Burons burons burons le sirop typhon typhon typhon

 

Burons burons burons le sirop typhon typhon typhon 

Quel pied, mais pourquoi je n'ai pas fait c'te course avant. J'ai enfin accroché l'Aubrac à mon palmarès, gravée à l'encre indélébile, cette épreuve restera quelque chose pour moi.

A force de regarder les vidéos et d'écouter cette musique d'Era, je me disais pourquoi pas moi un jour. Celui-ci est arrivé avec fracas, là j'ai pris une grosse baffe.

 

Partir le jour même ou la veille, le choix a été vite fait : je pars la veille et je dors dans la mondéo break, y a de place pour mes cannes. Je me gare près de la gendarmerie à quelques hectomètres du départ/arrivée et près des douches. La nuit est perturbée par les voitures qui viennent se garer à côté. Les concurrents de l'ultra trail (85 kms) partent à 4 heures du mat. Je me rendors tel un gros bébé et j'en écrase, me dira mon voisin de parking le lendemain.

 

5h30, allez ça suffit de ronquer, je vais chercher mon dossard. Purée j'ai laissé ma fenêtre du conducteur ouverte en grand. C'est pour ça que j'ai bien entendu les gens cette nuit rirent, plaisanter, "alors t'as vu la Hollande, ils se sont fait sortir par les Russes !" l'euro est fini pour nous, mais nous suivons quand même les autres moins médiatisées.

 

 

 

 

Un super tee shirt nous est donné.

 

 

 

 

Je reviens pour déjeuner.

 

J'avale tant bien que mal mon malto avec de l'eau (beurk) si, c'est bon, si, c'est bon. Ca c'est fait. Un p'tit café bien sucré et je reviens vers le départ à Nasbinals donc. Camel bak, un litre et demi plus une gourde dans le sac de 75 cl d'eau aussi. Gels dans la poche en plastique à droite, appareil photos à gauche, barres de céréales dans le dos, coupe vent, couverture de survie (obligatoire).

 


 

 

 

 

 

Il a du monde au départ. Je me glisse devant pour voir les vedettes. Gilles Guichard se fait interviewé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je me remets en retrait et j'aperçois un buff kikou au loin. J'agite ma casquette de la même race. C'est blob, il est bien calé dans le peloton. 7 heures n'est pas loin. La musique d'Era se met en route en même temps que mes poils qui s'irisent. Une boule d'émotion me fige sur place. Le décompte de 10 à zéro est lancé et nous partons doucement remonter le village.

 

 

 

 

 

Tout se passe très vite et nous retrouvons dans les décors des affiches de l'Aubrac.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

D'abord les sentiers puis dans les champs, nous suivons les petits murs de pierre pour traverser les grandes étendues vertes. Que c'est beau cette farandole de traileurs. Je m'arrête très souvent pour photographier.


Nous traversons de temps en temps des petits bourbiers où les trails gouttent au tout terrain.

 

Je mets le pied dans l'eau (déjà), elle est fraîche.

 

On enchaîne en taillant à gauche ou à droite et on se rejoint plus loin. Finalement on se retrouve tous à la queue leu leu.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'heure de course est vite arrivée et je ne rate pas l'heure de mon gel, un antioxydant pour commencer. Bon appétit, me dit un coureur. Avec mon sac en plastique blanc, je ne vais pas traîner à table. Je remets le tout dans ma poche droite de mon sac et je repars en trottant. Au loin c'est le village d'Aubrac avec Le Royal, ancien sanatorium. J'aperçois un buff kikou. C'est Francis31.

 

 

 

 

 

 

Je fais un bout avec lui. Il me filme, on taille la bavette. On se quitte après un nouvel arrêt photo.


Nous rentrons dans les sous bois, la fraicheur est enfin là, car le soleil tape vraiment fort.

 

 

 

 

 

Cela descend et nous reprenons une bonne allure. Cela va même un peu vite je trouve étant donné les kilos qui restent à manger. Il faut faire attention aux chevilles. Les premiers passages dans l'eau sont périlleux car on essaye d'éviter de se mouiller les pieds.

 

 

 

Les parties de boue sont évitées tant bien que mal.

 

 

 

 

 

 

Un gars me raconte qu'il s'est tordu la cheville dans la descente à donf dans les sous bois, mais que ça va mieux maintenant. Je suis son confident et ça le rassure de m'en parler. Combien je vous dois docteur ?


 

 

 

 

 

 

Nous sortons de la forêt d'Aubrac et après une petite portion de macadam nous replongeons dans la verte par une allée, une draille comme ils disent par ici.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous nous enfonçons de nouveau dans la fraicheur des sous bois et plusieurs passages de cours viennent agrémenter notre progression.

 

 

 

 


 

Une bonne descente et nous traversons une route. A gauche un gars est à terre, il s'est tordu le pied. En face c'est la file d'attente pour dévaler la pente très technique.

 

Nous somme dans les fougères, super sympa.

Nous remontons et un cours d'eau est sur notre droite. Nous ne le voyons pas mais on entend ses petits sauts en cascades qu'il effectue le long de son lit.

 

Nous nous trempons une xième fois les pieds dans l'eau.

 

 

Puis les sous bois nous font hésiter sur notre cheminement. Un coup à droite un coup à gauche des arbres. Ca double.

On traverse quelques bourbiers. Un gars se vautre dans la boue. Ouh là là, tout marron le mec. Un long sentier où l'on peut courir normalement se dresse devant. J'accélère et double ceux devant car ils n'arrêtent pas de parler et ça m'énerve. Au bout un gars nous indique de tourner à droite. Il agite des cloches, il fait son show. Cela remonte.

 

 

 

 Je prends mon 3° gel, un coup de fouet après un red tonic il y a une heure. Respect de la stratégie mise en place les jours précédents. On est tous à la queue leu leu. Certains ont des bâtons, mais avancent pareil que nous. Cela redevient plat puis on descend pour passer dans un tunnel de canalisation d'eau. Méga cool. Il y a des mains courantes en haut pour ne pas se viander.

 

 

 

 

 

Ca remonte puis nous rattrapons un chemin roulant.

 

Ca cartonne, on trace mais mon camelbak crie famine et je m'arrête pour vider ma gourde dedans. Je cole à un groupe de 4, un couple plus deux gars. Nous arrivons vite dans la pente et j'ai l'impression qu'ils vont grimper en courant. Non, ils marchent pour gravir la piste de ski qui nous amène au seul point de ravito en eau du parcours, la station de Brameloup.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C'est les mains sur les cuisses que nous terminons ce mur. Nous sommes largement dans les temps de la barrière horaire de 4h45 car il y a 3h20 de course.

 

 

 

Nous remplissons nos réserves tels des chameaux. Je bois un verre d'eau … chaude, pouah. Je la recrache, une autre bière ! comme dirait De Funès dans l'aile ou la cuisse. Je m'enfile un perrier frais et je repars.

 

Avant de m'enfoncer dans les sous bois, un rapide coup d'œil au panorama.

Il y a de nouveau de la boue.

 

Nous sortons pour découvrir The Big Wall, le Suc de Born (qui n'est pas to be alive). Les coureurs sont tous petits là haut. C'est de nouveau en file indienne que nous cheminons dans la pente.

 

 

 

Je me retourne. Oh que c'est bô. Photos, photos. Un kikou est là tout heureux. C'est coeurange.

Quelques brefs échanges et je le perds (déjà) de vue. Je repars pour finir l'ascension qui en fini bientôt avec un pourcentage moindre.

 

 

 

En haut plein de gens s'arrête pour admirer le spectacle ou pour attendre des copains ou pour reprendre leur souffle. Je repars en trottinant. Eh, kikourou. Une fille me hèle. Aucun signe distinctif de kikou mais elle en est. C'est Wendy78. Je cours un bout avec elle. Vachement sympa. Elle prévoit tout comme moi un chrono final dans les 6 heures, 6 heures trente. Elle vient des Yvelines avec des potes qui sont pour la plupart sur l'ultra. On parle des différentes compét en région parisienne..

 

Le parcours devient d'un coup un gouffre. Je la laisse partir et m'arrête de nouveau. J'ai les sparadraps qui sont tombés et les tétons commencent à être irrités. L'effet Wendy ? Bref je me remets de l'adhésif et repars dans la grande descente infernale.

 

Tel un skieur, je fais trois foulées à gauche, trois à droite. Et tel un rugbyman, je me sers des arbres pour raffuter ou plutôt pour me freiner.

 

 

En bas un photographe ("officiel") remet les gens dans la bonne direction pour mieux leur tirer le portrait.

Il n'est pas gêné celui là. Bref on se laisse jouer au star en tapant la mef où l'on met les pieds quand même car nous traversons de nouveau un beau cours d'eau.

La montée qui s'en suit nous casse le moral mais je m'accroche au short de la fille de devant. J'en profite pour avaler mon 4° gel. Hum c'est bon. C'est un red tonic. Le miel me fait de l'effet et je repars sur le chemin en faux plat à découvert. Le soleil tape. Je double des tas de gens en alternant marche et course. Une fille au loin fait comme moi. Je la double. Eh, calme toi, tu vas éclater une basquette.

 

 

 

 

Nous rentrons dans la forêt et une fille ramasse les gels qui jonchent le chemin. Débat éternel et interminable sur ceux et celles qui jettent les emballages. Elle met celui-ci dans son sac, vachement cool. Moi je me casse le tronc et perd mon temps avec ma fermeture éclair et mon sac en plastique blanc, mais j'ai l'esprit clean et la conscience tranquille.

 

Le chemin en sous-bois tortille puis redevient rectiligne avant de nous faire sortir sur une grande plaine. C'est beau, nous passons entre des burons. Au loin, on aperçoit Aubrac. Je double toujours des coureurs qui en ont leur claque alors qu'il reste quelques kilomètres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous rejoignons le parcours de l'ultra et le chemin descend sécos.

Une portion de route nous sera proposée ensuite, trop longue à mon gout. En plus les voitures nous doublent au ralenti, nous faisant respirer leurs gazs d'échappement.

Je m'arrête de nouveau pour vider ma gourde dans le camel. Je vais être short pétrole. Il fait si chaud et les points d'eau supplémentaires promis en cas de fortes chaleurs ne sont pas là. Bref je vais essayer de tenir jusqu'à l'arrivée en faisant gaffe de boire petit à petit. Faut pas gacher. Je prends un gel, un coup de fouet (mais pas sur les fesses). Je repars toujours joyeux en courant. Purée, plus de 5 heures de course et je vais bien, je vole. C'est génial, je suis enfin en train de faire l'Aubrac.

 

Nous descendons et devant se dresse le dernier mur, costaud. Nous traversons un cours d'eau.

 

 

 

Il y fait bon et je m'attarde les pieds dans la fraiche. Un petit bout de toilette n'est pas du superflu me dit une fille en pataugeant à tout va dedans et en se mouillant les jambes.

C'est vrai qu'on a les guiboles dans une drôle d'état.

C'est parti pour la montée. Je rattrape la fille aux jambes propres. Allez courage. J'en peux plus me dit-elle. Le point de vue derrière est joli.

 

 

 

 

 

 

En haut je repars en courant et en essayant de ne pas me vriller une cheville. Il reste 4 bornes nous dit-on. Je me méfie car souvent les gens se trompent. Si, si regardez au loin là bas, ce sont les toits de Nasbinals. Ca redescend. Un gars est sur le côté avec de l'eau. Je m'arrête pour boire une gorgée. Plus que 2,4 kms à peu près. Ah bon !

 

Je regarde ma montre 5h43. Ouh là ça va être chaud pour les moins de 6 heures. Non c'est cuit me dit une autre fille. Tans pis. Je me dis que cuit pour cuit et bien tant pis. Vu mon état de fraicheur, je lâche tout. Le kilomètres 2 est repéré au chrono. Je dévale la draille au taquet (enfin assez vite). Je double des tas de gars qui ne courent plus alors que ça descend. Kms 1 avant l'arrivée, Moins de 5 minutes au mile, allez c'est gagné mais je continue quand même. Les spectateurs sont de plus en plus nombreux et nous encouragent. Je dois faire une drôle de tronche avec l'effort. Je dépasse encore et l'arrivée sur le tapis vert est là. Putain quelle joie. Le photographe immortalise ceci. Je lève la main.

 

 

J'ai ma victoire : je suis finisher de l'Aubrac. On nous remet une plaque originale style foire aux bestiaux. J'ai le premier prix de beauté des taureaux de l'Aubrac.

 

Je m'attarde dans l'aire d'arrivée. J'en profite, je vis pleinement ce moment de bonheur, de lévitation en regardant les autres arriver, ceux et celles qui m'ont accompagnés le long de ce trail.

 

 

Un échange du regard remplacera toutes paroles. Eh oui on l'a fait.

 

Les deux premiers de la course sont très sympa et me félicitent aussi d'avoir terminé, impressionnant. Ils terminent en moins de 3h30.

 

 


Au ravito je récupère en buvant quelques coups. Un gars se sent mal. Il est évacué sur un brancard. Il fait vraiment chaud.

 

 

Coup de fil à la maison. Si, si, moins de 6 heures. Je vais prendre la douche. C'est dur d'y aller, les jambes ont souffert. Trois douches pour trois milles bonhommes. Bon on s'organise, je me mouille, je me savonne en retrait, eh faut que je me rince, j'en ai dans les yeux. Bref on fait avec mais des douches avec un tuyau à l'extérieur auraient été plus commode.

 

Je rejoins l'endroit pour le repas assez loin quand même. Il a la queue et la bouffe n'est pas top, mais bon ça retape un peu avant de reprendre la route.

 

 

 

 

De retour sur la ligne d'arrivée, je rencontre Steph42.195 qui a fait l'ultra. Un peu plus de 11 heures pour 85 kms avec un genou en vrac, chapeau. Il était avec Martinev. Je ne la vois pas, pas plus que Badgone. Tans pis, j'aurai d'autres occas dans la région lyonnaise. Elle a fini quand même 2° de la grande distance.

 

Tous les autres kikous que j'ai vus ont terminé en moins de 6 heures. Bravo à toutes et tous et merci de votre gentillesse sur le parcours. Sans mes 180 photos, je pense pouvoir taquiner les 5h30. Mais avec des si.

 

Je quitte La Lozère.

 

 

 

 

 

 

C'est promis je reviendrai, peut-être pour l'ultra.

 

7 commentaires

Commentaire de agnès78 posté le 02-07-2008 à 18:27:00

un très beau roman photo avec une fin telle les contes de fée... le bonheur d'être finisher transparait à travers ce splendide récit. Un grand BRAVO et à l'année prochaine sur l'ultra donc...
récupère bien
bises
agnès

Commentaire de philtraverses posté le 02-07-2008 à 21:09:00

superbe récit, superbe photos. Simplement le bonheur de courir et d'être la.

bravo.

Commentaire de Eric Kb posté le 02-07-2008 à 21:20:00

Si après un tel Cr on reste insensible, il faut se mettre au curling....
Bravo et merci de nous avoir fait partager tes sensations.
A bientôt ( peut-être à Ceignes )
Eric

Commentaire de Cawito46 posté le 03-07-2008 à 10:30:00

super récit photographique Gibus, qui reflète vraiment l'ambiance et le terrain rencontré...un vrai tintin reporter. Et effectivement on peut se demander quel temps tu aurais fait sans ces photos, mais franchement cela aurait dommage de nous en priver, dis-je égoïstement !. En tout les cas, bravo pour ce séjour en terre Lozérienne.

Commentaire de martinev posté le 03-07-2008 à 20:59:00

Bravo pour ta course et pour ton bel album. Au moins il te restera des souvenirs, et surtout le bonheur d'être finisher. Félicitations encore

Dommage que l'on n'est pas eu la chance de te voir. A une autre fois

Commentaire de lulu posté le 04-07-2008 à 15:25:00

Superbe ton album...ça donne envie !!
BRAVO pour ta course;

Vivement que je sache faire des CR aussi beau !!

Commentaire de Franciss posté le 04-07-2008 à 17:29:00

Mais c'est une autoroute humaine en pleine auvergne !!!
En tout cas, chapeau pour ta course...6 heures d'efforts, ça fait encore rêver !!!

Il faut être connecté pour pouvoir poster un message.

Accueil - Haut de page - Version grand écran