Récit de la course : Saintélyon 2007, par bibiche

L'auteur : bibiche

La course : Saintélyon

Date : 2/12/2007

Lieu : St étienne (Loire)

Affichage : 2072 vues

Distance : 69km

Objectif : Se dépenser

4 commentaires

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courir entre geoffroy-guichard et gerland en décembre 2007

 

 Et voilà un nième récit de la saintélyon
Mais quand on aime on ne compte pas lol

C'est la nuit qu'il est beau de croire à la lumière (Edmond de Rostand - Chantecler)

Cette année, c'est décidé je bloque ce we du 1er/2 décembre.
Premier ultra, arrivée dans ma ville de naissance, que de motivations pour participer à cette grande fête de la course à pied.

Samedi 1er : la journée est longue et l'excitation croissante me fait tourner en rond.
Un mélange d'appréhension et de joie en s'imaginant le dimanche à l'arrivée me remplit.
A 22h, je pénètre dans le hall expo de St Etienne et comme beaucoup de coureurs le décrivent, l'ambiance de la course débute ici. Des concurrents grapillant quelques minutes de sommeil allongés sur leur matelas de camping aux bandes d'amis hilares. D'ailleurs j'aperçois le groupe kikourou (timide et pas encore inscrit je n'avais pas osé vous approcher : petit regret ). Je dépose mon sac qui sera rapatrié sur Lyon et je me pose dans un coin. Le départ approche et le speaker nous invite à rejoindre la ligne de départ. Derniers au revoir, les visages sont parfois tendus mais la plupart discute et pour ma part j'échange également avec mes compagnons. Nous avons l'impression d'être parqués comme des bestiaux avec les barrières le long du départ .
Il y a du monde entre les randonneurs et les coureurs solo (les relais partant à 1h).
Minuit, sur un air de U2, le départ est lancé. Près de 4000 coureurs sortent du parc expo et rejoignent les rues larges de St Etienne, permettant d'étirer un peu les groupes.
Une portion sans grand intérêt à travers la zone industrielle avec 6-7 kms de bitume jusqu'à Sorbiers qui permet de s'échauffer par une température clémente (6-7 °C) et un ciel peu couvert.
Sorbiers marque le début des premières montées : chacun tente de trouver ses marques et son rythme : encore frais, il faut retenir les chevaux. L'ambiance est bon enfant, tout le monde a le . J'allume ma frontale, économisée jusque-là sur les rues et avenues aux éclairages publics. Et enfin les premiers chemins permettent de plonger dans ce monde nocturne qui peut nous faire peur. La tête se retourne pour contempler le ballet des frontales sur les crêtes. Une image inoubliable pour moi...La troupe prend de l'altitude progressivement Certains coureurs sont un peu trop nerveux et bousculent en dépassant sans s'excuser. Vive l'esprit ...
Montées et quelques petites descentes pour récupérer, 16 km parcourus, nous arrivons sur le stade de St Christophe en Jarez avec le photographe officiel bien placé.
De l'eau, des fruits et ça repart dans the côte du village, un vrai raidillon. Heureusement, les supporters sont là ! Un peu de plat et nous empruntons des chemins boueux, le plus souvent en montée (évidemment ou malheureusement). Ce sera la seule portion où la boue sera vraiment présente et génante. J'avais d'ailleurs choisi des runnings avec une semelle légèrement cramponnée donc ça glisse un peu mais sans plus. Les sentiers sont ponctués de flaques et de mares.
Le point culminant de la course approche, nous surplombons la vallée, les étoiles sont rares. Par moment, j'éteins ma frontale pour faire communion avec la nature environnante sur les sentiers qui sont de vraies pistes. Comment dire j'étais dans un état euphorisant . A conseiller. On se retrouve alors concentré sur les autres sens. S'annonce la descente sur Ste Catherine avec des passages caillouteux plus techniques où les chevilles sont soumises à rude épreuve. Le ravitaillement s'effectue dans le stade et il y a foule avec tous les relayeurs présents. Les sensations semblent bonnes. L'arrivée sur Ste Catherine est impressionnante car nous sortons de nos chemins sombres pour voir en contrebas un stade de foot ou de rugby ? éclairé par des spots surpuissants. Il fait jour !
Maintenant, quelques souvenirs me reviennent avec la portion suivante que j'avais effectuée en relais en 2004 mais sans les 30 km avant et les 22 km après. Du coup, ce tronçon fut abordé différemment. A la sortie du village de Ste Catherine, une belle côte nous attend avec des pierres au milieu qui semblent gêner nos petons. Une bascule permet d'enchainer sur un faux plat descendant. A ce moment-là, j'encourage 2-3 coureurs qui ont des contrecoups.100m plus loin, j'essaye de remotiver Jérome Trottet mais qui abandonnera finalement. Puis ce fut mon tour, le mollet se tétanise soudainement. La crampe, une sensation qui devient réelle... Un peu de marche, je bois beaucoup, j'asperge le mollet. La tête commence à lâcher mais j'ai les réponses à cette question : pourquoi je cours ?
pour découvrir de nouveaux paysages mes limites m'épanouir et décompresser connaître des gens et partager des moments
Je repars par à coups avec les concurrents précédents qui m'encouragent à leur tour. La montée vers le ravitaillement de St Genoux est dure. Je bois beaucoup d'eau un peu trop glacée ce qui me vaudra une pause plus loin. Et puis un peu de musique rythmée (David Guetta - Pop Life) permet de me détendre pour mieux me reconcentrer.
La descente sur Soucieux en Jarrest s'avère longue avec cette portion technique du bois d'Arfeuille. Ce bois d'Arfeuille fut un régal pour moi  mais piégeux avec les feuilles détrempées cachant les rochers et les anciens lits de rivière. Les portions plus roulantes permettent d'allonger la foulée et d'atténuer les souffrances de ces crampes et finalement les oublier. Je croise pas mal de randonneurs qui m'encourage.
Soucieux en Jarrest arrivée - 22 km seulement un gros semi me direz-vous ?
Oui mais quelques portions me font peur : la montée de Beaunant ? et la longue remontée des quais de Bellecour à la Doua. Au ravitaillement, je repars avec deux autres coureurs et les discussions vont bon train sur divers sujets : nos jobs, le foot, l'économie... Malheureusement, un de mes compagnons est saisi d'une douleur au genou et nous laisse partir. On lui souhaite bon courage mais on ne le reverra pas à l'arrivée : abandon . Quelques belles descentes où les cuisses nous rappellent les kilomètres dans les pattes. Je dis à mon compagnon de partir car j'ai besoin de souffler.
Traversée de Chaponost et d'un parc avec une côte où des escaliers auraient été plus simples. Puis j'aborde la bascule sur Beaunant. Le brouillard est bien en place et la frontale passe directement à mon poignet. Eclairage rasant de fortune, la vigilance doit être maximum.
Je suis seul, ça serait trop con de se perdre ! Le balisage avec ces petits panneaux flêchés n'ait pas si visible que ça parfois. Cool j'arrive au ravitaillement de Beaunant (avant-dernier de cette Saintélyon) : saucisson, gruyère, chocolat, je me régale. Je fais rire les bénévoles avec mes cheveux blanchis par le brouillard givrant. Merci à eux dans ces conditions de veiller à notre confort.
Mais au fait pourquoi les ravitos sont souvent au pied d'une côte. Et oui cette fameuse montée impressionnante ! A ce moment, je me rappelle les entrainements du côté de Fourvière : le pourcentage est proche. Allez romain ça va le faire ! Finalement j'alterne marche/course. Je me retourne pour voir l'aqueduc en contrebas. Et au milieu de la montée je vois deux fusées me doubler. Côte à côte, ils se font un sprint comme si c'était plat arghhh
Ce sont les premiers relais à 4 : cool ils ne me rattrapent que maintenant : ils sont lents ^^
Arrive le sommet au cœur de Ste Foy : il ne reste plus que la descente sur les quais puis la remontée à travers la ville (tout le dénivelé positif est dernière nous). Sitôt la bascule arrivée, je décide de me faire plaisir en lâchant les chevaux, enfin les jambes. Que du bonheur ! Troisième fusée qui me double avec un truc ahurissant. Son coach qui suivait en voiture lui gueulait encore plus vite. Moi j'aurais pris mon sac et lui aurait balancé dans la gueule lol
Enfin bon ...
Fin de la descente, je me retrouve ‘quai des brumes'. Le parcours nous fait passer sur les berges de Saône pavées à souhait. Paris-Roubaix je n'en sais rien ? De nouveau les crampes reviennent : je marche un peu, relance en douceur. J'essaie de m'imaginer passer la ligne d'arrivée, voir ce beau rêve se réaliser. Je sais que la fin est proche. J'arrive à Bellecour, dernier ravitaillement où je remercie chaleureusement les bénévoles . J'avais lu sur le forum la présence du stand photo. Mais à la limite de la lucidité, je ne l'aperçoit même pas. Je repars en croisant les fétards qui en terminent peu après 5h du mat. J'ai l'air limite plus frais qu'eux hihi. Sympas, certains m'encouragent.
Grande ligne droite sur les quais du Rhône : je la connais par cœur mais elle me semble interminable cette fois-ci et toujours dans les brumes. Je pense aux concurrents qui ne la connaissent pas : comment vont-ils l'appréhender ? Des coureurs des relais me doublent et m'encouragent rapidement. J'arrive à la cité internationale : plus que 2km. Je déconnecte le cerveau et pense juste à lever les cuisses et les pieds. L'émotion commence à monter lorsque je longe le campus .
Une petite côte et le virage : arrivée sur ce stade de l'UFR-STAPS. 100m, un virage, 50m et l'arche (5h45) où je peux enfin lever mes bras vers le ciel . Puis mon regard se retrouve face à mon père tout fier de son gone et mon meilleur pote david.

Heureux de partager ce moment-là
Je me dirige à l'intérieur du chapiteau car la tête commence à tourner.
Je m'asseois et tente de retrouver doucement mes esprits.
Je récupère le t-shirt finisher, me change et repars encourager des amis engagés en relais.

Le lendemain, je fis bien rire mes collègues de boulot avec la démarche de canard...

Une course qui vaut le coup d'être courue au moins une fois en solo
Merci aux bénévoles présents toute la nuit parfois à des carrefours en pleine campagne
(heureusement pour eux que la météo fut plutôt clémente)
Une ambiance un peu limite parfois dommage...
Bravo à tous les kikous qui ont couru la Saintélyon

 

4 commentaires

Commentaire de Marco47 posté le 26-05-2008 à 22:49:00

bravo pour ta course, merci pour ce récit, la Sainté, même fin mai, ça fait rêver... si tu passe par la boutique, n'oublie pas le buff qui te fera re connaître le 7 décembre prochain sur les coups de 22 h à Saint-Étienne.

Commentaire de flapi38 posté le 28-05-2008 à 22:06:00

Mieux vaut tard que jamais. Cette Sainté-Lyon en solo commence à me démanger de plus en plus.

Bravo à toi

Commentaire de Coach Cyril posté le 02-06-2008 à 15:01:00

bravo à toi !!

ça me démange un peu pour cette année..

Commentaire de langevine posté le 14-06-2008 à 23:24:00

C'est pas cette année qu'on vivra cette fabuleuse course ensemble.. et peut être pas dans les années qui suivent maius je ne désespère pas.. ;-) les pensées seront à Nouméa quand je prendrai le départ! ;-)
Bisous

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