Récit de la course : Raid O'Bivwak - Ultra 2008, par Lucougar

L'auteur : Lucougar

La course : Raid O'Bivwak - Ultra

Date : 10/5/2008

Lieu : Hotonnes (Ain)

Affichage : 1085 vues

Distance : 46km

Objectif : Terminer

3 commentaires

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Le récit

 

Jeudi 8 mai, soirée...

Voilà je rentre de Lyon direction Ambérieu en Bugey retrouver mon petit frère (enfin petit...18ans et plus d'1m85!). Eh oui cette année le raid O'bivwak c'est en famille! Et en plus sur les lieux de nos vacances familiales d'enfance...

 

Vendredi 9 mai, dans l'après-midi...

Après deux ans à faire ce raid avec un ami, cette année se passera donc entre frangins... but de l'après-midi les SACS! Surtout ne rien oublier, les équipements obligatoires bien sûr boussoles, tente, sifflets et couvertures de survie... Autre préoccupation: le temps... Le joli temps ensoleillé va-t-il durer? En tout cas nous veillons quand même à prendre polaires et pantalons en prévision de la nuit qui risque d'être fraîche. Bilan: un grand sac d'une quinzaine de kilos pour moi et un autre plus léger (5-6kg) pour le frangin... Eh c'est pas juste ça! Oui mais soit disant que comme c'est sa première année c'est normal! Bon d'accord...Les sacs terminés, dernière petite révision pour le report des balises à partir des cartes des deux années précédentes...

 

Samedi 10 mai, lever 7h30...

Bon, courte nuit, passée à se demander ce que nous avons nécessairement oublié. Eh oui c'est pas de ma faute je suis d'un naturel inquiet... D'ailleurs ce matin est réglé à la minute, d'abord petit déj léger (on ne va pas manger tard le repas de midi) puis remplissage des gourdes et autres camelbag.

Bref on lève l'ancre à 8h30 environ et on covoiture sympathiquement avec un couple d'amis. Allez un bon petit best of de Queen dans la voiture ça fait toujours du bien.

Arrivée aux Plans d'Hotonnes 9h30, direction l'accueil et le retrait des dossards, c'est bon le circuit D nous attend, dossards 4004...

Retour à la voiture, quelques petits sandwichs dans la bonne humeur car sous le soleil et hop on grimpe dans le bus pour le transfert jusqu'au lieu de départ... Dans le bus, les conversations vont bon train, chacun se demandant d'où nous allons partir et tout le monde espérant le maintien du soleil.

Midi: Bon ça commence à faire long, là... déjà une demi-heure que nous attendons le long du lac de Lalleyriat, et surtout encore une heure à patienter. Allez je me replonge une nouvelle fois dans l'étude de la carte mais bon sans les postes on ne peut que tenter d'imaginer le parcours. Et ça me lasse vite; surtout quand je vois toutes ces petites lignes de couleur marron très resserrées... au secours le dénivelé! Je relève la tête et aperçois alors un petit groupe de kikoureurs réunis, reconnaissables à leur bandana ou leur tee-shirt... En rentrant, bonne résolution je m'inscrirs me dis-je alors...

Une heure:

Après le départ émouvant de deux équipes handisports, c'est notre tour. Les pulsations montent, tiens. Allez on y va! Bon ne pas perdre son coéquipier dans la cohue parce que ça se grimpe un peu dessus là... Arrivé au lieu de remise des feuilles de route, vite se trouver un petit coin d'herbe à peu près plat et hop on reporte. Bon ça va le frangin m'indique bien les coordonnées et on avance. La pression s'installe un peu pour moi car cette année l'orientation ne repose que sur mes épaules. Direction la première balise, eh oh mais qu'est-ce que c'est que ce chemin! Ça grimpe dur déjà là! Bon eh bien marchons alors. Au bout d'une petite demi-heure on s'approche de la zone d'attaque du poste, vérification sur la carte, définition du poste: petit col, bon ben c'est par là alors normalement... et OUI, bon, journée qui part bien...

Oups j'ai peut-être parlé trop vite. Je me retourne pour demander au frangin son premier sentiment et je m'aperçois que ça grimace fort derrière. Oh non l'erreur de débutant, chaussures pas beaucoup mises, chaussettes pas choisies avec soin et voilà, déjà le sentiment d'avoir de grosses ampoules sur les talons... On resserre les chaussures ce qui soulage les talons mais crée des frottements sur les côtés. Bon, il serre les dents et on y retourne. Il a raison faut pas décevoir le grand frère!

Quelques balises plus loin, toujours aucune erreur d'orientation, toujours les pieds douloureux pour le ptiot frère, toujours dame nature qui nous montre ses plus beaux atours alternant grands prés jonchés de jonquilles et bleuets, petits sous-bois de hêtres et sentiers ombragés et le sentiment recherché apparaît: celui d'être bien, là, à se dépenser en écoutant les oiseaux et en essayant de se repérer sur la carte. Oh tiens en redescendant d'une balise quelque chose m'attire l'oeil... Qu'est-ce que c'est que cette tache blanche? Quoi de la neige? Eh oui... Pourtant pour nous qui venons de nous farcir une jolie grimpette d'un bon quart d'heure il fait environ 57°! (environ)..

Bon, la fin du parcours de cette journée approche, on retrouve des gens d'autres parcours c'est agréable et hop passage à la croix... oh la la quel point de vue: toutes les vallées environnantes et au loin le massif du mont blanc qui nous surveille de là-haut...

Bilan de la journée: 27è après 4h33 d'efforts, voilà qui est très bien..mais surtout grosse satisfaction nous ne nous sommes pas engueulés une seule fois et pas d'égarements ou presque... QUE DU BONHEUR!

 

O'bivwak:

On retrouve notre couple d'amis pour s'installer auprès d'eux... première étape petite récup en se racontant nos journées. Bon il est temps de s'organiser un peu, aller chercher de l'eau pour faire la popote et se désaltérer et pis monter la tente. Enfin on va commencer par « décaillouter » le lieu. En montant la tente, moment magique: les équipes handisport arrivent au bivouac et plus de mille concurrents stoppent ce qu'ils étaient en train de faire pour applaudir: quel bel exemple montrant que l'effort fait ressortir l'humanité enfoui dans chacun d'entre nous. Un bel élan du coeur encore plus touchant vu la fatigue de la journée. Bon on s'essuie la larmichette et on finit de planter les sardines dans le sol caillouteux.

Oh et voilà des voisins du circuit « confort »(tentes transportées par l'organisation) qui viennent nous narguer avec leur grande tente et leur tapis de sol. C'est ça aussi O'bivwak, le mélange!

Voilà le repas est pris on va pouvoir aller s'étendre... Ah non d'abord s'occuper des quatre ampoules du gamin. Oh la photo qu'il y aurait à prendre là! Le grand frère qui soigne le petit, la maman en pleurerait de joie!

Dimanche, 5h du matin:

Ah il est tôt là quand même! Mais bon finalement c'est presque un soulagement parce que cela faisait une bonne demi-heure que nous ne dormions plus. En fait depuis un cauchemar du frangin qui rêvait qu'il avait trouvé une balise dans son sac de couchage ou quelque chose comme ça! Enfin la fatigue se fait quand même ressentir; après le cacao ça ira mieux... bon le cacao est passé mais le sol semble toujours cotonneux ou alors ce sont nos jambes qui sont molles?

6h30, départ deuxième jour:

Bon c'est rassurant dans la foule cosmopolite des raideurs, coureurs et promeneurs nombre de baillements se font entendre, nous ne sommes pas les seuls à ne pas avoir encore complètement émergés! Allez c'est reparti courons un peu pour nous remettre en jambes, puis arrivée sur le site de distribution des feuilles de route, report des balises... ouhla je suis moins précis ce matin. Première balise, aïe première erreur, je me trompe de colline et nous nous retrouvons loin de notre objectif. Heureusement je m'aperçois de la bêtise et demi tour et ...Bingo. Bon ne pas s'énerver même si c'est rageant de perdre un gros quart d'heure de bon matin. Troisième balise, petite erreur de report = petite errance à la recherche du poste; cinquième gros détour à la recherche de la zone d'approche. Eh oh faudrait peut-être se réveiller là maintenant! Le frèrot n'a encore rien dit mais bon quand même il faut que je me reprenne. Arrive alors la sixième balise et un joli dilemme: on fait le détour par le chemin ou on coupe dans la descente? Pour la première fois je sollicite vraiment son avis, plus de confiance en moi. Sympa, le frangin comprend ce qu'il faut dire: "moi si tu te sens de passer là, pas de problème je te suis, j'ai confiance". Bon ça met un peu la pression quand même mais on tente le coup... On avance on avance, je commence à me poser des questions, et OUF on arrive pile poil au bon endroit. Voilà qui me rebooste.

La journée avance, la faim se fait sentir (heureusement les barres sont dans nos poches!) et la tête du petit frère s'allonge à chaque pas. C'est son premier raid et l'accumulation des efforts de la veille et de la courte nuit commence à se faire sentir. Nous finissons la matinée en empruntant beaucoup plus de chemins afin d'éviter le dénivelé assassin. Retour aux Plans d'Hotonnes à l'horizon il reste une dernière balise et la compétition reprend sa place. Bref nous terminons au sprint avec une équipe de notre circuit juste pour la frime sur la ligne d'arrivée et voilà.

Après nous être changés et avoir (enfin) posé nos sacs retour sur l'aire d'arrivée pour aller chercher nos repas chauds (miam). La longue file d'attente en dit long sur l'appétit des raideurs arrivés. Au passage vérification des temps, deuxième étape 28è en 4h32min. Ouuah la régularité!

Classement final: 25è sur le circuit D pour environ 9h05min d'efforts et de paysages magnifiques, sur 93 partants et 82 arrivants!

Bonne lecture et surtout à l'année prochaine sur ce magnifique raid!

3 commentaires

Commentaire de lulu posté le 20-05-2008 à 21:51:00

BRAVO pour ce raid entre frangin et à bientôt sur les courses de l'AIn !!!!

Commentaire de frankek posté le 21-05-2008 à 12:51:00

bravo pour votre course entre frangins! c'était un beau raid! avec un super soleil! brèf que du bonheur

Commentaire de flapi38 posté le 28-05-2008 à 22:12:00

Y a que ca de vrai les raids entre frerots. On a d'ailleurs eu un peu de mal aussi le second jour ;-)

Bravo à vous

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