Récit de la course : Trail des Gypaètes 2008, par Piloumontagne

L'auteur : Piloumontagne

La course : Trail des Gypaètes

Date : 13/4/2008

Lieu : Lourdes (Hautes-Pyrénées)

Affichage : 2525 vues

Distance : 34km

Objectif : Pas d'objectif

5 commentaires

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Trail des Gypaètes en Vallée d'Argelès-Gazost

J'aime courir en montagne et le trail des Gypaètes dans les Hautes Pyrénées représente tout ce que j'apprécie dans ce sport : un parcours exigeant et varié, des paysages superbes et beaucoup de convivialité. En plus, à l'encontre de prévisions météo pessimistes, nous avons eu une journée de printemps magnifique.

 

Ce trail des Gypaètes, je l'ai couru avec Pittika, le chevreau bondissant, alias Martxel. Vu qu'on me surnome le chamois volant, voila un duo de bipèdes à l'assaut des montagnes pyrénéennes. Ça faisait un bout de temps qu'on voulait refaire un trail ensemble et comme nous serons équipiers en août sur la Kimm (Raid d'orientation dans les Alpes), c'est bien de s'habituer à progresser ensemble sur ce type de terrain.

Un départ à l'arrivée… le Pic du Jer sans funiculaire 

Dimanche 14 avril au petit matin, nous nous rendons... à l'arrivée (!). Ce trail a la particularité d'être un trail en ligne. Le parcours nous mène de Lourdes à Argelès-Gazost. Nous laissons la voiture pour une navette qui nous conduit sur le site de départ. Le Pic du Jer (948 m) est juste en face de nous. Et point de ticket pour emprunter le funiculaire… nous y monterons à la force de nos mollets. Je fais connaissance avec plusieurs joyeux lurons des « Pyrénées Raiders ». Forts sympathiques. Un court échauffement, puis le départ est donné dans la foulée et c'est assez rapide. Et même quand ça monte, on court ! Devant, ils galopent comme des isards. Faut dire qu'il y a du beau monde : Lorblanchet, Basson, Beyserre…

A notre rythme, on avance bien. Le chemin se monte (trop ?) facilement. Martxel n'a pas de très bonnes sensations, conséquence d'une semaine de boulot chargée et d'un déficit de sommeil. On monte donc chacun à notre rythme.. Bientôt, le Pic de Jer est en vue. Il y a quelques grands lacets pour rejoindre le sommet. Certains coupent à travers tout. Je n'en vois guère l'intérêt, hormis celui d'y laisser des plumes. Nous arrivons au Pic. Accueil fort chaleureux. Beaucoup de supporters et d'encouragements.  

 

Un petit coin de Paradis, enfin selon moi... 

Nous faisons la bascule juste après la double croix. Nous empruntons un beau petit chemin et Martxel vient de se muter en chevreau. Il détale et saute partout. Nous débouchons sur une longue piste 4x4, un très beau belvédère sur Lourdes en contre bas. Descente rapide suivie d'un sentier plus technique qui nous conduit au premier ravito. Nous traversons les faubourgs de Lourdes avec un passage au lieu dit « Paradis ». Un peu de route sur cette portion, puis nous entamons la montée vers Béout, deuxième difficulté du parcours. Sentier agréable, en sous bois et en paliers. Passage au pied d'une falaise qui ensuite nous dégage la vue sur le Béout. Je monte bien en m'aidant des mains sur les genoux. Sentier peu caillouteux. Arrivée à Béout. Contrôle.

 

 

 

Le troisième « gros » caillou : le Pibeste

Nous passons les vestiges d'un ancien téléphérique pour entamer une très belle descente. On se fait plaisir. Un replat s'ensuit. Moment de répit (et de courte durée), avant le dernier gros caillou à gravir : le Pibeste (1349 m). J'ai une belle foulée et Martxel me dit de m'économiser. Il a raison. Bientôt, ça remonte bien, en direction du deuxième ravito. Sur ce trail, les ravitos sont seulement pourvus en eau, pas de solide. Du coup, c'est pratiquement de l'autonomie complète. Km 20. Nous avons le Pibeste (« l'apéro » nous dit un bénévole) juste devant nous. Nous entamons très vite la grimpette.

Aller biloute, aller biloute ! 

Arrivé au croisement avec une piste, un supporter nous dit que nous sommes bientôt arrivé au sommet. Info ou intox ? Intox me dit Martxel… ça va encore monter sec. Une partie un peu plus roulante nous permet de bien avancer, puis la pente s'accentue sérieusement. Nous entrons dans la Réserve Naturelle du Massif du Pibeste.

Des enfants nous encouragent joyeusement avec des « aller biloute, aller biloute ! », les cht'is sont passés par là ! Nous entrons dans le sous-bois. Là, ça monte franchement. A la sortie du bois, nous avons une grande traversée à flanc de montagne... et ça monte toujours. Pas de répit. Il faut rejoindre un collet, puis un petit quart d'heure pour atteindre la « cerise sur le gâteau ». Depuis un moment déjà, notre progression est rythmée au son d'une cloche d'un groupe de supporters. Il y a vraiment beaucoup de monde tout au long du parcours. Mais bon, je ne me sens plus très en forme. J'ai plus de carburant, j'ai faim. Je m'arrête au collet pour me ravitailler.

Un dernier ressaut avant la descente finale (mais pas la fin pour autant) 

Je repars vers le sommet du Pic, mais je ne déborde pas vraiment d'énergie. Martxel m'a attendu. Il n'a pas remarqué tout de suite mon coup de bambou.  Avec cette pause, il s'est refait une santé… chacun son tour. On échange quelques boules de neige… et les encouragements facilitent  ma progression. Me voilà au Pic du Pibeste, pas très frais je l'avoue.

 

Nous basculons de l'autre côté sur un chemin en balcon parmi les arbres, puis c'est la descente. Petit à petit, les sensations reviennent. Martxel envoie bien. Il file à une bonne allure et m'encourage à distance. Il a la forme. Je me sens mieux également et me lâche. Nous passons plusieurs gars. Bientôt, nous sommes en bas et nous filons sur un chemin carrossable. Un bénévole nous annonce que le dernier ravito est à moins d'1 km. A bon ? c'est pas l'arrivée… il reste 3 km. J'avais mal étudié le topo, croyant que cette fameuse descente « finale » nous conduisait directement à l'arrivée...

Une sacrée belle sortie en montagne 

Après le ravito, on poursuit notre bonhomme de chemin. Nous croisons des gars en quads qui nous annoncent encore 4 km. C'est pas possible ! (faut jamais demander combien il reste de km, surtout quand tu es fatigué). Finalement, il en reste deux fois moins… et bientôt, nous entrons dans Argelès-Gazost, la belle place, quelques ruelles, le parc du Casino… et l'arrivée à la salle des sports dans les 50 premiers. 3h50 d'un entraînement soutenu : 34 km et 2000 md+.

Le trail des Gypaètes, c'est une sacrée sortie en montagne. Et vu d'ici, les Pyrénées sont (réellement) plus proches ! Un avant goût du Pyrénées Expé Trail édition "0", où, avec Didier, je vais me régaler ! Merci à Martxel, Thierry, Nicolas, Sylvain et tous les autres pour ce beau week-end bigourdain. Rendez-vous est pris pour l'Euskal.

Récit complet en photos et vidéo sur A chacun son sommet, mon blog

5 commentaires

Commentaire de titifb posté le 15-04-2008 à 21:30:00

Salut Pilou !
Merci pour ce CR. Tes récits sont toujours très intéressants à lire. Attention à bien gérer ta foulée (adaptée au terrain, à la distance qu'il faut tenir), et ton alimentation ! J'ai l'impression que ton coup de bambou aurait pu être évité. Tu penses à manger seulement quand tu as faim ? Et ménage-toi, je pense que tu es un peu trop "généreux" dans l'effort ! M'enfin, je critique pas, c'est juste des conseils de coach ! Tu as fait une très belle course, et dans les 50 premiers scratch, ça force le respect ! Bravo Pilou.

Commentaire de NoNo l'esc@rgot posté le 16-04-2008 à 14:16:00

Merci Pilou !
Rien que pour les photos, ton récit vaut le détour...
Bravo pour cette belle balade que tu nous offres.

A bientôt - L'escargot

Commentaire de maï74 posté le 16-04-2008 à 17:50:00

salut Pilou
beau résultat malgré le coup de moins bien ! Sacrée sortie, comme tu dis, pour Nico aussi, pas au top de sa forme... Bonne récup

Commentaire de Gibus posté le 18-04-2008 à 10:23:00

Super ce trail
Très belles photos, ça donne envie d'y aller.

Commentaire de akunamatata posté le 20-04-2008 à 20:26:00

superbe recit et la vue devait etre fabuleuse, on en bave...

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