Récit de la course : Raid Le Puy - Firminy 2007, par Startijenn

L'auteur : Startijenn

La course : Raid Le Puy - Firminy

Date : 18/11/2007

Lieu : Le Puy En Velay (Haute-Loire)

Affichage : 2080 vues

Distance : 67km

Objectif : Pas d'objectif

2 commentaires

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Le Puy-Firminy de nuit mais sans la neige !

Après la Sainté-Lyon en 2006, cette année sera celle de cette course également nocturne, également longue de 68 Km, se déroulant majoritairement sur route. Le dénivelé est légèrement supérieur, mais reste modéré (1700 m D+).

Arrivé à Firminy, je retire au club (Cyclos Laïcs, alias CLCS) mon petit carton de course qui sera à faire signer aux points de contrôle (pas de dossards), et prends la navette de 22h qui nous emmène vers Le Puy.

Il fait frais, mais sec, tout va bien.

 

Au Puy, la salle réservée pour la course peine à contenir les coureurs qui veulent se changer, discuter, faire tamponner leur carte 10 min avant le départ … 180 coureurs au total, ainsi que 200 marcheurs en tout environ : un autre départ de marcheurs est prévu aux environs de la mi-course, plus tard dans la nuit.

 

En cherchant des Kikoureurs, je finis par apercevoir un groupe arborant le buff rouge et blanc… Je me présente, et fais ainsi la connaissance de Golum, Totote01, Jongieulan, Estive73, Runningman86…. Tous commencent à se vêtir car le moment du départ approche. Dehors, la rue est bloquée à la circulation, et la ligne de départ commence à se peupler.

 

 

 

0 h 00 : Départ du Puy

 

C’est parti et le groupe de Kikoureurs s’étale lui aussi ; je me retrouve dans le peloton de queue avec Jongieulan et Runingman86, à discuter de leur course des Templiers. Nous sortons du Puy pour traverser Brive. Je cours doooooucement pour m’échauffer, contrairement à mon habitude qui est de me griller trop tôt… Mes compères discutent derrière, je passe un peu devant. C’est donc d’une allure très tranquille que nous rentrons dans la nuit en quittant l’agglomération du Puy. La frontale allumée, deux coureurs devant et un autre loin derrière, l’ambiance est silencieuse ; le gros des coureurs est loin devant, je ne vois même pas leurs lumières ; pour une allure paisible, c’est une allure paisible.

À une intersection, je rejoins les deux coureurs qui me précèdent et nous papotons. La route descend vers une petite agglomération et nous la traversons … Bon, pas de panneaux mais à Brive il y avait des voitures avec gyrophares de l’organisation qui indiquaient le chemin en ville. La route continue longuement tout droit. Un moment après, une voiture de l’organisation nous rattrape : » vous vous êtes trompés de chemin, c’était la route à droite, loin derrière » !!! Gloups, nous sommes un groupe d’une demi-douzaine de coureurs à faire demi-tour, en nous traitant sans doute intérieurement de tous les noms … Nous repartons donc ; combien de temps cela faisait-il que nous courions vers perpète ? 15 minutes ? Je fulmine. Tout ça pour rien ; fallait pas bavarder !

Après un temps que je juge interminable, nous arrivons à l’intersection manquée il y a maintenant … une demi-heure ? Je ne sais pas bien, mais en reprenant le bon itinéraire, je me retrouve derrière tous les marcheurs ! je suis surtout déçu car jusqu’ici, je me sentais très bien, à courir tranquille. Comme je ne vois plus mes compagnons de « fausse route », je me retrouve seul à essayer de rattraper mon retard. Je sens que je vais continuer la course assez isolé, avec le sentiment d’avoir loupé le coche, non pas d’un quelconque résultat, mais d’une sortie en « collectif ». Il va me falloir reprendre ça au moral, si je veux durer sur la distance qui reste à courir.

Déjà, je remonte les marcheurs, dont certains ne se privent pas de faire des réflexions, assez légitimes ma foi : non, je ne me suis pas arrêté faire la sieste ou ravitailler sauvagement … Au passage, certains marcheurs semblent peu couverts, sans gants …La nuit risque d’être froide pour eux !

La route monte, puis redescend tranquillement vers le premier ravito. Il y a très peu de voitures sur la route.

 

 

1 h 35 : Malrevers

 

Premier ravitaillement, dans un garage, où subsistent les traces de tous les coureurs passés avant. Plus grand monde hormis les bénévoles autour de la casserole d’eau chaude, qui attendent les marcheurs à venir. Un thé et un morceau de chocolat, et ça repart.

Après Malrevers, je vais enfin recommencer à voir d’autres coureurs, et dépasser les marcheurs rapides.

 

2 h 11 : Rosières

 

Point de contrôle surprise, avec ravitaillement sous le préau de l’école. On nous prévient du risque de verglas en descendant les gorges de la Loire. Le thermomètre de façade d’une boutique indique –8°C.

La route monte, nous attaquons la grande montée vers St Julien de Pinet, point culminant de la course à 900m d’altitude. Dans les côtes, je marche et fais un bout de chemin avec les autres coureurs. Je retrouve bientôt Jongieulan et Runningman86, et nous atteignons le « sommet » assez rapidement à mon goût, et c’est tant mieux. Le froid est vif, et je me suis fait surprendre : la pipette de mon camel-bag est gelée, malgré sa gaine isotherme et le fait que je souffle dedans après chaque gorgée ; je mâchonne l’embout et finis par la déboucher. Par la suite, je ferai circuler l’eau dedans très régulièrement, et éviterai ce désagrément, ce qui me permettre en plus de ne pas oublier de boire.

Après St Julien vient une longue descente, et je laisse filer la foulée assez librement ; je me retrouve à descendre seul dans la nuit vers Malataverne et Beaux. J’essaie toujours d’avoir une foulée économique, ce qui est rendu plus facile par le bitume régulier.

 

3 h 44 : Beaux

 

Arrivée solitaire à Beaux ; c’est un gros ravito ici, et il y a de la soupe ! Je pose une fesse en mangeant soupe, fromage et thé, puis je prends du chocolat et ressort dans la nuit froide : paysage de campagne déserte dans la nuit, avec ici et là les balises de la course qui me confirment que je suis sur la bonne route.

Commence alors la descente vers les gorges de la Loire, sur une route qui serpente contre la falaise à main droite ; pas de lune ce soir, et l’ambiance est assez glaciale : j’aime assez cela , car j’ai le sentiment de progresser à mon allure, en savourant ce temps pour moi.

En arrivant au niveau de la Loire, j’aperçois une faible luminescence loin devant moi : sans doute un coureur dont je commence à percevoir les bandes réfléchissantes de la tenue. Je traverse le pont dans le silence ; au-dessous ; l’eau est figée, et un autre panneau publicitaire indique une température de –15°C : mouais, sans doute un peu exagéré, néanmoins il vaut mieux courir que rester immobile, dans le coin.

Je rattrape le coureur que j’avais aperçu et discute avec lui en marchant dans la remontée des gorges, vers le carrefour de la Croix de l’Orme. J’entame un gel que je vais siroter progressivement sur une demi-heure en picolant la boisson froide que je transporte…Finalement, je continue au trot, et arrive à Confolent.

 

5 h 27 : Confolent

 

Plaisant ravitaillement que celui-là, dans le bar de l’amicale bouliste du village, avec thé, café, pâtes de fruits, chocolat, viennoiseries… Je prends du thé et discute un moment avec les bénévoles ; à une table, un coureur est assis, il a l’air frigorifié.

Je repars et traverse bientôt le pont sur le Lignon (les câbles du pont sont d’une belle pâleur de gel dans la lumière de ma frontale) et remonte vers Monistrol. Chemin caillouteux pour remonter sur le plateau, mais les montées ne sont jamais très longues dans cette course. Je rejoins un autre coureur à l’issue de la montée et nous pénétrons ensemble dans Monistrol, qu’il nous faut traverser pour arriver à la salle du ravitaillement.

 

6 h 22 : Monistrol sur Loire

 

Encore un « gros » ravitaillement, avec soupe, sandwich au pâté, et les bénévoles sont vraiment aux petits soins. Je complète mon camel-bag de thé chaud pour essayer de réchauffer le contenu, mange ma soupe tranquillement et je rencontre Totote01 et Golum à la sortie du ravitaillement : cela faisait un moment qu’on ne s’était vus ! Nous repartons en un groupe de cinq ou six coureurs pour cette fin de nuit. Toujours du bitume pour commencer, puis du chemin caillouteux, sans boue, température oblige. Nous traversons des fermes, empruntons des chemins forestiers assez courts, entre deux portions de goudron. Le jour se lève, sans un nuage dans le ciel ; on entend des chiens plus loin, c’est aussi l’heure des chasseurs matinaux dans la campagne gelée.

Peu à peu, mon compagnon de course baisse le rythme, puis s’arrête et je continue seul. C’est maintenant un rythme de petites montagnes russes sur des chemins de  tracteurs. Quelques vaches regardent passer le coureur isolé : un type qui n’amène rien à manger, quel intérêt ?

 

7 h 21 : La Chapelle d’Aurec

 

Ravitaillement rapide, thé et pâte de fruits ou chocolat, comme d’habitude. Je vois de plus en plus de coureurs, en petits groupes ou isolés, plus ou moins dynamiques, subissant plus ou moins leur course. Depuis quelque temps, j’ai moi aussi les quadriceps qui chauffent, mais j’essaie de dépasser la sensation. Jusqu’ici, pas de trouble digestif ou d’hypoglycémie, ça va bien.

Cette portion est cependant celle que je vais trouver la plus laborieuse à parcourir : il fait jour, on perçoit les distances qu’il reste à courir, on se dit « c’est après cette colline » et … non, c’est bien après en fait. La descente dans les gorges de la Semène est l’occasion d’un parcours plus typé trail, sur un chemin caillouteux recouvert de feuilles et descendant franchement, puis une remontée équivalente avant le ravitaillement.

En remontant cette gorge, je tombe « nez à cul » avec un chien, style retriever, qui me montre le dos mais a tourné la tête pour m’observer : alors que j’arrive à son niveau, il repart en avant d’un air enjoué, et il me conduit ainsi … jusqu’au ravitaillement situé dans le hameau. En passant, j’aperçois un éleveur qui sort les conteneurs à lait devant chez lui, pour le laitier qui viendra les chercher, avec en fond les vaches bien alignées dans l’étable.

 

8 h 32 : La Fayette

 

Encore un garage ouvert pour ce ravitaillement, bien chaud, où l’on peut même manger des crêpes. C’est vraiment se donner du mal pour réconforter les coureurs, en tous les cas c’est comme ça que j’apprécie l’attention. Je mange ma crêpe, boit mon éternel thé et repars pour la dernière partie de la promenade.

Après un petit ressaut, notre route plonge vers Firminy par un chemin bordant la Nationale. La pente s’accentue, mais ce n’est pas pour me déplaire : je m’aperçois que sur terrain assez plat, mes quadriceps crient pitié, mais que sur pente plus prononcée, je peux laisser partir la foulée, peut-être de manière plus détendue, et cela devient plus facile. Je double quelques coureurs en les saluant (« bientôt la quille »), croise même une joggeuse qui monte le chemin, et arrive dans Firminy. Avec l’odeur de l’écurie, tel un bourrin, j’accélère dans les côtes qui remontent vers le CLCS.

 

9 h 10 : Arrivée à Firminy

 

Bienvenue à Firminy, voici l’arche gonflable (!) du CLCS, et l’arrivée. Je ralentis tranquillement, présente mon carton couvert de signatures à l’arrivée, rends mon baudrier fluo à l’organisation et pars me changer, tout en buvant pas mal. Pas trop de douleurs pour le moment, et l’intense satisfaction d’être arrivé. Je retrouve un compagnon de course qui vient d’arriver, nous buvons une bière ensemble, et retrouvons également les Kikoureurs déjà arrivés ou qui viennent de nous rejoindre. Cela fait bizarre de retrouver des gens qu’on a croisés, ou alors qu’on n’a pas vus depuis le début de la course, et d’échanger nos impressions. Moment agréable et reposant.

Puis c’est le traditionnel plat de saucisse-lentilles. Les dames qui font la cuisine attendent du monde : tous les marcheurs qui vont arriver jusqu’à 15 heures vont leur fournir des « clients » pendant encore longtemps. Après le repas, nous nous séparons pour reprendre la route. Certains préparent la Sainté-Lyon dans deux semaines, je leur souhaite un bon courage, ainsi qu’à leurs fibres musculaires.

 

 

De façon très subjective bien sûr, cette course est agréable, peu technique mais sérieuse (la longueur, mais aussi le froid, cette année : certains coureurs avaient des glaçons dans les bidons,   pas facile pour s’hydrater), bien organisée (à condition de savoir lire les panneaux, pas comme moi) et dans une ambiance bon enfant, avec des bénévoles attentifs.

Elle se déroulait encore cette année majoritairement sur bitume, mais cela m’a permis de courir à l’économie, en foulée rasantes, ce que ne m’aurait pas forcément autorisé un sentier de trail. Il faut avoir un bon amorti, et des chaussures confortables, cela va de soi.

Une course que je referais bien, finalement.

 

 

 

 

2 commentaires

Commentaire de jongieulan posté le 30-11-2007 à 15:49:00

merci pour ton récit qui me rappelle qu'on a bien souffert du froid!!!...
mes genoux sont encore douloureux...c'est une course intimiste, plaisante, et tranquille!!

j'ai aimé cette solitude au milieu du froid et des étoiles filantes!!...

même si je n'aime pas le bitume, je pense la refaire l'année prochaine!!

Fabrice "jongieulan"

Commentaire de philkikou posté le 30-11-2007 à 23:32:00

Connu aussi une mésaventure d'erreur d'aiguillage, mais sur la fin....bravo pour ta course et merci pour ton récit qui m'a fait revivre cette course !...

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