Récit de la course : Semi-Marathon de Reims 2007, par dom1789

L'auteur : dom1789

La course : Semi-Marathon de Reims

Date : 21/10/2007

Lieu : Reims (Marne)

Affichage : 1006 vues

Distance : 21.1km

Objectif : Pas d'objectif

1 commentaire

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Le récit

Journée ensoleillée, mais départ glacial (-2° à 9h, l'échauffement est difficile).

Une organisation rodée, avec un nombre de bénévoles impressionnant. Toute la ville court ce jour, des marathoniens comme des gamins qui courent sous le label USEP. Les courses se croisent, les encouragements s'échangent, l'ambiance est vraiment bonne, malgré des spectateurs un peu froids.

Un seul regret au niveau de l'organisation : les handisports partis 5 minutes avant se retrouveront coïncés dans le gros du peloton du semi-marathon, dommage de ne pas avoir prévu plus de motos ouvreuses.

Ma préparation marathon suit son cours. J'ai décidé de remplacer ma séance longue par ce semi. Mais surtout de pas se tromper d'objectif : marathon le 25 novembre avant tout. Donc ne pas forcer aujourd'hui.

Mauvaise nouvelle avant le départ : un mauvais contact sur mon Garmin me prive de tout affichage. Je décide de partir quand même équipé, cela me permettra de détailler ma course sur mon PC après coup.

Je  pars avec un copain qui vise 1h45. J'ai décidé de rester avec lui pour passer les 10kms en 50 minutes, puis de voir après.

Les premiers kilos sont encombrés. Partis dans la queue de peloton, nous perdons un peu d'énergie à garder un rythme, mais les 5 premiers kilos sont avalés en 24'30. Le passage au Km10 se fait en 49'. Impec, tout va bien, même un peu d'avance.

Notre course d'équipe s'inverse, il passe devant comme prévu. Je m'accroche car les sensations sont bonnes. J'essaie de rattraper les 200 mètres qu'il m'a pris au ravito (j'arrive vraiment pas à boire en courant. Si un lecteur peut me donner des trucs pour y arriver, je suis preneur...). Je ne le rattraperai jamais. Il sera à 3 mètres devant moi au ravito suivant, quand je décide de m'arrêter pour boire. Il m'a servi de lièvre entre le 10 et le 14. Je l'encourage une dernière fois à aller jusqu'au bout.

Le parcours de Reims est roulant, mais les kilomètres commencent à se faire sentir dans les guiboles. Je croise des copains sur le marathon, ils sont accrochés au balon prévu, tant mieux. Encouragements croisés, ça booste.

Le km 18 arrive, et je regarde mon Garmin qui vient de renaître à la vie. Grosse et bonne surprise. Il m'indique même que le pas moyen depuis le départ est de 4'50 par kilomètre. Je n'arrive pas à comprendre. En fin de course, j'ai toujours les neurones en stand by. Y'a plus de sang en haut, ça doit servir à rien. Du coup, il me faut quelques instants pour bien me rendre compte que je suis en train de pêter un score terrible, pour mon niveau. Mon record est à 1:48 sur semi, il y a 15 jours seulement.

Les 2 kilos suivants sont avalés assez bien pour une fin de course. je reste sur le rythme 4'50.

Arrive le dernier kilomètre. Une arche gonflable qui redonne un coup de mieux, mais dont on s'apperçoit rapidement qu'elle ne fait que cacher une interminable montée. A ce moment, je maudis les organisateurs incapables de rabotter cette seule difficulté du parcours. Que c'est dur un dernier kilo en montée !!! Surtout qu'après avoir avalé péniblement ces 300 ou 400 mètres environ, un plat, puis encore une autre @#$£ de bosse. entre les barrières. J'ai mal, je n'en peux plus.

Virage à droite et tapis rouge. Longue tribune pleine à gauche. Que c'est beau cette arrivée.

1:44:48 ? Que vois-je là-bas au bout ? 1:44:49 ? C'est quoi ? 1:44:50 ? P...., mais c'est pas vrai ! Je vais rater les 1:45 pour quelques secondes. Pas possible, c'est trop c... En 3 foulées, je me mets à sprinter comme jamais. Mes chaussures changent de couleur et de marque : elles sont dorées, toutes fines avec des pointes. Si si.

Je double quelques copains grace à mes grandes guiboles (désolé pour eux, c'est pas très sport de faire ça mais je veux passer en dessous, à ce moment là c'est la course de ma vie).

Je passe la ligne avec un coup de poing rageur dans le vide. 1:44:59. YES !

Je suffoque 3 minutes. Faut pas faire ça quand on est vétéran. Pas bien... Les sauveteurs me guètent tous en se disant "il est pour moi". Je n'aurai pas besoin d'eux mais que c'est dur !

Le ravito à l'abri est super organisé (comme tous les ravitos du parcours). Les gens sont gentils et on nous sert tout ce qu'il faut (y compris des boissons chaudes -"du sucre dans votre thé ? Un petit chocolat ?" ) Vraiment sympa. Merci à toutes et à tous.

La dernière bonne surprise sera vue sur le tableau d'affichage des scores (merci à l'orga d'afficher ça si rapidement). Mon temps réel est de 1:42:59. J'avais donc passé la ligne à 2:00 du coup de pistolet. Quel bonheur. Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, je m'appercevrai plus tard que pour la première fois de ma vie d'athlète, je rentre dans la première moitié des classés. Chacun ses perfs ! 

Mon pote a fini 2 minutes devant. Chapeau. Il bat aussi son record. Nous fêtons ça au champagne dans un stand de l'expo (l'orga aurait pu faire un petit effort sur ce point, et ne pas penser uniquement aux marathoniens). Nous remontons ensuite le parcours pour aller encourager les arrivants du marathon et guêter nos copains.

C'est difficile d'encourager les marathoniens vers le 40ème. On ne sait jamais quel mot employer pour celui qui passe. "Bravo", "Jusqu'au bout", "Bientôt le dernier", "Accroche-toi au balon", "Sous les 3h30"... Ca peut booster, mais ca peut aussi être amer pour celui qui a raté son objectif. A tous, de 2h10 à 6h, je dis mon respect.

Je ne devais pas forcer. J'ai forcé, pas bien. Mais, j'ai fait le plein de moral.

Quelle belle journée.

 

1 commentaire

Commentaire de Jipé posté le 23-10-2007 à 06:12:00

Bien joué et bonne chance pour le 25.

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