Récit de la course : Le Tour des Glaciers de la Vanoise 2007, par WilRun

L'auteur : WilRun

La course : Le Tour des Glaciers de la Vanoise

Date : 1/7/2007

Lieu : Pralognan La Vanoise (Savoie)

Affichage : 1829 vues

Distance : 72km

Objectif : Se défoncer

3 commentaires

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TGV '07 enfin !!!

TGV ‘07

 

Enfin, le moment tant attendu du départ du TGV est arrivé. Cela fait plusieurs mois que j’y pense et m’y prépare avec sérieux. Je sais que le point faible de mon plan d’entraînement est le dénivelé dû à la nature de ma région car je suis obligé de faire maintes fois les même petites côtes. Je verrais bien sur le terrain….

Arrivé au camping 3* de Pralognan le vendredi, en compagnie de ma femme et de ma mère, je retrouve mon ami Stéphane qui a fait le déplacement la veille. Il fait beau est cela fait du bien au moral car le soleil s’est fait rare par chez nous. Visite du village plein de charme dominé par le chamois en bronze, entouré de montagnes. Nous irons y manger le soir dans un petit restaurant avec une déco originale, des plats de bonnes qualité et des patrons très sympathiques.

 

Le lendemain, après avoir emménagé dans notre location pour la semaine suivante qui se trouve au cœur du village nous nous retrouvons au briefing, sur la place du village. Les traileurs et leurs familles sont nombreux. Présentation du staff, applaudissements, remerciements pour tout les efforts que vous avez dû faire pour nous concocter un parcours de ce genre. Présence des CRS qui nous rappellent les dangers de la montagnes. Delachenal l’homme orchestre de la course, nous présente dans le détail le parcours. Il nous fait un peu peur en disant qu’il faut vraiment faire attention aux endroits de névés, à l’itinéraire à suivre, ne pas tourner à gauche, ne pas descendre dans la vallée,…Sur le terrain cela sera plus aisé de s’y retrouver. Il en suivra un pot puis une pasta party à la location.

 

A 2h30 je me lève assez facilement afin de profiter du petit déjeuner prévue par l’organisation. Je retrouve Stéphane, nous sommes dans les premiers. Nous discuterons un peu avec Delachenal.

Nous rentrons pour nous préparer et vérifier une dernière fois nos sacs. Je me dirige au départ qui se trouve à la piscine. Petite photo avec Dawa, ajustement des bâtons, réglage du sac nous sommes plus que prêt.

Le départ est donné, je part assez rapidement pour éviter le bouchon qui devrait se former quand le chemin va se rétrécir dans le village. J’ai déjà lâché Stéphane et nous nous reverrons qu’à la fin.

La première étape nous mène au col de la Vanoise en passant par le fameux lac des vaches ce qui fait quand même 1000 D+ à se pastiller à froid! La côte me paraîtra cependant facile et je dépasse de nombreux coureurs à ce moment de la course. Je marche vite en m’appuyant sur mes bâtons quand çà monte et trottine dès le moindre replat. C’est la tactique de course que je compte appliquer jusqu’à la fin mais encore faudra t-il  s’y tenir….

Passage rapide au lac des vaches où des photographes nous attendent pour immortaliser la scène, je serai à ce moment de la course en 58ème position.

Je reconnaît devant moi un coureur Breton connus qui se place toujours bien. Je suis étonné mais pourtant j’arrive à sa hauteur et finis dans la montée par le dépasser. Après analyse de ma course j’aurais déjà dû ralentir car cela signifie que je suis parti trop vite mais j’avais de bonnes sensations.

On se trouve sur un replat où on pourra dérouler la foulée. Nous sommes ici au pied de la Grande Casse point le plus haut du massif de la Vanoise. Que c’est bon de courir dans cet environnement de montagne qui commence à s’ensoleiller. J’y retrouve un peu l’atmosphère du tour des Annapurnas que j’ai fait au Népal.

Nous nous retrouvons maintenant sur un chemin en balcon, je marche dans les montées et continue à courir dès un replat ou une descente. Je discute avec un gars du coin qui me félicite de me lancer dans une course comme celle-ci alors que je ne suis pas un montagnard. Il finira par me lâcher dans un pierrier, plus habitué qu’il est avec son pas de bouquetin.

Le premier ravitaillement est là au refuge du col de la Vanoise. Ça y est 1000m de D+ sont déjà effectué pour 7 km. L’arrêt ici ne sera que pour prendre des raisins à la volée.

Je longe ensuite un lac. On voit au loin les sommets de la Maurienne. On suit les cairns, traverse des torrents par des petites passerelles. Un passage de dalles nous fait ralentir le rythme, ce qui n’est pas plus mal.

Le deuxième ravitaillement se trouve au refuge de l’Arpont au km 21. Il y a quelques coureurs qui se posent déjà, je me contente de quelques verres de coca ne remplit pas ma poche à eau étant encore bien remplit. Les bénévoles sont plein de bonne volonté pour que la table soit pleine de victuailles et pour nous indiquer le nom des sommets alentours. Je ne mange rien si ce n’est un tuc car je n’ai pas faim et je prend régulièrement un gel. Je repart après 5mn. Ça descend un peu avant de se payer une bonne côte de 300m D+ environ. Retour sur un sentier balcon d’où je verrais des chamois au loin. Cela me redonne du courage car j’ai un petit coup de moins bien. Je me met dans les pas du coureur qui va sur un rythme qui me convient bien. D’autres compères arrivent. Une zone plus tranquille faite d’une piste en gazon nous permet de se décontracter un peu. On arrive maintenant au parc à moutons dont on nous a parlé lors du briefing  où il faut faire attention aux patous mais aucuns ne viendra nous mordre les mollets. Mon énergie commence à me lâcher je marche plus que ne cours on est encore loin de l’arrivée, il faut se reprendre. Je rejoint un coureur qui lui aussi est dans le dur, il parle d’abandonner au refuge de l’Orgère.

 On marche rapidement et remontons sur la droite pour rejoindre le refuge Plan sec. Ici c’est un camp de retranchés. Les dégâts sur les traileurs sont ici bien visibles. Certains ont une couverture sur le dos, assis non loin des tables de ravitaillement. D’autres se font auscultés par l’assistance médicale. Il est ici possible d’abandonner car il y a un accès pour les véhicules en bas du refuge, au niveau du barrage d’Aussois. Je décide de m’arrêter plus longuement que les fois précédentes, pour me reposer, manger, boire et remplir ma poche à eau. 20 minutes d’arrêt je dois partir car c’est déjà trop long.

Prochaine étape la Porte de l’Orgère qui passe tout d’abord par une large piste qui monte doucement puis par un de ces sentiers balcons que nous parcourons depuis un bon moment. C’est là qu’une marmotte daignera faire son apparition en traversant le chemin en lançant son cri strident.

On domine maintenant les lacs du plan d’Amont et du plan d’aval. Une descente s’amorce et elle s’avérera interminable. Je vois les autres concurrents en bas. Qu’ils me semblent inatteignables! Du paysage rocheux de hautes montagne on descend jusqu’à une forêt de pin, tellement bas que mes camarades et moi avons eu un doute sur le bon chemin. Plus nous descendons plus il fait chaud et soif. Le topo dit qu’il faut avant de retrouver le refuge de l’Orgère passer un petit raidillon. Petit raidillon c’est vite dit, cela semble à ce stade de la course un vrai mur où une corde pour s’aider à le franchir aurait été la bienvenue.

Je finis par enfin voir le refuge de l’Orgère mais il va falloir se payer une petite côte avant de l’atteindre. Je n’ai à ce moment pas trop envie de manger alors qu’il le faudrait. Je bois du faux coca qui n’est pas à mon goût, un quartier d’orange. Je me disait avant la course qu’il serait bien qu’il y ai de la soupe, il y en a justement mais toujours pas envie de manger, je finirai par le payer tôt ou tard. Je me pose sur une chaise à l’ombre car il fait à ce moment très chaud. Je rencontre un collègue qui se trouvait au camping et il me dit qu’il reste encore 1000m D+ à se taper. Je répond dans un ton  positif affirmé «  Cela ne fait que 10 fois 100m ! » mais bon, une fois sur le terrain ces 10 fois 100m me paraîtront bien long ! Je me force à repartir pour cette montée au col qui se profile comme la plus grosse difficulté du parcours après 51km de course. Je m’engage donc prudemment appuyant bien sur mes bâtons d’abord à travers des pins. Je les quitte, un coureur me double, un replat s’amorce mais je n’arrive toujours pas à trottiner. Les 500 premier mètres se passeront pas trop mal, j’irais même jusqu’à accélérer un peu. Je finis par voir le col de Chavière en m’aidant de la vue des autres coureurs devant moi. Il se trouve dans la neige et il faudra passer dans les névés. Mais que c’est loin ! Je m’engage sur une portion plus raide et c’est là que mon corps dira stop. Je ne peux ni ne veux plus avancer. Je me force encore un peu, essaye de coller au pas d’un coureur mais cela ne dure pas. Je vois un homme la tête dans les bras, garé sur le côté qui lui semble aussi à bout. Cela me donne envie de m’arrêter là aussi et me laisser aller. Cela ne m’est jamais arrivé aussi vite et aussi fort, je n’est plus envie. Je me décide alors de me poser juste un moment. C’est à cet instant que j’aurais dû me forcer à m’alimenter mais je n’avais plus que le QI d’une carotte râpée à ce moment de la course. Je vois du monde me dépasser, me demander si çà va mais c’est dure pour tout le monde. Je fais alors la rencontre de Vincent qui m’encourage à repartir avec lui, ce que je fais. C’est sans force que je fixe ses chaussures et ne pense plus à rien. Lui aussi est dans le dur, il se rassoie au bout de 5 minutes, ce que je fais également. On en profite pour faire connaissance, je lui dis que j’ai bien fait de ne pas m’aligner sur l’UTMB 20007 car j’en ch…  sur cette course. Lui me répond que si je veux il se débarrasse de son dossard pour l’UTMB car il n’est pas mieux que moi. On repart bon an mal an, on se relais et l’on arrive tant bien que mal après un passage de névé délicat au sommet. Libération la dernière difficulté de la course est passée on plaisante avec les bénévoles qui sont sur le point de contrôle le plus haut de la course à 2796m. On profite du paysage et découvrons le chemin qui nous attend couvert pour la première partie de neige. On se lance tambour battant dans la descente bien enneigée. On s’enfonce dans bien 15 cm de neige, les appuis sont incertains et c’est un peu risqué. De la neige rentre dans les chaussures (mais pourquoi je n’ai pas prit mes guêtres !), çà rafraîchit. Les jambes reviennent petit à petit et malgré le terrain on déroule. Je suit Vincent qui a l’air plus alerte que moi.

La descente jusque le refuge de Péclet Polset ne se fait pas trop mal. De là on s’alimente, on boit et on repart au bout de 10’ sous les applaudissements du publics.  Il reste encore 12km avant la libération. La première partie et moins roulante où il faut encore malgré la fatigue faire attention à ses appuis. On est maintenant sur la dernière partie qui elle permet d’accélérer à la vitesse folle de 10km/h. Pralognan se fait désirer, on la sent mais on ne la voit pas. Cela tape dans les jambes mais il serait dommage de ne pas se laisser porter par la pente, de plus on se motive car nous dépassons régulièrement des coureurs qui nous voient passer comme des fusées. On retrouve le bitume pour arriver au tout petit village des Prioux nous fait croire que l’arrivée est proche mais ce n’est pas le cas, çà remonte même un peu. On décide d’accord en accord à finir ensemble ce qui m’aidera à tenir un rythme plus soutenu que je n’aurais tenu seul. Le moral qui avait prit la relève depuis un moment commence lui aussi à saturer. On vallonne mais Pralognan se profile tout de même. On traverse la rivière et nous dirigeons vers le camping. La descente est encore régulière mais l’organisation à jugé bon nous remettre 2 bosses avant la fin. Le rythme des autres se fait de plus en plus faible. Moi je tiens en pensant à l’arrivée de plus en plus proche. Je reconnaît le chemin par lequel j’étais passé lors de ma petite sortie le jours de mon arrivée. L’orage gronde et il commence à pleuvoir. On va se faire tremper juste avant l’arrivée, la poisse ! Nous arrivons au camping  qui ne me semblais pas si long. On amorce l’entrée dans la ville même.

La dernière ligne droite, on accélère une dernière fois, je vois ma femme et ma mère qui m’encouragent chaleureusement. On termine Vincent et moi main dans la main sous les applaudissements. Je suis un finisher heureux mais fatigué. On se congratule et nous donnons rendez-vous pour d’autres péripéties.

En attendant Stéphane je vais me doucher (il finira. Bravo !), les jambes sont dures et j’ai du mal à rentrer dans la baignoire pour la douche. Je part ensuite au massage qui révélera des contractures aux mollets. Je me force à manger sans enthousiasme

La météo, la dureté du terrain la course a fait beaucoup de dégâts. En effet 154 concurrents on abandonnés ou ont été mit hors délais.

 

Bilan :

Course : Course très bien organisée mais tout en étant très réputée elle garde un côté course de village. Les paysages traversés sont magnifiques et sauvages. Le parcours est exigeant mais reste accessible à celui qui s’entraînera sérieusement.

Personnel : Temps 12h50’49’’ Classement 158/500 partants 386 arrivants

J’aurais voulu faire dans les 11h mais en analyse de course je peux dire que mon départ a été trop rapide, mon alimentation n’a pas été irréprochable, mes temps de pauses aux ravitos trop long, l’entraînement avec du dénivelé insuffisant. J’y retournerai en 2009

  

 

3 commentaires

Commentaire de lolo' posté le 19-07-2007 à 23:20:00

chouette cr

les coups de moins bien c'est ma spécialités mais je vois que la montée du col de chaviere à laisser des traces à pas mal de monde ;-)

rdv sur l'utmb un jour peut-etre

lolo tgv 16h16 .....

Commentaire de BENIBENI posté le 20-07-2007 à 07:34:00

Beau récit !
Bravo à toi d'avoir réussi à surmonter ton coup de moins bien, Cette course à l'air dure mais inoubliable !

Commentaire de Say posté le 22-07-2007 à 23:04:00

Chalut


Bonne analyse après coup de ta course. Bien entendu, tu reviendras plus fort et expérimenté en 2009. Je te fais confiance pour ça.

A peluche

Coli

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