Récit de la course : SaintéLyon 2003, par poussman

L'auteur : poussman

La course : SaintéLyon

Date : 7/12/2003

Lieu : St étienne (Loire)

Affichage : 4040 vues

Distance : 65km

Objectif : Pas d'objectif

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Sainté Lyon premiere

Il y a 15 jours je vous racontais mon échec sur le marathon de Carqueiranne. (Crampes 29 eme et adieu les 2h55….)
Finir la saison sur cet échec? Non il fallait que je trouve une course, une dernière avant la coupure annuelle.
Mercredi, j’apprends que nous allons chez des copains Samedi à Valence. Valence pas très loin de St Etienne ça…
Et pourquoi pas la SaintéLyon? 15 Jours après un marathon, cela semble un peu fou mais …
Allez une inscription sur ACTIVE EUROPE et c’est parti. Je n’ai quasi plus couru depuis le marathon peut-être que j’ai récupéré?
Je vous épargne les péripéties du voyage, mais voilà donc à st Etienne. Pour ceux qui ne connaissent pas la SaintéLyon c’est un départ à minuit pour 65 Km dans les monts du Forez avec 30 Km de chemin et 35 de route.
Il est 21 heures, je suis dans le grand gymnase où l’on remet les dossards. Je décide de manger mon Gatosport, pour me rendre compte que je l’ai laissé à la maison. Cela commence bien. Rien à manger, aucune barre énergétique à vendre, je suis obligé de me rabattre sur la seule chose que je trouve: ‘Un Quick! ’ .Drôle de repas diététique! mais mieux que le ventre vide!
Me voilà de nouveau dans le gymnase, en écoutant les participants je commence à me dire que je suis un peu fou, certains préparent cette course depuis des mois, d’autres parlent de leurs abandons, d’autres encore, des chemins noyés par les inondations. Je trouve 2 mecs sympas qui ont déjà couru et je m’abreuve de leurs conseils. Les heures passent, il faut s’équiper. Minuit moins le quart, tout le monde se dirige vers la ligne. Je bénis le ciel d’avoir pensé à acheter des chaufferettes pour mes gants.
Minuit, c’est parti…mon mollet me fait mal dès les premiers mètres! Cela commence bien et me confirme que j’ai une petite contracture depuis le marathon. 6 mn au kilo, je me force à courir lentement. Douce mise en jambe de 7 kilomètres en montée sur du beau bitume bien éclairé. Un virage et voilà le premier chemin dans la nuit noire. Quelle drôle de sensation! Encore quelques mètres tranquille et cela commence à monter, monter. Très vite je me rends compte qu’il faut être vigilant à chaque seconde et regarder où l’on met ses pieds en permanence pour éviter de se les tordre. Cela monte, monte encore, cela monte tellement qu’il est impossible de courir, les pieds commencent à s’enfoncer dans la boue. La nuit va entre longue. À chaque montée, une descente encore plus dangereuse avec ses trous, ses cailloux, et ce brouillard givrant qui cache tout. C’est dur, très dur. Je profite des portions de bitume pour doubler, j’aime malgré mes douleurs sentir ce bon asphalte sous mes pieds. Encore un chemin, encore une montée (mon polar trouvera 1300 mètres de D+ en tout et encore plus de D-). Les kilomètres de gadoue succèdent à quelques portions de bitume hélas vallonné également. 23 eme kilomètre, les jambes sont toujours bonnes, les chevilles un peu moins, je maudis chaque portion de tout terrain. Les montées sont tellement abruptes et les descentes tellement glissantes que je décide de toutes les faire en marchant (souvent bien plus que du 10 % dans une espèce de gadoue générale). Si j’ai fait 23 km cela veut dire qu’il me reste 42 km, un marathon, je commence à comprendre ma douleur. Le Gps égraine les kilomètres, lentement très lentement. Le moral est bon, je me dis que je suis un peu fou. Je vous épargne la suite car c’est toujours pareil des montés, des descentes de la boue, beaucoup de boue, des Km interminables. Km 55! plus que 10 bornes, je me donne une heure 10 pour les faire c’est du délire mais courir à 6 mn au km avec la fatigue, la nuit à ce moment de la course me parait impossible. 7 kilomètres, cela parait déjà presque fini. Tout à coup, le coup au moral devant moi un mur! oui un mur à 20 % qui d’après les autres concurrents dure plus de 2 km! Ma tête est en train de lâcher, si près de l’arrivée, c’est trop bête. Tout le monde marche, enfin ceux qui peuvent encore. 2 Km interminables. Voilà la descente vers l’arrivée! Je recommence à courir que c’est dur. Petit à petit la foulée revient 6mn30 au kilo, 6 mn, 5 mn 30. J’ai l’impression d’aller vite, pourtant je rame et cela descend! 5,4,3,2,1 derniers kilomètres. Je profite, je l’ai fait! au pied levé. Encore quelques mètres, un escalier pour finir! ils auront poussé le vice jusqu’au bout! Voilà, je franchis la ligne, il est 6h45! le temps me paraît correct pour quelqu’un qui ne supporte pas de courir dans le froid et dans la colline. Je suis content. Après un rhabillage difficile me voila parti pour la gare à 1 km de là. Au moins 30’ pour faire ce malheureux kilomètre!
Bien content d’avoir réussi ce défi, mais vraiment je préfère la route!
Poussman cette fois au repos, pour sa coupure annuelle de 2 semaines.

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