Récit de la course : 100 km des Etangs de Sologne 2004, par HervéB

L'auteur : HervéB

La course : 100 km des Etangs de Sologne

Date : 28/8/2004

Lieu : Theillay (Loir-et-Cher)

Affichage : 1710 vues

Distance : 100km

Objectif : Battre un record

Faire connaître ce récit sur Twitter :

Faire connaître ce récit sur Facebook : Partager

Record Pulvérisé

Bon je sais, ça va faire râler certains, mais j’avais décidé de prendre le 100 bornes des Etangs de Sologne comme une sorte d’entraînement, vu mon faible kilométrage du mon d’août (130 avant le 100 km), juillet n’ayant pas été énorme non plus. Pas question de donner des objectifs sinon passer juste sous les 9h00 si possible, ma meilleure perf. étant de 9h05’30, les secondes ayant quelquefois toute leur importance…
Donc pour une fois des limites de vitesse à respecter pour ne pas exploser : il me faut rester autour de 5’20 au kilo. Une collègue à qui j’avais demandé de m’accompagner en vélo s’étant désistée, j’avais pensé à mon fils Roland, 12 ans, mais la distance l’impressionnait (normal), alors j’ai préféré y aller seul. Cyrano, ayant d’autres objectifs que les miens, j’allais donc me retrouver seul à courir, vu l’importance du peloton (peut-être 120 au départ ?).
La veille j’arrive à Theillay, il fait beau, mais les prévisions pour le lendemain sont plutôt humides. Je me gare en même temps que Chico, nous discutons avec Bruno et Nicole de Brive et nous parlons de ……….Brive, j’y étais pas mais j’ai vu le DVD…
Le soir à la pasta, je croise Diogène et Sophie et le lendemain juste avant d’aller sur la ligne de départ, Cyrano. On s’aperçoit que nos temps de passage sont très proches, les siens sont plus rapides, mais il faut prendre en compte sa marche d’une minute par quart d’heure.
Pendant la première heure, j’ai douté. Je n’étais pas bien physiquement, j’allais moins vite que Cyrano, le rattrapais pendant sa marche, puis quand le jour s’est levé, quasi subitement, mon corps s’est réveillé et j’ai pu être à hauteur de Cyrano et procédé comme lui. Nous avons été régulièrement en avance sur mes objectifs (et les siens), nous avons fait pas mal de kilomètres en 4’45 au lieu de 5’10, alors nous ralentissions. Au 20 ème kilomètre nous avions déjà 4 minutes d’avance sur mes temps prévus, 6 mn au 40 ème. A peu près a ce moment là, la très chère accompagnatrice de Cyrano nous à rejoint, il a passé un débardeur et nous sommes repartis. Peu après nous avons senti les premières gouttes de pluie, avant de recevoir des seaux d’eau sur le crâne, plus de problème pour refroidir la machine, ça ne m’a pas trop dérangé, sauf quand les pieds ont commencé à faire clic-clac dans les chaussures. Les petites routes sont vite devenues de grandes mares impossibles à éviter.
Lors d’un arrêt de Cyrano, alors qu’on venait de repartir, je lui ai faussé compagnie le temps de passer la seconde féminine qui me semblait un peu juste, nous échangeons quelques mots, elle va bien, simplement ralenti. Puis, je rattrape un pompier de Paris, mais ne peut le passer qu’après plusieurs kilomètres, il n’a pas d’objectif, et est toujours en forme, … dans une côte je fais quelques pas le temps de prendre un gel, me retourne et voit Cyrano qui est à nouveau derrière, alors que je n’ai pas fait d’arrêt (sauf au ravito) et que lui a continué à appliquer sa méthode (il est passé à 9 mn de course / 1 de marche). Nous reformons le binôme…
Au 75ème dans un super faut plat, en arrivant au ravitaillement, j’entends « salut Shadock ! », c’est Chico qui a préféré stopper, c’est plus sage d’autant que ce n’était pas un objectif. Nous repartons mais en marchant un peu car ça monte, nous devons être tout juste dans mes temps car nous nous sommes arrêtés un moment, faut dire que ça devient un peu dur. La pluie s’étant arrêtée environ une heure a remis ça, il pleuvra maintenant jusqu'à bout. Cyrano peine un peu, je suis un tout petit peu mieux, nous courrons au train, ça me rappelle Loire Beconnais, sauf que cette fois c’est moi qui suis devant. Au 80ème nous sommes en retard de 21 secondes, mais ensuite nous perdons régulièrement, malgré tout, nous ne nous effondrons pas. Je calcule, me trouve en bonne forme relative et Cyrano me dit qu’il serait temps que j’y aille pour les moins de 9h00. Au 85ème kilomètre je prends quelques mètres, nous avions depuis le 60ème un coureur en rouge très loin, que nous apercevions de temps en temps, j’ai réussi à me rapprocher, mais avec pas mal de souffrance, mais mal à un mollet, je pense que si je force, il risque de se bloquer. Le gars en rouge est à cent mètres, il a un accompagnateur vélo, mais s’arrête un tout petit peu à chaque ravitaillement, j’en profite pour grappiller, j’ai mon propre ravito, ça aide. Malgré tout au 90ème j’ai pratiquement 3 mn de retard, il me reste 51 mn pour faire 10 kms, mais je sens que je suis cuit, je n’ai mal nulle part, mais n’arrive pas à avancer, pourtant j’utilise les bras, tente de me détendre, mais le chrono est sans pitié et je passe le 85ème avec 4’45 dans la vue. Devant le maillot rouge est à 30 mètres, je donne ce que j’ai, mais il lutte pour éviter le recollement, on en reparlera à l’arrivée, il pensait vraiment « que j’allais le bouffer ».
Au 96ème un cycliste arrive de l’arrière, son coureur est devenu un marcheur, alors il est parti devant. Il me propose de rester avec moi, j’accepte de suite et nous devisons sur la course. Mes muscles des jambes de répondent plus, mais le souffle est toujours bon et je ne suis pas gêné pour parler. Je fais des kilomètres entre 5’30 et 5’45, alors il va falloir que je m’arrache pour passer sous mon précédent record. Au 99ème , je lui lance un « il faut y aller maintenant », il m’encourage, j’accélère, ne regarde plus que l’arche d’arrivée, donne tout ce qui reste et arrête le chrono : 9 h 05’ 23, j’ai fait mieux qu’à Chavagnes !
Le temps prendre une boisson juste à côté, j’entends des encouragements, c’est bien sûr Cyrano qui arrive en 9 h 08, il met une bonne claque à sa précédente marque…

Quelques anecdotes :
Les trois féminines nous ont passées dès le troisième kilomètre : nous nous sommes dit qu’on en reverrait bientôt et on ne s’est pas trompé. Nous avons repassé l’une d’elle à la peine au 30ème kilomètre, elle arrivera en 10h12, puis une seconde environ 30 bornes plus loin, elle finira quand même seconde sans perdre trop de plumes.

Voir Chico derrière nous après 20 kilomètres de course, parce que lui et deux autres se sont vu dirigés une troisième fois sur la boucle de 5 kilomètres. Les premiers de la course eux ont coupé de 1,6 kms au premier tour, ils les feront plus tard, quand les officiels auront trouvé une astuce (laquelle ?) pour remettre d’aplomb la situation.

Le ballet d’ambulances sous le déluge qui vont chercher les abandons, les blessés et les malades, ne nous laissant que le choix de mettre un pied hors de la chaussée, donc dans l’eau, sur les routes étroites…

Aucun commentaire

Il faut être connecté pour pouvoir poster un message.

Accueil - Haut de page - Version grand écran