Récit de la course : 24 heures de Brive 2004, par Papy

L'auteur : Papy

La course : 24 heures de Brive

Date : 20/5/2004

Lieu : Brive La Gaillarde (Corrèze)

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Distance : 0km

Objectif : Pas d'objectif

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Le Championnat vu de l'intérieur par Papy

Bonjour, Il n'est pas facile de commencer un texte après un si extraordinaire résultat. Bien sûr, il faut rapidement relativiser et remettre à son niveau ce que ce titre de championne de France peut avoir de valeur pour Bibi, la Brigitte BEC. Mais, un titre comme cela, ça ne se néglige pas non plus et lors des prochains mois, j'espère qu'elle en dégustera toute la valeur. Mon CR de spectateur privilégié va se décomposer en plusieurs phases : 1/ Préambule 2/ L'avant course 3/ A* La course - B* La course 4/ Galerie de portrait 5/ Conclusions et projections. Je vais utiliser quelques noms et abréviations dont vous trouverez toutes les explications sur www.42kms.com Cela sera souvent des noms de Zanimoss ou Zanimal, tribu un peu loufoque de coureurs à pieds. Pour certains compléments, cela peut se trouver sur www.ultrafondus.com **********************************************************************

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1/ Préambule ------------ Qui suis-je pour pouvoir écrire ces quelques mots sur la performance de Brigitte Bec? Je ne suis pas son entraîneur, celui-ci s'appelle... Brigitte Bec! Je ne suis que son "coach", dans le sens américain du terme, fonction qu'il m'arrive aussi d'avoir dans le monde de l'entreprise. C'est à dire que je ne suis là que pour la stratégie globale, pour prendre du recul, analyser et proposer des grands axes. Les conseilleurs n'étant pas les payeurs, je m'évite les jugements en tentant de sortir les enseignements de toutes actions. Maintenant, pour savoir si Mardi, elle doit faire 1h le matin et 2h le soir, elle puise chez des grands entraîneurs des canevas dont elle adapte à son emploi du temps les grands principes que l'on fignole à la fin. Sachant quand même, AMHA, que l'on entraîne pas une femme comme une homme, celle-ci ayant besoin de plus de Fun que l'homme, ne serait-ce déjà que par sa différence hormonale. Je rajouterais qu'elle est assez grande pour arranger son emploi du temps et savoir si le bi-quotidien lui sera plus profitable que le tri-quotidien ou le repos total (même si nous avons eu sur ce sujet et d'autres de long échanges contradictoires). Elle utilise aussi, avec beaucoup de bonheur, l'elliptique, l'HTV, le tapis roulant, le vélo, instruments que je maîtrise, mais aussi Compex, instrument que je n'ai utilisé qu'une seule fois et dont mon ignorance à son sujet est profonde ! ;-) De plus, c'est une mère de famille avec 3 enfants et un mari à s'occuper. Alors, son emploi du temps est très chargé. C'est donc bien elle qui programme ses entraînements... J'indiquerais quand même, plus en détail par la suite, que ce sont des plans de Philippe Hayer du club d'Herbauges qui ont servi de canevas pour Brive. Il a fallu élaguer quelques séances car le volume n'était pas adapté, mais Bibi a gardé l'esprit que Philippe voulait mettre dans ces plans. Herbauges est le club de Philous(Philippe Favreau) et de Dominique Provost. Dernier point, important, déjà évoqué dans les forums... Ce n'est pas parce que la victoire est au bout qu'il existe une méthode "Bibi" ou une Stratégie "Bec" qui marche à chaque coup. On a eu l'extraordinaire chance de ne connaitre quasi aucun problème. Nous avons démarré sous les regards légèrement moqueurs ou incrédules (c'est souvent comme cela ;-) ), mais nous n'avons pas changé la stratégie définie au départ et, bonheur incroyable, cela a marché. Cette stratégie, je l'avais tentée et presque réussie à Gravigny, en 2000, ou, avec l'aide de Daniel Robin, je remontais à vitesse spécifique... J'ai essuyé moults quolibets d'ultras partant à plus de 12kms/h pour faire dans les 200kms... J'étais avant-dernier au premier tour, dans les 60 sur 80 au bout d'une heure et je crois même que Joelle Semur m'avait déjà pris presque plus d'un tour... Je sais, aujourd'hui, que même si je ne m'étais pas claqué pour finir dans l'ambulance, j'aurais terminé avec une déshydratation avancée... Il est vrai que mon second crash à StFons2001 et mes sources d'informations actuelles auprès des hopitaux de Lens, Poissy et Bourg StMaurice m'ont permis de grandement avancer sur ces questions. Mais la Bibi n'est pas arrivée les mains vides... Elle a émis beaucoup de doutes sur la stratégie, et y a amené ses correctifs qui, malgré mes doutes personnels, ont été très pertinents. Nous avons d'ailleurs passer au crible de la Tarine (AR de Bourg St Maurice) les nouveautés de la Bibi, et elle nous a confirmé le bon choix effectué. Alors, est-ce que cette stratégie du départ à vitesse spécifique est la meilleure? Pour certain, c'est évident, pour d'autres non, mais ce n'est pas que cela qui fait la course. Des dizaines d'autres paramètres sont importants pour avancer avec le moins de souffrance possible et le plus rapidement. Dans ce CR je n'en aborderais qu'une partie car un livre ne suffirait pas pour expliquer tous les détails appris durant cette nuit. L'incertitude du sport est faite de ces dizaines de paramètres qu'il faut tenter de maîtriser au mieux. Si je refais, un jour, un 24h, avec tout ce que j'ai appris durant celui-là, quelle stratégie vais-je adopter ? Je ne le sais pas... Et la Bibi ? Elle ne m'en a pas encore parlé. ;-)))))))))))))))))) **********************************************************************

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2/ L'avant course... -------------------- Depuis un peu plus d'un an et demi, Bibi est fortement attirée par les longues distances. Habituée des podiums régionaux de l'Yonne sur Marathon et distance inférieure depuis 5 ans qu'elle court, elle envisage de grimper de distance comme on grimpe en poids pour changer de catégorie en Boxe. Elle voudrait savoir si son potentiel sur ces distances est toujours régional ou national. Ses tests sur trails long (50kms) semblent lui indiquer une progression. Il faut savoir que ce petit bout de femme a une volonté extraordinaire et que même si elle ne s'entête pas dans une impasse, elle va jusqu'au bout de ses décisions et de ses actions pour en analyser après les conséquences. *2003* ------ Nous sommes en Mars 2003 et après quelques échanges depuis le Sparnatrail 2002, où la stratégie de l'attente avait payé, puis sa victoire à la SaintéLyon 2002, elle tente de récupérer d'avoir organisé une course très usante nerveusement, avec 2 mois pratiquement sans courir. Inscrite au championnat de France des 100kms de Chavagnes, elle m'annonce "tout de go", qu'elle veut arrêter la CAP, que c'est trop dur, qu'elle a charge de famille, etc... J'ai presque cru lire qu'elle allait se mettre au tricot ! 8-) Après quelques échanges et l'aide du Shadock, la Bibi se relève et prépare, en 6 semaines, Chavagnes... Les sensations reviennent, le plaisir de courir est privilégié, pour l'optimisation, on verra plus tard. Grande chance, Chantal Haton, un modèle de gentillesse, est présente sur ce 100kms. Après les présentations (je connais Chantal pour l'avoir entraînée de longues années avec beaucoup de plaisir et quelques résultats) celle-ci accepte de guider un peu la Bibi dans sa première expérience. Cela la rassure beaucoup et avec la canicule, le temps de 9h17' est accueilli avec grand plaisir ainsi qu'une 5ème place dans un des championnats féminins les plus relevés, mais aussi les plus durs... Chantal finira 4ème, et première V2, quelques minutes devant, après avoir donné le bon tempo à la Bibi durant bien des kilomètres cruciaux. Participant aussi à la course avec le Shadock, finissant tout les deux autour de 9h, j'ai attendu sa femme avec inquiétude. Les photos d'arrivée témoignent de la détermination de ce petit bout de femme. En effet, malgré un physique largement entamé par une déshydratation avancée, la lueur intense qui sortait de ces yeux accompagnant son merci, me donna à penser qu'elle n'était pas au bout de son potentiel. J'ai quand même eu peur, avec mon pote la Tortue, car l'après course classique dans ce cas de déshydratation interpelle quand même sur l'intérêt de se faire "aussi mal" pour de la CAP. (J'ai moi-même fait 26 heures d'observation aux urgences des Minguettes après le 24h de StFons, alors je suis très sensible à la préservation de la santé par rapport aux performances). Cela posé, la Bibi m'annonce qu'elle va se faire un été plaisir avec quelques courses de montagne, dont la 6000D, et que nous verrons bien à la rentrée quels seront les futurs objectifs. J'ai la surprise de la voir en prime time dans le journal de TF1, interviewée pour la 6000D où elle rentre, tranquillement, dans les 20 premières féminines. La montagne lui fait beaucoup plus de bien que je ne le pensais, car à la rentrée, alors que je lui conseillais un peu de repos, elle s'embarque, en cachette et au dernier moment, pour le 100kms du Theillay... J'éclate de rire en apprenant cela, la veille de la course, c'est bien dans le genre de la "p'tite", de tenter comme cela des paris un peu fou... Si elle se plante, ce n'est pas grave, elle refait rarement 2 fois la même erreur, alors peu importe le résultat, l'enseignement de la course sera grand. C'est le Shadock, tout excité, qui m'annonce sa victoire en 8h34'... Le potentiel se révèle, mais jusqu'où tiendra-t-elle sans risque de blessure importante ? Elle réalise quelques courses régionales dans la foulée, et un peu de lassitude arrive. Elle a en point de mire la défense de son "titre" à la SaintéLyon et fait le Sparnatrail en préparation. Les jambes sont lourdes, mais elle fait quand même 3ème, à quelques secondes de la deuxième... La SaintéLyon arrive et un mini-AAB avec les Zanimoss lui plombe l'estomac. Elle finit à l'arraché, manque de mettre une claque à un concurrent malpoli, et fini seconde derrière M. Leservoisier. Elle met de nouveau très longtemps à récupérer. Il est un point qui commençait à me chagriner, c'est qu'à l'arrivée de presque chaque course, la Bibi connaissait de gros problèmes de déshydratation ou de malabsorption. Comme, à l'époque, elle n'avait évoqué que les 100kms, je lui renvoyais régulièrement la possibilité d'augmenter son dosage de Malto dans son bidon de ravitaillement pour éviter les solides. Mais tout aussitôt, je me faisais renvoyer dans mes cordes que cela lui était impossible, qu'elle n'imaginait même pas de faire une course sans solide ! Soit... Je ne l'avais jamais accompagnée en course. L'année 2003 bien remplie, le repos avec du sport différent lui a permis de se changer les idées, de récupérer et de... m'avertir, début 2004, qu'elle était bien tentée de faire le 100kms de StNazaire couplé au 24h de StFons... Mouaifff, pourquoi pas ? J'ai vu bien pire, mais je lui demande où est la priorité ? Elle m'indique le 24h, m'expliquant que le 100kms sera une préparation balade... Vous avez dit balade ? Arf... J'en ai mal aux jambes rien que de l'écrire :-)))) *2004* ------ En regardant mon calendrier, je vois que cela ne cadre pas avec mes propres objectifs, je ne serai donc présent ni à StNazaire, ni à StFons, même si ces deux organisations me tiennent beaucoup à coeur (Salut Michel et Millepattes...) Ce n'est pas grave, la Bibi ne se sert pas de son accompagnateur autrement que de porte bidon, elle a toujours dirigé ses courses toute seule. Elle est toujours sereine, même si l'entrainement prend une petite claque. Elle émet quelques doutes sur sa stratégie, mais aussi sur son type d'entraînement. StNazaire arrive et... contrairement à nos "accords", elle file le train à son mari, passe le marathon dans les 3h20' (pour un record à 3h08'), tient 80kms devant, avant de "s'effondrer" (tout est relatif bÎsÛr) pour finir 4ème féminine en moins de 9h... Il me souvient mon coup de téléphone, alors qu'elle était au 60ème km, son accompagnatrice lui signale que le Papy est au bout du fil. Réponse direct de la Bibi : "Ne me le passe pas, je sais qu'il va m'engu*l*r..." :-)) Cela devient une mauvaise habitude... Après l'arrivée, alors qu'elle venait de m'expliquer au téléphone que tout va bien, elle s'écroule et passe un très mauvais moment... Malabsorption et déshydratation sont les deux mamelles de ses fins de courses un peu "destroy". Les doutes sont arrivés et c'est l'entrée en scène de Philippe Hayer. Persuadée qu'elle serait seule à StFons, elle tente de chercher de l'info réconfortante auprès de coureurs ayant déjà couru le 24h et discute beaucoup avec Dominique Provost, 220kms au 24h d'Uden et 7h55' à StNazaire, rencontré lors du 100kms du Theillay. Le Dom' lui parle de son entraîneur, Philippe Hayer, contact est donc pris... Celui-ci lui propose des plans d'entraînements préparatoires aux 24h. En effet, Bibi commençait à avoir des doutes et son 100kms mal maîtrisé, l'a mis mal à l'aise. J'ai en mémoire encore que dans un message d'interrogation, elle m'écrivit : "pourrais-tu me donner jour par jour ce que je dois faire ?" Ma réponse fut négative, car je n'étais point présent à ses côtés pour respirer son environnement et sentir sa progression... Et puis... Je connais la Bibi, arf... Par contre, lui donner un plan construit à partir de calculs savants tirés d'une feuille Excel, j'ai su faire, mais n'étant pas professionnel, j'ai arrêté depuis fort longtemps. C'est pourquoi les plans de Philipe Hayer furent les bienvenus. Excellente base de travail, ils permettent l'utilisation des outils qui font la force de la Bibi (HTV, Elliptique, Tapis, Vélo, Compex etc...) Par contre, nous avons fortement réduit les volumes qu'une mère de famille de 3 enfants ne peut assumer sans risque de divorce ! ;-))))) Malgré cela, des doutes subsistent... Elle m'interpelle, quelques jours plus tard, pour m'interroger sur l'opportunité de changer StFons pour Brive. Vu le souci qu'elle a connu à StNazaire en filant le train au Shadock et que celui-ci se prépare à nous faire une démonstration de fractionnés/24h, je trouve l'idée excellente, d'autant plus que les meilleures seront là, championnat hollandais annulé oblige, cela nous permettra d'évaluer la différence qu'il existe entre les meilleures et notre Bibi... J'avoue qu'une lueur de défi a fait ciller mes yeux et je m'imagine à ses côtés pour tenter de toucher la barre des 200kms... Vouimé, j'ai besoin de sentir une personne avant de m'engager... Le 4 avril, au retour du Marathon raté de Cheverny fait avec Micro, je passe dans l'Yonne et... Bingo, devant la motivation de la "p'tite", je lui promets de faire mon possible pour être présent le 20 mai à ses côtés. ---- Je me permettrais un petit aparté personnel. Ayant connu deux crash sur 24h (Super bien préparé à Gravigny2000, 159kms/17h, claquage à la 10ème heure et ambulance, en dilettante à StFONS2001, 198kms et 26h en observation aux urgences des minguettes) j'ai récolté énormément de paramètres en poussant mon corps aux limites !!! Il m'a fallu mettre tout cela en équation. Les évolutions heures par heures puis les ionos obtenus furent passés aux cribles de quatre anesthésistes-réanimateurs des hopitaux cités en préambule. J'ai du consulté, avec ces données, une vingtaine de médecins, pharmaciens, ostéopathes, kinés et podologues du sport et la synthèse de tout cela fut très enrichissante. Je tiens à préciser que j'ai la Tarine, ses compétences ou ses équipes, en ligne directe dès qu'une interrogation se fait jour, c'est l'avantage "ménagerie"... Physiquement, je ne me sens pas capable de me relancer sur 24h et je préfère réessayer de battre mes records sur courtes distances. Mais j'ai l'opportunité d'apporter cette masse d'information en faisant une assistance atypique, comme me l'ont appris le Toutou, Linstit et ma femme... C'est pourquoi le challenge proposé par la Bibi devient aussi le mien. Si ses jambes tiennent, je crois que je peux m'occuper du reste... --- Je passerais sur les négociations familiales réalisées, car le 19 mai est mon anniversaire et il fut difficile d'annoncer mon départ... Arf... Ceci écrit, nos échanges avec la Bibi devinrent presque quotidiens, avec une montée de la sérénité se sentant de plus en plus évidente. Pour la première fois, elle acceptait de s'en remettre à quelqu'un d'autre pour une partie de sa réflexion course et notre confiance mutuelle se sentait au fil des lignes écrites. StFons arrive, avec son lot de tests plus ou moins adaptés que la Bibi compte faire. Elle prend un dossard pour être dans la course, garde sa lucidité, va dormir, tente de manger des solides et analyse l'apport d'une assistance. Cela nous apporte des plus et des moins. Les plus seront caractérisés par l'importance que peut avoir une assistance, même pour des Shadocks qui, jusqu'à ce jour, pensaient "dur comme fer" que celle-ci était optionnelle. Les moins par la conviction qu'un 24h pouvait se faire en mangeant beaucoup de solide et de l'eau minérale... Mais la Bibi n'avait fait que 90 kms... ;-))) Malgré tout, c'est avec un sentiment de puissance et de confiance en elle grandissant que la Bibi voyait passer les semaines précédant Brive. Je dois vous avouer que ce sont des impressions extraordinaires de sentir que tout se prépare comme il faut, tout s'enchaîne à merveille sans qu'un grain de sable ne vienne gâcher le plaisir. L'impatience gagna même notre "vedette"... Les Shadocks sont partis en vacances, du côté de la Bretagne il me semble (Skuuuuze si je me trompe) et l'entraînement fut du pur plaisir (sauf qu'elle n'arrive toujours pas, grrrrrrr, à faire du bi-quotidien, autrement qu'appareillée, arf...) *L'arrivée sur Brive* --------------------- Nous voilà le 19 Mai, prêts à partir de Champigny sur Yonne, voiture chargée d'un maximum d'aliments que la Bibi pense ingurgiter durant la course. Le voyage ne fut subjectivement pas très long, car il nous a fallu mettre au point la partie finale de notre stratégie. Et si elle acceptait de se faire diriger, il y avait encore pas mal de point oû nos divergences étaient importantes, que ce soit sur l'allure de course ou l'alimentation. Il m'a fallu un lobbying intense, les derniers jours, pour obtenir un seau de 2,5kgs de Malto (Caloreen p.e.)... Mais en arrivant à Brive, 99% de la stratégie était définie et dans un dernier regard, j'ai compris que je n'avais pas intérêt à cafouiller car elle saurait me rappeler qu'en contrepartie de son engagement je lui avais promis ma rigueur... Après la recherche du dossard ou j'ai testé psychologiquement sa réponse "à mes ordres", nous allons retrouver d'autres personnages tout aussi importants, de cette saga. Bien entendu, le team d'Herbauges, dont nous avons annoncé la présence complété de Philous. Mais aussi, et surtout, deux couples d'amis sur lesquels nous nous appuyerons presque toute la course, les "Glaudes et Loulous"... :-) Claude est le président du club de la Bibi, les PTT d'Auxerre, et il s'est inscrit pour faire un 24h au moins une fois dans sa vie, alors il a choisi de le faire avec la mascotte de son club. Il est accompagné de Loulou, le trésorier, et de Claudette et Francine, leurs épouses. Leur bonhommie, leur bonne humeur et leurs larmes nous accompagneront tout au long de la compétition. L'apéritif s'éternisant, nous nous mettons à table tard... Ceux qui me connaissent savent que ce même soir, l'OM était en finale de la coupe d'europe et que cela s'est mal passé. Je n'ai rien vu, c'est le sympathique kiné d'Herbauges qui, après consultation de son wap, m'informait de l'évolution. J'ai appris, tardivement, que Fabien Barthez était directement à l'origine de notre défaite... Heureusement, le repas fut agréable, les convives sympas et c'est fort tard que nous sommes allés nous coucher. C'est à ce moment-là que j'ai posé à la Bibi, la dernière question en suspend pour sa stratégie... "Tu préfères être Championne de France avec 140kms ou 4ème avec 201kms ?" Comme à son habitude, la réponse fut instantanée... "L'objectif, c'est les 200kms, peu importe la place". Très bien, je pouvais ressortir de la poussière mes plans 220kms établis pour Gravigny2000 qui dormaient et pensait ne jamais ressortir. Je n'ai plus, à la veille de Brive, d'obstacle connu à leur réalisation... Tous les problèmes remontés depuis des années ont trouvé des réponses théoriques auprès du staff médical. Le dernier petit point digestif qui me manquait, trouvera sa réponse dans la panoplie de la Bibi. Ce fut d'ailleurs le plus gros pari de cette course, validé, a posteriori, par les compétences médicales de la Tarine. Il est facile de l'écrire aujourd'hui, mais tous les voyants sont au vert... Le rêve deviendra-t-il réalité ? Fera-t-elle 200kms ? C'est là que se situe toute l'incertitude du sport... **********************************************************************

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3/ La course ------------ A*Les 12 premières heures... Cela fait 10 fois que je regarde ma montre, l'heure du réveil est encore loin. Je sens bien, au bruit que fait la Bibi, que celle-ci est tout aussi réveillée. Je me lève, je vais la voir et nous constatons que nous sommes déjà presque dans la course. Qu'à cela ne tienne, il ne sert à rien de tourner, nous allons tranquillement préparer nos affaires et chacun de notre coté, fignoler notre préparation. Le petit déjeuner se passe dans la bonne humeur avec les "Famous" Pallaruelo que j'avais rencontré à StFons2001 et à chaque Médoc suivant. Ils sont accompagnés de JP Guyomarc'h et de sa compagne. Nous nous installons sur une table, à côté, où deux jeunes hommes, sûrement des randonneurs, semblent un peu tendus et fatigués. Cela rigole beaucoup à la table des bordelais et détend un peu la Bibi, mais nos deux voisins semblent un peu out. Après quelques minutes d'observation, l'un des deux essaie timidement de s'enquérir de notre identité. Mouarf... Je lui confirme bien la mienne inscrite sur mon béret du Zoo, lui présente Bibi et apprend que ce jeune homme timide est bien le Zizou chambreur du forum UFO. A côté de lui est son pote "Coco", Christophe Kuhn, qui joue un peu les matadors, mais qui ne sait pas encore qu'il va être l'auteur d'un des plus beaux feux d'artifices de la prochaine nuit... L'atmosphère se détend et c'est grand sourire aux lèvres que les deux alsaciens nous quittent, soutenant encore à ce moment-là, qu'une assistance en 24h est quasi inutile... Nous en reparlerons mes gaillards... :-))))))) C'est, peu ou prou, à ce moment-là qu'arrive Joëlle Semur, la reine du 24h en France. Bibi se sent toute petite à côté d'elle. Il est vrai qu'elle déroule un palmarès impressionnant, tant au niveau national qu'international. Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, l'annulation de la compétition internationale à laquelle devait participer l'équipe de France, fait que celle-ci sera présente à Brive. C'est vraiment extraordinaire de pouvoir s'étalonner avec les meilleurs et d'évaluer l'écart à combler pour pouvoir, un jour, rivaliser. Cela nous permettra de revoir la Gazelle Chico, dont je conserve un souvenir ému de galère commune à STFONS2001. Un bref bonjour me permet de me rappeler ces Frances 2000 où après un départ canon, Joëlle Semur avait assuré son titre en faisant de la marche rapide. Son style inimitable, puissant et performant, se remarque de très loin. Je conjure Bibi de laisser partir la Reine car elle risque de s'y brûler les ailes. Bibi acquiesce, trouvant que je commence à radoter un peu, arf... Fin du petit déjeuner et départ pour installation de mon stand de ravitaillement. Nous sommes à côté de nos amis d'Herbauges, tout en préparatif. Sur la même table nous avons Claude Marlin, le président de Bibi, accompagné de ses amis. Nous discutons des nombreux paramètres à gérer lors d'un 24h et je remarque bien qu'il est venu sans préparation aucune, juste pour le fun de faire 60kms. Lorsque j'en arrive au point de la préservation musculaire dans les semaines précédent la course spécifique qu'est le 24h, il se décompose un peu en m'expliquant qu'il avait demandé à la Bibi de faire un relais de quelques kilomètres le dimanche précédent. Je le rassurais, alors qu'il s'excusait, car la Bibi savait tout cela et c'est en connaissance de cause qu'elle a pris le plaisir de faire ce relais en étant largement en-dedans. N'oublions pas le paramètre Fun ! ;-) L'atmosphère est bon enfant, les athlètes commencent à piaffer, mais la chaleur n'est pas loin. Il risque d'y avoir de la casse si le soleil tape fort dans l'après-midi, le mur des 200kms risque, dans ces conditions, de ne pas être franchi avec aisance. Premier échange sur la stratégie "soleil" et si Bibi accepte de se mettre de la crème, elle refuse de mettre le T-shirt blanc. Elle va quand même partir avec la casquette type saharienne. Je prépare mes différents bidons (j'en prépare de 3 qualités différentes) sort mon seau de cachets maison type sporténine, mon seau de Malto, range la caisse d'aliments, déploie une impressionante pharmacopée cumul de nos expériences réunies et fait pour la Nième fois le point sur la stratégie. Philippe Hayer me glisse une impression de feuille excel pour saisir les temps de passage de la Bibi... Arf... Je sortais ces fiches en 1988 et aujourd'hui je n'y ai même pas pensé. Merci à lui d'avoir suppléé à mon oubli. Je signale également que le team d'Herbauges a mis à notre disposition son kinésithérapeute Frédéric BALLEIX. Cela jouera peut-être aussi sur le mental de la Bibi sachant avoir cette option à tout instant! Il existe différents points de ruptures, mais les deux que j'ai en tête à ce moment-là sont les arrêts à chaque tour, qu'elle a du mal à admettre qu'elle fera, et sa difficulté à croire qu'elle pourra courir avec de l'eau glucosée en aliment principal. Il va falloir la jouer serré car si elle me déborde dès le début de la course, sa confiance s'effritera, et à chaque tour le doute s'installera. On verra bien si elle se laisse emporter comme d'habitude, par la course... L'attroupement de départ se fait, je rattrape la Bibi pour le dernier conseil "Tente de te caler sur Cyrano, il fait 6' de course/1' de marche et part à 10,5kms/h"... Mouaiffff... Sacré Cyrano... C'est le départ, les coureurs sont partis pour le premier kilomètre, la tension monte pour moi car le premier test arrive... Un coureur apparaît, il doit faire du 15kms/h... Je ne sais pas qui c'est, mais il est du club du futur vainqueur masculin. Au fur et à mesure, le flot s'écoule et j'aperçois au fond la Bibi.... Grrrrrr... Dans la roue de... ...Joëlle Semur !!! :-(((( Elle arrive vers moi, je dois me mettre au milieu pour qu'elle s'arrête. Nos regard se croisent (je peux vous assurer que le regard d'une Bibi en colère, c'est très dur à soutenir, l'énergie est énorme), elle me jauge l'espace d'une micro seconde, qui me paraît une éternité, puis me prend le cachet et boit sa première rasade de boisson... Elle marche, peu, puis repart... Ouf, ce n'est pas gagné, car dans l'assistance la réprobation se fait sentir. J'ai même vu des personnes se réprimer d'intervenir ou manifester bruyamment mon interventionnisme. Je m'isole et me persuade que j'ai 2 heures à tenir comme cela et tout rentrera dans l'ordre. Le second tour arrive, la bibi s'arrête presque d'elle-même puis repart un peu vite à mon goût. Mais au moins elle accepte le protocole... Le souci de la pause régulière étant résolu, voilà que celui du rythme apparaît. La Bibi est en train de me faire le coup habituel de se caler sur quelqu'un puis, après l'échauffement, de tenter de passer devant... Arf... Mais nous sommes sur un 24h, pas sur un 100kms ! En plus, ce sacré Cyrano me fait un tour de cochon, le voilà parti à 11kms/h au lieu de ses 10,5... La Bibi peut se targuer de m'avoir écouté car elle est derrière lui en 10,8Kms/h. Heureusement, elle prend toutes ses pauses. Ce qui me chagrine, c'est qu'elle arrive dans les roues de Joëlle Semur ou de Véronique Jehanno, venue en voisine :-))) Je lui glisse de faire sa remontée tranquillement en 700/800m, elle me réplique qu'il n'y a pas de problème, que c'est ce qu'elle fait... Je galope rapidement de l'autre coté du hall et... Je me rend compte qu'en 300m elle est déjà avec ses nouvelles copines. Il ne me reste plus qu'à implorer la "bonne mère" (Notre Dame de la Garde à Marseille), en espérant qu'elle soit rentrée de vacances depuis hier Soir et la finale de la coupe d'Europe de football. La première heure passe, je me dis que des coups de pompes dans le "derche" de ce sacré Cyrano se perdent :-), le ronron des tours commence à prendre sa routine et je vois avec effarement que la Bibi tourne en 10,8km/h... Mais...Mais... Ce n'est que 300 petits mètres de trop, alors ne nous affolons pas et surtout espérons qu'elle est dans l'allure spécifique si elle n'est pas dans la vitesse spécifique... Je commence petitement mon ballet de complément alimentaire. J'ai encore le temps, durant les 12 premières heures, la Bibi doit courir sur sa "constitution"... On analysera après... La seconde heure est la jumelle de la première si ce n'est... qu'elle est plus rapide !!! Elle tourne en 11 km/h !!! Je sifflote pour oublier cela car je connais la force mentale de la Bibi, et j'ai peur pour sa santé. Je suis là pour lui éviter les soucis qu'elle a de manière récurrente après les grosses compétitions et là j'ai l'impression qu'elle nous fait une "Shadock". D'ailleurs les Zanimoss l'ont cru aussi. Je tapote sur les temps que j'inscris lorsque je me rends compte que si Bibi est à 11 kms/h, c'est aussi le cas de Joëlle Semur ? Je ne la connaissais pas ainsi, il me semblait qu'elle partait beaucoup plus au carton, d'où mon angoisse de voir la Bibi scotchée à ses basques. Or, 11kms/h ou 10,5 pour un objectif haut de 220 et de 200 avec les pauses, c'est tout à fait dans mes normes. Je refais mes calculs... Bibi n'est que légèrement au-dessus, il me faut oublier ses copines et faire ce que je lui avais demandé de faire, me focaliser sur son rythme. C'est peu après le passage de la seconde heure qu'arrive une nouvelle contrainte. La chaleur continuant, je commence à insister pour qu'elle mette un t-shirt blanc... J'obtiens d'abord des grognements désapprobateurs et un rejet total. :-( Mon lobbying, à chaque tour, devient pesant mais au moment où je pense arrêter, elle finit par accepter. Pendant sa pause, elle se change. Ouf... car la chaleur commence à creuser les visages. La bibi connaît des soucis avec le rabat arrière de sa casquette qui se décroche lors du trempage dans la bassine (mauvaise conception de RaidLight) et la pertube. Je le récupère et me fait interpeller par un arbitre pour coaching en dehors des zones. Cela sera d'ailleurs plusieurs fois le cas avant que je ne prenne un arbitre à part pour qu'il m'explique clairement les règles. Cela me permettra d'amuser la galerie lors de récupération de bidon in extremis... Nous verrons plus tard que faire l'andouille peut des fois servir ;-)))) Nous sommes dans la troisième heure lorsque le Shadock me rappelle car il suit sur UFO la course en direct. Légèrement affolé, il me demande si sa femme ne nous fait pas une Shadock. Je tente de le rassurer au vu de mes constatations précédentes, je ne crois pas l'avoir complètement convaincu... J'y reviendrai souvent mais, pour moi, à mon niveau de connaissance, un 24h se décompose en deux parties. Les premières 12h où l'athlète se doit de se conformer aux règles de l'économie en toutes circonstances, avec toute sa lucidité sur les moindres paramètres de consommation d'énergie, tout en maintenant une vitesse minimum. La seconde partie, les 12h suivantes, consistant à éteindre les "incendies" causés par l'usure de la course en étant en alerte constante sur ses points faibles ou risques de casses. Chez Bibi, nous avions relevé une dizaine de points sensibles à surveiller en permanence dans cette seconde partie. Lorsque le moment sera venu, je m'en ouvrirai de deux, car sinon... ce n'est plus un roman fleuve, mais une litanie que seuls les experts pourraient suivre avec attention. En attendant, la Bibi continue de tourner et boucle sa 3ème heure à plus de 11kms/h de moyenne sous l'oeil sarcastique de ceux qui l'ont vue aux 100kms St Nazaire. Le pli étant pris à chaque tour, le dialogue commence à se développer. Bibi se lâche un peu en me donnant ses sensations. C'est ainsi que lorsque je lui fais part d'une 3ème heure au-dessus de 11kms/h, et d'un risque de répétition de scénario noir type StNazaire, elle me répond qu'elle est enfin dans sa course, qu'elle ne s'occupe pas des autres, qu'elle est à l'écoute de son corps comme jamais elle ne l'a été et que... Elle fait exactement ce que je lui demande alors si je ne suis pas content, je n'ai qu'à en discuter avec moi-même !!! ;-))))))))))))) Effectivement, la 4ème heure vient confirmer les dires de notre zanimale... Les positions fluctuent, je ne sais plus qui est devant ou derrière, mais il est évident que dorénavant Bibi court à son rythme. D'ailleurs, la problématique chaleur fait que les pauses sont de plus en plus longues... De plus... Arf... Je m'aperçois que son 41ème tour prend 1' de plus, la tension monte et je la vois en bout des stands. Arrivée à ma hauteur, je lui propose des étirements pour prévenir les courbatures, cause de ce retard... Arf... Je me fais renvoyer dans mes cordes(bis) car la minute de retard était due à un arrêt pipi synonyme d'étirements. Deux bonnes nouvelles d'un coup, je suis aux anges... Pour les étirements mais aussi, malgré la chaleur, pour l'hydratation qui passe très bien... Certains coureurs ont déjà du mal pour avoir négligé de se protéger du soleil. Les autres n'en mêne pas très "large". En effet, malgré la casquette mouillée et le T-shirt blanc, le soleil marque Bibi... Dorénavant, à chaque tour, je m'occupe de bien rafraîchir la majeure partie de son corps à l'aide de bidon d'eau et de pulvérisateur. A chaque tour, je recommence car la température est par moments étouffante. La 5ème heure vient prouver mes écrits par le nombre important d'arrêts et de ralentissements constatés. L'exemple emblématique en sera la Cane (Annick le Moignic) qui passera un 24h à "maudire" cette chaleur qui l'a fortement handicapée... On peut lui rendre hommage car malgré de très grosses difficultés, elle a continuellement gardé le sourire. (Du moins, avec moi ! ;-)) Cyrano commence à avoir des doutes sur sa stratégie de départ, la Gazelle suit son rythme "lent" et se protège, Jaques Gaymay bronze et le paiera très cher, Nathalie Firmin paraît out, Marianne Blangy a toujours sourire et la Buse commence sa bagarre... Chez les hommes, que j'ai du mal à suivre, Loïc Lebon est impressionnant dans sa technique de ravitaillement en vol. Son assistant, plus petit, semble souffrir pour suivre le rythme de son poulain ! L'équipe d'Emmanuel Conreaux est tout simplement impressionnante. Elle paraît vraiment professionnelle et rodée, malgré son jeune âge. Mais quand on regarde le planning de ce coureur, on comprend que son assistance se doit d'être présente... La 6ème heure rend son verdict et la Bibi a "fortement" réduit son allure. En fait, les pauses étant plus longues pour se rafraîchir, la moyenne chute allègrement. Je note quand même que la Bibi est bien dans son trip. A chaque tour, l'état des lieux est fait, les demandes pour les tours suivants sont organisés, ce n'est pas encore la grosse bourre, mais on se tient prêt. Elle commence a exprimer son désir de prendre du solide pour se rassurer, mais on se limite au strict minimum psychologique. Elle est bien, du moins autant qu'on peut l'être après ces heures passées au soleil, et son esprit ne se déconcentre pas. Elle est encore "sous contrôle" ;-))) Nos amis et voisins du club d'Herbauges ont 2 coureurs, le Philous (Philippe Favreau) et Dominique Provost. Ils ont une stratégie bien différente de la nôtre. Bénéficiant des services de Fréderic Balleix au massage, ils sont partis très vite, Philous ayant 1 tour d'avance sur la Bibi et l'Dom' plus de 3 dès la 3ème heure de course. Ils espèrent en la performance de leur kiné pour perdre un minimum de temps pour leur remise en condition. Philous en est à son premier 24h. Habitué des ultras, il aura rapidement du mal à s'adapter au rythme 24h. Il s'arrêtera au massage fréquemment avant de s'arrêter définitivement, le mental ne suivant pas. Il ne s'est jamais départi de sa bonne humeur. Quand au Dom', il part avec de grosses ambitions et ses premiers arrêts au stand montreront qu'il a le couteau entre les dents. Il fut 3ème au championnat de France l'an dernier. Leur stratégie est donc bien différente de la nôtre, je dirais même qu'elle me déstabilise un peu car le doute existe toujours quelque part. Frédéric est prêt à masser la Bibi quand elle veut, cela sera pour nous très rassurant, même si l'objectif est de s'en passer. L'Dom' connaît ses premiers soucis et la 7ème heure le verra rétrograder au classement. La Bibi continue son bonhomme de chemin me donnant toujours, à chaque tour, un état des lieux qui me permet d'anticiper mes préparations. La 8ème heure nous donna à voir les premiers "à-coups" donnés par certains concurrents sentant les difficultés arriver. On connaît la décharge d'endorphine euphorisante qui apparaît avant un gros coup de bambou. Cela se traduit souvent par une accélération de l'athlète avant des moments plus difficiles. Je le note parmi plusieurs coureurs (et coureuses) dont certains titubent même en arrivant vers les stands. La chaleur a vraiment fait des dégâts. Pour la Bibi, rien pour l'instant, si ce n'est quelques grimaces vite effacées par le sourire remerciant les supporters de plus en plus nombreux. Notre premier juge de paix sera le passage au 100ème km qui est programmé dans la fourchette 9h30/10h00 Comme les kilomètres ne correspondent pas aux tours, je ne sais jamais où se situe la Bibi, je ne m'occupe que des temps au tour, pour savoir comment elle se comporte. Le speaker annonce que les premiers arrivent bientôt au 100kms. A la 9ème heure, c'est fait pour Emmanuel Conreaux... Bibi s'en approche doucement, avec un rythme qui s'effrite encore un peu. Il fait encore jour, mais le temps est en train de changer. L'orage va s'annoncer. 9h30' de course, le 100kms n'est pas loin... Les premiers signes de souffrance apparaissent, le long fleuve tranquille est terminé, nous allons faire un premier bilan avant les 12h. Les 100kms sont franchis dans les 9h40', il n'y a quasi pas eu d'à-coups, le potentiel n'est pas encore entamé, les 200kms sont donc à portée de la main (14h pour les faire...) et, cerise sur le gâteau, à ce rythme, la troisième place sur le podium semble tendre les bras à notre Auxerroise... Même si les copines se sont envolées devant, elle est complètement dans la trace désirée et cela nous donne une bouffée d'optimisme pour la suite. Bibi rentre dans les 10 premiers, c'est la bonne nouvelle que nous apprennent les spectateurs... Les spectateurs... Arf... Ayant bien compris que je ne devais passer outre la ligne de ravitaillement, des spectateurs se sont chargés de me le rappeler, gentiment, sous forme de plaisanterie, à chaque tour. Faisant le clown et les interpellant, un lien s'est formé avec eux. Durant des heures et des heures, à chaque passage, ce groupe me donnait des informations, plaisantait avec moi et ne ménageait pas ses encouragements à la Bibi reconnaissante. Je leur ai même demandé de prier la Bonne Mère pour notre favorite. Fatigués, ils nous ont quittés bien après 2h du matin sous la promesse de revenir le plus tôt possible. Ces Brivistes furent présents de 8h du matin jusqu'à la descente du podium, ce fut très très touchant... La dixième heure passe et j'échange un peu plus profondément avec Gilles Pallaruélo. Ce personnage de l'Ultra, que j'ai rencontré à StFons, nous a donné, durant les deux premiers tiers de la course, des informations très pertinentes sur l'évolution physique de tous les coureurs. Son oeil aiguisé m'a permis de mieux cerner la course et de donner des infos plus fiables à Bibi. Nous échangions sur les 12 dernières heures, lorsque je lui fais part de mes découvertes après mon crash de StFons2001. J'ai beaucoup publié la dessus sur Internet et je lui ai fais part de mon souci du passage entre la théorie et la pratique que nous allions faire pour la première fois aujourd'hui. En effet, malgré plusieurs interventions sur le sujet, personne n'a rebondi dessus et je ne sais pas si quelqu'un, avant la Bibi, a essayé cette technique. En réponse à mes interrogations, il m'explique comment il a fait évoluer sa façon de faire depuis quelques années et me donne des détails dessus. Il n'a pas pu aller jusqu'au bout, mon regard intense le fait s'arréter, on s'est compris, on est sur la même longueur d'onde, on a eu les mêmes conclusions et les mêmes solutions. On s'est tapé dans les mains et les quelques mots qu'il m'a dit après m'ont gonflé d'énergie énorme. J'avais l'exemple de la réussite de mon théorème. A moi d'être en alerte permanente pour prévenir toute carence et à Bibi de faire comme les Pallaruélo, d'aller jusqu'au bout sans presque jamais s'arrêter... Merci Gilles... Nous voilà à la 11ème heure, puis à la 12ème ou, de plus en plus, nous nous concentrons, avec Bibi, sur son rythme, ses boissons, son alimentation et ses petits caprices... Attention, caprice doit être pris dans le sens d'une envie exprimée mais pas nécessaire, à combler psychiquement et non physiquement. Le positions fluctuent tellement que nous ne nous en occupons plus. On voit passer Joëlle Semur comme une bombe, très très impressionnante, suivie de peu par Veronique Jehanno. Chez les hommes, le tandem Conreaux/Guyomar'ch donne le "la", mais, à ce moment-là je ne sais pas vraiment qui est devant ou derrière. La Bibi, lors des tours les plus difficiles me répète "200kms! 200 kms!" 12h de passées... La Bibi a presque 122 kms, on est dans un rêve qui se réalise, dans la fourchette haute des prévisions, maintenant, le plus dur reste à faire. C'est à nous de l'aider à concrétiser son rêve, et on sera beaucoup à tenter de le faire, dont Claude qui n'espérait pas jouer un rôle aussi majeur.

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B*Les 12 dernières heures... 12h de course, une Bibi qui tient la route et tous les espoirs permis. Claude Marlin pense avoir rempli son contrat. Il a fait plus de 70kms et il commence à parler repos et sommeil à sa femme Claudette. J'ai déjà réussi à lui faire comprendre que s'il rentrait à l'hôtel (à 50m) on ne le reverrait quasi pas sur le parcours. Alors il continue, difficilement, mais pense se reposer sur le circuit. Claudette pense aller se coucher et leurs amis, Loulou et Francine, pareil... C'est alors que je décide une petite séance de motivation avec mise en perspective de l'impact réel de leur présence. J'arrive a expliquer l'importance énÔrme que le "Glaude" a sur sa mascotte durant cette nuit difficile, rien que par sa présence charismatique. Je montre aux 3 autres leur utilité déjà prouvée les heures précédentes, mais mise en valeur de plus en plus avec les nouvelles demandes de la Bibi. J'en remets une couche après chaque passage de la Bibi et, c'est extraordinaire, ils se rendent compte qu'ils ont aussi, chacun à leur niveau, un rôle à jouer. Visuellement, l'impact "Bibi" se voit dans leur visage et chacun se remet à son rôle avec beaucoup d'assiduité. Claude, souffrant et étant fatigué 2' auparavant, vole de nouveau vers un nouvel objectif, 100kms, tout en remplissant sa part de travail-présence auprès de son athlète. Claudette m'aide encore plus dans la logistique et, avec son savoir-faire irremplaçable, me sort les bons vêtements aux moments les plus pertinents. Loulou et Francine font des aller/retour pour aller chercher tous les aliments désirés par la Bibi. A l'impossible, nul n'est tenu, mais cette glorieuse équipe de l'Asptt d'Auxerre s'éclipsera un minimum de temps pour se reposer et revenir prêter main forte aux moments les plus délicats. P.e. Claude tiendra jusqu'à près de 4h du matin puis, très fatigué et la borne des 100kms avalée, il prendra quelques instants de repos, revenant le premier au milieu du silence inhérant à l'aube matinale. 13h de course, Bibi a commencé à connaître des problèmes de malabsorptions. Elle a tenté de manger une partie de ses aliments comme elle avait testé à StFons... Elle se rend compte que l'analyse qu'elle avait faite ne cadre pas avec la vitesse de course qu'elle a aujourd'hui. Cela l'inquiète un peu. Nous y remédions en augmentant la rasade de boisson énergétique à faible osmolarité et avec divers compléments médicaux. Les différents mélanges que nous avons faits, un peu osés par moment, nous ont posé le risque de surdosage. La Tarine, au vu des éléments que nous n'avions pas oubliés (sic) pense qu'il y en avait peu. Nous avons un peu joué aux apprentis sorciers. C'est peu ou prou à ces instants-là que Bibi commence a connaître ses premiers dérèglements généraux. L'absorption de liquide difficile en est le premier symptôme. Clin d'oeil à Gilles Pallaruelo, on tente la remise en route électrique. Elle avale bien et repart... Avec les spectateurs de Brive, nous commençons une nouvelle prière. Je me positionne, dorénavant, au beau milieu des stands, bras levés, pour que la Bibi me voie de très loin lorsqu'elle finit son tour. Il me souvient, dans les moments difficiles, avoir guetté mon assistance. C'est pourquoi je m'agite... Le tour suivant, je sors la bouteille surdosée malto car le rythme baisse d'un coup. Elle en boit bien, le liquide est de nouveau en place, je suis rassuré pour les minutes qui suivent. En effet, le rythme redevient le même et l'appel aux aliments n'écoeure plus. Par contre, loin de manger énormément comme à StFons, la Bibi, après avoir testé avec le pain puis les barres énergétiques, arrive à ne manger que pour le palais... C'est moi qui lui donne, au début, les 1 ou 2 cuillères de confiture, les 3 pâtes à manger ou la purée... Elle qui aime manger "beaucoup" et "chaud", va, au fur et à mesure se contenter de peu et froid. Le salé est, de plus, mis en exergue gustativement, lorsque c'est froid. C'est donc tout bénéfice... C'est elle-même qui se servira par la suite, je n'agirai que sur la purée que je lui donne dans un bol, sans cuillère pour éviter qu'elle n'en prenne trop. Je ne sais pas vraiment où on en est au niveau des places car je ne prends même pas le temps de regarder les feuilles de pointages qui s'ammoncellent sur la table. Je commence à avoir des soucis de concentration, alors il m'arrive de me mettre devant ma table, bras en l'air, doigts sur les tempes pour me concentrer sur la demande de la Bibi et l'évolution des réserves en cours, des bidons à préparer, des médicaments à sortir et de la pertinence d'une intervention en fonction de son allure. 14ème heure de course et 134 tours de faits. Je ne sais pas ce que cela fait, mais je m'en fous. La Bibi donne des signes de fatigue, non pas dans son allure, mais dans son élocution. Elle commence à avoir mal partout et les yeux se ferment, même si elle n'en ressent pas le besoin avec sa motivation énorme. La moindre tape dans le dos lui tire un regard terrible de réprobation, il faut intervenir rapidement. Musculairement, elle avait réalisé une cure type ACM et prévu divers compléments identiques. Nous ne savons pas vraiment si cela marche, bien que beaucoup de coureurs se servent de cela. Au minimum, comme en homéopathie, cela ne devrait pas faire de mal, et elle s'est appuyée là-dessus avec bonheur. Par contre, de la bonne vieille vitamine C dans un mélange préparé, devient urgente pour passer le cap. Je regarde le chrono pour renouveller les prises et analyse si la Bibi se réveille un peu... Le rythme de course varie peu, mais Bibi retrouve la pêche et réclame à manger. Elle tente un muffin et manque de s'étrangler. Je la remercie de m'avoir autorisé à manger cette excellente patisserie. ;-) 15ème heure, je ne connais toujours pas les positions, par contre, je suis impressionné par la résistance aux coups du sort que peuvent avoir les copines de Bibi... HeubiOne est venu me dire que sa protégée était au massage, genou bloqué... Quelques minutes après, en nourrissant Bibi, je vois passer un avion nommé Joëlle Semur ! Genou Bloqué ? Quel mental pour repartir aussi fort et à cette vitesse-là, après de tels soucis. Quant à Véronique Jehanno, je l'ai vu titubante rejoindre son stand. Grimaçante, elle tente quand même un sourire en arrivant à ma hauteur... 15' après, c'est aussi un avion que je vois passer avec la même tenue. Ces filles sont vraiment très impressionnantes. Je ne m'imaginais pas capable de pousser la Bibi dans ses retranchements si celle-ci connaissait les coups de bambous de ses copines. Je n'ai pas arrêté d'encourager ces filles durant toute la nuit, tellement leur course, leur mental, leur force m'a impressionné et impose le respect. Chapeau Mesdames, vous avez l'expérience et un mental hors du commun. 16ème heure, c'est l'heure où les derniers irréductibles vont partir se coucher. Loulou et Claudette tente de tenir, Claude tourne, mais Francine vaincue a promis de revenir vite. C'est l'heure aussi où les spectateurs quittent le lieu de pointage... C'est aussi l'heure où Bibi rentre dans les 6 premiers !!! EnÔrme... 6ème au scratch à la 16ème heure, après 9h40' aux 100kms, comme me l'a dit Gilles, c'est déjà une course réussie. J'ai vu qu'elle était 6ème car les Brivistes, avant d'aller se reposer, m'ont montrer comment voir le classement "Puce" sur la télévision du chrono... Merci à eux. Il reste 8 heures et la tension monte. On a bien des idées folles en se disant que la Bibi arrivera à exploser les 200kms, mais à chaque fois, notre leitmotiv revient, 200kms, on verra après. J'échange avec Papi... Papi ? Le coach de Guyomar'ch, un personnage, aussi, de ce monde de l'ultra. Il m'explique l'importance des 6 dernières heures et me conseille de ne m'intéresser au classement qu'à partir de là. Il m'explique beaucoup de choses sur la stratégie de course, d'alimentation, de préservation musculaire, etc... Tous ces conseils, je me les capitalise dans la tête (heureusement que mon neurone fripé était body-buildé à ce moment-là) et, lors des moments difficiles, il me donnera, en quelques mots, la redirection vers le conseil qu'il m'a donné et qu'il est temps d'appliquer pour la Bibi. J'ai bu ses paroles... Il m'expliquera aussi longuement comment les "vieux de la vieille" de l'ultra gère leur horaire et il me prédira exactement quand et comment les copines de Bibi tenteront, en fonction de leur classement, de gagner ce championnat. Il a vu juste !!! 17ème heure, on est dans un rêve... Malgré les heures qui tournent, la Bibi ne baisse pratiquement pas de pied, du moins visuellement. Elle se retrouve souvent seule, mais elle est encore et toujours sous contrôle. Pas déconcentrée, elle semble en équilibre, connaît quelques alertes plus ou moins importantes, mais arrive à gérer ses réserves pour tenter de les utiliser au maximum jusqu'au bout. Je ferais une remarque, à ce stade de la course. Je suis impressionné par la capacité de boire de la Bibi. Elle m'avait donné son étonnement devant mon désir qu'elle boive à chaque tour, m'expliquant qu'elle aurait du mal à ingurgiter à chaque fois. Or, à part le second tour, elle a régulièrement bu goulûment et n'a donc pas connu, sauf la dernière heure, de souci de déshydratation. De plus, les "étirements spéciaux" étant réguliers c'est la preuve du bon fonctionnement hydrique. En complément de cela, je parle peu de la soupe... Mais elle fut très présente à partir de la 15ème heure, par son gout salé combiné à son pouvoir hydratant. La Bibi en a beaucoup mangé étant petite (elle confirme, la soupe ne fait pas grandir :-] ), alors depuis qu'elle est grande, elle la boude un peu. Ce fut un peu la nuit de réconciliation. Soupe chaude ou soupe froide, très souvent, elle fut à l'honneur. De plus, j'avais lu sur un post (oignon03 ?) que la soupe permettait de "laver" les muscles, CAD de les "nettoyer" des toxines. Vrai ou faux, cela fut d'une grande aide pour la Bibi... Je tape pour la nième fois dans la main de Chico la Gazelle qui, pour la première fois depuis que je le connais, est parti doucement... Sa remontée dans les classements n'en est que plus spectaculaire. Je ne peux que rendre hommage une nouvelle fois à HeubiOne d'avoir su trouver les mots pour leur faire, à la Gazelle et à Joëlle Semur, appliquer une stratégie bien différente de leur approche initiale. J'ai beaucoup apprécié les échanges avec l'assistant de la Gazelle, personnage au sourire perpétuellement accroché. Transmettez lui mes amitiés... Malgré son sourire, avec HeubiOne, ils sont bien affairés. Ce doit être l'un des moments les plus difficiles pour la Gazelle. Arrété sur sa chaise, les jambes en l'air, son assistance lui passe de la crème Nok entre les jambes. D'où je suis, je vois clairement les zones brûlées. Apparemment, le classement le prouvera, l'intervention fut pertinente et pas trop tardive. J'avoue avoir fortement craint pour notre ami à ce moment-là... Et craint pour madame la Gazelle aussi ! ;-))))))) 18ème heure avec 166 tours, je vais me renseigner pour savoir le kilométrage. J'étais tellement out dans les positions qu'à un moment je regarde les feuilles de pointages de nos amis d'Herbauges puis leur signale qu'il y a des cases non remplis sur celle du Dom'. Voyant leurs réponses négatives, je leur montre que chez la Bibi, c'était rempli. Il me réponde gentiment par rapport à mon air niais, que la Bibi est depuis longtemps devant le Dom'. Plonck ! :-( Alors pour cette 18ème heure, je cherche et vois qu'elle en est à presque 173kms. Je lui signale, elle me répond avec un point vengeur "Yesss... On aura les 200kms..." Je l'espère bien, car nous rentrons dans les cruciales 6 dernières heures ! En effet, je consulte le classement et remarque qu'après les gros pépins qu'elle a eu, Joëlle Semur semble loin (malgré que son assistant soit venu me dire que rien n'était joué) et que la seconde place sur le podium est jouable. L'une des prédictions Papi se met en route. Véronique Jehanno est boostée par son entourage, son mari, en course aussi, tente de faire des tours avec elle, pour tenter de ravir la première place actuelle de la Bibi. Ce fut impressionnant, en moins de 30', Véronique Jehanno repris un tour complet. Heureusement Bibi, imperturbable, ne changea rien à son rythme et m'expliqua, avec justesse, que si Véronique la rattrapait, c'est qu'elle était meilleure, par contre, elle ne changera pas sa stratégie car elle sentait ses réserves juste suffisantes pour finir. Aïe, autant son analyse était pertinente, autant j'ai senti fléchir un peu la "p'tite" dans son expression. De nouveau, son corps était en déséquilibre. Elle avait du mal à trouver goût à tout ce qui se présentait. On tenta le surdosage, qui donna quelques tours de bien-être... Mais... Mais... Mais ??? Je ne sais pas, je doute... Je fouille dans nos pharmacies, à la recherche de l'improbable médicament miracle qui empêchera la Bibi de perdre le contrôle de sa course. On tente moultes choses, un peu dans l'urgence... Sans grand résultat... Je ne crois pas que Bibi se rende vraiment compte de mon inquiétude. Elle contrôle tout à fait sa situation et maîtrise son évolution. Mais moi, qui l'observe tour après tour, depuis des heures, je sais détecter ces petites variations positives ou négatives qui, si on n'y prend pas garde, pourraient annoncer de grosses difficultés. C'est pourquoi je doute à cet instant de la "partie". Vais-je tenter un rééquilibrage ou un liquide protéiné ? Et n'est-ce pas trop tôt pour tenter ce pari ? Un dernier regard dans les yeux pour jauger le niveau d'énergie... Nous tentons le coup puis nous essayerons de palier par la suite avec la mixture vitaminée C... Banco, les paris sont pris. 19ème heure, la Bibi a pu enrayer temporairement la remontée de Véronique, le pari pris semble porter ses fruits, elle a de nouveau des regards plus francs et une meilleure élocution. De plus, elle échange avec sa copine leurs galères respectives lors de quelques tours faits ensemble. Véronique tente de nouveau de repartir, Bibi s'enferme dans son rythme car les dernières heures vont être difficiles... C'est maintenant que je vais vous parler d'un des plus beaux feux d'artifice de ce 24h de Brive. Zizou est venu avec son pote Coco, Christophe Kuhn... Il est passé en quelques heures de la 3ème page du classement à la première, pourquoi ? Il en était à 92kms dans la 16ème heure, maudissant tout ce qui se passe, tentant de se reposer, n'y arrivant pas, traînant son "mal de vivre"... Puis... Déclic... Passage du moteur de 2ch à un moteur de GTI et le voilà à plus de 10kms/h dans la nuit. Incroyable cette explosion de vitesse à cette heure-là. Je tenterais de ponctuer un maximum de ses tours par un encouragement, une blague, une tape dans la main... Mais ce qu'il nous offre est incroyable! Il finira à plus de 163kms dégustant cette dernière heure qui lui a permis d'exploser son record. Que Zizou lui adresse mes plus vives félicitations, ce fut simplement incroyable !!! Dans le même ordre d'idées, "petit coureur" fini très fort lui aussi pour ses 40 ans. Je pense qu'il est capable de bien mieux que cela, il lui suffira juste de croire un peu plus en lui. Ses foulées étaient superbes à la fin surtout lorsqu'il fit quelques tours avec Cyrano (du moins c'est ce que mon neurone fripé se rappelle). 20ème heure, la Bibi approche les 190 kms. Je la sens limite, mais elle est toujours dans son trip des 200kms. Il semble que jusqu'à 200kms, plus rien ne peut lui arriver, mais qu'après il faudra gérer l'atterrissage en douceur, peu importe le kilométrage. Je ne sais plus dans quel ordre nous sommes intervenus pour pallier tous les voyants rouges qui s'allumaient. Il est clair qu'après 20h de course, elle ne peut être aussi fraîche qu'au départ, alors on pallie un peu comme on peut. Les beaux discours stratégie sont oubliés et on décide d'un tour à l'autre ce qui lui permettra de faire un tour de plus... Le retour de l'entourage proche s'effectue. Claude refait des tours et sert de point d'appui, Claudette aide dans les changements d'habits (ouf, car il y en a eu un épique, lorsque j'étais tout seul... ;-)), Loulou et Francine prêts à sprinter jusqu'au ravitaillement récupérer le coca qu'il faut ou la purée nécessaire pour le tour suivant. Ces retours donnent du baume au coeur à la Bibi qui souffre, mais maîtrise toujours en silence. Elle a de nouveau de plus en plus de mal à s'exprimer clairement, mais sa lucidité est peu mise en défaut. Son corps semble couvert de bleus, il lui réclame du repos, mais hors stand, elle ne s'arrête pas encore... Malgré qu'elle m'ait dit plusieurs fois, "ce tour, je marche", ce ne fut pas encore le cas. 21ème heure, les spectateurs sont de retour grand sourire et poche sous les yeux... Ils sont heureux de me montrer que notre favorite est toujours 6ème. Pas pour longtemps, mais quelle importance, les 200kms ne sont plus loin. Je suis impressionné par les tours que fait, par moment, Martine Brelinsky. Cette femme finira avec 180kms, ce qui est un excellent résultat, mais la souplesse de sa foulée et la vitesse qu'elle arriva à donner à ce moment-là furent très agréables à regarder. La Bibi n'en est plus là. Même si sa foulée est toujours économique, elle se bagarre pour conserver son rythme. Pas avec sa pugnacité habituelle, mais plutôt avec une intelligence rare qui lui permet d'arriver vers les 200kms tout en n'ayant pas encore tout donné... Même s'il ne reste plus grand chose. :-)))))) 22ème Heure, et c'est avec le poing vengeur de nouveau, qu'elle franchit l'objectif de base qui était les 200kms !!! Elle laisse exploser sa joie (discrètement, arf...) et le discours est maintenant au plaisir... Il reste 2 heures, je regarde les écarts et tente de la persuader qu'elle est quasiment Championne de France, qu'il lui suffit d'assurer. Après les émotions du passage, je sens Bibi se liquéfier petit à petit... Pour elle, son objectif est atteint, et les fonctions nerveuses qui lui permettaient de tenir commencent à s'arrêter. Avec le discours du plaisir, elle arrive à continuer au même rythme en passant les 205 kms... Il lui reste 2 heures à courir, ou à marcher... Garder son plaisir devient le leitmotiv et elle arrive à continuer de courir. Tout va bien... Jusquà ce que... Jusqu'à ce qu'un officiel en tenue équipe de france m'explique que ce serait bien que la Bibi fasse 220kms. Vous savez, on peut s'appeler Papy, avoir une image internet de sagesse et de recul... Mais on en est pas moins homme ! A ce moment-là, la fatigue aidant, j'ai une réaction d'abruti de première que si j'avais joué au c*n, j'aurais gagné la partie sans problème. Au lieu de ne pas tenir compte de cet avis et de finir sur le plaisir, je m'en retourne à mes bidons et pense en moi-même qu'elle fera ce qu'elle voudra et même 219900 mètres rien que pour cela... Arf... Quelle réaction idiote... Je joue la fin de partie pour la Bibi, elle ralentit un peu, fait un peu de la marche et est déjà dans une phase de pré-récupération. Les quelques tours qui suivent, le rythme baisse, je n'ai toujours pas calculé le prévisionnel escompté, peu importe que cela soit 210 ou 215 kms... Nous sommes à 1h30' de l'arrivée, je pose la question de savoir ce que représente 220kms chez les femmes à Philippe, l'entraineur d'Herbauges. Il compulse son livre et... Gasp !!! Quel idiot je fais... Avais-je besoin de ne pas me renseigner tout de suite ? Les 220 kms sont classés Internationale A. Je sais que cela serait un plaisir pour elle et que peut-être elle sera déçue de ne pas l'avoir... Alerte rouge ! Je regarde ce que j'ai donné dans la dernière demi-heure puis tente de remobiliser tout le monde autour du projet 220... Malheureusement, mes tergiversations précédentes avaient mis la Bibi en position "récup-plaisir". Voilà que je demande de repasser en position "compétition-souffrance". Bonne pâte, elle tente de me faire plaisir et nous arrivons à la 23ème heure en 212kms. Mais la remobilisation n'est plus là, c'est trop difficile, la souffrance trop haute pour un objectif trop flou. Elle repassera, avec raison, sur le mode "cool-plaisir" avec Cyrano puis avec Claude fier d'amener sa protégée jusqu'au bout. J'arrêterais tout après un "tu me gonfles" qui montrait bien l'inanité et l'absurdité de mon action, cela ne sert à rien de continuer. Un quiproquo s'est installé car la Bibi a pensé me décevoir en ne faisant pas 220kms. Je l'ai senti dans certains de ses propos après course et au retour. Qu'elle se rassure, je peux lui écrire publiquement que je suis heureux de son résultat, bien au-dessus de toutes mes espérances. Même si j'avais sorti le programme 220, faire 220 relevait d'un parcours parfait, sans aucune faute ni coup dur, c'est-à-dire quasi impossible. Or, c'est moi qui ai fait la faute qui coûte ces kilomètres manquants, pas elle... Elle a fait son boulot bien au-delà de toutes mes attentes ! Il reste 30' de course, la Bibi est hors contrôle, elle est entourée, félicitée, acclamée, c'est génial et super... Elle n'est pas sure d'être encore la première et personne n'arrive à la convaincre qu'elle a tellement d'avance, qu'elle pourrait s'arrêter. Elle profite et applique exactement la position prise à la 22ème heure. Je la laisse bénéficier de ces instants magiques dont elle se rappellera toute sa vie. La buse me tire de mes pensées avec un nouveau cri de joie. Il est venu m'annoncer déjà qu'il venait de réussir à passer la barre qualificative à l'intégrale de riquet, 170kms. Encore un moment très fort avec cette accolade "d'homme" qui tire quelques larmes. Larmes... Et oui, j'en ai aussi. Ce n'est pas la première fois que j'accompagne quelqu'un dans sa progression, mais pour un titre toute catégorie, oui ! Je commence à ranger les affaires et la pression tombe aussi, les nerfs lachent un peu. La Bibi n'a plus besoin de moi et je me sens bêtement inutile à ce moment. Je la vois faire son dernier tour, sa dernière arrivée au stand, puis sa décision d'arrêter et de profiter des applaudissements. Vite, je m'essuie les yeux car elle titube un peu. Je lui tiens le bras et la dirige pour les derniers mètres. Les félicitations affluent de toute part, on est un peu dans un brouhaha. Elle se met sur une chaise près de la table de pointage pour les 10 dernière minutes. 23h59', je fais signe à Bibi de franchir une dernière fois, la ligne des puces. je la soutiens, le signal de fin retentit et elle s'assoit sur une chaise... C'est fini... Vraiment fini... Et, cerise sur le gateau, TU AS GAGNE !!! Elle a géré son 24h comme une Championne. Elle ne s'est pas fait mal comme sur les 100kms, pas "d'arrache" comme elle sait faire, mais une gestion des réserves jusqu'à 2 heures de l'arrivée puis un atterrissage en douceur pour récolter ce qu'elle n'ose encore croire : Un titre de Championne de France ! Devant les meilleures du moment !!! C'est vraiment un travail d'orfèvre qu'elle nous a offert, les présents peuvent en juger, j'espère que les autres en ont eu conscience à la lecture de ces quelques lignes. Le reste... Contrôle anti-dopage, inconnue jusqu'alors pour nous et qui rétrospectivement nous fait analyser les différentes prises depuis 24h, protocole, larmes, Marseillaise, puis... douche, remerciements au Team d'Herbauges, repas avec les extraordinaires Claude's et Loulou's et retour dans l'Yonne... Dépose de la Bibi dans les bras du Shadock puis retour en Champagne... 44 heures sans dormir... Ouche... Je ne pensais pas qu'une fille me ferait faire un telle performance ! ;-)))))))))))))))))))))))) ***********************************************************************

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4/ Galerie de portrait Pourquoi cela ? Car sous le nom des personnages rencontrés, il est des anecdotes fortes, des regards complices et des émotions qui remontent à la surface. Le souci est que lorsque l'on prend le risque d'en faire une, on oublie toujours deux ou trois personnages qui pourtant ont eu une grande importance dans l'histoire. A chaque fois cela m'est malheureusement arrivé. J'espère en oublier le moins possible cette fois-ci, mais, pardonnez-moi d'avance, cela arrivera certainement. Je classe par ordre alphabétique... Claude et Claudette Marlin -------------------------- Venu quasiment en touriste, pour tâter de l'ambiance d'un 24h et faire quelques tours, il repart avec plus de 120kms au compteur. La joie de voir son athlète féminine avancer régulièrement et filer vers le titre de championne de France l'a porté beaucoup plus haut que ses espérances. Il aurait presque fini au sprint si Bibi le lui avait demandé. Les larmes aux yeux de la Claudette, après une nuit difficile, et ses sprints incessants pour soutenir Bibi dans les dernières heures confirment l'engouement du couple pour la "p'tite". Son expérience de la gestion du sac de sport de la Bibi fut très précieuse. J'ai eu grand plaisir et grand honneur de connaitre ces dirigeants-là. Cyrano ------ La classe... Il s'est rapidement rendu compte qu'il s'était laissé grisé au départ. Le souvenir de sa réussite de StFons ? L'ambiance électrique d'un championnat de France ? Peu importe la raison, il a rapidement su que ces 24h ne seront qu'une suite de balades et d'échanges amicaux sans objectif réel de performance. Son calme et sa sérénité, feints ou pas, tranquillisent toujours le coureur qui est à côté. La Bibi a apprécié les quelques tours de la fin. Il finira dans le même tour que la Cane... Cyril Klein et ses potes, Petit Coureur... ------------------------------------------ Une brochette d'UFOs à revoir dans de meilleures conditions. Ils ont couru les yeux écarquillés pour bien comprendre tout ce qui s'est passé. Les supporters de la lampe magique se sont souvent demandés dans quelle galère ils étaient montés. Mais l'expérience fut très riche, surtout sur le plan humain. Ils verront physiquement plus tard. Quand à petit coureur, il va falloir qu'il prenne conscience de ses possibilités, bien plus importantes que ne le laisse penser son kilométrage. Daniel Robin (le speaker) ------------------------- Mon "pote" de Gravigny... Il m'avait dédicacé mon dossard lorsque je me suis écroulé, claqué, de l'autre côté du circuit et que l'ambulance m'avait ramené. On avait animé le second tiers de ce championnat de France. Lorsque j'étais passé sur mon brancard, devant les officiels, il avait fait lever et applaudir tout le monde, m'arrachant des larmes. Il était là, à Brives, moins pétulant qu'il ne l'a été pour cause "d'impondérables difficiles" de la vie, mais mieux qu'il y a quelques mois. La vie est parfois méchante... Il a beaucoup aidé de coureurs à se surpasser. Emmanuel Conreaux ----------------- Les superlatifs pour cet athlète manque. Une assistance professionelle qui doit être rôdée avec les multiples épreuves qu'il prépare. UN monstre d'efficacité qui ne s'arrête même pas pour se soulager. Il faudra étudier, pour son cas, des couches culottes de compétition. Il a largement gagné en gérant sa course de main de maître. Il serait intéressant de le voir face à un Alain Prual en pleine possession de ses moyens. Gérard Dehu ----------- Je l'ai vu au 24h d'Eppeville, 4 jours avant, plus fringant qu'à Brive. Mais aligner deux fois le tour de l'horloge à si peu d'intervalle, relève quand même de la gageure. Gilles Pallaruelo ----------------- Un personnage haut en couleurs de ce monde de l'ultra. Il se déplace toujours en famille avec ses gamins et, à Brive, c'était sa charmante femme qui tournait sur l'anneau. Je ne sais pas si son résultat de Surgères le satisfaira, mais ses soucis appellent à beaucoup d'humilité. J'ai écrit que nous étions sur la même longueur d'onde pour la stratégie d'alimentation. Or, d'après ce que je crois, celle-ci ne fut pas idoine pour lui. Autrement écrit, la stratégie qui marcha pour la Bibi, qui lui convient habituellement, n'aurait pas marché cette fois-ci... Comme quoi, les certitudes... :-))) Son oeil aiguisé m'a rendu de grands services lorsque je m'interrogeais. Dès les premières heures, il m'a prévu comment allaient évoluer les filles qui tournaient. La nuit a confirmé toutes ses prévisions. Il y a des choses que seul un ultra-expérimenté peut voir et qui m'étaient complètement passées à côté. Merci à lui... C'est dommage qu'il soit "fâché" avec un clavier car il aurait beaucoup de choses à écrire. Herbauges AC ------------ Vous savez maintenant que les plans d'entraînement de Philippe Hayer ont servi de base à la préparation finale de la Bibi. Ils nous ont également offert la possibilité de profiter de leur logistique. Frédéric Balleix, leur kiné était prêt en cas de coup dur pour la Bibi. L'Dom' (Dominique Provost) n'a pas été avare de ses encouragements, même s'il n'était pas au mieux de sa forme. Philous (Philippe Favreau) a bien tenté, mais n'est pas passé sur ce 24h. Va-t-il recommencer ? Philippe Hayer nous a longuement observé, mais, même s'il n'était pas d'accord avec nos options, n'est pas intervenu autrement que par des conseils discrets et toujours intéressants. Ils ont leur part dans la victoire de la Bibi. HeubiOne -------- Tout ou presque a été écrit sur lui sur le forum d'ultrafondu. Je n'en rajouterai pas plus sur ce professionnel de l'ultra. Un championnat qui le ravit, des poulains qui l'enchantent, que demander de plus ? Que les petits soucis physiques le laissent tranquille car il a encore aussi une carrière personnelle à mener. Joelle Semur ------------ La Madame du 24h... Elle en imposait déjà en 2000 lorsque je suis venue y faire mes premières armes. Son palmarès est énorme. C'est pourquoi elle s'imposait comme la favorite. Elle connu moults soucis, aussi bien physiques que mentaux. Il me souvient plusieurs passages devant son stand, sans personne, où elle me prit à témoin de son désaroi. HeubiOne nous parla de ses soucis de genou bloqué. Malgré cela, son rythme, par instant, était époustouflant. Elle m'a fait un parallèle touchant entre ses débuts et ceux de la Bibi, puis la félicita de sa réussite. Merci à elle... JP Guyomar'ch ------------- La course de trop ? On ne saura pas... Il est vrai qu'il fréquente les anneaux depuis longtemps. Mais c'est un ancien boxeur professionnel, il sait se relever lorsqu'on le croit à terre pour longtemps. Que décidera-t-il de faire ? S'il continue, cela ne sera pas que pour de la figuration. La Gazelle ---------- Chico, le modeste, le gentil, le doux, le sympa, l'agréable, le.... Les superlatifs manquent pour qualifier ce "p'tit" bout d'homme qui transpire la joie de vivre et le plaisir du contact. C'est un pur bonheur de rencontrer la Gazelle qui, avec des mots simples, ses mots à lui, vous décrit comment devenir vice champion de France d'une discipline dure, sans fioriture aucune. Il vous expliquera presque que ce n'est pas sa faute, qu'il n'y est presque pour rien... Bravo la Gazelle, pour tout le plaisir que tu sais faire partager autour de toi. L'assistant de la Gazelle ------------------------- Sourire perpétuellement accroché à un visage radieux, je crois qu'il fait partie de ceux qui n'ont jamais ou presque quittés leur poste. Nous avons fait quelques sprints ensemble, au petit matin, pour aller voir nos protégés. Quelques petits chambrages bienvenus ont détendu l'atmosphère lorsque l'heure du verdict final approchait. La Buse ------- Je l'ai écrit, venu pour faire le minima de l'intégrale riquet, avec un entraînement quasi néant pour cause de boulot sur les gros Airbus, il m'a tiré des larmes car il a été très loin au fond de lui pour y arriver. Plus loin que sur le GTC sûrement... Respect pour sa performance, et à la revoyure... Amuse-toi bien avec l'Bouc costaud sur le canal !!! La Cane (Annick le Moignic) --------------------------- La classe(bis)... Une grande dame de l'ultra qui a connu des déboires énormes. C'est sa première tentative sur les 24h, mais elle y a connu les mêmes déboires que sur l'intégrale de Riquet. Un tour, elle passait avec le sourire, un tour c'était pliée en deux (pas de rire). AMHA, une étude plus poussée de ses réactions à la chaleur pourrait lui ouvrir la porte de compétition dans un meilleur confort. Je pense qu'elle sait analyser, même si, après ce 24h, le découragement fut sa première réaction au "coup de chaleur". Elle trouvera, et lorsqu'elle trouvera... :-)))))) Le Chamo (www.ultrafondus.com) ------------------------------ Caché derrière son ordinateur pour donner aux UFOs toutes les informations en direct, il n'a pas ménagé ses encouragements à la Bibi. Sa voiture lui a rappelé qu'elle n'était pas encore Ultra :-( Qu'importe, son magazine est de qualité et le nombre d'abonnés doit encore grossir ! Léonard ------- Vif, alerte, joyeux, il s'est peu à peu enfermé dans son 24h. Fallait-il qu'il arrête ou pas, peu importe, l'important est que d'après ses écrits, il ait quand même pris un peu de magie de cette nuit de l'ascension. Loïc Lebon ---------- Impressionnant dans l'aire des stands... Son assistant doit être un expert des ravitaillements en vol. Il est parti fort... Trop fort ? Loulou et Francine Buton ------------------------ Alter égo des Marlin, dirigeants du même club (PTT d'Auxerre), ils sont venus en spectateurs. La métamorphose en acteur fut extraordinaire. Au fur et à mesure du temps qui passait, leurs bras se sont multipliés. Il me souvient Loulou, sur sa chaise, prêt à s'endormir la tête de côté, se battant comme un beau diable pour tenir sa prommesse d'être réveillé à mes côtés. Il a accepté de se coucher de mauvaise grâce, se rendant compte qu'il ne serait plus performant. Il est vite revenu, vaillant comme au début. UN grand plaisir que fut aussi leur rencontre, avec des discussions FFAiène qui m'ont rappelé le temps de Spiridon... ;-))) Marianne Blangy --------------- Je l'ai connue à StFons2001, beaucoup moins performante qu'aujourd'hui... Elle aligne les ultras, sans jamais se départir de son sourire et du petit signe amical de la main. MMI et Djorha ------------- Un lutin sautillant de sa boite... Il paraît qu'il a un super DVD à nous montrer. Je l'attends avec impatience. Je me demande, quand même, comment il va tenter de rendre haletantes, certaines images qui pour un profane risquent d'être lénifiantes. Un gros challenge l'attend ! Belle récupération après le 24h d'Eppeville... Mais... Avait-il forcé ? ;-))))))))) Le pendant calme du MMI est heureusement là pour ne pas qu'il pète un fusible toutes les 30". Djorha lui transmet sa sérénité. En plus, c'est un véritable laboratoire de recherche alimentaire pour coureurs ultras. :-) Elle s'est occupée de la Cane dans ses moments difficiles. Papi ---- Il est venu un peu sous la contrainte. Compagnon de longue date de Guyomar'ch, c'est son assistant-entraineur-infirmière-cuistot-nounou. Même lorsque Jean Pierre était encore pour la gagne, il grognait que ce n'était plus de son âge de faire de tels extras. ;-) Par contre, très tôt, il s'intéressa à la Bibi, me donnant ses rythmes, me demandant des explications sur la stratégie, me confortant dans certaines options et m'interrogeant sur l'opportunité d'autres avec toujours des exemples concrets à l'appui. Lorsque l'on s'est posé la question du titre et que Véronique Jehanno joua son va-tout, il nous rassura, chronomètre à l'appui et conforta la Bibi dans son rythme. Il eut un oeil intéressé sur l'évolution de la Gazelle à qui il ne ménagea pas non plus ses encouragements. Un puit de connaissance pour tous ceux qui ont envie d'en apprendre sur l'Ultra à la manière de JP Guyomar'ch. Véronique Jehanno ----------------- Elle a connu beaucoup de coups durs. Je ne sais pas pourquoi; par contre, ce que je sais, c'est que lorsqu'elle était lucide, un petit sourire illuminait son visage à chaque passage. A certains moments j'ai même cru qu'elle allait tomber. Mais quand le mental revenait, elle avait toujours le petit mot pour me confirmer qu'elle allait s'accrocher et repartir. Elle m'a époustouflé, en particulier lorsqu'elle m'a lancé un "merci, mais tu vas voir encore mieux..." J'ai vu qu'en 30', elle avait repris plus d'un tour à toutes les filles... Son regard fort, et son "tu as vu ?" m'ont imposé que je l'applaudisse. Elle a eu plus de mal, par la suite, manquant un peu d'assistance pour la relancer. Elle a eu des mots très amicaux pour la Bibi, la félicitant de sa performance. Merci à elle... Yves Delaby et Jacques Gaymay ----------------------------- Les frères siamois du nord de la France, inséparable... :-) Héroiques... Yves a toujours eu, à chaque tour, le clin d'oeil ou le signe de la main pour me faire comprendre qu'il était toujours dans la course. Plus de 200kms, sans assistance, c'est un excellent résultat. Son pote Jacques n'a pas connu la même réussite. Il est arrivé fatigué et a payé cher quelques courses de trop. Nul doute qu'il reviendra après avoir analysé son échec, comme il le fit sur le Sparnatrail. Zanimoss -------- Comme toujours, présents à nos côtés... En premier lieu, bÎsÛr, le Shadock qui n'a pas du beaucoup dormir et qui n'en croyait pas toujours ses oreilles des nouvelles qui arrivaient. Sinon L'Blueb' et l'Electron (au moins) par téléphone et toute la communauté, prête à se baffrer à l'IGN, qui a retenu son souffle pendant 24h. Zizou et Coco ------------- Arf... Très tendus avant la course, ils sont repartis, AMHA, avec une besace pleine de nouveaux enseignements qu'ils sauront mettre à profit, au moins à Mulhouse. Il leur faudra encore motiver des proches pour avoir une assistance qui les boostera dans les 180kms !!! J'ai bien écrit 180kms, même si cela sera plus difficile pour Zizou que pour Coco... ** UN "special thanks" pour : ** Les spectateurs brivistes ------------------------- La surprise du chef... Notre "couple" a beaucoup ému quelques spectateurs brivistes qui n'ont pas manqué de nous le faire savoir. Applaudissements et encouragements pour la Bibi, interpellations, admonestations (quand je risquais d'être hors zone), conseils et renseignements sur la course à mon adresse. Ils nous ont quitté très tard (très tôt plutôt) et sont revenus dès les premières lueurs. Ils étaient encore dans le public lors de la remise des prix et sont venus nous embrasser au pied du podium. Il m'étonnerait qu'ils lisent ces lignes, mais, au cas où, grand merci à eux, pour leur gentillesse et leurs encouragements constants ! Et, ne l'oublions pas, c'est quand même grâce à elle si vous êtes là !!! ------------ BRIGITTE BEC ------------ Je tenterais de faire sobre, elle sait ce que je pense d'elle. Je la remercierais simplement de m'avoir permis de participer à cette aventure, de m'avoir montré que c'était possible, que mes théories d'amateur n'étaient pas que des élucubrations de vieillard derrière son écran. :-))) Elle a ouvert des portes à d'autres, fait espérer les plus humbles. C'est déjà formidable. Merci... *********************************************************************** 5/ Conclusions et projections.

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Ouf... J'avoue que j'arrive un peu fatigué sur ce chapitre, et pourtant, il y en aurait encore des lignes d'analyses à tirer de ces quelques heures sous le ciel briviste. Je ne reviendrai donc, brièvement, que sur les 2 paramètres prévus. Parmi nos objectifs, il y en avait 2 importants, la qualité musculaire et la digestion. Bien entendu, tout ce qui suit est ANHA (A Notre Humble Avis...) Pour réaliser 24h quasi sans s'arrêter, point n'est utile d'avoir un énorme moteur cardiaque. En effet, pour tourner à 10kms/h pour finir à 8, il n'est pas nécessaire d'engranger un entraînement de "romain". Par contre, ce qui limitera le coureur, c'est "sa destruction musculaire". D'où l'importance d'arriver à la compétition, le jour J, avec des muscles dans le meilleur état possible. C'est la destruction musculaire qui vous ralentira, bien avant vos possibilités cardiaques. C'est pourquoi, dans les semaines précédant la compétition, l'utilisation d'outils portés comme le Vélo, l'HTV, l'Elliptique ou autres (certains font du rameur) permet de moins "casser de la fibre". Malgré cela, comme écrit précédemment, la Bibi est quand même allée avec ses copines de club, gagner un relais le dimanche avant. Ce fut soft et fait en connaissance de cause. L'euphorie de la victoire et la convivialité de ce rendez-vous ont apporté des "choses" que la science ne sait pas encore décrypter. Elle a détruit du muscle, pas reconstruit le jeudi suivant, sans dommage apparent... :-))) Pour réaliser 24h quasi sans s'arrêter, il est aussi nécessaire de bien passer sur le plan digestif. Plus que l'exemple de la Bibi, déjà détaillé, c'est celui de la Gazelle qui montre encore l'importance de ce paramètre. Chico était régulièrement gêné par des soucis de malabsorptions, et en avait pris son parti. HeubiOne l'a bien "travaillé" au corps et je fus agréablement surpris de le voir régulièrement se ravitailler sans, à priori, ses gros soucis habituels. C'est très important dans la progression d'un coureur d'avoir un stand bien en rapport avec ses capacités personnelles d'absorptions. Et maintenant ? La Bibi a un mois pour se remettre et fêter son titre. Elle va aller avec ses copines au championnat de France des 10kms où elle devrait, pour le fun, se dépouiller un peu... Pour la suite, elle a le temps d'y réfléchir, lorsque le soufflé sera un peu retombé. L'équipe de France pourrait être sa prochaine étape, avec les championnats du monde et d'Europe. Ou alors le Spartathlon ? Nul doute qu'il y aura du monde pour la conseiller, à elle de faire son choix. Je serai là pour l'écouter si le besoin s'en faisait encore sentir... Fin de ce "court" compte rendu des championnats de France des 24h, vécu de l'intérieur... L'Papy_kissen_retourne_bosser PS: Pour le "cassage" de fibres, je viens de donner au trail de la vallée des lacs à Gérardmer. 5 jours après, malgré vélo, CAP et repos, j'ai toujours mal... Fait ce que je te dis, pas ce que je fais... Arf...

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