Récit de la course : 200 km Marche de Bourges 2008, par THANRON BERNARD

L'auteur : THANRON BERNARD

La course : 200 km Marche de Bourges

Date : 1/3/2008

Lieu : Bourges (Cher)

Affichage : 2291 vues

Distance : 200km

Objectif : Pas d'objectif

2 commentaires

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Le récit

Championnat de FRANCE des 200km et de GRAND FOND féminin 170km
BOURGES… devant la beauté du championnat, la lune rougissante s’éclipsa.

… 3 mars 2007, ce soir-là, à la verticale du plateau d’AURON, la pleine Lune régnait sur marcheurs et équipiers.
Nous retrouvâmes avec joie Sandra et Richard, les BROWN, ce couple britannique qui nous avait donnés l’envie de tenter l’aventure du Colmar à 2 en 2002. Pour la postérité, la photo des deux couples enfin réunis a été prise.
Après une huitaine d’heures de compétition, du bord du circuit, Emmanuel TARDI m’interpella au passage afin de me rappeler la splendide éclipse lunaire qui se déroulait au-dessus de nos têtes. Concentré, mais ne voulant pas rater le spectacle, j’entraperçu de quelques oeillades ce phénomène astrologique rare et beau. Ainsi me permit-il de décontracter mes cervicales tout en marchant. Autant joindre l’utile sportif à l’agréable visuel. Ici, lever les yeux au ciel, était signe de plaisir. Merci MANU.
La veille, toute l’eau du firmament était tombée sur nos têtes. Dominique PLEE nous avait informés de l’alerte rouge inondation mise sur la région. Dans la nuit, la rivière AURON monta vitesse grand V puis stoppa sa progression. TARANIS protégeait les marcheurs Amérindiens, Belges, Brittons, Gaulois, Helvètes, Slaves, venus se confronter sportivement au pied de l’oppidum de BOURGES.
51 hommes 19 femmes et 4 équipes étaient au départ de ce championnat de FRANCE de Marche de Grand Fond. Les conditions météo étaient réunies pour une réussite totale de l’épreuve. Cela fut pour le bonheur de tous.
Le Hussard persévérant Raymond BAUDOUR, entouré des pyrénéens, franchit la barre magique des 170 km. La reprise de Cédric DOUBLET, après un long temps d’absence, fut un vrai cadeau. Je découvris un Francis GAUZE avec 160 km. Ces pyrénéens sont costauds!
Pour sa 1ère année de marche, issu de la course à pied, sans entraînement spécifique ni sévère, Christian RENONCOURT l’endurant, entrait dans le monde des 24h marche avec 138 km. Arrêté à DIJON sur une invasion d’ampoules, la nuit de l’éclipse lunaire de BOURGES lui a été favorable. Bienvenue ! Christian se préparera pour ROUEN avec 150 km pour objectif. Petit à petit le marcheur fait sa route.
Peiné, je fus témoin du désarroi de Serge GEORGELIN le breton, en défaillance.
Pour son 1er 24h, dans sa 75ème année, Jean PICHON parcourait plus de 156 km. La Marche n’est-elle pas LE grand sport idéalement praticable dans le temps sans traumatismes conséquents, avec des résultats étonnants vis-à-vis d’autres sports éphémères et polémiques soumis à la mode du voyeurisme télévisuel ? La Marche Athlétique fait partie de la famille des sports de courageux.
En tête, Christophe ERRARD conservait son titre après une belle lutte avec son dauphin. Thierry HEINRICH ayant chanté une bonne partie de la nuit fut enchanté de sa 3ème place tricolore. Alexeï RODIONOV fêta son anniversaire avec une superbe 3ème place au scratch. Lors des dépassements, Alexeï me taxait d’un allez Bernard ! Il en fut de même du grand Gilles BELLOIR un autre breton, Daniel DIEN l’arverne, Alain GRASSI le normand, Pascal MARECHAL, Francis HARBULOT le burgonde. Les équipiers d’autres marcheurs me soutenaient. Merci à tous ainsi qu’à Sylvie MAISON après son arrêt. Tout mot d’encouragement pris au vol et engrangé, renforce le marcheur à tenir et tenir encore pour la réussite finale. Et quand les dames s’en mêlent, le moral des hommes se sent des ailes !
Au 42e km, Anne-Marie MESMOUDI me rejoignit. Nos souffles décalés complétés d’une concentration extrême nous permirent de rester quasiment un tour côte à côte. Anne-Marie me fit gagner 300 m à l’heure…sur son tour, puis je la vis s’éloigner…soufflant et rythmant à souhait, je lâchais prise. Ces minutes furent intenses.
Dans la nuit, Kora BOUFFLERT, métronome implacable, me passa en disant avec humour : je me suis endormie…Elle filait simplement vers le titre. Je me dis que j’étais bien prêt à m’endormir à son allure pour atteindre mes 180 km. Un restant de rhume et deux ampoules pernicieuses en décidèrent autrement. La joute Kora Anne-Marie fut majestueuse, l’une chassait, l’autre contrôlait ses arrières, impressionnante de lucidité. Dans leur sillage suivait, flegmatique, à l’affût de la moindre faiblesse de l’une des deux, missize Sandra BROWN la très british londonienne marcheuse au très simple ravitaillement de cheddar, chocolat, accompagné d’un peu de thé des pentes himalayennes, sans aucun doute. Au vu du résultat, cela lui réussit bien, doesn’t it ?
Je découvris Corinne DOLS de FEYZIN. Par sa 12e place aux mythiques 100 km de MILLAU en 2002, je compris sa performance en territoire berrichon. Même sentiment pour l’américaine Dorit ATTIAS qui par la passion sportive des techniciens de chez DECATHLON put s’élancer sur l’épreuve et réussir un superbe parcours avec des chaussures à peine rodées, comme quoi…
Pierre SPEMENT, équipier internaute de Pierrodile, avançait assurément vers les 150 km avec Odile DELEVILLE, l’essai-plaisir de marcher ensemble a été légitimement transformé.
Un contrôleur de circulation en manches courtes, posté au bas du boulevard de l’industrie m’encouragea toute la nuit d’un bon mot, d’un pouce en l’air, d’un bravo, me permettant d’entamer sereinement la grande ligne droite du retour requinqué par ce nouvel équipier.
A l’aube, un écureuil furtif traversa le boulevard pour se réfugier dans un jardin et m’observer passer. Ils sont fous ces humains ! et Maryline PLEE l’albinienne tournait, tournait. Quelques riveraines de la longue rue Barbès ouvrant leurs volets nous saluaient. Jean-Pierre LANJOUERE l’aulnaysien photographiait tant et plus à épuiser les batteries de son numérique.
Quant aux urineurs du milieu de la route, honte à vous ! Messieurs un peu de respect et d’humanité envers celles et ceux qui passent et repassent sur vos traces. C’est moche et ça pue. Les poteaux, arbres et autres recoins ne sont pas faits que pour les chiens et ne me dites pas que 30 secondes d’arrêt altèrent votre performance. Pensez aux passants, témoins de ces comportements indignes de la Marche. Nous représentons un trop beau sport pour en salir l’image. Voilà, c’était mon coup de gueule.
BOURGES, réussite des uns, déception d’autres. La marche athlétique est l’examen permanent et lumineux de notre état physique et mental. Si les deux ne sont pas chauffés à blanc, malgré un dossard qui nous galvanise, l’ombre du revers se profile sur nos pas.
Sous l’œil bienveillant de BELENOS, les podologues traitèrent les ampoules comme il se doit, les kinés et secouristes relancèrent plus d’un marcheur en douleurs. Merci à tous.
Les équipiers ravitailleurs eurent fort à faire. Les sirops MONIN de BOURGES nous offrirent gracieusement une bouteille de fraise pur sucre. Pour me régénérer, j’y ai déjà goûté : delicious !
La Marche bouge bien à BOURGES. Merci à l’US BERRY, ses représentants, les bénévoles.

Bernard THANRON
marcheur décriveur de sensations



2 commentaires

Commentaire de robin posté le 19-03-2007 à 14:40:00

bonjour,

j'ai bien aimé le ton de ce compte-rendu. Ce n'est pas souvent que nous sommes plongés dans l'atmosphère d'une épreuve de marche.

Merci

Robin marcheur que dans les moments de moins bien

Commentaire de Say posté le 20-03-2007 à 10:53:00

Je me disais bien que la marche n'était pas aussi facile que ce qu'on veut bien nous en montrer à la TV. C'est un vrai et beau sport.

Merci pour ce récit et si tu en as d'autres, n'hésites pas!

A+

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