Récit de la course : Courmayeur - Champex - Chamonix 2006, par GrosNec

L'auteur : GrosNec

La course : Courmayeur - Champex - Chamonix

Date : 25/8/2006

Lieu : Courmayeur (Italie)

Affichage : 1811 vues

Distance : 86km

Matos : matos obligatoire
sac Osprey 12 litres
batons

Objectif : Terminer

1 commentaire

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Le récit

1
Préambule
Première rencontre


Tout a commencé avec la SaintéLyon.
L’année dernière je m’étais mis en tête de faire cette course un peu comme on envisage d’accomplir un rêve issu des nombreux récits de montagne que tout jeune je dévorais pour tromper les périodes de mauvais temps habituel des Pyrénées.
Je m’inscrits comme randonneur et ollé c’est parti. Au début c’est bien parti plus tard je me suis calmé car mes chaussures trop vieilles et surtout trop justes me donnent des ampoules et puis les ampoules me déséquilibrent et je finis par avoir une tendinite. Quand j’arrive sur Lyon je peux à peine lever les pieds pour monter les trottoir ; mais qu’on donc les lyonnais à faire des trottoirs si haut ? Ils craignent les crues ou quoi ?
Bon le trail ça ne s’improvise pas.
Cette année, conquis et totalement sous le charme je me suis mis au trail. Une petite sortie ‘’off’’ sur Auxerre Vézelay et la grande aventure sur le Courmayeur, Champex, Chamonix où tout a basculé.
Je ne pouvais pas me douter où cela me mènerais.

2
On va plus loin dans la relation


Lors du CCC, bien cassé par un départ que je n’avais pas envisagé aussi rapide, ayant basé mon entraînement sur une vitesse d’ascension rapide pour un randonneur, je m’étais retrouvé en milieu de peloton au refuge Bertone en me demandant vraiment ce que je faisais là. Deux verres d’eau et un gâteau avec lequel j’ai failli m’étouffer et je plonge dans la descente comme s’il fallais à tous prix arriver le premier au toilettes qui sont en bas. Dans la phrase course autours du mont Blanc j’avais simplement occulté le mot course.
Au bout du moment je me dis que il faut mettre de l’ordre dans mon trail si je veux arriver au bout. Je m’arrête donc pour reprendre mon souffle et je décide de partir à mon rythme, sans tenir compte de ceux qui sont devant et de ceux qui poussent derrière.
Au détour du chemin je tombe sur un grand gaillard en train d’échanger son sac avec un autre pour de repartir aussitôt. Sympathique l’ambiance sur le trail on peu faire des tests de matos où quoi ?
Ça repart un peu mieux pour moi jusqu’au refuge Bonati repas rapide, remplissage d’eau et souffle. Ouf je reprends confiance d’autant plus que je vois que ça semble dur pour d’autres.
Au passage je retombe sur deux autres concurrents qui échangent leur sac ; c’est une coutume ou quoi ? C’est pas tout mais il faut songer à descendre c’est qu’il faut monter le grand col Ferret. Un vieux montagnard comme moi c’est pas ça qui va lui faire peur moi je monte des montagne alors vous pensez un col…
J’aurais mieux fais d’y penser, ma doué, comment j’ai souffert. Heureusement que ça descend dur derrière, je vais me refaire une santé par chance je suis un bon descendeur.
Et ça descend, ça descend mal aux cuisses mais je récupère un peu et je fini par me stabiliser dans le flux des coureurs je me fais moins dépasser et je dépasse même. Je reprends confiance. Les deux testeurs de sac sont derrière moi et ils discutent pour passer le temps :
Ils ont bien la forme pour causer autant mais je ne comprends pas un mot de ce qu’ils racontent trop attentif à la descente pour pas me viander avec brio, ou tout seul.
Ouf la Fouly je vais pouvoir manger du salé et boire une bonne soupe. Le chemin qui suit est plus proche de la chute que de la promenade ça glisse et il ne pleut pas. Pourvu qu’il ne pleuve pas.
Suivent alors des étapes de D- et de goudron. Je les passe avec un peu de brouillard dans la tête. La nuit tombe doucement sur le mental les muscles et les bûches bien rangées contre les maisons Suisse. Dans un village calme qui semble vide, dans un tournant je tombe sur un papi jovial qui encourage les coureurs en levant sa canne, super sympa.
Des sentiers pleins de cailloux où roulent les pieds (sans doute pour ça qu’on dit que se sont des sections roulantes) puis des montés et des descentes bref tout ce que je suis venu chercher sans doute.
Enfin Champex sa tente et ses menus où je me pose enfin pour manger même si je n’ai pas très faim et soigner mes ampoules pour les massage je juge que l’attente sera pire que repartir donc je repars.
Je me retrouve tout seul pour la première fois depuis le départ tout seul dans la nuit et dans la forêt.
De toute façon je me suis bien rendu compte que le trail c’est seul qu’on le fait. Avec plein de monde mais seul dans sa tête. Ça c’est une découverte. Les autres sont là, quelque fois attentifs et prévenants mais je me retrouve seul dans ses pensées avec mes petits ou grands problèmes à gérer et mes choix à assumer. C’est sans doute ça qui est le plus génial. Je me sens terriblement maître de mon destin, de mes difficultés, et de mes décisions.
Suivent des montées et des descentes qui font mal aux pieds et au moral. Je fais des rencontres flash avec des gens dont je ne connais même pas le nom et pourtant c’est comme le Porsalut, c’est écrit dessus et nous échangeons des propos super intime comme ça sans fioriture et sans préambule. C’est magique et ça fait du bien.
Petit à petit Chamonix approche, après la terrible montée des steppes en fait pas si terrible, j’ai le très net sentiment que quoiqu’il arrive je passerais la ligne.
L’argentière, tant de fois j’ai lu ce nom sur mes bouquin de montagne que même avec la fatigue je me prends à rêver, en plus nous suivons le petit train sauf que nous on monte plus que lui, c’est pas juste.
Dure cette dernière étape je fais trajet commun avec un garçon jusqu’à Chamonix dans la ville un ami le rejoint et je passe devant sans en avoir envie ça me gène un peu j’ai l’impression de faire la course pour passer devant lui, je l’attends un peu mais il papote tellement avec son pote que je laisse tomber et je passe la dernière ligne droite quand j’aperçois mon Tireuil perso à moi qui m’attend avec son nikon et un gros bisou. La douce prend le pas sur le reporter, ouf c’est la fin.
Vite mais pas trop la douche et le massage.
Trop de la balle et tout et tout.
Prochaine étape : le tour complet.
A suivre…

1 commentaire

Commentaire de Kiki14 posté le 10-11-2007 à 13:42:00

merci pour tes récits ....c'est un bon petit moment de les lire...

A + et BRAVO

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