Récit de la course : Le Sentier des Bouzèdes 2022, par Petramala

L'auteur : Petramala

La course : Le Sentier des Bouzèdes

Date : 7/8/2022

Lieu : Genolhac (Gard)

Affichage : 173 vues

Distance : 11.7km

Matos : Maillot rose Montpellier Reine
Short MHSC
Asics GT 2000/2

Objectif : Terminer

2 commentaires

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Le sentier des Bouzèdes

 

Le sentier des Bouzèdes

 

Passer du Gard à la Lozère, par un sentier millénaire, qui grimpe sans se soucier des épingles de la route : tel est le parcours du trail devenu le défi cévenol du mois d’août, depuis que Gilbert et René (et consorts), qui sont là ce jour d'hui, ont relancé cette course, il y a près de trois décennies. Jugez plutôt : 11.7 km et 950 mètres de dénivelés, sans un soupçon de descente. Avec la chaleur estivale, en sus. Et dire que le Luech, calme et tiède, ferait de cette matinée un havre idéal…

 

Le départ est donné sur le Colombier, à Génolhac, et nous prenons le même élan que cent trente-quatre autres insouciants, coincé entre Bernard, très concentré, et Sébastien, encore enthousiaste à ce stade de la compétition. Les premiers hectomètres annoncent le calvaire : immédiatement, après l'ancienne maison Canonge, puis la pharmacie, ça monte sévèrement. À l’entraînement, nous empruntons habituellement ce passage en sens inverse ; par là, c'est autant redoutable. Le premier kilomètre est adossé au Pèlegris, ère boisée au-dessus du village. Les uns plantent déjà les bâtons dans le sol, les autres cherchent leur rythme entre la marche et la course, comme Nassera, qui semble décidée à ne pas ralentir. Nous tentons de ne pas marcher, pendant les trois premiers kilomètres. Ce n’est pas toujours facile, nous nous adaptons un peu à la vitesse de ceux qui nous précèdent, mais surtout à la difficulté de la pente.

Nous traversons quatre fois la route, arrêtant les voitures qui montent jusqu’à l’arrivée. Surprise : nous reconnaissons d'elles !, mais le co-voiturage n’est autorisé que pour le trajet retour. À coup d’éponge sur la nuque et de gorgées d’eau, nous essayons d’oublier la rivière qui promettait un programme moins ambitieux. Devant nous, Matthieu s'arrête à peine, il trace bien, avale la montagne à chaque mètre, sans doute musclé par quelques sorties sur les flancs vallonnés du Sundgau…

Au quatrième kilomètre, nous sortons de la forêt. Plus une ombre. Mais la montée est magnifique, la vue sur les silhouettes de la montagne cévenole est une véritable aquarelle. Il faut faire attention, le sentier devient de plus en plus caillouteux. Le décor est un amas de galets, d’osselets déposés par Gargantua, naguère. C’est assez merveilleux, silencieux. Même la vitesse d'Anne-Marie, de Maryse et d'Émilie, que l’on commence à rejoindre, n'agacent pas ce silence apaisant en fonçant vers la cime.

Les ravitaillements sont nombreux. Vraiment nombreux. Il y a Jean-François, abrité dans le seul passage sous les arbres du tronçon qui mène du côté du belvédère. Nous entamons un long parcours en lacets, isolé du groupe doublé un peu plus bas et e celui des plus rapides que nous apercevons, parfois, au-dessus. Au col, c’est la fête, le groupe qui attend la file qui serpente depuis plus de six kilomètres, plaisante : il commente cette histoire de jolie statue érigée non loin, l’an passé, toujours là, malgré les hivers rigoureux. La sorcière des Bouzèdes ?

Les Bouzèdes, enfin, nous passons en laissant le hameau tel qu’il est là depuis des centaines d’années. Un peu plus loin, un groupe de spectateurs nous encouragent ; les enfants martellent une ambiance extraordinaire : ils nous assurent que nous sommes, à cet instant, en tête de la course. Crédule, nous profitons de cette gloire éphémère.

Entre le sixième et le septième kilomètres, une pause : le chemin est presque plat, on peut courir comme sur une course « normale ». La nouvelle est de courte durée : du septième au huitième, le raidillon marque à nouveau le relief. À la fin de la partie la plus dure, Raymonde et André servent un dernier verre, indiquent qu’il ne reste plus que trois kilomètres. Ou peut-être un peu plus.

 

Difficile, tout de même, d’allonger le pas. Malgré le plat sous nos foulées, l’envie d’accélérer, la montée a épuisé tout le monde. Si nous rattrapons certains coureurs, dont Alain, qui nous raconte qu'il a déjà effectué l'épreuve une vingtaine de fois, d’autres demeurent éternellement devant, au loin. Tel cet autre Alain, approché à moins de vingt pas, mais qui disparaît aussi vite.

Cette ligne, qui paraît plus reposante que les lacets de tout à l’heure, réserve un piège, à hauteur du dernier kilomètre : une côte ; l’ultime, soit, mais qui surprend, qui freine… double crampe dans les cuisses, la panne est brutale ! Heureusement, après un arrêt, et deux jambes réapprenant à marcher sur une trentaine de mètres, nous pouvons repartir à une allure prudente.

 

La ligne d’arrivée, qu'Eliott a franchie en grand vainqueur, quelques années après son frère et leur père, est là. Gilbert aussi, et même la jolie statue du mas des Bouzèdes…

 

2 commentaires

Commentaire de Maloménix posté le 14-08-2022 à 10:37:25

Joli récit, couru aussi cette année. Une belle course avec une très sympathique ambiance. Des bénévoles aux petits soins et une organisation sans faille, apéro compris! L'an prochain ce sera la 30° édition, à ne pas manquer !

Commentaire de Petramala posté le 15-08-2022 à 14:36:40

Très sympathique organisation, pour cette course atypique.
On s'y retrouve l'an prochain, pour le trentième, sûr !

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