Récit de la course : Trail des 5 Moulins 2006, par gdraid

L'auteur : gdraid

La course : Trail des 5 Moulins

Date : 11/11/2006

Lieu : Mondeville (Essonne)

Affichage : 1373 vues

Distance : 45km

Matos : 1 bâton de marche;
1 camel bag d'1,5 litres;
1 collant long;
1 maillot manche longue coton;
1 flacon souple de Miel liquide;
2 chaussures NB tous terrains;
1 pommade NOK Akileïne pour les pieds (ampoules);
2 soquettes dominante coton. Chasseur

Objectif : Terminer

7 commentaires

Faire connaître ce récit sur Twitter :

Faire connaître ce récit sur Facebook : Partager

le p'tit dernier ...

 

le p'tit dernier ...

 

Arrivé à la salle des fêtes de 91-Mondeville, avant 21h30, je me croyais dernier du Trail de 47km et 1000m de dénivelé des 5 Moulins, malgrè les dépassements incessants des coureurs de la By-Night, dans les jets lumineux des torches frontales, au cours des 10 derniers km.

Et non ! Un certain V1, Yves EVAIN, est arrivé 8 mn après moi. Comment a t'il fait ?

Avec mon tendon d'Achille droit et mon poumon droit rafistolés, il y a 1 an, je croyais bien terminer dernier.

Pour ma première sortie longue depuis 1 an et demi, je n'avais comme entrainement, que le dur travail de rééducation, imposé par les 5 Kinés, Cristina de 91-Etampes, Jean-François , Jérôme et Mathieu de 78 Clairefontaine, et Patrice de 04 l'Escale.
Mes chirurgiens et médecins, quant à eux, me permirent tout, jusqu'au seuil supportable de la douleur, tant au poumon qu'au tendon !

A 14 heures je me lance derrière les 207 autres coureurs.

Très vite je suis largué.

L'asphyxie du départ me gênera durant une demi heure, jusqu'en bas des bois de Videlle. Dès la côte dans les bois de Moigny, tout refonctionnera bien, et sans douleur. Petits bonjours polis en passant aux chasseurs en battue (sangliers, pas coureurs...), alignés sur le chemin de petite randonnée.


Sangliers !    Pas coureurs ...


L'un d'eux me demande si c'est bien sérieux, de traverser une battue de chasse en courant.

Je lui réponds : " le 11 novembre, jour de l'armistice de 1918, il était convenu de faire taire toutes les armes, même celles des chasseurs, en mémoire aux millions de jeunes victimes d'armes à feu. Alors, que faites-vous là ? " Il parut gêné ...


Chasseur,   pas coureur !




Je continuais tranquillement ma course, en grimpant de mieux en mieux tous les obstacles forestiers, en doublant même certains coureurs déjà éprouvé, avant le joli village de Moigny, pays de cressonnières pittoresques sur l'Ecole, dans l'Essonne.
Parcours bucolique, et touristique devant les moulins se succédant sur la rivière "Ecole".


Ces rencontres sont fréquentes dans cette jolie région




Portion malheureusement longue en revêtement goudron, et pavés.

18 heures sonnent au clocher de l'église, clocher fin comme une aiguille, que nous pouvions admirer avec du recul dans la plaine, vers le 12ème km.


Moulin Grenat à Moigny-sur-Ecole




Le jour tombe vite.

La lampe frontale s'impose dès l'entrée en sous bois. Les décors se changent en chaos rocheux, en chemins ou collines ensablés, en larges marches bombées de roches de grès, glissantes et piègeuses par l'humidité des pluies du matin.

L'ambiance nocturne est féerique.

Des cris de hiboux, perforent la ramure noire des arbres.


Houuuuuuuu ! un hibou !

On avance, transporté par du rêve.

Parfois quelques côtes assassines nous ramènent à la réalité.

En fait cette course pèse très vite dans les mollets. Mon tendon droit est en feu depuis longtemps déjà. J'appuie d'autant plus fort sur mon bâton de marche, dans les trous et les bosses, en montées et en descentes.

Nous arrivons enfin sur le parcours commun des 20 km de la By-Night.

Des bolides pleins phares me passent, par la gauche, par la droite, et pourquoi pas par dessus pendant qu'ils y sont ?

Une charmante coureuse s'inquiète de mon allure de marche. Elle me demande si je désire de l'aide.

Je lui réponds :  bien sûr, un brin de causette avec vous me conviendra parfaitement.

Elle s'enfuit dans un éclat de rire.

Je me retrouve seul durant quelques précieuses secondes, replongé dans le silence, le noir et la méditation. Les heures passent, et je sais que j'approche de la fin des 3 derniers km.

J'imagine qu'il ne reste essentiellment que du terrain de récupération, sur un large chemin de plaine.

Et bien non ! Je me retrouve embarqué dans un dernier dédale de rocailles, de boue, de ronces, de racines, à travers des taillis, en montant presque à 4 pattes, et en redescendant dans des trous, dont le dernier, à l'aide d'un cordage de secours.

Merci Patrick et Jean-Pierre, les pisteurs baliseurs sadiques jusqu'au bout. Un dernier petit sentier nous fait soudain jaillir derrière la maison de Jean-Pierre DELHOTAL ! Il n'est même pas là pour me servir un "Picon bière!".
Je hurle devant sa porte : " JP  Enfoiré ", pour évacuer autant que possible, un peu de douleur atroce de mon tendon.

Enfin les 2 derniers kilometres à travers champs, me conduisent à l'Arrivée.

Le bonheur ! J'ai terminé ! En 7h24, mais j'ai terminé .

 

Le lendemain matin dimanche, je me lève vers 7 heures, et miracle, aucune douleur, ni aux jambes , ni aux tendons.

Je déjeune, m'habille, je prends mon VTT, et mon carnet de chèques, pour les 13 km qui me séparent de la salle des fêtes de Mondeville.

J'y retrouve Martine , je lui raconte ma joie de pouvoir m'inscrire sur la Mauritanienne Race200 de mars 2007, en fonction des résultats inespérés de cette course des 5 Moulins d'hier 11 novembre.

Je m'étais promis cette folie, en cas de réussite de cette première sortie.

Martine accepte mon inscription tardive, et mes chèques de réservation.

 

ELLE EST PAS BELLE LA VIE ?

7 commentaires

Commentaire de agnès78 posté le 15-11-2006 à 07:23:00

merci pour ce récit que me permet de vivre la course de l'interieur cette fois...
Encore BRAVO et très bonne continuation
Bises
Agnès

Commentaire de L'Castor Junior posté le 15-11-2006 à 10:22:00

Salut Jean-Claude,
Magnifique récit de cette course difficile, même dans ces terres que nous connaissons bien. Ton courage et ton abnégation m'inpressionnent (positivement ;-) ).
Nous aurons l'occasion d'en parler à Atar en mars prochain ;-))
L'Castor Junior

Commentaire de gdraid posté le 15-11-2006 à 11:32:00

Merci, mais n'en jetez plus les amis, mes chevilles enflent, et ça fait mal au tendon ! ;)

Commentaire de runstephane posté le 15-11-2006 à 12:20:00

Salut,

Pour Yves derrière toi, j'ai un début de réponse, il était venu à pied de chez lui. Ça doit faire à peine 32 km... un p'tit échauffement en quelque sorte ;o)

Bonne MR200,
runstéphane

Commentaire de gdraid posté le 15-11-2006 à 19:41:00

c'est vrai runstéphane, j'ai même parlé avec lui.
Un sacré phénomène ce garçon ! Bravo pour lui.
N'empêche qu'il ne m'a pas rattrappé... ;-) mdr

Commentaire de Mustang posté le 15-11-2006 à 23:17:00

bravo pour ton récit épique, et félicitation pour être arrivé au bout de ce trail difficile

Commentaire de boulard raymond posté le 27-11-2006 à 18:07:00

ton récit est trés vivant. le dépassement de soi meme pour surmonter les épreuves de la vie est une éxpérience riche et fabuleuse.

félicitations
raymond boulard

Il faut être connecté pour pouvoir poster un message.

Accueil - Haut de page - Version grand écran