Récit de la course : SaintéLyon just in time... 2021, par cabalex

L'auteur : cabalex

La course : SaintéLyon just in time...

Date : 6/3/2021

Lieu : St étienne (Loire)

Affichage : 940 vues

Distance : 74.4km

Objectif : Objectif majeur

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SAINTELYON JUST IN TIME, LA LEGENDE CONTINUE

 

Courir la Saintélyon, en pleine journée et au printemps, en voilà une idée ! Samedi 15 mai, 8h30 du matin, le ciel est bouché et pluvieux sur Saint Etienne. Avec l’ami Martial Billet, on vient d’arriver en gare après avoir pris deux trains de Pierre Bénite. Les intempéries du début de semaine ont provoqué un glissement de terrain à Rive de Gier et du retard. Nous n’étions déjà plus vraiment « just in time », du nom donné par les organisateurs d’une édition connectée et audioguidée. Sans frontale, à huit clos, en autonomie, presque sans ravito. Six mois de couvre- feu n’ont pas eu raison de courir la doyenne Saintélyon. Nous étions prêts à parcourir les 74km jusqu’à la Halle Tony Garnier de Lyon.

Mes filles avaient introduit une pierre avec un joli cœur dessiné dans chaque chaussure de trail la veille, en signe d’encouragements.  Arrivés donc à pied au Parc Expo, pas de bol, l’application GPS d’audio-guidage pour smartphone ne veut pas démarrer normalement, le temps presse, heureusement celle de Martial fonctionne (il utilise celle de Patrick Vieux, un de ses amis). On s’élance ainsi sous un crachin breton dans les faubourgs insipides de Saint Etienne. Rien n’est laissé au hasard en matière d’équipement, mais quand même, je me dis qu’avec ce temps pourri qui n’a rien à envier à une édition hivernale et nocturne, va pas falloir se perdre ni se blesser. Entre off et course, avec Martial, on vise 8 heures-8h30 en restant toujours groupés. Trois kilomètres et déjà un premier sentier pentu pour se retrouver déjà en pleine nature. 12 ans que je n’ai pas couru la Saintélyon en entier, alors, je n’allais pas attendre la Saintglinglin !  

Martial a mis son smartphone en hautparleurs, pour entendre les bip qui indiquent la bonne direction, les indications du speaker de la course Eric Garcia et les encouragements d’anciens vainqueurs. Très bien fait. Alternance de petites routes et chemins de randonnées, c’est le charme de la « Sainté ». Passé Sorbiers, on s’enfonce dans la forêt, passage à gué d’une rivière, les pentes se font plus raides, on rentre dans le vif de la légende. Sentiers avec des pierres glissantes, de la fraîcheur et une bise automnale en plein mois de mai ! Martial me conseille de ne pas trop m’engager dans les côtes, je suis bien, ça me démange. On s’attend aux différentes intersections, parfois à contempler la vallée enbrumée et les monts du Lyonnais. On s’échange nos souvenirs d’éditions passées. A part un groupe de traileurs croisé au bout de deux heures, nous ne verrons personne sur le parcours de toute la journée, comme un confinement ininterrompu.

Passage près de Saint Christo en Jarez, avec son clocher d’église qui domine ce gros bourg perché sur la colline. Parfois, on s’engage dans  la mauvaise direction mais très vite un bip nous signale l’erreur et on rebrousse chemin. Maintenant, on longe les crêtes du GR7, la pluie et le vent fouettent nos corps en  mouvement. C’est vert de partout. On retrouve un itinéraire plus familier près de Sainte Catherine. Trois heures de course, il reste une SaintExpress à boucler. De là je connais le tracé. Mais les organisateurs innovent chaque année. Cette fois ci, direction le Signal de St André la Côte, point culminant à 934m d’altitude. On monte vers le hameau Accole, dans une brume épaisse, les sentiers sont de plus en plus humides, cela ralentit nos pas. Puis un grand détour dans la colline, interminable ! Montée finale dans la forêt du Signal, on s’arrête quelques instants au sommet, le temps pour Martial de brancher sa batterie externe de smartphone car l’application GPS de la course pompe pas mal d’énergie. Le speaker nous conseille de profiter du beau panorama pour voir au loin la vallée du Rhône. On pouffe de rire.

 

UN TORRENT D’EAU

Mi course et tout va bien. Et c’est là que cela se corse. Peu après, la traversée du bois des Marches, le  sentier le plus caillouteux et casse gueule de la Saintélyon, est transformé en torrent d’eau. Souvent je pars devant Martial et connais bien les alentours. Séquence indescriptible et mémorable dans une purée de pois. Eloge de la lenteur, on enjambe pierre après pierre et l’eau nettoie nos chaussures crantées pleines de boue auparavant. De la réflexologie plantaire gratuite. S’ensuit l’enchaînement « up  and down » des bois des Ravières, de la Gorge et de la Dame. Des chemins que je connais par cœur. Martial commence à tirer la langue et je l’encourage. Il a beaucoup d’expérience (28 marathons au compteur dont 25 en moins de 3h). Je prends souvent les devants, je m’arrête, on se relaie et ainsi de suite. Je commence également à fatiguer en bas du bois Bouchat et le ravitaillement maison à Soucieu nous fait du bien : Coca, eau, Tuc et crêpe (merci Laurence !). Un petit quart d’heure d’arrêt pour se refaire la patate et c’est reparti pour les 20 bornes restant. Plus de 6 heures de course. Martial est pris de crampes. Il a déjà couru la distance le 20 mars dernier et lui manque un peu de fraîcheur. J’ai un moral d’acier, on approche des frontières de l’ultra. Traversée de Soucieu, connue pour ses façades en pierre et le tissage de la soie. On passe devant le cimetière et j’indique à Martial qu’ici repose le traceur historique de la Saintélyon, Alain Souzy, récemment disparu. Soucieu en Jarrest et la Saintélyon, une histoire indissociable.

La pluie a cessé et on avance toujours d’un bon pas, autour de dix kilomètres à l’heure. A l’économie, sans forcer. Gare au coup de bambou malgré un tracé plus roulant. Passé le Garon, le speaker nous annonce le chemin des Lapins. Un raidillon bien connu dans le coin, ce n’est pas le jour de courir comme des lièvres ! A Chaponost, c’en en bien fini de notre objectif des 8 heures, Martial ralentit l’allure, il pleut à averses, nous sommes toujours de « boue » après la traversée du parc du Boulard. Le dernier vainqueur de la Saintélyon 2019, Cédric Fleureton, prend la parole sur l’application « j’espère que tu as choisi le bon jour contrairement au jour de ma victoire ». On choisit son jour mais pas la météo !

Le final approche, on inaugure le passage de la nouvelle passerelle qui enjambe l’Yzeron, le long des vestiges des aqueducs de Beaunant. Je suis encore fringant, pas de douleurs, incroyable ! J’alterne course et marche et prend en photo Martial qui prévient par texto sa femme de notre arrivée imminente. Moins de 5 km. Dernière portion nature, la traversée du parc aventures de Sainte Foy, avec des escaliers glissants et un gros tronc d’arbre couché au sol à enjamber. Les 8h30 sont encore possible alors je booste Martial. La descente des marches de la Mulatière, on entend les bruits de la ville après une journée dans le silence. Reste un kilomètre le long du musée des Confluences et la traversée du pont Raymond Barre, j’ai les jambes pour terminer comme sur un 1500m mais on finit groupé. Heureux d’avoir partagé à deux cette édition pas comme les autres. 8h36 temps officiel pour 74,4km, jamais autant couru depuis les 100km de Millau en 2012.

L’objectif du jour est rempli : retrouver de bons repères sur cette distance très longue et une gestion de course autant dans la tête que dans les jambes. L’histoire avec la Saintélyon n’est pas finie, la légende continue.

 

1 commentaire

Commentaire de Arclusaz posté le 25-05-2021 à 21:22:48

Bravo ! la STL, c'est comme le vélo, ça ne s'oublie pas....

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