Récit de la course : Trail des Rois Maudits - 48 km 2020, par Twi

L'auteur : Twi

La course : Trail des Rois Maudits - 48 km

Date : 27/9/2020

Lieu : Romilly Sur Andelle (Eure)

Affichage : 259 vues

Distance : 48km

Objectif : Pas d'objectif

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Hardi Gaillard !

Avertissement : Exceptionnellement cette année, le récit se fera dans le sens inverse.

Et puis non …

Trail Fort et Vert annulé (à cause de la météo, cherchez l’erreur). Marathon des Sables annulé. Radicatrail annulé. Circuit de la Sûre annulé. UT4M annulé. Trail du Tour du Canton annulé. Origole annulée. Ma saison 2020 ressemble au troupeau d'antilopes dans Tintin au Congo.

Le Trail des Rois Maudits, c’était LA course à laquelle on ne croyait plus. Celle qui allait sauver la saison 2020.

Départ de la maison dès ponton-minet pour rejoindre les Andelys. Si l’inversion du sens du parcours est définitivement une bonne idée (mais on y reviendra), dans l’immédiat, ça m’arrange mais alors pas du tout, puisque je viens de l’ouest. Et mon bilan carbone alors ? Je me gare sur les hauteurs des Andelys, me dirige vers un autre parking et fais la queue comme tout le monde pour grimper dans un bus. Départ un peu épique puisque les bus ne peuvent pas faire demi-tour depuis le point de rendez-vous, mais finalement, tout s’arrange. Et c’est parti … pour un petit somme, avant d’arriver à Romilly-sur-Andelle au lever du soleil.


Au lieu convenu, je retrouve rapidement Benoît (Boubou27), avec qui j’ai pas mal échangé sur Kikouroù (notamment à propos de chasse aux petits carrés), mais que je n’avais jamais rencontré en vrai. Le reste du peloton va chercher ses dossards, mais nous sommes déjà équipés, prudente précaution qui nous évite de faire la queue et nous permet de nous geler gentiment en attendant le départ. Puis nous rejoignent bientôt centori, Blade_Runner et st_ar. J’espère n’avoir oublié personne (ça fait un peu starlette à Cannes cette phrase, j’aime bien). Le temps de faire une petite photo (ici) et c’est le départ !

 

On commence par une boucle dans Romilly histoire d’étaler le peloton, un petit ralentissement avant la passerelle, on tombe les masques et on quitte le plat au bout de 3km pour attaquer les 2 Amants que l’on prendra dans tous les sens pendant 10km. Montée dans la forêt, une petite incursion dans Flipou (j’adore le nom, ça fait un peu dauphin kawaï) retour dans la forêt et on arrive au panorama. Magnifique même si c’est un peu grisounet. Je n’avais pas pu en profiter lors du Noctrail des 2 Amants il y a 2 ans, même si je me rappelle avoir bénéficié d’un feu d’artifice depuis là haut. Une petite descente bien raide et nous voilà sur les quais de Seine, pour le dernier kilomètre de plat du parcours. Comme il en reste 34, ça risque de piquer un peu.

 

Le premier ravito nous attend à la salle des fêtes d’Amfreville-sous-les-Monts, juste après avoir quitté les quais. Je n’ai pas vraiment besoin de boire ou manger mais je suis un peu curieux de voir comment c’est un ravito sous COVID. Lors de ma seule course avec dossard depuis mars 2020 (l’Ubaye Trail), c’était « eau ou rien ». Finalement, ça se gère très bien : on remet son masque, un petit coup de GHA, on refait les niveaux, on passe commande de tout ce qu’on veut manger et une gentille bénévole gantée nous met tout ça dans le conteneur qu’en bon trailer prévoyant (et qui pense à lire les consignes avant le départ) on avait amené pour l’occasion. Pas question de manger sur place, la montée du val au Gueux en marchant sera l’occasion de boulotter tout ça. Ne pas oublier de remercier chaleureusement les bénévoles pour leurs attentions et de leur faire un grand sourire avant de repartir (si, si même avec le masque, c’est important de sourire, ça se voit aux yeux), et c’est reparti !!!

 

Un petit tour sur le plateau, et on rejoint le panorama du Plessis, avec une nouvelle vue plongeante sur les boucles de la Seine et la base nautique de Poses. Et là un peu avant le kilomètre 19, c’est le drame : nous sommes une petite dizaine de trailers à entamer comme un seul homme la descente bien raide qui nous ramène dans la vallée. Panurge n’y retrouverait pas ses poussins. Et soudain quelqu’un en haut crie « ohé c’est pas par là ! ». Le pire, c’est qu’il a raison ! Allez, 30m de D- et 30m de D+ à 45° gratos. On est comme ça nous, on compte pas ! Je suis tellement dég’ que je crois que j’ai laissé toute les brebis égarées me doubler dans cette remontée maudite (y compris la brebis galeuse qui avait entraîné le reste du troupeau). Sans rancune ! Evidemment, une fois qu’on a retrouvé le chemin, c’est archi évident que c’était pas par là, vu qu’il y a une balise à 10 mètres qui nous incite à prendre plein ouest. 

Et on repart à flanc de coteau pour découvrir bientôt le fameux site d’escalade et sa vue toujours impressionnante, ainsi que deux spécimens très rares d’ânes des cavernes (Equus asinus spelaeus). 

Bientôt pour conjurer les sortilèges de ce fleuve trop envoûtant qui aspire le trailer innocent vers sa vallée profonde, nous quittons la Seine pendant une bonne dizaine de kilomètres pour couper la boucle de Muids par les champs et les bois. En passant, un petit arrêt sympathique au ravito liquide de Daubeuf (enfin, quand je dis « ravito liquide » c’est une manière de dire qu’il n’y a rien à bouffer, seulement à boire, mais que c’est bien sympa quand même). 

 

Sur cette portion, les chemins sont un peu plus plats, je fais connaissance avec Djodei avec qui je partagerai un bout de chemin, en échangeant nos impressions, nos expériences, notre frustration de cette année sportive un peu particulière, bref, en papotant ce qui a le mérite de faire passer les kilomètres un peu plus vite. C’est aussi à peu près à ce moment là que je yoyote un peu avec la Licorne Rose et Carole des ex-Lapins. Tous ces youtubeurs autour de moi… je suis pendant quelques minutes au au coeur du star system du trail haut-normand. Très peu pour moi le strass et les paillettes, je finirai par les laisser filer (je les reverrai à l'arrivée, donc pas beaucoup quand même).

 

Retour dans la vallée à la Roque, à peine le temps de souffler sur les quais que déjà ça remonte vers le panorama de Notre Dame de Belle Garde. A nouveau un joli coup d’oeil sur la vallée en contrebas, et on repart vers le dernier ravito du parcours, à la Roquette. Petite pause revigorante sur une table de piquenique à proximité, et on repart à fond sur un single trail légèrement descendant. Et là, c’est le re-drame : mon pied droit sort du chemin (à moins que ce soit le gauche), le tout s’emmêle, et je finis par embrasser littéralement le sol. Pas de bobo, mais ma belle casquette blanche Kikouroù passe de « immaculée »  à « maculée ». Mon jusqu’alors poursuivant s’enquiert de mon état, je le rassure et il me laisse sur le bord du chemin où je reprends doucement mes esprits. La pause est salutaire puisque pour la première fois, j’aperçois l’arrivée. Enfin, le Château-Gaillard… (ce qui sans divulagacher le final d’anthologie, n’est pas tout à fait synonyme d’arrivée). 

 

On repart de plus belle, mais ce petit incident aura quelque peu refroidi mes ardeurs en descente pour un moment. Pas le temps d’arriver au niveau de la Seine que ça remonte sec, je double un coureur épuisé, qui m’avoue ne jamais avoir fait que de la route et jamais plus qu’un marathon. On doit être au 35ème kilomètre, c’est sûr que ça n’a rien à voir avec les allées goudronnées autour de Roland Garros. Allez, courage ! 

Retour sur les hauteurs, on traverse le Thuit, avec un balisage pour une fois un peu trop clairsemé à mon goût. Sur la ligne droite le long de la route à la sortie du village, je suis seul et je commence à me dire que je me suis perdu ; je ne suis donc pas mécontent de me faire doubler. Au mieux, c’est le bon chemin, au pire nous sommes perdus. 

La descente vers le Val Saint Martin nous amène enfin en territoire bubullien (certes bien moins ordonné que Ses bosquets et fontaisnes), le début de la fin du parcours. S’ensuit un long faux plat remontant vers Noyers où, je ne l’ai appris qu’après, « il ne fallait pas marcher » (© Boubou27). Je n’ai pas marché, ou alors pas longtemps. Je crois même que j’ai doublé ici mes derniers concurrents.

 

On redescend juste au dessus Val Saint Martin et on attaque le dernier single trail à flanc de falaise. Dernière descente au dessus de l’hôpital avant de rejoindre les quais puis le fameux feu rouge du Petit Andely qui marque la montée au château. Quelques mètres plus loin, je suis détourné par Mme Bubulle soi même (que je peine à reconnaître à cause du masque) qui m’intime l’ordre de prendre à droite, alors qu’on le voit bien que le château est tout droit et la ligne d’arrivée à gauche. On va pas ce battre, c’est juste un petit détour. Enfin, je croyais…

 

Montjoie ! Saint-Denis ! A l’assaut ! Il y a bien longtemps que les défenseurs ont déserté le chemin de ronde, nous avons le privilège de traverser la forteresse d’un pas guilleret et en tenue fluo. Et on repart dans la forêt … on repart dans la forêt ? non mais ça va pas non ? la ligne d’arrivée est derrière, sacrebleu ! 

 

Une dernière descente dans les prés nous ramène enfin sur le chemin d’accès au château, le même où j’ai croisé Elizabeth une bonne dizaine de minutes avant, mais dans l’autre sens. Et c’est une autre bénévole Kikouphile, en la personne de Mme Murielle Boubou27 qui m’indique la dernière ligne droite tant convoitée et m’informe que son homme est déjà rentré prendre sa douche, nananèreuh. Tssss, même pas jaloux, c’est trop facile il habite juste à coté (bon OK, accessoirement il est aussi arrivé depuis près de 2h). 

Aparté : Finalement, les vaillantes signaleuses kikouresques postées près de l’arrivée, c’est un peu comme pour les gendarmes : y’en a une qui joue les méchantes et t’explique que tu vas encore en chier et une qui joue les gentilles pour dire que c’est presque fini pour du vrai. Il faudra revenir l’an prochain pour savoir si elles inversent les rôles.

 

En fait de dernière ligne, c’est une belle montée dans l’herbe, à près de 30° (on parle d’angle, pas de température), comme ça doit faire à peu près 23km qu’on tourne autour, on pourra pas dire qu’on est surpris. En d’autres temps, c’aurait pu être une vraie patinoire (surtout en passant après plus de 600 personnes), mais là non. C’est juste un peu dur, mais terriblement jubilatoire.

Dès que la pente se fait un peu plus douce, j’accélère pour me remettre à courir (ça veut dire sur 3 mètres au bas mot), sous les encouragements du speaker qui se donne vraiment du mal. Il est 16h37, je viens de passer la ligne d’arrivée.

 

Je remets mon masque, suis médaillé par une gentille bénévole et récupère mon incroyable package finisher ; c’est Noël avant l’heure : une casquette, une ceinture porte-dossard, de l’eau, une banane et un sandwich avec un bout de cochon mort dedans … sans compter le sac lui-même. Je récupère ma bière… enfin, ma Bud. Ça fait du bien quand même et j’en profite pour trinquer (à distance, précautions sanitaires oblige) avec les autres concurrents qui ont partagé ces derniers kilomètres avec moi. Les visages sont fourbus, mais souriants.

Plus qu’à marcher vers le parking, c’est mal indiqué mais, je ne reconnais rien puisque je suis arrivé de nuit, mais comme il n’y a qu’un chemin je retrouve ma voiture à côté du terrain de base-ball.

Je suis content, j’ai bien géré ma course, je me suis amusé, c'était joli.

 

Ce trail était juste dément. Du pur bonheur. Les paysages sur la vallée de Seine sont à couper le souffle (bon OK, un chouïa de soleil en plus ça ne ferait pas de mal). Le parcours est implacable, impossible de se reposer plus d’un kilomètre : soit ça monte, soit ça descend. Du single trail, de la forêt, du chemin agricole et très peu de route … tout ce qu’on aime.

J’étais venu parce que -bien qu'un peu loin- c'était une des dernières chances d’accrocher un dossard en 2020. Je reviendrai juste parce que c’est une des plus belles courses que j’ai faites.

 

Un grand merci aux organisateurs pour avoir réussi à maintenir cette course contre vents et marées en cette période troublée, et à tous les bénévoles pour avoir été là et avec le sourire, malgré la météo parfois maussade et les contraintes sanitaires.

C’était génial, ne changez rien …  surtout pas le sens du parcours.

5 commentaires

Commentaire de Arclusaz posté le 04-01-2021 à 23:59:48

Salir une casquette blanche kikourou, ce n'est pas possible, elles sont auto-nettoyantes. Ce doit être une grossière contrefaçon : mais, ce n'est pas grave, il en reste des vraies dans la boutique, on t'en met une douzaine de côté ?
Bravo pour cette belle course et pour ton acharnement à vouloir accrocher des dossards en 2020.

Commentaire de Mazouth posté le 05-01-2021 à 08:39:01

Du kikou, du fun, des ânes de cavernes, du loupage de balise, une bonne gamelle, un détour surprise avant la ligne, tout ce qu'on aime dans le trail ! Tu as bien fait de t'accrocher pour l'accrocher ce dossard ;)

Commentaire de bubulle posté le 05-01-2021 à 09:00:17

Le Thuit mal balisé? Mince....

Ah bin oui, j'avais pas balisé par là, ça explique..:-).

Je vais proposer, effectivement, pour l'année prochaine, qu'on inverse les rôles de gentil flic et méchant flic de nos vaillantes bénévoles kikoureuses....


Et désolé de ne point t'avoir vu, je devais encore être en train de remettre des petites drapeaux ça et là!

En tout cas, ça fait super plaisir de savoir que cette course a plu : on est assez fiers d'avoir réussi à la faire....

Commentaire de BouBou27 posté le 05-01-2021 à 09:30:45

Bravo, beau récit
Attention, le dernier poste de bénévole, juste en bas de la dernière côte n'est pas une sinécure: c'est le dernier a devoir rester en place, et même si il n'est qu'à une centaine de mètre du précédent de Mme Bubulle, cela fait, avec les détours facétieux du tracé, pas mal de minutes en plus...

Commentaire de centori posté le 05-01-2021 à 15:20:16

content d'avoir fait votre connaissance. je suis sur la photo de groupe le gus qui a en guise de veste de pluie un kway tout pourri faute d'avoir trouvé autre chose au petit matin, et les chaussures et chaussettes bleues.

Il faut être connecté pour pouvoir poster un message.

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