Récit de la course : Paris-Versailles 2005, par RedSeaWalker

L'auteur : RedSeaWalker

La course : Paris-Versailles

Date : 25/9/2005

Lieu : Paris (Paris)

Affichage : 1727 vues

Distance : 16.3km

Objectif : Terminer

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Ma première course

Paris-Versailles 2005 : ma première course en compétition.
J'y pensais déjà depuis longtemps : j'avais voulu m'inscrire l'année précédente, mais la course avait été annulée.
Cette fois-ci c'était bon.

Pour me motiver, je m'étais allié le soutien de trois autres copains, dont deux enrôlés lors d'un week end de l'Ascension assez arrosé.En tout deux coureurs occasionnels, comme moi, plus un marathonien. Au cours des semaines avant la course, cette équipe de choc s'était révelée un excellent soutien moral. Pour l'arrivée, on avait même prévu une séance barbecue chez l'un des quatre.

Pour m'entraîner, j'avais suivi le plan d'entrainement "Paris Versailles en 1h20", tant bien que mal, dans les montées du Parc de Saint Cloud. Mon objectif officiel était 1h30.

La veille du grand jour, j'avais laissé ma voiture à Versailles pour rentrer chez moi en RER et manger mon saladier de pâtes avant 22h30.
Ensuite dodo, et lever à 6h30 pour manger céréales, jambon et oeuf sur le plat, le tout avant 7h00, soit 3 heures avant la course.
Et puis je me suis recouché...
Résulat, réveil en catastrophe et départ précipité en métro. Heureusement, la tour Eiffel n'est qu'à un quart d'heure de chez moi. Arrivée station trocadero : quelques coureurs gambadent avec moi dans les couloirs du métro. Je monte les escaliers en courant, et j'entends quelques uns commenter que l'exercice est louable et décider de faire de même.

En petite foulée face à la vieille dame de métal, je rejoins mes amis, visiblement habitués à mes retards répétés. Il ne pleut pas et il fait bon, nous nous engageons dans la queue du sas de départ.
Mon ami marathonien porte le maillot jaune et vert de son club et salue quelques collègues portant les mêmes couleurs. Dans la foule, pour se distraire, quelques personnes se lancent des sous-vêtements féminins. Tiens, penses-je, voilà une tradition qui m'était inconnue !

Enfin vient le départ. Nous partons tous les quatre dans le même lot de 400. Je fais 100 mètres avec mes potes puis pars seul devant. Nous avions concenu d'adopter chacun son rythme. J'entends mon ami marathonien commenter : "Il part vite.. On le retrouvera dans la montée !".

Les bords de Seine défilent devant moi. Direction Issy les Moulineaux et ses deux cheminées qui vomissent leur panache de fumée blanche : voilà un beau point de repère.
Arrive Meudon et la fameuse côte des Gardes. Je reconnais le petit pont de chemin de fer qui matérialise le début de la montée.
Les jours précédents, j'avais révisé le parcours sur un site web qui présentait tous les détails de la course en photos. Un grand merci à ce webmestre zélé !

J'entâme la côte sans grande difficulté. L'exercice le plus périlleux consiste en fait à éviter les coureurs peu rapides ou bien à la limite de l'arrêt. Où est donc la partie difficile ? Vient l'Eglise de Meudon Bellevue, un tout petit plat sur des pavés puis une montée plus pentue avec un joli point de vue. Ok, c'est ici que ça monte le plus.

Une fois en haut, je prends mon premier ravitaillement : une bouteille d'eau que j'essaie de boire en courant. C'est à y penser ma première tentative de ravitaillement en course, et je parviens surtout à arroser mon tee shirt et mon dossard. Petite erreur, car je devrais endurer ce tee shirt collé à ma poitrine tout le reste de la course...

Côté chrono, je suis content de ne pas avoir perdu trop de temps dans la montée. Mais pas question de souffler maintenant, j'entame la descente à fond en faisant bien attention de ne pas me casser la figure. Je n'ai pas vu mon ami marathonien me rejoindre. Il m'a sans doute doublé par un autre côté de la route, et je ne l'aurai pas vu. Aussi, à chaque fois que j'observe un maillot jaune et vert, j'accélère pour le rejoindre et m'apercevoir que ce n'est pas lui..

Quelque temps après vient la côte du cimetière de Chaville. A mon sens, c'est elle la vraie côte du Paris Versailles. Bien que plutôt courte, sa pente est sérieuse et avec déjà quelques kilomètres dans les jambes, j'ai du mal à l'avaler.
Une fois en haut, à la limite de l'arrêt, une gentille dame nous crie "Allez-y, maintenant ce n'est plus que de la descente !".
Merci à l'extraordinaire public du Paris Versailles. Bien sûr, ce ne sont que quelques mots criés par une inconnue, mais quand on commence à ne plus ressentir ses jambes et à réfléchir moins bien parce que notre corps a décidé d'irriguer plus les muscles et un peu moins le cerveau, l'effet d'un encouragement devient très fort.

Et je repars avec un nouveau souffle. Et puis d'abord, il n'y a plus que de la descente ! Je regarde ma montre et m'aperçois que j'assure plutôt bien mon objectif de 1h30 et même que si je m'accroche, je peux tenir les 1h20 de mon plan d'entraînement. Courage !

La dernière descente n'est pas si plate que ça en fait..
Passé le kilomètre 15, cela devient très difficile pour moi. Je m'accroche en regardant mon chrono, qui m'indique que je suis même en train de battre virtuellement les 1h20 de mon plan d'entraînement.

Ca y est, voici l'avenue de Paris et ce ballon gonflé au loin : l'arrivée ? Et non, ce n'est que le kilomètre 16. Mon souffle devient bruyant. Je m'accroche, je m'accroche et j'accélère encore sur les 300 derniers mètres.

Et enfin l'arrivée !
A ma montre, j'ai juste battu les 1h20. J'apprendais plus tard que mon temps officiel est d'1:18:10.

On me remet mon sac, avec ma bouteille d'eau l'1.5 litre, ma médaille, mes barres de céréales et mes morceaux de chocolat. Je m'installe au rendez-vous convenu précédemment avec mes potes. Je ne les vois pas : je suis bien le premier du groupe, ils ne m'ont pas rattrapé !

En fait, j'apprendrais plus tard qu'ils avaient essayé d'accélérer après la montée, faute de m'avoir rattrapé dans la côte des Gardes et que cela les avait plutôt cassé pour la suite de la course.

Les deux suivants (dont le marathonien) sont arrivés en 1h30 et le dernier en 1h50.

Et après on a pris ma voiture pour aller manger des merguez !

Cette première course en compétition s'est en fait très bien passée pour un coureur du dimanche comme moi et m'a décidé par la suite à m'inscrire à d'autres courses : le semi-marathon de Boulogne en novembre 2005 et d'autres encore..

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