Récit de la course : Trail du Beaujolais Vert - 110 km 2019, par catcityrunner

L'auteur : catcityrunner

La course : Trail du Beaujolais Vert - 110 km

Date : 11/10/2019

Lieu : Cublize (Rhône)

Affichage : 800 vues

Distance : 110km

Objectif : Terminer

6 commentaires

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La tête, les jambes et l'estomac

Reprise d'une idée de Truklimb sur la forme...

 

Ambiance

Avec 5 courses de 8 km à 110 km, l'UTBV offre toute une palette de distances, à même de satisfaire les coureurs de tous niveaux. Le samedi après-midi, il y a une grosse animation avec le départ des petites courses et l'arrivée des 55 et 110 km.

Le vendredi 11 Octobre, à 21h00, l'atmosphère est plus intimiste et environ 400 coureurs s'élancent pour l'Ultra. Le départ s'effectue sous un petit feu d'artifice, avec une grande douceur, un ciel étoilé éclairé par une belle pleine lune.

Remise de dossard, dépose des sacs, zone de repos, tout est bien au point. On récupère même la polaire avant la course !

L'ambiance est détendue et très sympathique.

 

Bâtons

Finalement, j'ai décidé de partir sans bâtons. L'objectif est de courir et voyager léger, sans contraintes. C'est un choix que j'ai apprécié sur les 50 premiers km de la course, mais bien regretté sur toute la suite.

Tout le début du trail (jusqu'à St Just d'Avray au 35è km) se déroule sur des chemins plutôt roulants, avec beaucoup de sections courables et des montées pas régulières, mais sans gros pourcentage.

Par contre, la suite, surtout après la base vie de Lamure sur Azergues, comporte plusieurs murs et des montées plus raides.

Avec la fatigue et les dizaines de kilomètres parcourus en mode randonnée sur toute la fin, j'aurai bien apprécié les bâtons. D'ailleurs une grande majorité de trailers était équipée de bâtons.

 

 

Chambost

 

C'est le ravitaillement au 50ème km, avec déjà plus de 2200 D+ dans les jambes, un moment charnière dans ma course, le début d'un très gros coup de mou et des problèmes d'alimentation. Je suis arrivé à 3h51, pour 4h20 dans la feuille de route.

Suis-je parti trop vite ?

Sans doute, bien que j'ai eu de très bonnes sensations jusque là et le sentiment d'être très prudent sur l'allure.

Vers les 4h du matin, après 7h de course, c'est toujours un moment difficile : Avant l'arrivée à Chambost, les premiers signes de fatigue se manifestent, je commence à marcher assez lentement et j'ai des envies de sommeil qui me prennent. Il reste encore 3h au minimum avant de voir la lumière du jour.

Suivant les conseils de Philippe G578, j'ai veillé à bien m'hydrater régulièrement et à m'alimenter en petites quantités avec un peu de salé. Seulement, voilà à Chambost, je n'ai plus de jus, ni envie de boire ou grignoter quelque chose. Je fais simplement le plein d'eau et repars tranquillement en me disant qu'il faut simplement être patient et que ça va passer...

 

Dénivelé

Pour arriver à cumuler 5200 m de D+ sur 1100km, la recette de l'UTBV est de prendre soin de descendre dans les fonds de vallée vers 350 - 400 m et gravir une bonne partie des sommets du Beaujolais Vert qui atteignent modestement les 850 à 900 m. Cela fait une dizaine de bonnes de côtes de 400 à 500 m de dénivelé, plus quelques ondulations ça et là.

Même si ce n'est pas de la vraie montagne, ce parcours est tout de même bien usant, surtout avec les nombreuses parties où l'on peut courir.

 


Équipement

Avec la météo idéale, je suis parti en corsaire et T-shirt et j'ai simplement mis le coupe-vent et les gants en deuxième partie de nuit, quand j'ai eu un gros coup de moins bien et n'avançais plus.

Les températures étaient plus agréables sous les forêts de sapins en altitude que dans les fonds de vallée où l'humidité très présente renforçait la sensation de froid.

Deux regrets sur mon équipement ; les bâtons que j'aurais dû prendre et les manchons que j'avais oublié : ils m'ont fait défaut pour me protéger du vent qui était bien présent sur les parties à découvert.

J'ai énormément apprécié mes Hoka Mafate Speed 2 (voir Hoka).

 

C'était mon premier ultra avec ma nouvelle montre Garmin 945. Elle a parfaitement tenu les 19h30 de course sans dégradation de précision. J'avais juste pris soin de désactiver le Bluetooth, la carto et le cardio au poignet.

Par rapport à mon Ambit 2, elle se fait plus facilement oublier avec son poids plume, son look normal. Son autonomie et sa précision sont vraiment au top. Au final, elle m'indique 109,25 km et 5185 m de D+, quasiment les chiffres officiels annoncés pour le 110km.

 

Ferme de l'Espoir

C'est le ravitaillement après la base vie, au 78ème km (3850 D+ cumulé), dans une ferme à Valtorte (commune de Claveysolles). En gros, j'ai 30 min de retard sur ma feuille de route, c'est à dire que j'ai perdu 1h depuis Chambost. C'est simple, j'ai pu avaler uniquement une Pom'Pote depuis 30 km et je bois difficilement (même l'eau pure) avec les nausées.

Par contre, j'ai croisé le chemin de Pascal, un congénère V2 qui avance à peu près à mon rythme et nous avons souffert ensemble sur l'ascension du Mont Soubran (dont le mur final).

A deux il y a de l'espoir !

Espoir ou Désespoir : je décharge mon estomac dans la cour de la Ferme (voir Vomi) et je peux boire un peu d'eau pour repartir un peu derrière Pascal. Nous nous retrouvons un peu plus loin et allons ne plus nous quitter jusqu'à l'arrivée, dans une longue randonnée entrecoupée de rares moments trottinés.

 

 

Gestion de course

Globalement, un désastre, il suffit de voir l'évolution du classement et de la vitesse !

 

 

 

Grandris

C'est le dernier ravitaillement 12 km avant l'arrivée (on n'a pas remarqué le ravitaillement de secours annoncé à Grand Mont, au sommet de la dernière difficulté). On retrouve une horde de coureurs du 55 km dans un local surchauffé. Voilà ça nous apprend à trainayer en route, on est au cœur du peloton du 55 km qui vient de rejoindre la trace du 110 km.

Je suis toujours avec Pascal. A deux en papotant, les kilomètres paraissent moins long et on peut deviser sur nos expériences de trailers V2 burinés.

Je peux enfin boire 2 verres de Coca, une vraie bénédiction. La dernière montée est faite tranquillement, alors que nous sommes dépassés régulièrement par des trailers du 55 km (et sur la fin des autres courses également).

Je crois que j'aurai pu recourir un peu plus dans la dernière descente, mais je reste avec Pascal qui m'a bien soutenu pendant mes épisodes d'embarras gastriques.

Nous allons franchir la ligne ensemble après 19h30 de course.

 

Hoka

Elles ont fait le job les Mafate Speed 2, notamment dans les nombreuses parties caillouteuses sur les hauteurs.

 

Itra

Le 110 km rapporte 5 points ITRA, des fois qu'on tenterait l'inscription à certaine course.

 

St Just d'Avray

 

Le 2ème ravitaillement, un mignon petit village.

De nuit on apprécie moins !

 

Kikou

J'aurais eu une chance de croiser TomTrailRunner, qui était sur le 55 km si j'avais suivi ma feuille de route. Je suis passé au ravito de Grandris 1h après Tom et il a fini 2h30 avant moi !

Pas vu d'autre kikou non plus.

 

Lamure sur Azergues

Comme prévu je suis arrivé à la base vie au 66ème km juste avant le lever du jour, à 6h50. J'ai récupéré mon sac de délestage, changé chaussettes et T-shirt et me suis arrêté 20 minutes au total.

Quel réconfort après un tronçon de Chambost à Lamure sur Azergues où j'ai été en grande difficulté : j'ai rêvé de de pouvoir m'appuyer sur des bâtons pour marcher droit dans les chemins forestiers ou pour abréger la montée caillouteuse et raide vers La Pyramide.

Un peu requinqué après cette pause et après avoir avalé un verre d'eau gazeuse, c'est le départ de Lamure. Le froid du petit matin est piquant après la chaleur douillette du gymnase.

La bonne nouvelle, c'est que je vais bientôt éteindre la frontale ; l'aube est proche.

 

Marathonien

L'UTBV, c'est loin d'être une course pour marathonien. En dehors du début de course et pour ceux qui ne sont pas dans les premiers, on marche quand même longtemps.

Il faut arriver à courir sur les portions plates ou en descente jusqu'au bout pour faire un bon classement. Pour ça il faut garder de bonnes jambes et arriver à gérer les changements incessants de type de terrain et de pourcentage.

 

Nuit

Ce départ à 21h00 nous amène à faire 10h à 10h30 de nuit, donc on a tout le temps de profiter de l'atmosphère nocturne des forêts et sentiers du Beaujolais Vert.

On a été gâté avec une belle nuit claire et douce, baignée par la lumière de la pleine lune.

Il y a des moments de solitude relative, mais on n'est jamais très loin d'une route, d'un hameau, ou du ballet d'une autre frontale.

 

 

Organisation

J'ai trouvé l'organisation excellente et bien rodée, avec un grand nombre de bénévoles tout au long du parcours et toute la nuit pour signaler notamment les traversées de route.

Certains ont trouvé le balisage léger. De mon côté, je n'ai pas eu de problème. Les bifurcations et passages douteux étaient toujours très bien balisés, avec des balises réfléchissantes régulières. Comme d'habitude, il faut être un peu vigilant et ne pas toujours suivre aveuglément les frontales au loin.

La remise des dossards, le dépôt et la récupération des sacs coureurs, le repas d'après course et les vestiaires/douches étaient situés dans un grand gymnase bien fonctionnel.

Des lits de camps étaient aussi à disposition pour sieste d'avant course ou de récupération.

 

 

Parcours

Pour arriver à tracer 110 km dans ce coin, il faut bien sûr zigzaguer un peu sur les 3 dimensions, chercher les fonds de vallée et les sommets du Beaujolais Vert. Les chemins de l'UTBV, c'est un peu de route, beaucoup de chemins agricoles ou forestiers et quelques petits sentiers. Et sur toutes les bosses, surtout de la deuxième moitié du parcours, des cailloux à n'en plus finir. De quoi rendre les montées pénibles et les descentes bien piégeuses.

 

Qualité

de l'Organisation, du balisage, des ravitaillements, de l'infrastructure d'accueil au Lac des Sapins.

 

Ravitaillement

Bien achalandés, les ravitaillements de l'UTBV : soupes, un grand choix de sucré, salé et pleins de bénévoles aux petits soins. A part les deux premiers, je n'en ai pas profité étant dans l'incapacité d'avaler quelque chose pendant une bonne partie de la course.

 

Sapins

Départ du Lac des Sapins, montée et descente dans les sapins, traversée de forêts de sapins. Du sapin, on en mange des tonnes à l'UTBV.

L'avantage c'est qu'on est souvent à l'abri du vent, de la pluie et du soleil.

L'inconvénient c'est qu'on voit peu le paysage qu'au bout de 60 km de chemin dans les forêts de sapins, on les vomit, les sapins.

 

Trace

voir Parcours

 

Ultra Trail du Beaujolais Vert

Pas beaucoup de pieds de vigne dans toute cette région, juste des champs et des forêts. C'est plus Vert que Beaujolais !

 

Vomi

 

Mon estomac m'a laissé tranquille juste le temps des 50 premiers km. Je suis parti avec de la boisson isotonique Décathlon, légèrement sous-dosée, mais ça n'a pas été une réussite. On a beau tester le produit à l'entraînement, au bout de 7 ou 8 h de course c'est autre chose.

Il a fallu deux séances vomito à Valtorte et St Nizier d'Azergues pour que la purge gastrique soit complète et que je puisse avaler un fond de verre de Coca et recharger un peu les batteries.

 

 

WWWW

La forme du profil de l'UTBV : 8 montées/descentes, sans vraiment de répit.

 

XL

 

Avec 110 km et environ 5200 D+, l'UTBV entre dans la catégorie des trails XL de l'I-TRA (environ 162 km-effort). Pour préparer la feuille de route, je me suis basé sur mes temps au Grand Trail du Sénonais (130 km, 3200 D+) que j'ai fait l'an dernier en Septembre et qui représentait le même km-effort.

Au final, je mets 1h30 de plus. Finalement, cet écart n'est pas si énorme, vu les problèmes d'alimentation que j'ai rencontré.

 

Y aller

 

Le lac des Sapins à Cublize, c'est un peu perdu dans la campagne et pas facile d'accès sans véhicule.

Je ne sentais pas bien de reprendre la voiture le samedi soir, donc j'ai opté pour le train : Paris – Lyon Perrache , TER Lyon Perrache – Amplepuis et ensuite il faut se débrouiller pour covoiturer. Il reste 7 km pour rallier le lac des Sapins. Heureusement, les gens du coin sont très sympa et on a trouvé une solution à l'aller comme au retour.

 

aZergues

Le parcours de l'UTBV chemine de part et d'autre de la belle vallée d'Azergues, que l'on traverse 4 fois :

  • Entre St Just d'Avray et Chambost une première fois vers le km 45 (A noter qu'on se prend un beau mur après la traversée de la D385, ce qui annonce ceux qui vont suivre),

  • à Lamure sur Azergues, deux fois juste avant et juste après la base Vie,

  • Entre Claveysolles et St Nizier d'Azergues

 

Malheureusement, on profite assez peu des paysages sur la vallée avec toute la première partie de nuit et ensuite beaucoup de forêts !

6 commentaires

Commentaire de Stéph le givré posté le 22-10-2019 à 08:19:46

bravo à toi Gilles d'avoir été au bout. Top

Commentaire de catcityrunner posté le 22-10-2019 à 14:04:01

Merci Stéphane

Commentaire de Le Lutin d'Ecouves posté le 23-10-2019 à 18:56:57

Bravo pour avoir fini mais aussi pour ce récit original en forme d'alphabet.

Commentaire de catcityrunner posté le 23-10-2019 à 20:59:55

Merci Lutin ! l'idée est de truklimb qui a fait un beau récit de sa CCC en forme d'abécédaire.

Commentaire de TomTrailRunner posté le 03-11-2019 à 23:15:02

Tu maîtrises aussi bien l'art de l'alphabet que celui de te balader les yeux ouverts.
Bravo et dommage de s'être ratés

Commentaire de catcityrunner posté le 03-11-2019 à 23:33:19

Merci Tom. Si j'avais suivi mon plan, tu m'aurais doublé vers la fin ! A bientôt sur un trail ou un off

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