Récit de la course : Trail des Rois Maudits - 50 km 2019, par centori

L'auteur : centori

La course : Trail des Rois Maudits - 50 km

Date : 29/9/2019

Lieu : Lery (Eure)

Affichage : 207 vues

Distance : 53km

Matos : salomon speedcross

Objectif : Se défoncer

5 commentaires

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Trail en Bord de Seine

A part la Suisse Normande l’on ne peut pas dire qu’il y ait beaucoup de dénivelé en Normandie, alors faire un trail de 52km et 2000d+/d- en Normandie c’est assez exceptionnel et du coup lorsque j’ai découvert le Trail des Rois Maudits sur kikourou je n’ai pas beaucoup hésité.

Il était promis du D+, de jolis paysages et donc un trail sympa. Les vidéos que j’ai pu dénicher sur le net montraient aussi un trail qui avait l’air avenant.

Je pense m’être bien préparé, et en tout cas j’ai bouclé le mois de septembre à 270km et 4000D+ ce qui est pas mal dont deux sorties à 30km et 1500d+ tout seul à l’entrainement ce qui est plutôt bon pour les jambes et aussi la tête.

Alors le plan de course initial était en 7h30, finalement je l’ai révisé à 7h10, le but étant de finir bien et donc me rattraper après un HTV raté.

 

Section 1 – départ ravito 1 14,5km.

Nous démarrons sous la pluie. Une belle averse qui démarre 5 minutes avant le départ. La météo était annoncée grise et pluvieuse mais je me dis quand même que cette pluie pendant 50km cela pourrait être long. Le truc c’est qu’il fait un peu chaud, il est de ce fait compliqué de mettre une veste et beaucoup de coureurs vont rester en t-shirt. De mon côté, je mets juste un gilet jaune sans manche histoire d’être un peu à l’abri. Je m’enfonce aussi au maximum la casquette kikourou sur la tête pour protéger mes lunettes, faire un trail de 50km sans rien voir à cause de la pluie ce n’est juste pas possible.

Et finalement c’est parti pile à l’heure. La surprise c’est que ça monte direct, et après 500m de goudron à peine, on passe sur un chemin 4x4 franchement raide. Je suis parti tranquillement et je me fais doubler dans tous les coins. A ce moment, je me dis OH Putain faudrait que je m’y mette et puis non je laisse filer.

On redescend rapidement et on va serpenter en forêt sur environ 2 kilomètres, avec une impression bizarre. Il est tôt 8h30, le soleil est à peine levé, le ciel est bas et gris et donc en forêt la luminosité est faible, pour un peu je me rendors… finalement on sort de la forêt pour arriver dans château Gaillard, un des symboles de la Normandie.

Je suis accueilli par un « oh qui c’est ce kikou » je devine donc qu’il s’agit de Mme BUBULLE que je salue donc au passage.

Ensuite, on démarre directement les singles en bord de seine, ça monte ça descend, c’est plutôt très casse-gueule, curieusement les cailloux sont glissants et comme les pentes sont franchement raides ça glisse et ça tombe (pas moi) mais autour. Ça descend donc presque aussi doucement que ça monte et ça c’est quand même agaçant.

En tout cas le paysage est superbe, on surplombe la seine, on découvre les méandres du fleuve, si seulement le ciel était plus clément je suis sûr que le cadre serait formidable. Quoiqu’il en soit cette section est vraiment sympa.

Je visais 2h en arrivant au ravito, j’y arriverai en 1h44. Mon père était déjà là pour me voir passer mais il est franchement surpris de me voir déjà là. Pour être clair moi aussi. Comme je lui dis, bah je suis plutôt peinard alors je ne vois pas le sujet d’aller moins vite.

Curieusement, je suis assez tranquille et je me fais pourtant doubler dans tous les coins, cela donne le sentiment de ne pas aller assez vite et en tout cas de ne pas faire assez d’effort. Je me dis que ceux de devant ne perdent rien pour attendre.

A l’estime mon père me dira qu’au ravito je suis environ 200eme sur les 500 au départ.

Cette première section fait du dégât avec ses 14km et 650d+/d-.

 

Section 2 – Ravito 2.

Cette section ne fait que 10km mais c’est franchement la plus dure. On aura de cesse de monter descendre de petites côtes, de faible importance mais ça casse vraiment dur les jambes.

Les chemins sont très étroits, on est à flanc de falaise avec des chemins qui font 10cm de large, c’est presque spectaculaire, moins roulant qu’en montagne en tout cas, il faut faire attention sous peine de se prendre un gadin assez lamentable.

En plus de cela globalement les chemins sont en dévers, cela tire bien sur les chevilles et donc cela ne va pas bien vite.

La section est dans la continuité de la première, au début surplombant la seine puis un peu de forêt.

On arrive finalement au ravito numéro 2. J’ai assez peu grapillé de temps, mais suffisamment pour que mon père ne soit pas arrivé pour me faire coucou. En sortant du ravito je l’appellerai pour lui dire de ne pas m’attendre et sauter directement au ravito 3.

Je dis aussi bonjour au grand maître en personne Monsieur Bubulle !

Du côté des autres coureurs, ça commence à souffrir, je ne me fais plus doubler, et je commence à grapiller quelques places. Au ravito, il y a un attroupement incroyable, j’attrape une banane, je refais le plein des flasques et bam je repars et c’est au bas mot plus de 20 places gagnées d’un coup. J’en rigole encore.

Cette deuxième section est moins difficile elle fait seulement 10km et 350d+/d-, mais on ne peut pas vraiment aller plus vite compte tenu des chemins, et du fait que les côtes sont vraiment très raides.

 

 

Section 3 – Ravito 3.

Cette section fait cette fois 10km et 650 d+/d-

C’est encore une fois une succession de côtes en forêt ou en bord de seine très très raide. Certes ce n’est pas toujours beaucoup 50 – 100 – 150m de D+ maximum mais cela fait très mal parce que c’est vraiment raide. J’ai même mis les mains 2 fois pour être bien stable.

Je vais courir toute cette section avec un jeune du 93, le type est super sympa, on s’entend bien, on se passe les relais, on discute, ça passe le temps. Et puis surtout on grapille beaucoup de coureurs, ça commence à sévèrement mettre le clignotant de partout et nous tranquillou on passe, on double, on continue, frais comme au premier jour, ça tient le rythme.

Je me suis fixé comme objectif d’être à 5’30’’ au kilomètre sur le plat et comme je pourrai en montée et descente, et ça tient ! l’objectif est bon, mon acolyte est sur le même rythme et tout se passe bien.

Le ravito numéro 3 et dernier est situé dans une école, j’y arrive en 4h30 pour 38km. Le ravito est super fourni. Je refais le plein des flask, je mange trois bananes et surtout changement de t-shirt. Je passe au sec (merci papa) et ça c’est trop appréciable d’autant que la pluie a cessée et donc je vais être plus à l’aise.

A noter que Mme Bubulle aura aussi fait la circulation à un carrefour (non elle ne faisait pas les courses) et elle me dira « oh voilà le kikou ». Amusant.

 

Section 4 – arrivée.

14km et 500d+ voilà ce qui nous attend pour finir la course, « uniquement » 2 belles côtes et quelques petits rien du tout qui feront quand même mal.

Nous serons restés 5 minutes au ravito c’est suffisant et c’est reparti, avec mon acolyte on continue la stratégie, la section démarrant par du plat en bord de seine c’est cadeau en 5’30 au kilo puis c’est une ascension qui fait mal à ce stade de la course on va prendre 120m en 400m tout de même je sens que les mollets se mettent en mode ça brule de partout, la descente sera aisée et raide pour bien nous achever.

Ensuite ce sera quelques petites côtes sans grand intérêt, ensuite la descente un peu de plat avalé en 5’30, le problème ce sera encore et toujours les descentes qui sont dures à courir les chemins étant raides et très étroit.

On trouve quand même le moyen de doubler encore et encore.

Mais c’est la dernière côte de la section qui met à l’épreuve 90d+ en 500m, le chemin est étroit et en dévers et là j’ai comme un départ de crampe dans la cuisse, les muscles bougent tout seul c’est bizarre. Je continue mais il faut modérer le rythme sous peine de devoir s’arrêter un petit moment. La stratégie est payante et ça finit par passer.

La descente est tout aussi raide, mais là mon estomac commence à faire des siennes et finalement en fin de descente je m’allège de tout ce que j’ai absorbé depuis un moment, je fais ça en deux fois sans presque m’arrêter (style le gars est habitué) et je continue mon bonhomme de chemin.

La ça va devenir dur, on est sur le plat donc objectif 5’30 au km. Mon collègue est plus frais, je le laisse filer, pour ma part j’ai vraiment soif mais après un vomito il faut laisser passer un peu de temps avant de reprendre une gorgée. Je vais réussir à m’hydrater mais je vais finir mes flask rapidement, et mes 20 dernières minutes de course seront bien difficiles avec la gorge sèche et les flask vide.

En tout cas, c’est plat je me fais violence pour ne pas flancher, pas question de marcher, et je trouve même le moyen de doubler encore quelques coureurs.

On va ensuite passer sur la passerelle qui surplombe la seine et les écluses qui permettent aux péniches de passer cet endroit peu propice à la navigation et ainsi continuer leur route vers Paris. Il est interdit de courir sur la passerelle ! Oh la bonne nouvelle ! je ne vais rien faire pour passer plus vite que je ne le dois.

Après, la passerelle il reste encore 2km de plat, j’essaie de me remobiliser et de doubler encore 1 ou 2 coureurs et finalement le dernier km sera fait en 5’30 l’objectif est bouclé.

On arrive là à l’entrée de la base de loisir des 2 amants, planche à voile, ski nautique, téléski nautique, il y a une activité dingue sur la base, un monde fou, et quelques idiots de coureurs qui finissent avec les jambes un peu raides.

Je termine en 6h32’45’’ le classement est donné en live par l’organisation, 81eme / 500 franchement content.

Le ravito de fin est plutôt fourni, petite originalité il y a une machine pour faire des photos entre potes de manière automatique et avec un fond original du trail. Idée vraiment sympa.

 

Cote ITRA : 557

Côte ITRA record battu et largement en Normandie. L’entrainement a bien payé.

 

Avis Global.

J’ai été très surpris de la technicité incroyable de ce trail. Tout ce qui est en montée ou descente est beaucoup plus technique qu’un chemin de rando en montagne. Les chemins sont étroits, en devers, très raides et cela rend vraiment le trail technique. Il faut être préparé à cela car c’est bien la difficulté de ce trail.

Coté paysage, pas déçu du tout, c’est vraiment joli et les points de vue méritent le passage, je pense même y retourner en mode rando avec les enfants.

Bilan une belle découverte. A refaire.

5 commentaires

Commentaire de bubulle posté le 17-10-2019 à 08:47:04

Content que tu aies aimé la course. Je ne dois donc pas avoir un avis trop biaisé dessus.

La fin difficile, ça me l'a fait aussi sur les Deux Amants, le trail "jumeau" de celui-ci en avril (faut que tu l'essaies aussi : ce sont les mêmes secteurs, mais empruntés différemment). Les crampes sont fréquentes sur ce type de terrain.

Beau résultat en tout cas, 6h32 c'est un très bon temps sur cette course.

On espère te revoir quand on fera finalement le 100 kilomètres.....

Commentaire de Shoto posté le 17-10-2019 à 12:16:35

Bravo à toi. Belle perf et chouette récit. Impressionnant de voir que 2 vomitos coup sur coup n'ont finalement pas bcp gêné ta course. Et belle cote Itra !

Commentaire de BouBou27 posté le 17-10-2019 à 14:29:16

Bravo pour ta gestion de course !
Et c'est vrai que la technicité de cette course n'a rien a envier aux courses de montagne.

Commentaire de L'Dingo posté le 19-10-2019 à 12:35:39

A te lire, fallait pas être fainéant pour réussir ces Rois Maudits :-))

Commentaire de Le Lutin d'Ecouves posté le 04-11-2019 à 09:34:36

Au niveau technique, il y a aussi la Barjo en Normandie, c'est pas piqué des vers...
Ton chrono est impressionnant...

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