Récit de la course : Ultra Trail du Mont-Blanc 2019, par Gazel

L'auteur : Gazel

La course : Ultra Trail du Mont-Blanc

Date : 30/8/2019

Lieu : Chamonix Mont Blanc (Haute-Savoie)

Affichage : 588 vues

Distance : 171km

Objectif : Terminer

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2019 mon année du Mont Blanc

 Pour les plus pressés, ou les moins sportifs, je vous offre un petit résumé :

Le week-end de fin août, j'ai participé à l' Ultra Trail du Mont-Blanc (UTMB) C'est une course en sentier, comme disent les québécois , et en montagne alpine, longue de 170 km et 10.000m de dénivelé. Avant et après, j'ai également participé à une étude sportive, menée par des chercheurs en activité physique, sur la fatigabilité comparée entre hommes et femmes.


Après le départ à Chamonix le vendredi 30 août 18h, j'ai donc passé deux nuits en course, dormi 3 fois sur des lits de camp pour un total de 1h30 de sommeil, traversé les trois pays qui entourent le Mont-Blanc. Je suis passé 4 fois au-dessus de 2400m, ai essuyé un orage de fin d'été en montagne (pluie + grêle) et j'ai fini les 30 derniers km avec une tendinite au tibia droit. Mais grâce à la famille, aux amis, et à une bonne préparation mentale et physique, j'ai été au bout, et je termine la course à Chamonix le dimanche 1er septembre à 13h30, ravi, comblé, fatigué, vidé, heureux, fourbu, et libre !

Pour les coureurs moins pressés, et les curieux qui veulent savoir comment se déroule un ultra-trail de l'intérieur, j'ai rédigé un récit avec moult détails & anecdotes dans la prose suivante :

C'est jeudi 29 août vers 17h que j'arrive à  Chamonix, prêt pour mon rendez-vous avec l'ultra-trail le plus connu au monde, l'Ultra Trail du Mont Blanc (UTMB). C’est une course de 170 km avec 10.000m de dénivelé, avec un départ et une arrivée au centre de Chamonix.

Je suis accompagné de ma femme et deux de mes enfants, Josselin et Solène.

Chamonix, me revoilà ! Après le trail TDS d'août 2013, et le 80km du Mont-Blanc de juin 2016, je retrouve les lieux, la place du triangle, la place du Mont-Blanc, le chemin piéton près de la rivière l'Arve...

 

ENSA J-1

Les 2 filles partent trouver notre logement, et je vais avec le fiston récupérer mon dossard, le no 1603. Une fois passés les contrôles d'identité et de matériel obligatoire, j'obtiens donc le dossard, la puce pour le sac, le t-shirt UTMB... et le plan de la ville. Sur celui-ci , je repère l'Ecole Nationale de Ski et d'Alpinisme (ENSA) où je dois aller pour passer des tests musculaires.

En effet, je participe à une étude menée par le CHU Nord de St-Etienne à propos de la fatigabilité comparée entre hommes et femmes après un ultra... La série de tests avant la course servira de repère, et je devrai faire la même chose juste après mon arrivée de l'UTMB ! Une fois dans les locaux de l'ENSA, je passe donc différents «  stands » : sprint sur vélo, course sur tapis avec analyse de la foulée, course sur tapis avec mesures d'échanges gazeux et de lactate sanguin, force de la cuisse, force du mollet, échographie de la cheville, prise de sang. Le tout en plus de deux heures, car les coureurs qui terminent tout juste la TDS ou l'OCC sont prioritaires pour la réalisation des tests.

Je rejoins ma petit famille pour le diner, dans un chalet type village vacances, et on discute à table avec deux autres coureurs : 1 qui courra l'UTMB pour la première fois, et un autre qui vient de terminer la TDS pour la 3ème fois.

 

Montenvers  H-8h

Le vendredi matin, on prend le train à crémaillère de Montenvers, pour aller admirer à 2000m d'altitude le glacier. Moi, je reste près de la gare, tandis les autres descendent voir la mer de glace (et remonter toutes les marches... moi je m'économise un peu). Bain de montagne pour tous.

On visite également le glaciorium, et la galerie des cristaux, puis on redescend en train et déjeune au chalet. Puis il est temps de finir les préparatifs et derniers réglages, j'essaie de me reposer 20 minutes mais je n'arrive pas à dormir. Je finalise les 4 sacs : le mien, celui qui sera acheminé par l'organisation à mi-course (Courmayeur en Italie), le sac que je retrouverai en fin de course et le sac que ma famille prendra quand elle me rencontrera sur les ravitos avec assistance autorisée. Sur le moment, je m'en veux de ne pas avoir pris de manchons pour les bras, je les ai laissés à ma maison. Et je me souviens d'ultra à l'automne où j'avais eu le plus mal aux poignets, refroidis pendant la course. Mais la vraie interrogation de cet UTMB , ce sera ma réaction aux chaussures. J'ai des Salomon Vibe bleus depuis le début de l'année, et j'ai eu du mal à les régler, je ne sais pas si je vais avoir des ampoules en les utilisant aussi longtemps. Aussi, j'ai mis deux autres paires dans le sac coureur, au cas où. Je recharge une dernière fois mon téléphone, ma montre GPS et les 2 autres que j'ai empruntées à mes collègues Richard et Dominique.

 

Chamonix 0km

16h30, nous partons du chalet à pied, déposons le sac coureur dans un gymnase, une pluie fine nous surprend et nous décidons de rester un peu à l'abri. 17h20, il est temps de rejoindre la zone départ, et on finit d'attendre tout près de l'arche. à 17h45 je me glisse dans la file des coureurs, à 20 mètres des premiers... Il y a des discours, puis la fameuse musique « Conquest of Paradise » de Vangelis .

 

Et le départ est donné sans compte à rebours, me surprenant un peu. Un dernier petit coucou à la famille, puis je m'élance dans le flot des coureurs : suivent 4 minutes 30' d'encouragements non-stop : des 2 côtés du chemin des coureurs, se trouve une foule animée, supportrice, applaudissant. Mon émotion est au maximum !

Jusqu'aux Houches il s'agit de la portion la plus plate, 8km. J'essaie de ne pas aller trop vite, emporté par les élites. Je m'arrête exprès pour faire pipi, ainsi je ne vais pas effrayer mes supporters internet avec un temps et un classement canon au premier point de contrôle 😉. Premier ravito, je prends un verre d'eau et repars. J'arrive au bas du téléphérique des Houches, que j'ai pris 1 fois au mois de juin lors de mon ascension du sommet MB. Séquence souvenir, je prends donc une photo pour mes collègues d'alpinisme.

 

La première vraie montée commence. La prudence s'installe parmi les coureurs, on quitte la vallée, l'espace urbain et sa foule, et on rentre progressivement dans son rythme d'ultra.

La chaleur est encore présente, avec l'humidité de la récente pluie, aussi mon t-shirt est bien mouillé. On arrive au col de Voza, et le sommet du Délevret 1.777m et on bascule dans la descente vers St Gervais.  Là aussi la prudence est de rigueur, car on peut aussi aller trop vite en descente et se griller, ou se flinguer une cheville... 2 choses qu'on essaie d'éviter pendant toute la course.

 

St Gervais 21km

L'arrivée au début de la nuit à St Gervais est revigorante. La foule est là, en masse, le parcours passe en centre-ville, les enfants demandant des checks avec la main sont nombreux, je ne me prive pas de cette communion avec le jeune public ! Le ravito est sur une grande place, je m'y arrête 5-6 minutes. Puis je repars, on requitte la ville et ses lumières. Je dois allumer ma frontale à la lisière de la forêt noire et sombre. La montée vers les Contamines est parfois un faux-plat, parfois une vraie montée. Je sais que je vais y retrouver ma famille.

Arrivée aux Contamines : j'ai hâte de retrouver ma femme, le ravito est scindé en 2 : une zone coureur, et une zone pour l'assistance. On doit faire le tour pour accéder à la seconde. Je le fais de suite, retrouve ma femme et lui demande une soupe : elle essaie d'aller en prendre mais c'est réservé aux coureurs. Cela m'énerve, je retourne côté coureur, prend une soupe et en profite pour faire le plein de mes 2 flasques. Puis je retourne voir ma femme, qui me demande comment elle peut m'aider. Elle sort ce que j'ai préparé, je prends deux barres en plus, et je n'ai pas besoin du reste. Elle fait deux photos et me dit que mes enfants m'attendent à la sortie du ravito. Je repars donc, les trouve et marche 3 minutes avec eux. Une nouvelle photo et je repars dans la nuit noire. Ils rentrent avec le bus UTMB des suiveurs, ce qui leur enlève le souci de se garer, de trouver leur route dans  la nuit et dans la montagne, et leur permet de se reposer un peu dans le car.

 

L'ascension de la croix de Bonhomme est devant nous, c'est la première grande et longue montée : on part de 1200m aux Contamines pour aller à la croix à 2500m.

La fraicheur des sous-bois, de la nuit tombée et de la proximité des rivières me fait changer de t-shirt : je passe du manches courtes bleu au manches longues noir, molletonné hiver. Je mets aussi un bonnet .

 

La Balme 39km

Au ravito intermédiaire, la Balme, je veux remplir mes deux flasques, mais je n'en trouve qu’une des deux. Je me suis dit : « quel con, tu as du mal la remettre en marchant ou la faire tomber en changeant de t-shirt ». Puis en réfléchissant, je me souviens de l'épisode aux Contamines et de mon énervement momentané... peut-être l'ai-je oublié sur la table du ravito. Je deviens inquiet, car je n'ai pas  pris ma poche à eau, et je ne comptais que sur mes deux flaques de 500ml... je demande au ravito s'ils ont des petites bouteilles de 330 ml ou 500 ml à me donner : réponse négative ! Je vais devoir me débrouiller avec une seule flasque jusqu'à ce que Valérie m'apporte une solution... Je lui écrirai un SMS plus tard, la journée venue, pour m'en ramener une. Du coup, je bois au moins deux trois verres à chaque ravito, même si c'est un peu trop... Cette longue montée se termine, col du bonhomme, premier passage à presque 2500m.

 

A ceux qui se demandent comment tenir toute la durée d’un ultratrail, je vais vous livrer dans ce récit 3 méthodes utilisées ce week-end-là. La première vient du fait que je sois sensibilisé aux flux énergétiques avec mes deux dernières années de yoga (même si 1h par semaine, c’est peu). Et pendant l’été, j’avais vu une photo de l’athlète mexicaine Paola Moran, qui en finale de 400m, réalisait un geste avec ses deux mains. C’était plus précisément le gyan mudra, qui consiste à former un cercle entre le pouce et l'index. Cela vient du bouddhisme , et est repris avec le yoga. Ce geste spécifique permet de conserver l’énergie corporelle à l’intérieur du corps et de la faire circuler. Evidement, autant y croire quand on le fait. Et sur cet UTMB, je l’ai fait plusieurs fois, même avec les bâtons en dragonne . On peut accompagner ce geste avec un grand sourire, ce qui libère des endorphines et réduit le stress.

 

La redescente vers les Chapieux est aussi raide. C'est la première base vie avec plat chaud et dortoir. Contrôle de matériel obligatoire avant d'entrer dans le ravito. La musique techno dans ce petit village au milieu de la nuit est bizarre, mais distrayant. Je m'assois, bois une soupe chaude, discute avec mes deux voisins de table.

Puis je redémarre, un faux plat sur la vallée des Glaciers, et on attaque les 2 passages à plus de 2400m : col de la Seigne et col des pyramides calcaires. On passe la frontière et bascule en Italie sans s'en apercevoir

 

Lac Combal 66km

Les premières lueurs de l'aube apparaissent dans la descente. Elles nous offrent un spectacle magnifique en approchant du lac Combal, qui apparait progressivement dans la brume.

J'arrive au ravito vers 6h55, je m'assois, m'hydrate. La fatigue est bien présente, je me sens moins en forme depuis le début que sur mes autres ultras. Espérons que ce ne soit pas un mauvais signe. Cependant, le lac Combal et la proximité de la voie italienne du Mont-Blanc (refuge Gonella et glacier du Dôme), empruntée l'an dernier avec mes collègues alpinistes, ravivent de bons souvenirs, et cela me relance : je repars sur le plat en petit footing, un drone et un hélico nous survolent (je verrai plus tard une vidéo avec ces images féériques des coureurs dans la brume près du lac). On enchaine avec la montée vers l'arête du mont Favre (2433m), que j'avais couru en sens inverse lors de ma TDS 2013.

La deuxième méthode pour tenir tout un ultra, est de s’arrêter de temps en temps au milieu de paysages superbes  et de prendre des photos. Cela permet d’arrêter le chrono, d’apprécier ce qu’on est en train de traverser et d’avoir plus tard des souvenirs positifs de la course.

On redescend vers Courmayeur. Sur le chemin, un ravito au col de Checrouit est bienvenu. Un refuge du Club Alpin FFCAM nous y accueille dignement, des musiciens blacks mettent l'ambiance, puis se rajoutent des instruments à vent par un autre groupe. Tous ces musiciens improvisent ensemble, un trailer se met à danser... Je pose tout mon sac sur une table en plein air, au soleil du matin déjà chaud. J'en profite pour quitter mon T-shirt manches longues noir et enfiler mon T-shirt manches courtes rouge. La frontale et le bonnet sont rangés, pour la prochaine nuit ?? Des yaourts nature de montagne me font de l'œil et j'en prends un qui ravira mon palais. Je pense a posteriori que ce fut mon meilleur ravito de l'UTMB.

 

Courmayeur 78km

La descente finale vers Courmayeur est pentue, c'est un sentier en forêt avec de temps en temps des marches dans la terre, je prends plaisir à trottiner. Courmayeur, me voilà, 6 ans après mon départ de la TDS. On arrive dans un grand gymnase, je récupère mon sac coureur, et j'arrive à trouver de la place pour m'assoir. J'attends un peu avant de boire, je regarde ce que je dois prendre et transférer d'un sac à l'autre. Je mets mon téléphone à recharger sur ma batterie externe. Je vais chercher de l'eau pétillante. En Italie et Suisse, plus d'eau minérale gazeuse en bouteille, mais de l'eau gazeuse fabriquée par une machine à soda : pourquoi pas ? Je vois aussi 2 cubis de vins, je demande si c'est pour les coureurs, et le bénévole me répond que oui ! première fois que je vois cela sur un ultra à un ravito officiel, sacrés italiens ! Je prends également une assiette de pâtes avec de la bolognaise, mais je ne sais pas si elles sont mal cuites et avec quelle viande est faite la bolognaise, en tout cas ce n'est pas très bon. Je me force à finir et je vais m'allonger dans la zone dortoir, séparée par un rideau du reste du gymnase. Je ne mets pas de réveil, j'ai presque 3 h d'avance sur la barrière horaire. Je trouve un gros matelas bleu plastique (type gros tapis de gym épais), sur lequel je plonge assez vite dans un sommeil. Je me réveille "tout seul" (on n'est pas isolé du bruit) au bout de 15 minutes. Je lis mes messages de soutien, merci, même si je ne peux pas répondre à tous. Finalement, seuls les sms arrivent, car je n'ai pas de data 3G à l'étranger, contrairement à ce que je pensais (je viens de changer d'opérateur). Je redémarre, mais bifurque sur les wc avant de sortir, il y a une file d'attente et que 2 toilettes hommes pour un gymnase de cette taille ! Bizarre.  Puis je quitte le gymnase, une certaine foule est là pour nous encourager, c'est sympa. Un grand tour dans la ville Courmayeur et sa périphérie avant de retrouver nos chemins de montagne.

 

La montée vers le refuge Bertone, 800 m de dénivelé, débute. En sous-bois, cela nous protège de la chaleur du soleil. On croise ou on double, des coureurs ou des randonneurs, on entend parler polonais, tchèque, italien, anglais... J'arrive au refuge, il est 12h25 samedi. Je prends deux fois du bouillon (c'est chaud, pas besoin de réchauffer l'eau dans le corps pour l'assimiler, et c'est salé). L'ombre est rare, et il n'y a que deux bancs au soleil. Je me pose 3 minutes à l'ombre, et repars assez vite. Je prends quelques photos juste au-dessus du refuge, la vue est superbe de tous les côtés. Puis le chemin est à flanc de montagne, quasiment à la même altitude, j'en profite pour trottiner, je rejoins un concurrent, François, le dossard 444. Je lui colle les baskets, il effectue les bonnes relances et a un rythme régulier. On va quasiment courir ensemble jusqu'au refuge Bonatti. De ce refuge, je crois apercevoir le grand col Ferret, mais j'ai oublié la descente vers Arnouvaz.. je vais accélérer dans cette descente, la forme est là, même si mon pas est lourd et ma foulée tape pas mal au sol... j'arrive au ravito, je bois un coup et je vois une féminine avaler des morceaux de pastèques à la suite, je me dis c'est une bonne idée, j'en prends deux, et patatras ! Quel mal m'en a pris, en oubliant toutes mes règles de prudence… Le malaise monte, je vais vomir, je sors vite de la tente et vais derrière les poubelles : boum, je vomis ce que je viens d'avaler. Merde , je n'ai pas attendu mes 5 minutes de repos avant de manger, surtout après une descente à un bon rythme comme je venais de faire, mon estomac devait être tout fermé! Je décide de m'allonger sur un lit de camp et faire de la respiration ventrale, tranquille. Il fait chaud. Puis je me relève, rebois un peu, comme je n'ai toujours qu'une flasque de 500ml, je ne dois pas faire le con avec l'hydratation.

 

Grand col Ferret 100km

Je quitte ce ravito, et pars à l'assaut du grand col Ferret, en plein cagnard, il est 15h. De grands lacets sur une montagne nue, c'est dur. Je remonte des concurrents, soudain mon tel sonne, mon collègue Emmanuel-Pierre me suit sur le live et veut prendre de mes nouvelles. C'est gentil, je m'arrête quelques instants, je me fais doubler... C'est une bonne pause, on a pu échanger un peu. Je ferai une autre pause photos, car je veux pouvoir montrer ce que j'ai vu à ma famille et amis. Arrivé au col, à 2537 m, je m'assois 2 minutes, je laisse passer le dossard 444, que je ne verrai plus.

Le ciel s'est couvert, des nuages gris plus ou moins sombres arrivent. Dans la descente, on entend un ou deux coups de tonnerre par moment. On passe un point de contrôle et d'eau à une bergerie avec 2 yourtes. Puis je continue en direction de la Fouly.

En fin de descente, quelques gouttes d'eau commencent à tomber, et la pluie démarre d'un coup, j'enfile vite ma veste de pluie en englobant mon sac à dos, mais je ne peux pas la fermer. Quelques secondes plus tard, la grêle tombe. L'ambiance a complètement changé, le froid est là, le sol terreux des chemins singles se transforme en patinoire voir en torrent, on essaie de courir à côté pour ne pas glisser. Aucun abri immédiat en vue, jusqu'à ce qu'on arrive en lisière de bois. Chaque tronc protège 4 ou 5 coureurs, je m'arrête en même temps. J'en profite pour mettre complètement ma veste et son sac à dos par-dessus, tant pis il sera mouillé, mais au moins j'aurai plus chaud à mon torse. La pluie ne s'arrêtant pas, je décide de partir sous la pluie pour arriver au ravito. D'autant que normalement, Valérie et les enfants m'y attendent, j'avais communiqué à Valérie qu'elle aurait le temps avec le bus UTMB de m'y retrouver, et pas seulement à Champex, le ravito d'après. Je cours vite sous la pluie, c'est une portion plate, les pieds dans les flaques d’eau, la casquette vissée à la tête, sous la capuche intégrée. Elle me protège un peu le haut du visage et les lunettes. Après le passage d'un pont, je vois un toit de tente carré de l'organisation, avec plein de gens dessous, et en m'approchant, je vois Valérie et Josselin, qui court vers moi m'accueillir!

Hop on se met à l'abri relatif, ils n'ont pas de manteau et sont en t-shirt... Solène arrive quelques instants plus tard, en apportant les capes de pluie. On quitte tous ensemble la tente et se dirige vers le ravito officiel à 1 km, La Fouly. Arrivé là-bas, le moral est mauvais, je m'étais demandé si la course allait être arrêtée avec cette grêle, s'ils avaient arrêté les coureurs avant le grand col ferret, etc. Plein de questions sans réponse. Des coureurs sont avec leur couverture de survie, moi aussi j'ai froid, je suis trempé, normalement c'est un ravito sans assistance, les coureurs sont séparés des accompagnateurs/familles. Je prends deux soupes chaudes. Je veux arrêter, et rentrer à Chamonix en bus. Malgré un premier refus de la part des organisateurs, Valérie insiste et peut venir me retrouver. Malheureusement je n'avais pas mis d'affaires sèches dans le sac pour Valerie, que de la nourriture. Valérie me dit d'attendre la fin de la pluie, et qu'on décidera plus tard. Elle m'a acheté une flasque Salomon de 500ml, me voilà de nouveau paré pour l'ultra! Les enfants m'ont dit également que mes (beaux) frères et sœurs et plein de neveux nièces sont derrière moi, me suivent par internet, regardent les vidéos d'entrée de ravito. Cela me fait chaud au cœur !

 

Vers Champex-Lac 123km

La pluie a cessé,  Valérie me dit d'aller jusqu'au prochain ravito au moins, elle et les enfants me remotivent. N'est-ce pas un objectif depuis plusieurs années ? J'acquiesce, je m'habille avec le T-shirt manches longues noir mouillé, et mon surpantalon imperméable comme une toile cirée. Il est 19h30, j'ai passé 56 minutes dans ce ravito, je repars, mais l'envie n'y est pas. La course réchauffant un peu, de bonnes sensations reviennent. Au bout de 2 km, j’enroule le bas de mon pantalon jusqu'au-dessus des genoux, cela me fait un grand short, et cela m'évite de suer dedans. La pénombre commence, mais je cours avec un groupe à un bon rythme. Une seule frontale est allumée pour 4 ou 5 coureurs. Moi cela ne me dérange pas, j'aime bien courir à cette heure-ci et dans la pénombre. Cependant, je constate que le chemin n'est pas si sécurisé pour cet exercice, on est à bord de montagne et ce chemin single a un bord qui plonge avec 10m, puis 15m puis 20 m de vide ... J'attends un élargissement, laisse filer le groupe en m'arrêtant pour prendre une frontale et enlever mon surpantalon qui me tient trop chaud. Je ne trouve que la frontale de Richard, et me dis bizarre, j'ai dû me tromper à Courmayeur, quand j'ai refait les deux sacs, j'ai dû mettre ma première frontale dans le sac que je retrouverai à l'arrivée. Je dois m'habituer à son allumage, et repars en solo. Je reçois un message de Valérie qui me dit qu'ils sont bloqués à la Fouly, que l'unique route est coupée par une coulée de boue, qu'ils me souhaitent bonne course, mais qu'ils ne pourront sans doute pas me retrouver à Champex... mince alors !

 

Fin du chemin, on arrive dans un village , on nous bipe les dossards : je dis génial, le ravito est proche. On serpente dans ce village et on redescend. Je discute avec un gars, il faut remonter en face. Je crois voir un grand bâtiment éclairé en hauteur et me dis cela doit être là-haut. On passe devant un bar, et les personnes sur la terrasse nous encouragent. Cela faisait longtemps qu'on n'avait pas eu cela. La montée commence, on tourne, je me dis on va y être bientôt. Et non, à chaque point, on doit continuer à monter. Je vois des coureurs sur un autre versant avec leur lumière, je me dis, cela doit être après le ravito, la course doit passer là. Mais nous on continue de monter, c'est interminable. A un moment, on bascule de côté et on vient marcher là où je voyais des personnes peu de temps avant... pas bon pour le moral ! On croise deux personnes qui nous indiquent qu'il n'y a plus que deux kilomètres ! c'est beaucoup quand on croit être arrivé. Finalement on arrive au ravito de Champex, je pose mon sac en bout de table. Ici apparemment les 2 zones coureurs et coureurs avec assistance sont mélangées, je vois des accompagnateurs dans les 2 zones. J'ai un autre message de Valérie qui m'indique qu'ils ont préféré prendre le chemin des coureurs et que l'organisation fournira des bus quand ils retrouveront la route. Je ne comprends pas tout ni comment ils vont faire, mais me concentre sur mon ravito. Bouillon, eau gazeuse. J'essaie de manger des nouilles, mais elles sont vraiment mauvaises. Je ne finis pas, et vais me coucher dans la dortoir séparé. J'enlève mes chaussures, je mets de la crème sur les pieds et change de chaussettes (elles étaient dans un sac imperméable) et je règle une alarme pour dans 30 minutes. Le sommeil du juste, jusque l'alarme retentisse, je tarde un peu à l'éteindre, cela me gêne par rapport aux autres dormeurs... Au réveil, une petit douleur au tibia apparait, à froid. Je fais un tour aux WC, aborde une bénévole pour savoir si les cars UTMB des accompagnateurs arrivent. Elle revient vers moi en disant que la route est toujours bloquée. Bon, je ne verrai pas ma famille, je n'ai plus qu'à repartir. Le départ est sur le bitume dans Champex Lac, il est 23h49, j'aurai fait ma plus grande pause ici, presque 1h30.

 

Trient 140km

17 km me sépare du prochain ravito complet, Trient,  avec une montée/descente de 800m. Je sens des ampoules, dont une est très douloureuse. On arrive à un ravito léger presqu'au sommet, la Giete, dans une jolie étable, je prends deux fois du bouillon. Dehors, nous apercevons la  vallée avec les lumières des villes en fond de vallée, c'est beau.

La troisième méthode pour tenir tout un ultra, est encore de s’arrêter quelques instants et de checker toutes les tensions du corps. A ce moment, je hausse souvent les épaules, les tire en arrière, puis laisse tomber les bras vers le bas. La nuit, avec la frontale allumée et le sac à dos, la nuque et le haut des épaules sont souvent crispés. Ces gestes à l‘arrêt permettent de débloquer le haut du corps et de prévenir toute douleur à ce niveau.

 

Lors de la descente, la douleur sur le devant du tibia, juste au-dessus de la chaussure, se fait pressante et gênante. Cela m'empêche parfois de courir en descente. Arrivé à 4h du matin à Trient, je vais direct au poste de secours, et leur demande s'ils ont une crème ou autre chose pour diminuer la douleur. Un podologue m'ausculte, son chef vient, le médecin aussi et ne savent pas quoi faire ni même nommer ce que j'ai... Finalement ils me mettent une bande de tapping rose censée libérer des antidouleurs, mais insistent sur le fait que je dois montrer cela à Vallorcine. Ils n'ont pas l'air d'être sûrs de ce qu'ils font. Je ne leur parle pas de mes ampoules... Je vais au ravito, je bois et mange un peu. Juste avant de partir, je me dis qu'un peu de Coca me donnera des forces, et BIM ! je cours dehors pour vomir! Mince, tout ce que j'ai mangé est ressorti. J'attends un peu, avale juste de l'eau pétillante et repars.

Malheureusement le tap rose n'est pas magique, et la douleur est toujours là. La dernière montée côté Suisse, jusqu'aux Tseppes, passe lentement, mais mon fils Raphaël a fini sa soirée à Berlin et va se coucher, il m'appelle pour prendre des nouvelles! On discute un peu, cela fait du bien. Puis le jour commence à se lever, et on redescend vers Vallorcine. Je me fais doubler régulièrement, la douleur m'empêche de courir, je marche vite, trottine 20m, remarche, ainsi de suite. Je discute avec une australienne qui ne va pas plus vite que moi, elle est gentille et me dit que j'ai un super accent anglais. Cela me fait rire intérieurement, car j'ai le plus mauvais accent de la famille, mais bon, cela fait toujours du bien au moral. Je pense à la gestion des douleurs, et on dit souvent que les femmes savent mieux endurer la douleur que les hommes. Je me dis donc que je vais finir l'UTMB en faisant taire ma douleur, ou en ne l'écoutant plus. D'ailleurs mes ampoules se sont tues, une au moins s'est percée toute seule. La dernière portion abrupte fait encore des dégâts, mais j'arrive enfin à Vallorcine.

 

Vallorcine 150km

Je croyais être encore en Suisse, mais c'est déjà la France ! Je capte de nouveau la 3G : La rafale de messages Messenger et Whatsapp se déclenche pendant 4 ou 5 minutes... J'entre dans le ravito à 7h44, pose tout le bardas sur une table et pars boire un coup. Depuis Trient, je ne bois plus que quasiment plus qu'une fois posé aux ravitos, et je transporte les flasques aux 3/4 pleines pour rien... mais bon, on ne sait jamais. Je lis la plupart des messages. Un docteur s’approche et discute un peu avec moi, je lui dis pour ma difficulté à m'alimenter et je demande à m'allonger. Il m'accompagne jusqu'à un lit de camp et me demande combien de temps je veux dormir? Je lui dis pas plus d'un quart d'heure. Il me réveillera. Juste derrière moi des gens parlent, je crois que je ne vais m'endormir, et... me réveille tout seul 10 minutes après, sortant d'un sommeil flash. Je me lève, et quelques respirations ventrales plus tard, je vais prendre du bouillon avec du riz précuit dedans. Le docteur passe et je lui montre que je mange, car il avait insisté que je le fasse avant de repartir. Puis hop, je décolle, 52 minutes d'arrêt au stand, je suis dans les temps.

 

La Tête aux Vents 157km

Une légère pente jusqu'au Col des Montets, j'en profite pour répondre au message de ma fille Philaé. On traverse la route et bascule sur la grosse montée chaotique vers la "Tête aux vents", point à 2130m. Je suis relativement encore en forme, musculairement je n'ai aucun problème, et la douleur au tibia s'est effectivement relativement atténuée, comme quoi, c'est la tête qui commande. Le ciel est couvert, j'espère ne pas arriver sous la pluie. Des jeunes filles sorties de minibus au col des Montets, toutes membres d'un club de sport en équipe, font la montée avec nous. La première nous double, loin devant des co-équipières. Ce chemin je le connais, c'est le même tracé que le 80 km du Mont-Blanc couru en 2016, mais dans l'autre sens.

Aussi après la Tête aux vents, le tracé monte et descend par petites touches, pour arriver à la Flégère, j'alterne marche et petit trot. Je me fais doubler par un duo de filles qui m'encouragent, étonné, je regarde leur dossard et je vois qu'elles font la PTL (course de 290km en équipe) et qu'elles sont parties lundi dernier! Bordel, elles sont encore en course! (j'ai regardé, elles sont arrivées troisième équipe féminine, en 149h25'). Le petit raidillon avant la Flégère, je suis un peu sonné par l'effort et la chaleur, mais je souris à la caméra d'entrée. Je suis toujours en manches longues, il est 11h59, j'ai l'impression que le beau temps s'installe. Je change de maillot et met mon t-shirt sans manche blanc, impeccable pour l'arrivée !

 

Arrivée à Chamonix 171km

Plus que 8 km de descente pour Chamonix, Go! Après 400 m sur une piste de ski large et ensoleillée, on bascule dans un sentier de randonnée ombragée, tant mieux. La descente me parait longue, et j'allonge progressivement le rythme. Plusieurs fois je crois être arrivé en bas, je commence à croiser des gens qui montent, qui me félicitent, je reviens en ville! J'appelle Valérie, qui me dit qu'elle est près de l'arrivée, et que les enfants m'attendent avant. Ca y est, je suis en bas, je sors de la forêt,  je commence à longer l'Arve, synonyme du chemin final. Je sors ma caméra, et rapidement, je vois Josselin et Solène qui m'attendent : YESSSSSS ! On échange quelques mots, c'est étrange, j'ai une voix toute faible et je parle doucement. Ils me montrent chacun leur panneau, celui de Solène 'BEST', celui de Josselin 'PAPA' : ce sont des vrais supporters !

On repart à trois, on se met à trottiner, les gens nous applaudissent, Solène dit plusieurs fois que cela lui fait bizarre. Je donne mes bâtons à Josselin, je ne les replie même pas. On traverse une dernière rue ouverte à la circulation, et les bénévoles nous disent qu'il y a 600 m à parcourir dans le centre-ville et qu'il faut en profiter. De temps en temps, je serre les épaules de mes enfants pour sentir le bonheur. Peu après on retrouve Valérie, qui nous filme une première fois. On la retrouve une deuxième fois et nous accompagne jusqu'à l'arrivée. Ca y est, on y est, je fais 3 fois le salut/ola sur la ligne d'arrivée, le speaker répète à chaque fois 'BEST PAPA', c'est génial !

Valérie nous filme, puis tend son appareil à un beau moustachu, qui nous prend en photo à 4. C'est en fait un mec qui est chargé de récupérer les coureurs et de les envoyer passer les tests musculaires à l'ENSA ! J'étais attendu. En 3 minutes, on voit 3 personnes différentes. La dernière nous prend en photo sur la grande estrade / podium, juste au-dessus de la banderole "Sommet mondial du Trail", ça en jette, non ?

 

ENSA  171km+ quelques mètres

Je récupère ma veste bleue finisher, puis on se dirige tous ensemble vers l'ENSA. Là-bas, je suis applaudi à mon arrivée, pesé et entretien rapide sur ma course. Puis je passe tous les tests que j’avais fait jeudi... Au test de force de la cuisse, je sais en direct que j'ai perdu 40 % de force sur ma cuisse ; je suis dans la moyenne, certains coureurs ne perdent que 25-30 %, d'autres 60 à 70%.

Les tests finis, je vais prendre ma douche et passe au wc. Je peux ausculter mes pieds, certains ongles sont sombres, ce qui n'est pas bon signe. Une fois rhabillé, je retrouve la famille, on dit en revoir à tous ceux de l'étude, ma femme ayant bien discuté avec Guillaume Millet, en charge de l'étude et auteur de plusieurs livres, dont mon premier sur l'ultratrail : "Plaisir, performance et santé", tout un programme ! On a même retrouvé une voisine, infirmière, c'est elle qui a fait ma dernière prise de sang. On quitte l'ENSA, on va récupérer mon sac coureur, mais Valérie veut que j'aille consulter un podologue. On trouve l'infirmerie sur le chemin, et je m'y arrête. Dans la file d'attente, une fille est par terre et a posé ses jambes adossées au mur, pour la circulation sanguine. Elle aussi a terminé la PTL et vient se faire masser par un kiné. Le podologue regarde mes pieds et me dit qu'il y a du boulot, qu'il va faire le plus urgent et que je devrai aller consulter d'ici 15 jours pour le reste. Il me soigne 1 ampoule et un ongle, la médecin passe et voit mon tibia : elle dit direct "quelle belle tendinite" et me conseille du repos, et de ne pas glacer avant 2 jours.. Une fois sorti, je retrouve la petite famille et on part pique-niquer en centre-ville. Puis Valérie ramène tout le monde en voiture jusqu'à la maison.

 

Merci à Valérie pour tout ce soutien, ces heures d'entrainement du week-end. Merci à mes 4 enfants pour leurs encouragements et le temps passé avec moi sur ces ultras. J'ai commencé les longues distances avec la SaintéLyon avant 2010,  et en 2012, les Templiers 70 km avec David, et mon premier 100 bornes dans les monts du Lyonnais. Chaque année depuis, sauf en 2014, j'ai recouru au moins un ultra. Et c'est en 2019 que j'ai pu affronter l'UTMB.

 

Merci aussi à mes collègues de course, Richard, David, Fabien, Vivien, François-Xavier, Romain, Bertrand, Thierry, Jérôme, François, Emmanuel-Pierre, Olivier , Perrine, Estelle, Dominique, Bonaventure, Nicolas, Yves, Abdel, Arnaud et tous les autres de Casino Running

 

Merci à ma mère, à tous mes frères et sœurs, leurs conjoints, beaux-frères, belles-sœurs (spéciale dédicace à Florence et Amandine qui ont fait leur premier triathlon le samedi 31),

Merci à la jeune génération de s’être intéressée à l’ultratrail tout un week-end (et en lisant jusqu’au bout ce récit) : tous mes neveux et nièces, qui m'ont soutenu chacun à leur manière pendant ces 43h30 ! Florian, Maxence, Morgane, Roxane, Alma, Romain, Patrice, Matisse, Coline, Thibaut, Méline, Alice, Inès, Roman, Gaétane, Guillaume, Mattéo, Clément, Margot, Timothée, Adrien, et Emmanuel ; mais aussi Laurine , Tanguy,  Julien, Arthur,  Nicolas, Alexandre et Opale !

 

Merci à mes collègues alpinistes : Pascal, Gilles et Didier .

Vais-je quitter un jour ce beau bracelet ? ;)

15 commentaires

Commentaire de centori posté le 11-09-2019 à 11:38:04

j'ai bien aimé ton recit. il décrit bien ce qu'il faut faire et pas faire aux ravito. ce n'est pas souvent traité et cela me manquait pour augmenter mon expérience sur le sujet. donc merci. et aussi bravo pour la course.

Commentaire de Gazel posté le 11-09-2019 à 11:53:19

Merci centori. Oui, j'essaie de décrire un peu les détails techniques, mais chaque coureur expérimente au fil des trails et retient au final ce qu'il lui convient le mieux

Commentaire de LaBalle Rine posté le 11-09-2019 à 16:04:26

Beau parcours depuis 10 ans !! et belle gestion de course ! au plaisir de te croiser dans nos contrées ;-)

Commentaire de Gazel posté le 11-09-2019 à 16:45:55

Merci
Je me repose encore un peu (surtout le tibia-cheville droite) et vais reprendre le vélo sous peu.
A bientôt !

Commentaire de L'Dingo posté le 11-09-2019 à 19:24:55

dans la foulée de ce CR , j'ai lu celui sur ton EB 2018.
- il semble que tu aies réussi à gérer ton hydratation/alimentation, non ?
- concernant le protocol médical,est ce que tu as des résultats (avant/après) comme ta VO2 max, ta fréquence cardiaque pour une meme vitesse en pallier ( derive cardiaque ,) etc...

- et pour le fun: toute la famille dispose d'un stock de lunettes du même modèle ? ah ah :-))

un CR bien interessant , well done

Commentaire de Gazel posté le 11-09-2019 à 19:29:55

Eh oui l'hydratation de l'EB 2018 avait posé problème. Là, j'ai fait attention et j'ai réussi à boire toute la course (et éliminer régulierement ;) ). Pour l'alimentation, je peux sans doute m'améliorer.
Pour l'étude de Guillaume Millet, on n'a pas encore les résultats...
Et les lunettes, cela vient de moi, ma femme n'en porte pas, donc dsl mes enfants !

Commentaire de pomoxp posté le 11-09-2019 à 21:42:21

Super et bravo !
Je reste épaté. Il y a peut etre quelques erreurs de gestion par ci par la ... mais sur une telle duree qui n en fait pas ?
Je me rappelle ma petite poignee de graines/raisins secs a Vallot, partis direct ... tacher la neige :-D
En tout cas je suis content de ce qu on a fait ensemble avec notre sommet.
Pour le tour ... je me contente de l avoir fait en rando.
On verra plus tard si je change d avis.

Commentaire de Gazel posté le 12-09-2019 à 07:21:47

Merci Pascal
C'est quand plus tard ? ;)
La seule inconnue pour moi sur ce post-UTMB, c'est pourquoi j'ai eu cette tendinite à la fin, sur les 30 derniers km... Est-ce du aux chaussures, à leur lacage et/ou système de languette intégrée qui remonte trop et comprime les tendons ? j'avais du entailler cette languette à l'entrainement... ou le lacage que je reserre en descente et desserre en montée ? OU cette tendinite est-elle due au sprint pendant l'orage avant le ravito de la Fouly ? car j'ai eu mal peu après..
J'aimerai bien savoir à posteriori!

Commentaire de shef posté le 12-09-2019 à 08:29:13

Merci pour le CR et bravo pour ta course. Tu as bien géré les aléas (la perte de la flasque ouille ouille)

Commentaire de Gazel posté le 12-09-2019 à 14:00:40

Merci Shef
Du coup j'ai lu ton récit 'profiter *3', très sympa et instructif aussi sur les allures de début d'ultra

Commentaire de Rem posté le 12-09-2019 à 15:47:05

Finalement l’UTMB c’est simple comme un gyan mudra. Bravo pour ta course et ton cr.

Commentaire de Gazel posté le 12-09-2019 à 19:56:19

Merci Rem
Oui il faut démystifier l'UTMB, et populariser les gyan mudra et les sourires !

Commentaire de Benman posté le 15-09-2019 à 20:15:20

Bravo pour ta course et ton récit. Bravo Valerie, Josselin et Solène aussi, ils ont participé à ta réussite, et à ce superbe final qui m'émeut beaucoup... et je m'apercois que tu es allé trop vite: on ne s'est pas vus cette année.
Et puis tu racontes ça en toute simplicité, comme si tu venais de faire un petit footing aux sensations... clap clap. Chapeau.

Commentaire de Benman posté le 15-09-2019 à 20:15:47

Bravo pour ta course et ton récit. Bravo Valerie, Josselin et Solène aussi, ils ont participé à ta réussite, et à ce superbe final qui m'émeut beaucoup... et je m'apercois que tu es allé trop vite: on ne s'est pas vus cette année.
Et puis tu racontes ça en toute simplicité, comme si tu venais de faire un petit footing aux sensations... clap clap. Chapeau.

Commentaire de Gazel posté le 16-09-2019 à 18:42:11

Merci Benoit
Pour le final, il manque la vidéo, elle t'émouvra, mais te fera rire.. Je te préviendrai quand elle sera en ligne :)

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