Récit de la course : Andorra UT Vallnord / Euforia 2019, par Cheville de Miel

L'auteur : Cheville de Miel

La course : Andorra UT Vallnord / Euforia

Date : 17/7/2019

Lieu : Ordino (Andorre)

Affichage : 521 vues

Distance : 233km

Matos : Des chevilles de Miel, Un genou en mousse et un mental d'Acier.
Un coéquipier au top niveau!

Objectif : Battre un record

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LES IMPROBABLES A L’EUFORIA JUILLET 2019

LES IMPROBABLES KIKOUROU A L’EUFORIA JUILLET 2019

                                               Où comment Rémi Mosconi et David Douillet                                                                                                      partirent pour 240km/20 000 D+ en montagne en autonomie,                                                                               en navigation, sans genou pour l’un sans entrainement pour l’autre                                                                       et ce sans se connaître, bref avec 0% de chances de finir.

 

 

DAVID :

MERCI(S) : oui je commence par le plus important : les MERCIS

MERCI à … MOI-MEME !!! Si si, toujours s’auto congratuler çà fait pas de mal, donc je me remercie d’être assez fou pour faire ces conneries.

MERCI à … Madame : Merci de me laisser faire ces conneries, de me faire confiance (tout en rappelant mes devoirs de retour obligatoire en bon état en tant que mari et père)) et surtout de supporter les préparatifs interminables d’avant course  et d’écouter les après courses  tout aussi interminables, en même temps c’est toi aussi qui me pourri quand j’abandonne et qui me challenge à faire plus et mieux))

MERCI REMI : Tu as été complètement inconscient de te lancer dans une telle aventure avec un mec pas entrainé, qui pense qu’aux pizzas et que tu ne connaissais pas et de surcroît, tu lui confis la navigation !!! Merci surtout pour ta compagnie, ta patience sur le premier jour ou sur les BV, ta bonne humeur permanente, ta retenue et abnégation malgré ton genou qui devait faire bien mal, c’était si simple avec toi et finalement facile.

MERCI AUTV : Merci à Lydia et toute l’équipe de bénévoles passionnés (comme ceux qui viennent te saluer à l’arrivée, génial), superbe tracé , top orga, top sécu et ambiance arrivée unique, on reviendra vous voir avec grand plaisir ))

MERCI … aux autres GRANDS MALADES qui font les mêmes folies et à leurs équipes, c’est non seulement de grands moments de partage et de tranches de vie et notamment sur cet Euforia, mais aussi rassurant de se dire que l’on n’est pas seul dans sa maladie))

 

MERCI KIKOUROU !

 

REMI :

Merci à ma femme qui me laisse faire mes bêtises, je ne sais pas si elle réalise dans je m’embarque à chaque fois, mais comme je fais ça avec des copains, elle doit trouver ça normal. Mes enfants pour les petits mots, je suis fier de vous. Avoir une famille qui nous soutient est vraiment important pour avoir la tête libéré et pour pouvoir profité à plein.

Merci à Kikourou qui permet de faire des rencontres improbables et donc de se retrouver sur des trucs débiles avec tout un tas d’autres fêlés !

Merci à Mazbert, JuCb, Numax, Vik, Antoine, Chirov, la Team Gentianes qui m’ont tous aidé à me dépasser et m’ont soutenue constamment.

Merci à David, franchement je n’aurais pas misé un copeck sur nos chances d’être finisher.  On c’est beaucoup respecté dans les temps forts et faibles de chacun. Pas une engeulade, pas un mot de trop. Pour vivre une belle aventure en duo et faut être bien accompagné, je l’ai été superbement.

Merci à ma tête, à mes jambes, même si je suis un peu pourri à droite et à gauche, mon corps peut encore le faire ! Tant que les émotions seront toujours aussi fortes et que le corps le permettra, je continuerais à promener mes sentiments la haut. Je me demande encore je suis capable de faire des trucs pareils. Cela me parait tellement inconcevable !

Merci aux bénévoles, à l’organisation, je suis un « consommateur » de trail et leurs prestation méritent un 9/10. Le parcours, quel parcours, c’est juste grandiose !

 

FEVRIER 2019

Nous sommes en février et comme chaque année depuis 2016, je tente l'inscription au TOR, pour soigner ma maladie comme dit Arsim, mais TAS négatif, il va falloir trouver autre chose.

Avril arrive vite, et je ne sais toujours pas quoi faire cet été : comprendre quelle petite coursette de + de 200 bornes en montagne. Retourner sur la SWISSPEAKS ? Pas top côté agenda pro. PTL ? Ben trop tard et je n’ai pas d'équipe, Bertrand et Grégoire étant moins entrainés que l'an dernier. (Amusant que ce soit moi-même qui dise cela en tant que stakhanoviste de l’entrainement)

Et si pour une fois j'allais visiter les Pyrénées ? Il y a le GRP 220 et il y  a Andorre dont je ne connais pas les montagnes.

Août étant réservé à la famille, je commence donc à étudier sérieusement RONDA mais aussi la nouvelle EUFORIA. Forcément, j’ai une préférence pour la plus grosse des deux courses, par pure orgueil /kékette/testostérone/technicité annoncée, au choix.

Et je trouve rapidement la victime qui m’accompagnera dans ce nouveau défi: Cheville de Miel. Il est allé au bout de la SP, il a un super mental, et il s'est inscrit pour la Ronda ! En plus, çà rendra encore plus jaloux le Antoine qui va bouffer des Alpes à distance tout l'été, on va lui rajouter des Pyrénées   ! Y a plus qu’à !

Du coup Rémi est partant si son MIUT se termine sans bobo, et par précaution, je m'inscris sur la Ronda, et demande à Lydie s'il y a des barjots en recherche de binôme sur Euforia au cas où ; elle me trouve Peter un Hollandais (qui fera la Ronda in fine).

Apres son MIUT bien terminé (Rémi, moyen quand même, disons que tu m’as convaincu, je suis faible, voir ma tronche ci-dessous ;-)),

Rémi confirme et donc nous finalisons notre inscription. Je commence à penser à faire un plan d'entrainement accéléré ... car nous sommes déjà  en Mai, soit 60 jours avant la course ...mais ça va le faire…c'est de la rando, pas de la course. Je fais quelques sorties longues avec du D+, même si pas de gros weekend choc off comme pour les prépas TOR et SWISS, mais l'agenda est chargé. Les CR des zouaves me rassurent sur l'allure moyenne et le terrain, ce sera du caillou, du technique, bref dans mon élément comme le Mercantour.

Rémi a acheté un GPS GARMIN OREGON,  et les 15 derniers jours, je m'occupe de la navigation à la sauce Douillet car apparemment Rémi m’a autoproclamé responsable ès’ navigation à l’insu de mon plein gré ! Et alors qu’on se connaît à peine, bref il ne sait pas à qui il confie sa vie. J’espère de mon côté qu’il a bien vendu le truc à sa famille du genre «  Ne vous inquiétez pas, David il connait le coin par cœur etc. » … alors que je n’ai jamais mis les pieds ni dans les Pyrénées ni en Andorre !

 Je prévois donc un max d’options de pilotage en sus du track GPS :

- La grande carte 1/25 000 achetée online et redessinée avec trace, traces de repli et passages communs avec Ronda pour ne pas se faire avoir aux intersections

- Une copie A4 de la carte par tranche de 10/15 bornes que je prendrais en plus par étape

- Prise de photo avec l’iPhone de chacune de ces parties au cas où

- Prise de photo de certaines parties de la vidéo 3D mise en ligne par l’orga qui permet d’avoir une vue plus réelle des montagnes

- Quelques photos et topos consultés sur internet pour les passages sympas et les refuges.

- prise des Numéros de téléphone des Refuges gardés au cas où

- Quelques heures passées sur le RB pour s’imaginer soit en superman, soit en super boulet

- et bien sûr la trace GPX  chargée sur montre + GPS avec OSM qui permet d’avoir tous les sentiers (d’autant plus utile à posteriori quand on comprend la notion de GR andorrane))

 

Petite précision ici, tous les avis sur Euforia alertaient sur 2 choses cruciales : le caractère dré dans caillou de la course, et l’importance de bien se connaître avec son binôme.

Sur le premier point, je ne m’inquiétais pas trop étant plus un randonneur que coureur, mais sur le point 2 alors là, on était à l’opposé des recos.

Avec Rémi, on s’était pour ainsi dire côtoyer sur 24h à la SP, mais sans dormir dans le même lit comme avec Antoine sur le TOR (si si ça compte)) et notre seul contact sur la SP fût la veille quand je l’avais aidé à faire ses straps (avais-je ressenti notre compatibilité phéromonale ??? faudra consulter le psy pour savoir ce qu’il en pense )

Pire, nous nous étions dit en Avril/Mai qu’il faudrait ABSOLUMENT qu’on fasse un weekend off mode warrior pour s’entrainer, se tester et se connaître …. Le temps, la procrastination et toutes les bonnes excuses ont eu raison, … nous nous retrouvons dans la voiture de Julien à  J-1 pour discuter du plan, du RB et des stratégies d’arrêt !!!

J-1 : La géniale petite Histoire de Julien

Nous sommes sur la route depuis quelques heures à parler… ben forcément montagne, trail : ma femme elle en marre de mes courses-genre-je-vais-souffrir-à-l’insu-de-mon-plein-gré-tu-parles-tu-te-prends-une-semaine-de-vacances-entre-potes !  Quant à mes copains du bureau ils me prennent pour un grand malade (et j’aime ça). Alors que nous approchons des Pyrénées et que l’appréhension et les plans sur la comète commencent à envahir les têtes (est-ce qu’on peut faire Top 10 ? est-ce que j’ai assez coupé après des mois d’entrainement intensif ?? et surtout est-ce que je vais réussir à faire un bon caca de la peur avant le départ ???)

Et là Julien a une idée FOR-MI-DA-BLE : il se met à nous raconter son histoire sur l’UTB avec Vik, Romain et d’autres gars sous un orage en crêtes où il a failli y rester avec le package bourdonnement et blast. Je vois mon acolyte Rémi se décomposer au fur et à mesure de l’histoire sachant que la météo annonce pluie et orages les premiers jours. A croire que Julien trouve ça amusant car il en rajoute une couche avec une leçon d’analyse des arcus annonciateurs. Rémi boit ses paroles et la patate chaude en prime : «  mais t’inquiètes David il sait quoi faire il connaît la montagne » ( euh, on se connait depuis 5h de route Julien, donc soit tu es allé farfouillé dans les tréfonds de Google, soit tu as compris qu’il fallait rassurer Rémi et tu viens de me griller mon joker si orage, j’avais prévu plutôt « un pour tous chacun pour soi »). Donc nous voilà en train de rassurer tant bien que mal Rémi à coup de « hou regarde la montagne comme elle est belle »  « attention concentrons-nous sur le GPS allemand qui connaît pas la route pour aller à Andorre ».

Enfin, il est 15h00 nous sommes à Ordino, nous rejoignons Romain arrivé plus tôt qui fera binôme avec Julien et  nous avons le temps de faire le plein de calories avec une pizza pas top mais qui fera l’affaire, un type nous reconnaît et viens nous saluer à table : c’est PAT46, Patrick Moissinac. Apparemment Rémi le connaît (« Peut être que je l’ai déjà vu mais avec ma mémoire légendaire des visages et des noms je fais mine de rien »). Ce Pat est fortement intéressant car  il a fait 2 fois EUFORIA, il connaît la trace par cœur : comprendre que si on le suit ce sera plus facile pour la navig et en plus il est super souriant et aimable, bref le Gontran Blond du peloton !

Il est 16h, direction le brief dans une petite salle type cinéma, premières retrouvailles avec de « vieilles » connaissances, Denis Clerc et ses potes JP, FRED et THIERRY mais aussi Nico de Kikourou.

J’ai adoré ce brief et la manière Hitckokienne de faire monter la pression car celle-ci monte d’un cran quand Lydia nous présente le bulletin météo et prononce le mot «  Tempête » : sur le coup ça réveille, même si nous comprenons ou espérons comprendre que c’est la traduction pour « orages ». Bon ok mais Orage, oh désespoir, n’ai-je donc tant vécu que pour cette idiotie ( version remasterisée du Cid). à ce moment-là on a bien senti le stress général monter d’un cran. La petite louche supplémentaire revient à la vipère Aspic, mais là-dessus Rémi est plus serein  puisque ce seront les premiers et derniers qui pourraient être concernés …à la condition qu’on ne soit pas dernier of course.

 

( Rémi en voyant les alertes météo et les passages scabreux )

Et c’est pas fini, sous couvert de revoir le parcours en 3D genre vous l’avez vu mais on se fait plaisir, Lydie fait quelques pauses arrêt sur images bien choisies pour les passages les plus sympas ou scabreux c’est selon : «  alors là il y a du gaz, c’est le vide à droite et à gauche sur la crête mais vous faites juste attention et ça passe facile » ( vous me recopierez 100 fois cette phrase en anglais svp pour Gina et John à Torres des soldats dans la nuit  !) A posteriori, j’aurais rajouté quelques règles de base pour les descentes ou grimpettes dans les pierriers vs chutes de pierres afin d’éviter de s’envoyer des cailloux sur la tronche.

Donc après plusieurs «  faites attention » on ne sait pas plus trop à quelle sauce on va être mangé et c’est ainsi que se termine le brief ! Dans la salle pas loin pour les cadeaux des Euforistes alias « avé-césar-ceux-qui-vont-mourir-te-saluent », les regards de certains sont un poil anxieux, pourtant en discutant ça et là, on n’a pas affaire à des STListes ou UTMBistes, tous ont déjà fait PTL/TOR/TRANSPY ou autres trucs de grand malade bref on est tous un peu anxieux dans la salle de recup des dossards et package d’autant plus qu’au début les bénévoles se plantent et nous donnent des petits sacs de BV de la Ronda, pendant quelques secondes en voyant la taille des 2 petits sacs c’était tempête sous un crane générale : « mais comment je vais rentrer les 120 litres de matos de survie dans 2 petits sacs de 10L alors qu’elle nous a montré un joli sac de 60L ??? »

Une fois récupérés, nous retournons sur le parking pour préparer nos sacs BV et les ramener avant 21h sans devoir aller faire un AR à l’hôtel. Romain, Julien et Rémi sont ultra rapides à la préparation alors que moi j’en ai trop et ça ne passe pas : il me faut bien 5 mn de plus qu’eux pour finir mon sac en supprimant des trucs bêtes qui s’avèreront pratiques comme ma casquette saharienne (ben ouais mais la météo annoncée est bien couverte) alors qu’à l’inverse je prends 8 kg de bouffe même si je sais par habitude que je n’en consommerais que la moitié et d’ailleurs l’histoire me donnera raison ou encore une fois tort, tord, TOR ? C’est selon.

Nous voici donc de retour à l’hôtel puis à la recherche d’un resto. Mais nous ne trouvons pas grand-chose à la Massana alors pour finir nous jetons notre dévolu sur une petite pizzeria où les pizzas soit disant faites maison ne le sont pas et pas top.

Nous y faisons la connaissance de 2 pros, finisheurs PTL 2018, dont un accessoirement 3° d’un des premiers TOR !!! Et là on fait moins les malins…

Il est 22h30 c’est l’heure des derniers préparatifs crémage etc, puis dodo 23h, avec la chaleur on met un peu de temps à s’endormir, exceptionnellement j’ai dû mettre 2 minutes …

Rémi :

Comment j’ai pu m’embarquer là-dedans. Au départ j’étais parti sur la Ronda, mais je n’avais aucune envie de faire ce truc seul. Les copains sont sur l’UTB, je m’inscris sur l’UTB. Je ne sais plus courir seul, j’en ai plus envie, peut être simplement que je n’ai pas confiance en moi, et qu’il est plus simple de suivre. J’aime le groupe, être seul m’emmerde. David me demande si suis ok pour faire l’Euforia, je dis oui. Les Zouaves m’ont certainement influencés me convaincant que cette course était pour moi. Je déteste les arbres, ça tombe bien y’en a pas, j’aime bien monter, c’est gavé, je descends doucement, de toute façon ce n’est pas roulane.

Bon 2 problèmes quand même, je suis une grosse quiche en montagne, je suis un suiveur de balise et je n’y connais rien en orientation et ça ne m’intéresse absolument pas. Premier problème, je refile le bébé à David, car malgré son air con et sa vue basse, j’ai bien senti qu’au fond de lui il a une âme montagnarde. Par sécurité j’achète quand même un GPS que je lui refile aussi vite et charge la trace sur la montre et sur le tel. Ça c’est fait. Inconscience totale. Bon je me dis qu’au pire on suivra Julien et Romain……..

2ème problème, mon genou, ça grince de plus en plus. Verdict : genou mort pour la France. Arthrose/Fissure/Bout d’Os qui se promène. Merde ça pue. Médecin du sport, elle se fout de ma figure (je l’a connait depuis 20 ans), elle me dit que de toute façon, mort pour mort, autant que j’essaie de faire la balade et me donne du Voltarène à prendre durant le temps de la course. Chirurgien « de toute manière vu l’état de votre genou vous n’auriez même pas dû commencer à courir il y a 4ans, c’est déjà un miracle ce que vous avez fait ». Avantage, mon genou était pourri d’avant, inconvénient, va falloir couper le Tibia pour remettre la jambe droite pour éviter que l’arthrose continue. Pas de contre-indication pour la « marche », juste interdiction de courir en descente. Il me prescrit quand même une injection de liquide synoviale dans le genou. Bon…c’est censé faire faire effet au bout de 4 à 5 semaines et le départ de la course est dans 10 jours.

Déjà que le Duo était improbable avant, cela devient n’importe quoi. David à zéro entrainement et moi je démarre la course avec un genou pourri.

Sinon, ça, les Allobroges se sont super bien passé avec Mazbert et le week end off avec lezaffreux a été top, j’ai quand même esquivé le dimanche matin craignant que ça soit la séance de trop. A part ça j’essaye d’en faire le moins possible et de solliciter le moins possible mon genou. On ne sait jamais.

Je suis tellement sûr que ça va pas passer que je suis super serein. Reste à savoir lequel bâchera le premier. Je mise sur moi en pensant que David pourra se raccrocher à l’équipe Julien/Romain. Plus l’échéance avance, plus le genou tire avec même des blocages qui me font boiter.

Pour David, l’anecdote de l’orage je l’ai déjà eu plusieurs fois, c’est ça de trainer avec Vik et Chirov ;-)

 

JOUR J !!! 5h !!! DRING DRING, il est l’or mon seignor, il est l’or d’Andorre !!!

Branle-bas de combat, douche, nokage  cojones, bandage têtons, strap rotule, Ktape tibias, straps pouces pied, nokage pied, chaussettes intérieure, extérieure et intérieur chaussure, remplissage poches et flasques, petite tentative de caca de la peur … sans succès ( normal trop tôt pour le corps, ça viendra pile poil sur la ligne de départ ))

Puni de petit dej car trop tôt pour l’hôtel, dont départ à 5h45 de l’hôtel, arrivée sur l’aire de départ à 6h15 avec prise des GPS, bipage et … enfin ça y est : on y est, il n’y a plus qu’à attendre 30 mn et le départ à 7h00.

On recroise les fantastiques Thierry, JP, Fred et Denis, mais aussi Patrick et son sourire permanent et Cécile qui en plus d’être adorables vont devenir nos Target car Patrick est un « SénaFor »  il a déjà fait 2 fois Euforia, donc il connaît un peu le chemin et bonne nouvelle il vise aussi 100h … comme nous, donc il faut pas la lâcher si on ne veut pas se perdre .

… et forcément à 15 mn du départ, une petite envie pointe son nez = petit 100 mètres pour se chauffer, …  BIP … et me voilà sur le départ mais pas vraiment plus léger, ça tiendra comme ça.

 ( jusque là on peut faire les malins )

( photos de sosies de Rémi et Julien au départ, trop jeunes et frais pour être les vrais ))

Rémi : A vrai dire je me demande ce que fait là. Heureusement il y a les copains et j’essaye de garder le sourire. Mais ce matin en allant sur la ligne de départ le genou c’est bloqué. Je ne dis rien, des fois ça passe…. Mais là c’est 233km et 20K de D+ qui nous attendent. Suivre Julien et ou Pat le plus longtemps possible, c’est la seule pensée que j’ai en allant sur la ligne de départ. Comme d’habitude je me sens complètement à côté de la plaque au milieu de toute ces machines de guerre, affuté et bardé de toutes leurs panoplies d’Ultra Finisher.

 

 

( 65 équipes au départ soit 130 malades, ambiance conviviale mais sono a fond )

 

7h00 pile

C’est le départ pour 1200 D+, ça part au trot dans les rues d’Ordino avec une boucle inutile pour étirer le peloton de 66 équipes / 132 personnes, et on arrive rapidement sur le sentier à flanc avec succession de faux plats et de relances où tout le monde trottine ou court.

( les Fantastiques au départ en pleine discussion stratégie de course pour nous dépasser ))

Au bout de 1h de course à pied (si si important de le préciser car ensuite ce seront 220 bornes de marche à 2 ou 4 pattes), au-dessus de Sornas, le sentier monte à droite vers l’Ensegur, et déjà des premières erreurs avec des gars qui foncent tout droit et que personne ne rappelle à l’ordre ???  (Sauf MOA sauveur du monde bien sûr)

Après quelques virages en sous-bois, nous devons redescendre 100m… ce qui veut dire qu’il faudra les remonter ! zut première arnaque je l’avais pas vu celle-là, et nous sortons du bois sur un joli vallon herbeux et déjà on voit au loin les premiers qui se rapprochent du col d’Arenes à 2500m, à peine commencée la montée que je ne me sens pas bien, pas de jus  et je me fais vite déposer lamentablement par pas mal d’Euforistes sans parler de Julien et Romain qui partent devant comme des avions de chasse je me fais aussi passer par Denis et ses potes à qui je dis que ça commence mal mais en même temps je me dis que j’ai un peu trop couru dans les sous-bois donc ça va revenir vite.…En fait c’est juste le début d’une agonie de 15h !!! Je suis déjà largué par PAT et Cécile et les Fantastiques, Rémi essayant de faire la jonction entre eux et moi, la redescente vers le lac d’Estanyo me permet de refaire un peu le trou quand soudain, qui voit-on revenir à rebrousse-poil en courant ? Denis ! Apparemment il a perdu sa GO PRO en se déshabillant !!! (Fort heureusement pour lui et pour nous fan de ses films, il la retrouve rapidement)

Pic de l'estanyo

 

En arrivant au Lac d’Estanyo, je suis heureux de rattraper Pat et Cécile et nous embrayons le premier sommet à 2900, le pic de l’Estanyo 2915 le long de la crête. C’est impressionnant de voir d’en bas les traileurs sur toute l’arête. 600 D+ en 2 km. ça coince toujours pour moi mais j’arrive à rester à distance des PAT.CIS devant. Au sommet tactique amusante et un peu border line de plusieurs binômes : comme on doit monter/pointer au sommet avec 50MD+, alors ils laissent leurs sacs en bas au croisement retour pour gratter quelques minutes sans le poids du sac, Cécile n’apprécie guère car contraire au principe de porter son matos obligatoire en permanence  et cela fait un peu petit joueur aussi, pas sûr d’ailleurs que l’organisation valide cette tactique de plusieurs binômes.

La crête jusqu’au Pic de la Cabaneta est agréable et douce, mais la descente dans les cailloux derrière est bien raide et la crête pour remonter 400 D+ au Pic de la Serrera est bien velue et j’y reste scotché. C’est de mal en pis, les PAT.CIS et Fantastiques prennent de l’avance, la descente est plus facile pour moi mais plus dure pour les genoux de Remi qui d’un coup se tord de douleur : il vient de se fouler la cheville. Heureusement c’est une foulure pas une entorse : pendant quelques secondes je voyais déjà la fin de l’aventure ici.

( derrière port veil, de jolis lacs )

Nous arrivons à 16h00 au refuge de Sorteny avec déjà 15’ de retard sur le RB. Y sont déjà présent les collègues avec leur équipes d’assistance en train de se faire un bon gueuleton, pour moi c’est opération Coca / nok, et Rémi pars en mission de sympathiser avec les équipes pour les retarder et pouvoir repartir avec eux, malin le Cheville). Bref, à peine 10mn plus tard, tout le monde repart et me voilà à me speeder pour les suivre, nous rattrapons dans la petite remontée les Fantastiques que nous dépassons sous la pluie au bénéfice du changement de pneumatiques ou plutôt thermiques

 

Dans le vallon un peu plus loin, après 30mn de bonne douche, nous rattrapons PAT.CIS avec qui nous faisons la montée vers Port de Siguer. Comme me le fait remarquer discrètement Rémi, ma mission est claire : ne pas se faire larguer dès le début de la montée et s’accrocher pour rester au contact avec la descente, OK message reçu 5/5, bon faisons parler Cécile aussi adorable que prolixe ))  etc. ….sauf que ça va bien jusqu’à Port de Siguer mais que je me fais larguer sur ma crête de Port Vell et dans la descente en herbe hors sentier. Impossible de les rattraper alors que les 2 sont déjà au bord de ruisseau en train de faire la pause. A peine arrivés à quelques encablures, les bougres repartent !!!

Descente du pic de l'estanyo avec Pat et Cis devant et notre Russe qui commence déjà à engueuler sa femme )

 

REMARQUE PARCOURS : ici je me demande si entre la première version (2017) apparemment trop exposée et la nouvelle (2019), il n’y a pas une alternative. J’ai trouvé sans intérêt cette montée/descente à Port de Siguer et Port Veil car les points de départ et de retour dans le vallon sont distants de seulement 200m, le chemin en crête est sans panorama et la descente droit dans l’herbe hors sentier est casse gueule mais sans aucun plaisir.

OK DOUILLET tu râles et so what ?  QPT ? Que Proposes-Tu ? ?? J’ y viens , je suggère au sortir du refuge de Sorteny , une fois arrivé sur la croupe, de monter direct jusqu’au Turo del Forn à 2662, puis descente au col de Baniel, puis chemin de descente vers le vallon de Rialb au niveau des cabanes, çà doit faire à peine un peu plus en km et D+ mais on n’est pas à 100 mètres près hein ? Ça fera partie de mon feedback à l’orga.

Retour au direct : Rémi part en mission devant pour les rattraper et faire l’élastique et moi je commence à me dire que les 800 D+ vers Font Blanca vont être un chemin de croix. Le début jusqu’au Portella de Rialb à 2500 je sauve les apparences, mais ensuite c’est allure escargot et plus ça se raidit plus je ralentis. Là aussi nous devons aller pointer au sommet à 2900 avec un AR de quelque 250 D+ et je ne monte même pas à 300 M/H : une honte pour un écureuil ! Heureusement Remi est génial, ne prodiguant que des encouragements : je n’ai jamais entendu autant de « allez David » avec les variantes «  allez poulet, biquet etc. » bien mieux que les adjectifs dont les Antoine et Bubulle nous affublent sur le forum pendant ce temps-là ! Rémi pourrait râler de mon allure ! Mais non, il ne bronche pas. Il vient prendre des nouvelles de ma tête c’est-à-dire mon moral car il connaît les petits diablotins qui viennent nous parler dans ces moments-là… Après moultes pauses, j’arrive sur la crête donc plus que 250 D+,  Pat et Cis eux redescendent déjà en m’encourageant. Rémi est intercalé pour ne pas les lâcher et moi comme une grosse merde j’avance à 1km/h et m’arrête tous les 100M. J’arrive enfin à ce sommet que je maudis, et là je commence à me dire que c’est pas gagné si ça ne s’arrange pas malgré mon dopage aux sucres rapides.

Le sachet ne tiendra que 2 heures de courses )) Rémi-cheville de miel alias ventre sur pattes en confiture )) Faux! il tiendra 48H avant rechargement en mini saucisson.

 

Dans la descente, je rattrape Rémi puis nos amis PAT/CIS et nous suivons PAT sur les balcons en vue d’ARCALIS …. Oui mais non … pas tout de suite, nous devons encore faire 2 sommets et 3 côtes, une première dré dans pentu hors sentier en longeant le ruisseau pour arriver au lac Estany primer. Là encore c’est très raide mais bizarrement je tiens le coup, puis nous arrivons avec la tombée de la nuit sur les 500 D+ pour aller chercher la pointe de Peyreguils. Là c’est pire que tout : je m’accroche tel un condamné à mes bâtons ; je m’allonge tous les 300 mètres ; je me dis « avance pas à pas » mais ça ne veut pas avancer.

Celle là, je crois que c'est la 2°, la serrera, en même temps il y en a tellement ))

 

L’horloge tourne cependant : il fait nuit et à ce train-là nous allons être à la BV à 0h30 soit plus d’1h30 de retard sur le RB. A ce moment-là, je me suis dis que si ça va pas mieux à la BV, je vais payer PAT et CIS pour accepter de prendre Rémi avec eux pendant que moi j’irais jouer au bridge avec les vieux au centre aquatique d’Andorre avant de me pendre ou l’inverse ! En tout cas arrêter pour de bon ces délires à la con qui sont plus pour moi. Bref à je suis au fond du trou.

Je me confonds en excuses auprès de Rémi en essayant de trouver d’autres excuses que mon manque d’entrainement, même si je penche plutôt pour cette séance de 40km de vélo à J-2 et une alimentation trop légère sur les 3 derniers jours et 2 pizzas la veille …

 

La météo se gâte derrière , çà va pas tarder à tomber. Tu parles t'es cuit comme un vieux chamalow 

Super pierrier dans la descente de la Serrera, top !

 

Rémi est génial, il comprend. Il m’attend sans impatience. Même s’il ne faut pas être trop loin des PAT/CIS pour la navig : là on les a perdu pour de bon jusqu’à la BV. Heureusement la navig se fait facilement dans la descente de Creussans et la fin est sur piste. Enfin nous arrivons à la BV de coma d’Arcalis : il est 23h30 et nous n’avons finalement que 30’ de retard sur le RB. 48 KM / 5300 D+ : une boucherie, une tuerie, jamais vu une étape aussi dure, pas forcément d’un point de vue technicité où je m’attendais à pire mais sur l’enchainement de montées/descentes dré dans le pentu sans arrêt jusqu’à plus soif.

3° pic avant de redescendre sur sorteny

A peine je rentre dans la BV, le miracle se produit, je regarde autour de moi et je me dis …. « Tu le sais tu te connais, prend ton temps, dors 2 cycles et demain /tout à l’heure sera un meilleur jour ». Je vais voir PAT/CIS pour connaître leurs intentions : «  on va dormir 20mn et on repart !!!! » Mais comment font-ils ??? Rien que le fait de voir la tête du frère de Fred Gil et de discuter un peu avec lui ça me fait du bien. Je commence à manger un peu, douche chaude puis au lit pour 2H30 de sommeil réparateur mais sans les jambes surélevés à ce stade. Les lits de cap sont confortables et il n’y a pas trop de ronfleur. Je m’endors en quelques secondes comme d’hab. C’est là que je mesure ma chance par rapport à d’autres dont Rémi qui n’arrivera pas à dormir et va poireauter 2h…

 

( tous les prétextes sont bons et même dès le premier jour pour se reposer ))


Rémi : Comme d’habitude c’est parti vite et tout le monde court. Je fais le con en disant que c’est inutile de courir sur du faux plat montant en Ultra mais ça ralentie pas, tentative de ralentissement foiré. D’entrée j’essaye de ne pas lâcher Pat et Cis/Julien et Romain en me préservant le plus possible.

Mais au final on perd très vite le deuxième binôme, j’arrive à faire tampon avec le premier mais l’Ecureuil n’est pas volant en monté, il n’arrive pas à tenir le 350D+/H. Ça m’arrange, pour une fois c’est moi qui attends et donc récupère/mange/bois pour la partie je me préserve c’est bon. Par contre pour la partie navigation, c’est la loose, malgré mes encouragements David est scotché. Donc je navigue entre Pat/Ciss pour aller au bon endroit et David qui traine. Je n’ai aucune idée du tempo, de toute façon je n’ai même pas imprimé de RB, je sais juste qui faut arriver avant jeudi 9H, 26H pour faire moins de 50km, même en mode limace ça me parait pas insurmontable.

Et puis à la faveur du perdage de Go Pro de Denis alias Zinzin, on se retrouve aussi devant les Fantastiques. Le temps passe et il ne double pas. Ça me rassure de les savoir dernière car je sais qu’ils sont plus forts que moi (nous) et donc s’ils sont derrière c’est qu’on n’est pas tant à la ramasse que ça. Je trouve quand même le moyen de me faire une entorse interne à la cheville en regardant ma fucking montre ! Ça me vaudra une bonne douleur 10mn et un strap de merde du « kinés » sur la base vie qui me feront 2 ampoules ! Heureusement avec mes ligaments en caoutchouc ça ne me gâchera pas la course.

Au-delà de ça c’est vraiment la montagne que j’aime, minéral, abrupt, brutale, les chevaux, les cols, les vallons, les lacs, tout est beau et à 2,8km/h, notre allure moyenne que l’on tiendra jusqu’au bout, ça laisse le temps de ‘admirer, de se poser au bord d’un lac, d’essayer de soudoyer Pat avec du Pata Negra pour qu’il ralentisse un peu, de partager, de vivre la montagne et de la trouver belle et sauvage, tout simplement.

On arrive avec 9H30 d’avance sur la BH à la Base Vie, c’est plutôt calme, serein. On n’a pas à faire à des lapins de 3 semaines. Arrêt long, on ne c’est pas concerté avec David, comme tout au long de la course au final, mais ça c’est imposé à nous. Massage et podo, je n’ai rien mais ça fait du Bien. Douche et tentative de dodo. Mort pour moi, mais je tiens 2H allongé, 2H de repos quand même. Je mange pas trop m’ayant bien alimenté toute la journée et rien ne me fait vraiment envie. Les trucs froids je ne suis pas fan. Je tiens quand même un combo pâte froide, bouillon chaud et fromage à fondre dessus. Je presse un peu David pour partir, il n’est pas super organisé en gestion de sac et à toujours oublié un truc. Mais il faut l’attendre, je serais bien incapable de dire s’il faut tourner à droite ou à gauche en sortant de la BV. DD : morale de l’histoire : si tu ne veux pas que ton binôme parte sans toi à la BV : ne lui montre aucune carte de navig ))

J2

Réveil 3h00, encore des pâtes (froides mais on fera avec, çà passe bien quand même), puis renokage et rebandages et Rémi qui piaffe d’impatience de repartir, je me dépêche pour ne pas sortir tout seul dans la nuit noir et obscur)) d’ailleurs la pleine lune ici éclaire pas beaucoup ou alors c’est ma vue qui baisse ?

2° jour, 2° crête au lever du soleil , Rémi sur la crête

Nous sortons à 3h45 en même temps qu’un bon petit groupe avec nos 2 russes père et fils Pavel et Evgueniy, nos italiens Federico et Enrico et un couple de français aussi, à peine avons-nous fait 500m, que tout le monde se remet en T-shirt car il fait chaud même à 4h du mat à 2300 m, nous montons à travers la piste à bonne allure, je sens clairement une différence avec hier ou plutôt tout à l’heure, bien mieux même si pas encore la grande forme,  mais le sommeil agit aussi sur la psyché de manière magique et nous arrivons rapidement au col d’Arcalis pour monter au Pic de Cataperdis à 2805m rapidement, retour vers le col puis descente tranquillou vers Angonella . Après avoir laissé les amis faire la navig , je prends le lead car je sens qu’ils hésitent pas mal dans le vallon et nous avançons bien avec Rémi, et nous prenons le lever de soleil sur la crête du Pic de les fonts ou le sentier est un peu en devers et avec une belle glissade, je pète un de mes bâtons TOR/SP fétiche ( snif ) mais il peut encore servir car il a cédé sur le haut donc en version 1,10 çà tient un peu mais çà se défait souvent, donc pas top. Nous voyons maintenant le morceau de choix de la 2° journée : le Comapedrosa plus haut sommet d’Andorre à 2942m, et après être bien redescendu dans le vallon bien bas et sans aller voir le petit refuge de Pla de l’Estany qui avait fait défaut aux zouaves, nous attaquons les 800m de D+, çà attaque raide dans l’herbe , puis à 2400 gros pierrier au début pas trop raide, mais les derniers 300m sont bien velus, d’abord pour arriver au petit col à 2800, puis les 150 derniers mètres pour arriver au sommet , nous y rejoignons des bénévoles super sympas, un binôme de roumain qui vont finir en trombe et des japonais qui attaquent la descente assez fort et que nous recroiserons souvent . Le Paysage au sommet est superbissime, on voit tout Andorre, le peu que nous avons fait …. Et surtout  …. tout ce que nous allons faire, et puis on voit un peu plus loin, le Montcalm et au fond le Maladeta a 3300… ( NDLR : Ah petite pause de la rédac  pour déguster une bonne pissaladière, eh oui il n’y a pas que la pizza dans la vie)) …

Nos amis italiens juste derrière nous

En haut de Coma pedrosa, 2940M, sommet d'Andorre

 

Nous prenons photo, selfies et savourons, et au distingue en bas le joli lac où nous devons passer, lac qui sera atteint après une descente sympa dans un pierrier, dommage que Remi puisse pas envoyer ici, car çà démange les jambes

La montée en herbe douce sur Comapedrosa ))

( Encore une a comapedrosa )

Puis nous arrivons dans un superbe vallon avec au loin le Refuge de Comapedrosa et son lac, synonyme de pause et …. De casse croûte !!! Je me lèche les babines d’avance en imaginant ce qu’il y  a de bon à manger sur place … oui mais

( Des chevaux pour la fille de Rémi ( photo sur commande ))

Mais quand nous arrivons, ambiance triste, quelques randonneurs à l’extérieurs, notre couple de Russe qui ne s’engueule plus et à l’intérieur seul 2 français et nos 2 roumains de bonne humeur

Je commande des pâtes (ben ouais pas de pizza ) et des cocas , les pâtes au pesto sont en version light, pas beaucoup de pâtes, peu de pesto mais prix refuge 11 € ! , la patronne a beau avoir de l’humour, çà passe difficilement.

On repart après 20mn, vers Portella del Sanfons, où on croise une maman et ses 2 enfants que nous verrons 3 fois sur 3 jours, en fait le père fait aussi la course et le jeune fils de 12/15 ans est un vrai Killian en puissance.

 

Cette partie en crête est très roulante, si si, entre 2500 et 2300 avec vue sur la fin de l’étape 2 qui parait encore loin, loin. Au col de port de Cabus, nous retrouvions le frère de Fred Gil, toujours là, et qui part à rebrousse poil voir son frère et les fantastiques qui sont 2h derrière nous apparemment et qui vont moyen notamment Denis avec ses désormais classiques et célèbres … maux de ventre de début de course ! )) Il a fait pareil au Tor et à la Swisspeaks, donc çà va aller de mieux en mieux dès qu’il pourra remanger et si on veut finir devant eux, faudra envoyer sur la fin, le  bougre m’avait mis 10h dans la vue sur la 2° moitié du Tor en 2016…. N’ayant pas pris ma revanche sur la SP par abandon lamentable alors que nous étions quasi ensemble, si je peux finir devant, ce sera un objectif supplémentaire atteint. ))

 ( Photo sur la crête avec Comapedrosa derrière à droite avant d'y aller )

Après ce col, nous devons aller chercher le petit sommet Pic del lacs à 2700, le début est raide est il est 13h en plein cagnard, nous avançons doucement et n’arrivons pas à rattraper un grupetto devant qui entame la descente de manière complètement éparse, donc cela permet de repérer par où on devrait passer… vite dit car une fois le sommet atteint et début de la redescente, je sens Rémi en délicatesse car il n’aime pas ces descentes hors sentiers avec soit des cailloux roulants soit des herbiers glissants, rien de bien stable pour ses genoux.

Descente du pic del lacs vers col de la botella

Joli sentier en crête après le refuge de comapedrosa ( pic au fond )

( On va faire toute cette crête jusqu'à la cime del lacs à 2700 à gauche )

Nous arrivons dans le vallon ou nous jardinons un peu autour d’un ruisseau pour descendre sur Seturia, nous rattrapons Jurgen et le fils russe dont le père nous sert de guide , nous les suivons à distance, puis partons à la recherche d’eau et nous rabattons sur la rivière… donc micro pur pour moi et cela devrait suffire car les chevaux sont juste là. S’ensuit une petite remontée anodine de 200+ sur une piste de ski, mais qui fait bien mal avant d’arriver au col de la Bottela ou miracle il y a un café. Jurgen qui a son assistance familiale nous propose gentiment de la quezac et ce n’est pas de refus. Et nous complétons avec 2 coca au bar avant de repartir sur un chemin carrossable en sous bois en faux plat ce qui nous permet de faire un peut de PICPIC comme dit Rémi comprendre Marche  nordique, mais désolé mon cher Bertrand, ce n’est pas du purisme ni du High Level de MN !  )) voire … de courir !!! ( quelle drôle de sensation ! )

 

Nous dépassons Jurgen et je crois aussi les espagnols et enfin nous arrivons sur la dernière côté de la journée : 300 D+ pour monter au Bony de la Pica à 2400, bon je triche un peu avec les chiffres, je dis à Rémi 250 qui me rétorquera qu’il y a avait 350, bon pas faux mais c’était pour ne pas lui faire peur …. Vu la longue descente ensuite ))

( bon çà c'est le lac entre la cime de comapedrosa et le refuge )

Arrivés sur la crête, le temps est un peu couvert avec quelques gouttes pas loin, Rémi suite à la jolie petite histoire de Julien (MERCI JULIEN !!! ) est un peu inquiet, j’essaie de le rassurer en lui disant qu’il n’y pas de risques d’orages, juste peut être quelques gouttes que l’on va se prendre au sommet, heureusement pas plus, car la descente qui suit est assez olé olé avec câbles, chaines, terrain glissant bref sous une grosse pluie, ce serait moins marrant .

Comapedrosa au fond

On nous avait prévenu que cette descente de 1400D- serait TRES longue, donc mentalement on est prêt, mais en plus elle est vicieuse car on fait plusieurs petites remontées non visibles sur le tracé, Apostolis ton terme d’enculade trailesque s’appliquecomplètement ici aussi))

Sur la crête de Bony de la Pica, la pluie arrive

 

( non non, c'est juste pour pouvoir descendre sans glisser ))

Plus bas dans la descente nous rattrapons John et Gina Texans et fier de l’être arborant le drapeau du Texas)) et nous ignares complets, nous pensons soit au Costa Rica soit au Chili bien qu’ils parlent un super anglais !!! A ce moment je ne donne pas cher de Gina qui se plaint des lombaires quand elle respire même si ils descendent plus vite que nous

En arrivant vers Aixas à 1600m, nous voyons un allemand à l’arrêt au téléphone, çà sent pas bon, du coup nous appelons le PC avec lui car sa femme a trop mal au genou et boitille et nous demandons au PC s’ils peuvent venir la chercher au Hameau à 1500 juste sous nous, génial ils vont venir dans 45mn, je dis au mari de rester avec sa femme jusqu’à ce qu’ils viennent car il veut quand même finir l’étape à pied. Cet abruti finalement laisse sa femme toute seule au hameau attendre les secours car on le voit nous rattraper en courant pour finir vite, il me dit que « il s’est mis d’accord avec sa femme » en gros il ne lui pas demandé son avis et la prudence la plus basique voulait qu’il reste avec elle, bref pitoyable mais pas de violence c’est les vacances …

Nous arrivons enfin à 20h30 à la Margineda BV2 apres 40 km/ 3800 D+ en 16h30

Objectif pause de 4h max pour repartir vers Minuit

 

Rèmi : On arrive quand même à décoller. La pause m’a fait du bien. Le Genou est sage. Cette étape est la plus courte, 40km, on a jusqu’à vendredi 6H pour la boucler, ça devrait le faire. Ne penser qu’à l’étape en court. Un Red Bull pour que le corps tienne et on part en groupe. David prends rapidement  le lead de l’orientation. J’ai l’impression qu’il a envie de me montrer qu’il a préparé son truc et que je peux lui faire confiance. Désormais Julien et Romain sont loin devant et Pat et Cis aussi. Il va falloir se demerder seul. Et David va me prouver qu’il se débrouille comme un chef.

Le Rythme est ce qu’il est mais au final on double plus qu’on ne nous double, donc on avance quand même. Le levé de soleil sur les crêtes me vaut ma première montée de larmes. Andorre c’est de l’exponentiel de Belledonne, du pur jus de montagne. David va mieux et arrive à me suivre en montée, je suis prudent en descente. Il n’y qu’à avancé et à ouvrir les yeux. Je prends un coup de flippe sur les crêtes quand sa commence à gronder. On a bien compris que le traceur te faisant prendre systématiquement TOUTE la ligne de crête, mais ça passe.

On arrive à 20H30, avec 9H30 d’avance sur la BH. On a repris la même avance que sur l’étape 1 et donc on va tenter de repartir à 00H00 et refaisant la totale (Douche/Kiné/Podo/Dodo/Mangé/Sac). Je me trouve super organisé, j’arrive, je charge le Tel/la Montre sur la Bank, je remplie les flasks, recharge en bouffe puis douche. Je le note pour David pour une prochaine course ;-)

Par contre deuxième tentative de Dodo et deuxième échec. Et là je ne reste pas coucher et va faire le malin à discuter avec les suiveurs. Ils sont sympas mais ce n’est pas de la récup !!!! Rémi t’es un couillon. A retenir pour une prochaine, même si tu ne dors pas reste au moins allongé !!!

BV 2 MARGINEDA : Arrivée 20h30 / Départ 0h30 =pause de 4h

Au programme

1-      Douche

2-      Manger 1 plat de pates

3-      Dodo 1 cycle 1h30 car je me doute bien que Rémi ne dormira pas ou peu, bingo, il s’est à peine allongé, mais je me démerde quand même à prendre (Rémi : perdre) mon temps post dodo

4-      Remanger 2 plats de pates

5-      Strap k tape releveur, rotules, et nok pieds, chaussettes, chaussures, têtons et entre jambe

( sans commentaire, le silence ici est d'or devant de ce grand moment de plénitude et contemplation pile poil en arrivant au Pic de Perafita )

On repart à 0h30 en t-shirt, et il fait quand même 21° facile, on attaque rapidement les 1800 D+ par des lacets agréables en sous bois , je mène le train, je sens que çà va mieux qu’hier alors autant en profiter, c’est fête on fait du 700m/h dixit Rémi, on rattrape rapidement 2 japonaises, puis nos espagnols , et encore nos italiens au premier col à 2000 . Nous arrivons rapidement  sur la crête de pic Negre où on met lune 2° couche car çà souffle fort,

 

( Chut, ils kiffent ! la frontale ne sert plus à rien mais c'est pour les pubs ))

la trace est à peine visible mais avec le jour qui point, on sait qu’on doit se faire toute la crête en face, on rattrape les américains en arrivant sur le sommet de Tores des soldats où on va vivre un des grands moments de ce voyage :

En suivant le plateau sommital, on arrive … au bord d’une falaise… où on est censé passer !

Il fait encore nuit avec les premières lueurs du jour mais la lampe frontale est indispensable.

 Juste avant le lever de soleil, autre grand moment de kif avec la descente engagée de Torres  del soldats , la photo rend mal, mais en haut John et Gina font pas les malins ))

 (Descente de Torres del soldats)

John et Gina commencent à essayer de descendre mais bloquent , je propose à Rémi de les suivre voire de les aider car ils n’ont pas l’air sûrs, et je vais regarder un peu plus loin si une trace descend mais sans succès, du coup nous descendons devant John et Gina et après coup je me dis que l’on aurait dû rester un peu plus près d’eux par sécurité car Gina avait pas l’air rassurée du tout . La descente en blocs fait 200 D- et je reste devant Rémi par précaution vu son insomnie, mais il reste lucide ? Et nous arrivons sur le col et la remontée suivante de re 200 D+ qui à l’air impressionnante, et je me dis qu’en se dépêchant, on va avoir droit au lever de soleil en haut : et on arrivant à 2750 : petit instant de plénitude, lever de soleil pile poil, photo souvenir avec Rémi, le paysage est sublime, on reste quelques minutes, puis c’est reparti pour descente dans le joli vallon avec moultes vaches, on atteint le refuge

Lac de l'illa

 ( Vallée de Madria, superbe réserve )

Et Rémi se pose pour dormir un peu, çà fait 48H qu’il n’a pas dormi le fou, pas de bol, à peine arrivés surgissent une meute de 30 scouts bruyants qui décident de se poser juste devant la porte, donc au bout de 5mn, c’est râpé, on repart, on aborde une très belle partie légère remontée puis redescente dans la réserve naturelle de ….. ????

( Vue du refuge de l'illa sur le prochain 2900 à gauche )

Magnifique vallée verdoyante et au milieu coule une belle rivière, le sentier ressemble au Boréon/Salese, le sentier qui remonte toute la vallée est beau mais trop PLAT ! Et en plus je me fais encore avoir croyant que les refuges sont des vrais, que nenni juste des abris en dur, enfin après 1h30, on arrive au refuge de l’Illa ; là en revanche c’est tout l’opposé : énorme bloc de tôle, terrasse panoramique, et le clou c’est l’intérieur : tout brandé Salomon !

( ravito au refuge de l'illa )

En fait c’est un refuge sponsorisé !!! Les athlètes Salomon viennent en stage ici souvent et Salomon y organise aussi des sorties, le patron habile commerçant est très sympa, mais en revanche, côté restauration, c’est décevant, 10 € le sandwich au fromage avec baguette dure, bof. On prend 2 coke chacun pour recharger en sucre et on repart pour une nouvelle belle ligne de crête qui promet jusqu’à 2900

On avance bien ici, on fait le chemin avec John et Gina, et on arrive vite au sommet.

Et là ben c’est simple, on doit faire la crête dans les éboulis avec les mains, çà devient une habitude, puis redescente petit collet, puis remontée à 2900 pour pointer.

AR jusqu’au collet et on descente avec un peu de jardinage hors sentier jusqu’au lac suivant, Rémi fait une micro vraiment micro sieste j’ai à peine le temps de tremper les jambes, puis remontée par un bon raidillon hors sentier herbeux de 200D+, et redescente encore hors sentier avec un peu d’hésitation car bien glissant et donc pas top pour Rémi, puis longue descente dans un joli vallon avec ruisseau on rattrape nos italiens, et remontée tranquille et belle vers le col suivant.

Mais on n’est pas encore au pas de la case, encore 1 puis 2 puis 3 cols avant d’apercevoir le pas de la case et la BV3, descente bien sympa au début avec pierrier puis grosses rochers et piste  de ski pour terminer

Rémi : Cette étape est vraiment crucial, je sais que s’y on arrive au bout il y a de forte chance que l’on finisse. 3/5 de fait avec 9 ou 10H d’avance sur la BH, on aura plus le droit de bâcher !!! Et cette section sera vraiment incroyable, on ne fait pas exprès mais on est pile dans le bon timing en arrivant sur les crêtes au levé du jour, et on va en manger de la crête durant toute la journée. Les valons ne sont que Fleurs et Lacs, je reste prudent en descente j’ai peur d’un faux mouvement pour mon genou. Puis le rythme ne doit pas être si mauvais que ça car on se fait principalement doublé aux bases vie. J’adore TOUT, la descente sur le Pas de la Case ressemble à celle du col de Freydane, si proche de la civilisation et si sauvage, j’adore même skier dans les cailloux roulant. Cette étape est magique, c’est tellement beau qu’au final on discute peu avec David, des encouragements, quelques mots, mais on respecte le rythme de l’autre et l’on suit cette trace avec bonheur, on rigole en regardant les crêtes en sachant que le traceur nous fera passé sur TOUS les sommets. Notre ligne de vie. Niveau physique je sens que le strap pourri m’a provoqué 2 ampoules, les devants de pied chauffent un peu et je commence à avoir une douleur au talon d’Achille droit. Mais rien de rédhibitoires. Je sens que la fatigue arrive et que je vais ENFIN pouvoir dormir à la prochaine base vie. Niveau flotte, on est prudent avec David et on remplie dès qu’on peut, pour la bouffe, je mange régulièrement, notamment des bonbons, j’ai remarqué que des montés qui paraissent interminables, ne dure que le temps de sucer un Stoptou et un Arlequin. En haut quelques Haribo. Et hop un col de plus. On est serein, à notre place dans ces montagnes magiques.

9H30 d’avance sur la BH en arrivant à la base vie. On est régulier sur l’avance prise sur la BH. Je continue ma routine (Recharge Sac/Podo/Kiné/Bouffe/Dodo) mais sans douche, elle est froide et pourrie et je n’aime pas ça. Et miracle j’arrive à dormir 2H30. Comm’d’hab je presse un peu David en sortie.

Arrivée BV 3 20h30

Et là c’est le choc ! En entrant il fait plus chaud dedans que dehors, petite salle pour se poser, et la nourriture cuit dans les barquettes, je vous parle pas de la tête du thon et du fromage râpé qui a déjà commencé à fondre, ce que je fais remarquer aux bénévoles et apparemment Julien se fera une indigestion à cause du thon pris à cette BV.

Je suis à 2 doigts de repartir direct, mais je me dis que Rémi doit absolument dormir sinon ce sera trop dangereux pour la descente de la  Cabaneta. Nous faisons chacun notre process avec un peu de massage, pas de douche pour moi, je fais mon douillet car elle est froide et marche bof, donc au diable le luxe, puis dodo  et là le miracle se produit : Rémi dort 2h30, ouf !

( bon celle là c'est la dernière base vie de solanelles, Rémi pris en photo par l'espion es dodos , Denis-zinzin )

On sort de la base vie vers 0h30 en même temps que nos amis italiens, j’ai l’impression que pas mal de monde est reparti avant nous, mais à priori c’est stagnant. Le départ se fait par le Pas De La Case mais heureusement le long d’un passage en bois aménagé le long de la rivière donc cela évite de passer dans les rues de la tentation (Mais boutiques fermées à cette heure) (Rémi : Dommage on se serait bien mis une pizza et une bière)

Nous descendons 200 D-, avant un petit morceau bien humide, une remontée dans un vallon sans vraiment de chemin en bord de rivières et ruisseaux descendants avec des hautes herbes donc on abandonne vite l’idée de ne pas se tremper les pieds vu le nombre de ruisseau et de flaques, tout çà nous aide pas pour la vitesse moyenne car l’enjeu de cette étape est d’arriver tôt à la BV 4 pour avoir le plus de marge sur l’arrivée qui se profile dimanche apres midi.

Apres cette séquence trempage de pieds où on rattrape encore une fois les italiens et les espagnols , une des rares sections roulantes avec une piste carrossable large et en pente douce que l’on se met à monter en marche nordique ou PICPIC comme dit Rémi, à ce petit jeu à 6km/h en montée, la France mène devant l’Italie et l’Espagne !

On évite quelques pièges du tracé sur la crête ensuite, il ne fait pas toujours suivre le joli chemin surtout dans les virages ni les jolies balises rouges de la Ronda ( John et Gina y perdront 1/2 heure, Nicolas et pépé 2h ), on avance bien sur la crête à 2500 avec un joli ballet de frontale en bas sur notre droite  car on fait une grande boucle en S, et de l’autre côté, un autre joli ballet commence à se manifester, celui d’un orage avec de beaux éclairs en approche, disons que pendant l’heure qui suit nous allons être un peu exposés car en crête et avec le pic de la Cabaneta à 2800, nous serons en plus les points les plus hauts du secteur ))

L’orage a l’air de se rapprocher un peu mais pas directement sur nous, plutôt en tangente vers le Nord Ouest, pas de pluie ni de grondements, bien qu’encore loin donc les éclairs impressionnants et cela ne rassure pas Rémi que j’essaie de rassurer sur la distance et le timing …. Merci Julien pour la jolie petite histoire  !!! )))

Si l’orage devait venir sur nous, nous avons largement le temps de finir le sommet et de redescendre dans le prochain vallon à 2300, faut dire que ici pas d’échappatoires faciles c’est très raide à droite et à gauche.

Finalement j’appelle quand même le PC pour savoir ce qu’ils en disent côté météo et rassurer Rémi qui n’est pas serein, ce à quoi ils me confirment que l’orage doit rester à côté et nous laisser au pire quelques gouttes, que nous n’aurons pas d’ailleurs, mais cela rassure un peu Rémi quand même, là est le principal, merci Julien ))

Nous arrivons vers 5h au Pic de la Cabaneta, un des sommets attendus notamment pour sa descente et on n’est pas déçus. On y rattrape Nico et Pépé qui étaient partis 3h avant nous de la BV3 !!! Bon je veux bien qu’on avance vite depuis le vallon mais quand même : en fait Pépé son collègue espagnol sur le tard, est parti tout seul devant sur la crête est à suivi les balises ou s’est pommé, rappelé à l’ordre par le PC, laissant Nico tout seul, bref ils ont perdu 2 heures.

 

( Joli vallon après la cabaneta et les moustiques )

Et pour la descente de la Cabaneta, le Pépé refait de même partant tout seul au pif, mais heureusement les improbables sont là pour le remettre sur la bonne trace))

Cette descente est bien casse gueule et glissante, pas de gros blocs, mais dans la caillasse raide et glissante sur 400 D-, on met 1h à descendre avant d’arriver dans le vallon. Et là on choisit le mauvais endroit pour s’arrêter 2 mn dans ce vallon, car il est infesté de moustiques, et c’est là que Rémi a décidé de faire un petit besoin pressant. Erreur tactique : on se fait agressé en quelques secondes, et ben les moustiques tigres à côté, ce sont des petits chatons !

Cher lecteur, ne t’arrête pas dans ce vallon BASSES DEL SISCAR, où ta peau s’en rappellera !

 

( Lac de l'isla après un coup de cul de 400 D+ et avant la longue descente vers la vallée )

Nous faisons une petite pause à la cabane suivante de Siscaro ou Rémi se pose quelques minutes, et ensuite c’est une très longue portion en balcon avec quelques passages avec main et coups de cul qui nous attend, nous sommes à nouveau en groupe avec John et Gina, les espagnols et Nico et pépé, nous les laissons à nouveau derrière avant la remontée de la cabane de Jucia ( par laquelle il ne faut justement pas passer ) cette section est truffé de petits pièges de tracés avec quelques balises Ronda qu’il ne faut pas suivre ensuite. Nous croisons un randonneur à qui je demande si la remontée qui suit vers cabana Sorda est longue et il me répond qu’à notre allure, nous y serons en ½ heure … Youpi ! … youpi de courte durée car en arrivant en face de la remontée, je comprends qu’il parlait de la remontée normale , directe, sensée, logique , qui part à gauche en pente douce pour 200 D+ gentillets, mais non le traceur fou a encore frappé :  sous prétexte de nous montrer le joli lac de l’Isla -  qui l’est-  nous faisant monter dré dans le pentu 400D+. On y monte à bonne allure malgré la chaleur et je prends le temps de me tremper le bas en attendant Rémi, mais je n’ose me baigner car pas sûr de l’étanchéité complète du GPS de l’orga.

( rifugio de la sorda )

Puis nous redescendons sur le refuge de cabana Sorda et comme c’est à priori un point de passage et de mini ravito pour Ronda ou Celestrail, je salive à l’idée d’avoir un verre de pepsi ou de coca , oui je me rends compte que je prie pour un verre même de coca, quelle honte pour un ex pepsi )) verre que nous n’aurons pas même en proposant de le payer : les bénévoles ont reçu des consignes fermes et elles savent pas trop comment le dire c’est amusant, consignes que je comprends d’un côté pour éviter d’être à sec pour les autres courses , mais d’un autre côté je me dis que l’orga aurait pu prévoir quelques bouteilles de plus juste pour le plaisir de s’y arrêter vu que nous ne sommes pas nombreux, qu’il fait très chaud et  l’autonomie n’est pas antinomique de plaisir )) ce que nous allons prouver quelques heures plus loin.

( descente après lac de l'isla )

De cabana Sorda c’est une longue et belle descente truffée de lacs avant de rejoindre la civilisation et de longer une route pour rejoindre Ransol tout en bas dans la vallée. Nous y rattrapons Fred et Yvan, 2 ex Transpy et ayant déjà tenté l’Euforia en 2017.

Avec Rémi, on se dit qu’on trouvera bien un bar pas loin dans le bled pour aller boire un verre, et en y arrivant nous repérons une petite terrasse …. Mais obligeant à faire un détour de 100 mètres vs la trace !!! , quel dilemme !!! , bien évidemment on s’y jette, et on y retrouve les 2 jeunes japonais entre bière et sms /posts non stop, ils sont sympa, ils ne parlent pas, ils ne se regardent pas, ils ont les écouteurs et ils tapotent à toute vitesse … et aussi nos 2 espagnols qui ont ZE seau avec 6 bières rien que çà !

( NB : ARRET OBLIGATOIRE dans Ransol : bieres, sodas, glaces, tout y passe avec nos amis espagnols et japonais)

C’est Byzance, c’est l’orgie romaine, on s’enquille sandwich, bières, coke et même glace magnum ( çà c’est la faute de Rémi, c’est lui qui a commencé ! ) , bref un bon moment de kif dans ce monde de brutes.

C’est le ventre bien léger que nous repartons pour les 1000 D+ vers la BV4. En arrivant sur la route principale en bas, on croise quelques Celestrail qui remontent vers Ordino, et avant qu’on ait le temps de les encourager c’est eux qui nous applaudissent, donc j’en déduis que ayant mon dossard NOIR dans le dos, je dois avoir une sale gueule d’homme des cavernes défoncé pour qu’ils en déduisent tout seul « Euforistes ».

Nos Japonais et Franco-canadiens font une pause avec leur assistance d’ailleurs sur le parking juste avant la remontée … mais qui ne remonte pas tout de suite hein, on va encore un descendre la vallée un petit peu pour que çà fasse un peu plus de D+ après, hein ? 

( Rémi kiffe la montée de la piste de ski en allant sur la BV solanelles , et il n'a pas encore vu la crête à venir ))

Nous y croisons pas mal de coureurs de Celestrail et Mitic je crois, dont certains nous arrêtent pour nous dire toute leur admiration, l’ego prend une sacré overdose et on essaie de dire des platitudes de fausse humilité du genre, «  mais nous aussi on a commencé par 50 km » au lieu de les mettre en garde contre cette maladie incurable, on aurait dû leur dire plutôt «  Restez sur des petites courses , Malheur à vous si vous  franchissez le seuil des 150K et d’1 nuit dehors,   au-delà vous êtes foutus, vous serez drogués pour le restant de vos jours !!!  Et je vous parle pas de la dépression post coitum-course de 3 mois »

Génial ce passage forcément, avec un grand moment de coaching avec une des coureuses du 63 km et son ami qui nous dit qu’elle est fatiguée et qu’elle a encore 15 km à faire avant Ordino et l’arrivée, alors pour ma rassurer et relativiser, nous lui disons qu’il nous en reste 60 soit l’intégralité de sa course )) ce qui la booste et elle s’en va en nous remerciant .

 

Bref, retour à la réalité pour nous, c’est bien de faire les beaux, mais faut assumer, le début de la remontée est agréable en sous bois, benoit et julien nous dépasse à belle allure les enfoirés, ils ont dû prendre une piqûre à l’assistance en bas )), et nous arrivons à la station de ski de Soldeu coté Ribaescorjada, et là je manque d’idées pour dire à Rémi, que nous n’allons pas tout droit par la jolie piste carrossable typique des stations qui remonte en face, mais plutôt par la piste raide, disons le mur  en hautes herbes à droite, même les japonais nous disent «  there are crazy !!! ) Dans la bouche d’un japonais, c’est la rébellion suprême !

( en face, pour le lendemain dernier jour : au premier plan bony de la neres, col d'ordino et la dernière montée au pic de casamanya avant derinière descente )

Rémi peste forcément car déjà pas content de devoir passer par une station de ski, je lui propose même de tenter de shunter par la piste carrossable qui nous amène au même endroit sur la crête in fine, mais il ne se laisse pas tenter et la trace c’est la trace, piste finalement qui se fait relativement rapidement bien que raide mais le double effet kiss cool c’est en haut quand tu vois où se trouve la BV, au loin là bas la dernière bosse avec téléphérique , ce qui signifie un parcours en crête en haut des télésièges avec plusieurs bosses de 100D+, un peu rageant et inutile tout de même cette fin d’étape, déjà cette BV à 2500 loin de tout alors que en bas il y a possibilité de mettre une BV avec d’autres courses et le choix de la trace aurait pu être plus agréable. Ce que nous disons aux bénévoles en arrivant à 17h45 à la BV, objectif départ Maxi 22h.

Bon la BV est quand même top, grande, calme et des pates chaudes !!! Youhou c’est fête !

On y croise quasi tout le monde, Julien et Romain, Patrick et Cécile, les espagnols, les texans, on s’inquiète pour les Denis et les fantastiques dont on n’a plus de nouvelles depuis la BV 2,

( BV solanelles, derniers rangements avant dernière étape, un peu le bordel j'assume ))

Après un peu de temps entre discussions, repas et massage (+ podo pour Rémi ), Patrick et Cécile décollent à 18h00, Julien et Romain 30’ plus tard, nous on part au dodo pour 1h30 et au réveil nous croisons les fantastiques enfin là, Rémi me propose un objectif de départ à 22h  pour me presser )) et propose aux comparses de repartir ensemble.

Rémi : Déjà la dernière base vie en vue ou nous arriverons avec pratiquement 12H d’avance sur la BH. Comme quoi les pauses longues ne sont pas un handicap, on contraire. Le dodow @Vik a fait son effet. Les montées sont faciles sans forcer, on a trouvé notre rythme. J’ai souvent lu que la troisième nuit était celle de la bascule, ou l’on se met dans le mal, ou le corps et la tête prenne une option planante. Je suis dans cet état. Bien sur les pieds sont un peu cuits, problème de longueur de Métatarses selon le podo, je m’applique à posé le pied bien à plat pour éviter de mettre trop de contrainte sur l’avant pied. Puis cette fois contrairement à la Swiss Peak, je m’en occupe bien. J’ai ce qu’il faut (Seringue/Eosine/Compeed/Strap), et je vais m’en servir, car le pansement de cette étudiante Podologue a été « moyen », je refais tout moi-même pour être propre. J’ai juste une bursite du talon d’Achille côté droit. Merci Vik sans tes récits je n’aurais pas su que c’était, je tente de couper l’arrière de ma chaussure pour me soulager mais le ciseau est trop faible pour mes Olympus. Je desserre naïvement le laçage de ma chaussure, ce qui me vaudra une bonne ampoule sous l’ongle. Encore un truc à noter. Mais même avec ses petits bobos j’ai l’impression que tout est en place. Juste un petit coup de flipp avec l’orage au loin pile poli quand est en haut des crête, mais faut dire qu’on y est souvent. Je pousse David à appeler l’orga au cas où. Mais nous ne prendrons même pas une goutte. On navigue maintenant avec 4/5 équipes que l’on rattrape au fil des étapes. Entre ceux qui se perdent, ceux qui dorment au bord du chemin et celles qui « trainent », on poursuit notre petit chemin. J’ai une grosse émotion, très grosse, quand on croise (ENFIN) des coureurs des autres courses, la fatigue, les mots gentils et flatteurs qu’ils nous distillent me font craquer, je file devant pour me « cacher », mais c’est vraiment un moment magique de cette course. Rien que d’en parler je sens mes poils se dresser. Il faudrait vraiment que l’orga nous fasse un peu plus croiser les autres courses, c’est moment d’échange de partage, d’admiration boost certes notre égo mais nous fais un bien fou et , je le pense, communicatif à tous.

 Les Fantastiques sont toujours derrière ce qui nous rassure toujours. J’ai juste une chute de mental devant la piste noire qu’il faut se coltiner avant de se taper plein de chemin de station tout pourri avant d’arriver à la BV. On en a tellement prise plein les yeux que cette section nous parait immonde. Après 10mn à grogner, je m’y mets et on arrive COMME TOUJOURS à passer ce truc moche. Routine habituel avec DODO de 1H30 en prime. Pas de fatigue, pas une contracture, la zenification total du corps et de l’esprit. Les Improbables vont y arriver, avec toujours « David Traine la Grole » au moment de partir ;-)

ETAPE 5 : 53 km / 3200 D+ / Objectif arrivée 18h00 pour l’apéro

Nous repartons donc quasi ensemble avec Benoit et Julien ainsi que John et Gina, pour 700 D- par de la piste carrossable, un peu de jardinage en bas, c’est dingue ce que le fait d’être plus nombreux démultiplie le risque d’erreurs de navigation.

( NDLR pour l'orga : petite erreur de RB entre les panneaux et le RB fourni  pour aller sur Agols )

Puis nous réintégrons la forêt pour une longue remontée vers refuge Dels Agols et cap Dels Agols, ici d’ailleurs à un embranchement le RB est erroné car il nous dit de suivre la direction à droite alors que le panneau dit à gauche, et ce alors que les 2 chemins se rejoignent 1km plus loin, nous faisons demie tour avec la bande pour prendre selon la trace GPS et pour ne pas perturber tout le monde je suis, alors qu’on était à 500m du prochain croisement, John décide de mettre le turbo devant avec Benoit et Julien, avec Rémi, on les laisse partir, on rattrape John et Gina au refuge, puis c’est parti pour une bonne partie de jardinage nocturne une fois le plateau sommital sablonneux passé à 2600, la descente se fait un peu au pif surtout en arrivant dans le vallon ou on doit longer un ruisseau, on y perd un peu de temps et enfin on rejoint le val del Madriu Perfaita pris à l’aller, et comme Rémi pique du nez ( et moi aussi d’ailleurs ) , je lui propose de s’arrêter dans la cabane à 5mn plus bas que l’on avait passé à la montée , et je lui promets que je ne lui fais pas le coup des 5mn, puis des 5 mn etc.

Quand on y arrive, pas de bol ! et oui c’est samedi soir et c’est ZE soirée de rando pour les bivouacs et encore plus dans cette vallée renommées et fréquentée, donc toutes les cabanes sont full avec en plus pas mal de tentes , celle de riu Dels Orris doit être remplie de 20 scouts au moins ( alors qu’il n’y a que 8 couchages ), les mêmes que l’avant-veille à priori.

( Alors là, celle là, je ne sais pas du tout où et quand ... ah si  fin de la descente vers Escaldes )

Cette descente et longue et monotone car facile et pas besoin d’être vigilant donc … on est tous les 2 des zombies au radar, on s’arrête 2mn une première fois en plein milieu du chemin, mais on entend la cavalerie bruyante derrière , ce sont les 4 fantastiques  en pleine bourre , on essaie de les suivre un peu mais finalement ils s’arrêtent ( et ils feront un petit dodo dans une petite cabane de l’autre côté du ruisseau, cabana de l’Estall serrer que nous avions passé à l’aller et apparemment seul celle là n’était pas pleine, et perso j’étais persuadé qu’elle serait aussi pleine et je ne voulais pas faire les 300 mètres de détour, comme quoi il faut toujours tenter sa chance ). Nous continuons et à nouveau plus bas, on se pose en plein milieu du chemin sur un joli rocher plat qui nous a fait un clin d’œil, on s’y pose, on s’endort quelques minutes  (10 ? 20 ? ) avant d’être à nouveau réveillé par les furieux hilares ( et avec Denis cela veut dire que c’est potentiellement dans la boîte ), et qui tracent dans cette descente interminable. Nous rattrapons à notre tour Nico et pépé avec qui nous faisons la fin de cette descente , leur assistance les attend dans la vallée avant la ville, ils nous demandent si l’on veut quelque chose, nous déclinons avant que la dame ne prononce un mot magique «  un café ? » et là on se regarde avec Rémi … «  alors là OUI !!! » petit café avec gâteaux svp qui fait du bien,

( Géniale les assistances, on profite de la team Nicolas avec café et gâteaux pour reprendre des forces avant Padern )

Niko s’endort tout de suite sur sa chaise, on repart vite et on croise à peine plus loin l’assistance de Denis, JP, Fred et Thierry avec le frère de Fred toujours au rdv et toujours souriant et serviable et Laetitia madame Clerc qui nous tance un peu-fière de son homme qui sont déjà bien devant…. Patience patience on n’a pas dit notre dernier mot))

Nous finissons la descente dans la ville Engordany avec pour objectif : EAU !

 ( C'est parti pour un KOM STRAVA sur le Padern : objectif rattraper les Fantastiques ))

( chose faite ! photo de Denis ))

Remi tout sourire, moi qui croyait l'avoir lâché

( son bâton vient de péter )

( en haut de padern )

Car ensuite plus d’eau jusqu’à la dernière descente et je doute qu’on ait de l’eau eu col d’Ordino et mieux vaut prévenir. Donc nous cherchons un bar ouvert à 7h00 du mat mais sans succès, je rate le coche avec une boulangère qui aurait pu remplir, et heureusement nous trouvons en remontant une jolie villa avec jardin en plein arrosage et Rémi à repéré le robinet qui va bien, nous hélons le proprio super gentil qui accepte gentiment de remplir et boire et qui à l’air habitué du passage des Euforistes. Nous repartons donc pour ZE DRE DANS LE PENTU de la course, tout le monde nous a prévenu, les zouaves comme Patrick, le Pic de Padern tant que tu ne l’as pas fait, ce n’était pas raide jusque là. En effet çà attaque fort et on doit y mettre les mains plusieurs fois mais sans être difficile non plus ni exposé, Rémi me challenge pour envoyer du pâté, et là effet magique des mots de Rémi ? Effet boost des nouveaux bonbons ? Ou dernière batterie avant plus rien ? En tout cas je mets la gomme dans cette montée, j’accélère, premier challenge mettre une mine à Rémi, mais non ce bougre ne me lâche pas, c’est qu’il a de la ressource, 2° challenge : j’entends des voix plus haut et je vois les fantastiques, et là, ni une ni deux, je vais me les faire, car Laetitia m’a un peu piqué au vif je l’avoue. Je mets les bouchées doubles, je les rejoins sur l’arête mais du coup j’ai lâché Rémi ( en fait c’est son bâton ), une fois rejoint, on recommence l’opération et on les rattrape ensemble sur la fin du Pic, on se chambre mutuellement forcément , on tape un peu la causette puis comme ils doivent voir leur assistance au Collada de Bexalis apres la petite redescente, on avance avec Rémi sur notre bonne allure, on a dû faire un Top 10 STRAVA dans le pic de Padern ))

On continue donc avec les 400 D+ de Bony de les Nérés que nous faisons rapidement, et là je sens que la Casamanya qui suit va être dure, Rémi lui a toujours de bonnes jambes, il prend les rennes et nous rejoignons Jurgen  et son compère qui a un genou en vrac à allure réduite. Jurgen me demande de l’attendre au col 5 mn au cas où son binome ne peut pas finir. Nous arrivons au col d’Ordino où sont déjà présents l’équipe d’assistance non moins fantastique des fantastiques

 

Le frère de Fred nous offre gentiment ½ litre de flotte , il faut dire que dans le genre stupidités on fait pas mal : à faire les 2 montées à fond, on a transpiré comme des … ( tiens quel animal transpire beaucoup ? ) bref, on a vidé quelques litres de transpiration et donc on a tout bu aussi, c’est pas comme si on savait que sur cette section on risquait d’être à sec !!!

On attend Jurgen a qui je dis que il a largement le temps de finir avec son binôme vs les BH, il reste 15 km et surtout à peine 10 de descente puisqu’il à mal en descente, donc çà va le faire, mais je sens que çà a pas dû certainement être facile à gérer sur la longueur pour lui, en même temps, même moi je n’abandonnerai pas à 15 km de l’arrivée ))

Nous repartons avec pour Rémi un baton neuf prêté gentiment par ludovic « bichon » sans attendre les Fantastiques car on les sait plus rapides que nous en descente et il y aura 10 km à descendre / 1500 D-, donc ils auront le temps de nous rattraper. Et à peine reparti pour cette dernière et superbe crête, je colle et n’avance plus, c’est bête, on reconnaît soudain Romain avec sa veste jaune et Julien en haut, Rémi me propose de les rattraper avant le sommet , les appelle et bizarrement j’ai l’impression qu’ils accélèrent ( en fait c’est juste moi qui ralentis ).  Nous rejoignons et dépassons Federico et Marco qui faisaient une pause à l’ombre d’une arbuste et qui soudainement comme par hasard, à notre vue, se lèvent , nous suivent et nous dépassent. Cette arête est sans fin, avec des bosses qui en cache une autre jusqu’au sommet.

( dernière côte : pic de casamanya avec en cible Julien et Romain en haut  )

Nous arrivons enfin à 12h au pic de Casamanya Sud à 2750 ( 1h15 pour faire le col-sommet 800D+, c’est moche )

( çà c'est fait, plus qu'à redescendre )

( on a du toutes les faire ou presque )

( Avant de redescendre, quand il n'y en a plus, il y en a encore, encore un peu de petites crêtes avant les cables )

( la siesta à casamanya pour nos espagnols qui ne vont pas nous lâcher ))

( petit soins avant dernière descente )

, les espagnols y font une sieste, on fait les photos qui vont bien, bizarrement pas d’effet « malatra » comme sur le TOR, mais on se rend compte en un coup d’œil à 360° de tout ce qu’on a fait. Avant de redescendre, il faut quand même passer par le Casamanya Nord mais ils ont été miséricordieux pour une fois car on ne remonte pas droit dessus, on le contourne pour attaquer la fameuse  descente cablée pimenter la fin. Nous rejoignons le joli vallon de l’ensegur pris à la première montée.

 

Et là, à cet instant alors qu’on ne l’attendait plus, que tout espoir était perdu, le Miracle se produisit. Après Jésus à marché sur l’eau , après Moïse à ouvert la mer - merde c’est pas dans le bon ordre, Douillet tes classiques enfin ! - , … Rémi se met à … Courir !!! Oui je me frotte les yeux, je me pince, mais oui Rémi coure.

 

( tout au fond en bas, et ben ... non c'est encore plus loin et plus bas )

( C'est ici à 13h00 en bas des cables de Casamanya que se produisit le miracle, Rémi se mit soudain à ...  courir )

 

Et moi j’étais aux premières loges pour y assister, quand Rémi se retourne pour me proposer de courir, il y a du Viggo Mortensen dans le Seigneur des Anneaux – bon OK je ne parle pas du physique hein  – comme s’il partait devant pour un assaut final. Je le suis donc forcément même si au début ce n’est qu’un trot et que je me dis qu’avec son genou le miracle ne va pas durer longtemps. Et comme je m’imagine le pire à savoir que le genou lâche et que les derniers 10 km se fassent à 1km/h sous ce soleil de plomb, je propose de refaire le plein d’eau dans la rivière, ce qui s’avèrera complètement inutile car …. Rémi Le Miracle ne trottine plus, non… il se met à courir maintenant !!!  C’est incroyable mais vrai – Jacques Martin  doit se retourner dans sa tombe -.

Nous courons donc à belle allure avalant les mètres, nous rattrapons au début du bois les italiens qui faisaient encore une pause à l’ombre, et là encore, Federico et Enrico se lèvent tout de suite et nous suivent … mais pour pas longtemps, car nous allons trop vite, Rémi ne compte pas se faire rattraper et je me dis qu’il s’est mis en tête de rattraper Julien et Romain devant, nous arrivons rapidement au coup de cul de 100 D+ ou nous maintenons une marche rapide et en haut nous rattrapons les espagnols que nous dépassons dans la descente , et Rémi continue d’envoyer du pâté, et nous rattrapons Julien et Romain, je laisse faire les 3 acolytes qui se connaissent et je me dis qu’ils vont se mettre d’accord pour qu’on finisse tous les 4… mais non, apparemment ils ne veulent ou ne peuvent pas courir, donc Rémi qui a des fourmis rouges dans les pattes continue sur sa lancée, dommage çà aurait fait une belle arrivée Kikourou.

-          A posteriori , je me pose quand même 3 questions : - est-ce l’énergie de la fin, une surdose de médocs, le cerveau débranché, l’envie d’en finir qui lui permet de surmonter la douleur du genou ? ou bien en fait il avait un quota de km de course en descente et il a choisit de l’utiliser sur la fin ? ou carrément en fait il pouvait courir plus qu’il ne le pensait et auquel cas … on aurait pu arriver pour l’apéro à 12h00  qui été top apparemment -

Nous arrivons enfin sur Sornas dans le fond de la vallée pour les 2 km de bitumes restant, nous y croisons Laetitia qui remonte pour finir avec Denis – la question de savoir s’ils vont nous rattraper ne se pose plus forcément, et nous trottinons sur la route mais en me retournant je vois que les espagnols sont juste derrière, j’alerte Rémi pour qu’on accélère et Rémi Grand Seigneur,  me propose de les laisser passer donc on se met à marcher, et quand ils nous rattraprent je me dis qu’ils vont nous proposer de finir ensemble vu que l’on a pas arrêté de se  croiser tous les jours , mais l’être humain est contradictoirement amusant, ils passent en nous saluant, et je ne leur propose même pas moi non plus de finir ensemble, ce sera peut être mieux une fin par couple ! et d’ailleurs nous ralentissons sur les derniers hectomètres pour leur laisser le temps d’arriver et aussi pour être acclamés à notre tour à notre juste valeur ))

Nous courrons pour le dernier virage et la ligne droite, je passe mes bâtons à Rémi pour essayer de filmer avec l’iphone, çà y est, main dans la main en sautant la ligne comme des cabris saouls et Rémi qui tombe à la renverse, sous le micro euforique du speaker et les bravos, c’est du grand n’importe quoi, mais c’est bon, c’est euforisant, on s’embrasse avec Rémi, on s’embrasse avec les espagnols, Patrick et Cécile déboulent déjà douchés tout beaux tout propres, et re embrassades . Il est 15h 05, nous avons fini en trombe cette dernière étape et cette dernière section, 17h pour cette dernière étape de 54 km , soit + de 3 de moyenne, quel négative split !!! et une descente en 2h30 à 10/12km/h sur la fin .

Total : 240 km pour 20 000 D+ En 104h00 dont 20h de pauses avec 7h30 de sommeil sur 4 nuits pour moi ( et à peine 4h pour Rémi !!! ). Premier bila, je suis bien, pas de bobo, petites ampoules gentillettes, et pas de douleur muscle ou tendons, les descentes en marche rapide font clairement une différence certes de temps, mais aussi d’état des jambes, bref bien meilleur état que sur TOR ou SP .

 

Rémi : La dernière section, on conserve notre avance sur la BH (qui est d’ailleurs intenable pour finir la course dans les temps). Je me strappe tout le pied rajoute tout un tas de Compeed dessous pour que rien ne bouge. Je n’ai pas envie d’être polluer par ça et je sens qu’il ne faudrait pas une étape. Tout la première partie se déroule tranquille, mais le sommeil et l’ennuie me tombe dessus dans cette grande descente empierré de 9km, cailloux de Merda comme dirais Bubulle. Je commence à calculer, à regarder ma montre, à me dire qu’on en a pour des heures et des heures, je rumine et reste vaseux jusqu’à Engordany. Et puis je regarde le RB du dossard pour constater qu’il ne reste qu’une montée ! Alors je débranche le cerveau, je n’ai pas envie de trainer ma peine pendant des plombes, il faut penser à autre chose et donc ACCELERER, je challenge David qui répond bien. Et nous voilà parti a plus de 800D+/H dans cette montée qui est censé être une boucherie. Juste avant de faire la jonction avec les Fantastiques j’explose un bâton ce qui me fait perdre un petit peu de temps. DD : Merde je croyais que j’avais enfin réussi à te lâcher !Pas grave, j’ai les jambes et fait le malin en passant les 4 loulous qui pensent que j’ai fait le bazar sans bâton J

Maintenant faut pas lâcher, sortie du bois après le col d’Ordino, je vois 4 équipes au dessus de nous dont Romain et Julien qui était parti 2 ou 3 heures devant nous. Je les Appel, je pense que Julien se retourne et accélère (En fait il m’a pas entendue, comme quoi on est vraiment dans des états bizarre). Pour la peine  j’en remets une couche en disant à David qu’on va TOUS les passer avant le col. Non mais Oh !!! Bon le David je l’ai bien cramé en fait. Il est scotché dans un bon coup de cul. Tant pis, on a aura bien ouiné quand même. On fini le col peinard, on se pose en haut, puis on se tape la descente câble/chaine et vous m’en remettrez bien un peu. On se repose, je nok les pieds, mange un bout et vois les délicieux petits sentiers verts qui m’appellent en contre bas. Il reste 11km. Je demande a David s’il est chaud pour trottiner, on trottine, pour finir à courir vraiment. Mais on a plus de flotte et on se pose encore 5 minutes pour recharger. Le chemin est toujours aussi alléchant et au fur à mesure j’accélère, David Suis, j’accélère encore, l’adrénaline arrive, le Flow arrive, 220km et on court à 10 ou 12km/h dans les pentes nous menant à l’arrivée, on fait d’abord exploser un suiveur Japonais, puis l’on croque nos 4 équipes (Dont julien et Romain), je sais que les Espagnols et Italiens vont pas lâcher leurs place, alors dès qu’on les a passé je me remets une grosse mine. Jouissif et stupide à la fois. Ils tiennent une centaine de mètre avant que l’entende dire No,no,no, It’s so crazy ! Alors on file en se forçant juste à marcher les 100D+ restant. En bas on se pose un peu avant de revenir à civilisation, et dans les rues d’Ordino, on voit que nos « adversaires» reviennent à fond les ballons et on les laisse passer à 100 mètres de l’arrivée, ils étaient devant nous toutes la course, ils voulaient cette place, on leur laisse bien.


( 15h dimanche, après 104h de promenade bucolique et avant une apres midi ... hic ! )

La ligne, une cabriole, une gamelle Nawak, ça y est, c’est fait. Tellement improbable. Pas de montée de larme mais un sentiment de zenitude absolue d’être au bon endroit, à la bonne place. Puis les copains, la bière, encore des copains, encore une bière, le temps est suspendue. Je ne suis même pas cassé, pas de bobo rédhibitoire, je profite à plein. Encore une fois j’ai l’impression d’être le petit poucet, et je le suis, les gars ont tellement d’expérience et je me sent tellement fier d’être parmi eux, et peut être un peu plus l’un des leurs.

A vrai dire on se dit à peine arrivé qu’il faut revivre ça, et 3 petites lettres reviennent en boucle. PTL. Dans un coin de me tête j’aimerais bien pouvoir bouclé les « 4 fantastiques », Swiss Peak, Euforia, PTL et TOR. On est vraiment malade.

Une sieste, une douche, et encore les copains et des bières. Le retour est calme, serein. Au bout de 10 jours j’ai déjà envie de courir. Mais le genou tire et l’opération est inéluctable. Il faut soigner tout ça pour pouvoir repartir en 2020 ! Ce sera une autre histoire à écrire.

ARRIVEE

Les heures qui suivent sont inscrites dans mes annales d’euforie terrestre , plénitude extraordinaire  à Ordino. L’organisation a bien fait les choses pour que l’on ne parte pas tout de suite.

Sitôt la ligne passée, passage quasi obligatoire par la tireuse à biere, on s’assoit sur une des nombreuses tables disponibles, en fait sur cette petite place d’ordino, il n’y a que çà chaises tables appartenant à 2 restaurants, et pas d’obligation de consommer demandée , il y a un speaker qui donne de la voix non stop entre des « Euforia » grisants à chaque binôme et les podiums, car il est 15h c’est l’heure des remises de prix joyeusement bordélique quand même quand tu vois le speaker commencer l’annonce d’un podium, puis se tourner vers l’arche d’arrivée et hurler « Euforia » ou « Ronda », il court dans tous les sens le pauvre.

A tel point que Stéphanie Case, ultra traileuse américaine en vue qui est en train de se piffrer de frites bien huileuses à la table voisine – quand je lui demande comment elles sont,  elle me propose de finir son assiette ,non mais à ce point j’ai une tête qui fait pitié ?  - n’entend pas son nom au micro pour la 3° place femme sur la Ronda, alors qu’à l’inverse ils ne feront pas les podiums par catégorie , dommage car notre Philippe G – bientôt 1000 – est là discrètement humblement à côté et ne sera pas appelé sur la boîte malheureusement alors qu’il a fait 3 ou 4 de sa catégorie et qu’il est souriant et frais comme un gardon.

 

( Julien et Romain )

Julien et Romain arrivent 15 mn plus tard, certes la photo finish ne montre pas leur joie mais ils sont bien souriants quand ils attaquent la bière à table ( Bière N°2 David ), ils s’installent avec nous et nous sommes tous les français déjà là quasi regroupés avec toute la Géniale équipe de Patrick et Cécile à côté avec qui nous faisons le débrief et  discutons de … Courses je crois )) Je me renseigne auprès de Cécile sur la Dragon Back Race 315/15 000 au Pays de Galles qui a l’air bien velue aussi et aérienne malgré la modeste altitude et elle n’en dit que du bien.

Puis arrivent Federico et Enrico , nos italiens croisés tout du long avec qui on discute un peu … autour d’une bière ( N°3 moi qui  n’aime pas la bière celle là passe bien ), on se recroisera certainement sur une PTL, un TOR car ils lorgnent dessus ou autre truc pour débiles mentaux internationaux.

( en fait on regarde les bières suivantes qui arricent ))

Il est 16h00 quand arrivent les Fantastiques Thierry, Denis, JP et Fred, ils viennent s’installer dans le coin « France » avec toute leur équipe aussi, çà commence à faire du monde, et re débriefs et partages divers, je discute avec Ludovic et sa femme et çà dévie sur les enfants puisque jeunes parents heureux , et je fais mon vieux con sage – ou sage con - avec ma bière N°4 dans la main  )). C’est pas  tout mais on a faim , alors on commande quelques assiettes avec quelques frites quand même agrémentées de mayo, ketchup, moutarde ou l’inverse je ne sais plus. Et quand on mange, … çà donne soif , alors re-tournée générale ( N°5 ), mais je précise que par esprit de modération et pour ne pas donner le mauvais exemple, nous ne prenons ni rosé ni rouge à table .

Les discussions se poursuivent à droite à gauche avec photos et selfies glamour - , on refait le match dans tous les sens, on compare avec les autres courses, on parle forcément aussi en onomatopées que des touristes passant par là pourraient prendre pour un patois local composé de « TOR , PTL, SP, EB » , notons ici que nous ne parlons bizarrement que de courses à cailloux, donc quelques autres onomatopées sont ici taboues et bannies, malheur au padawan qui viendrait faire le malin ici avec STL, UTMB, voire MDP ! sacrilège !

(  no comment sur le tshirt et la bière )

16h30 de mémoire arrivent John et Gina pour qui on s’inquiétait notamment dans le jardinage au dessus de Madriu. Ils sont eux aussi Heureux et nous trinquons à nos folies ( N°6 ), John gardera en tête cette crête ensemble sur Torres del soldats à 5h du mat ))

Le temps s’écoule ainsi, il y a une forme de plénitude ( aidée par N°7 ), de bien être commun ici tous ensemble, avec des arrivées de temps à autre de Ronda et d’Euforia, Jurgen arrive à 17h30 finalement ils ont réussi à bien finir. On n’a pas forcément envie de partir, mais bon c’est pas que mais on sent un peu le fennec et puis il faut aller chercher les cadeaux finisher, le sac BV  et poser les affaires . Alors pour faire durer le plaisir, on se tape l’incruste au dîner des équipes de Patrick  Cécile et des Fantastiques pour 20h et donc on zappera complètement le repas d’après course oublié et qui était peut être un peu loin de la place et donc hors ambiance.

( 3 grands malades mais heureux )

A peine le temps de rentrer, découverte état réel des pieds, pour moi-même çà va, pour Rémi c’est quand même moins mais mieux que sur la SP. Douche, tentative de tri propre sale et pseudo rangement. Il est vite l’heure de repartir, nous arrivons à Ordino, et hop re bière  ( N°8  ) sur l’aire d’arrivée où il y a encore un peu de monde et de bénévoles patients, les barrières horaires étant à 21h.

( petit comparatif des pieds , Remi a l'air content c'est bien mieux qu' à la SP )

Au restaurant, nous rejoignons donc toute la team France ,nous sommes quasi 30, la table d’à côté c’est la table Japon. Nous poursuivons les discussions de l’après midi avec un peu tout le monde, Laetitia et Thierry me disent qu’ils tenteraient bien l’euforia à 2, sacré challenge, çà doit pas être pareil en couple, mais j’y verrais bien ma dame aussi à la réflexion vu sa facilité sur le GR20 il y a quelques années. L’appétit venant en mangeant , je commande une 2° pizza car finalement celles-ci sont pas mal et passent bien avec quelques verres de chardonnay- bon en même temps tout passerait bien -.  L’ambiance est top avec blagues ou petites vannes entre les équipes.

( Super soirée avec tous les frenchies )

Il est 23h, l’heure des braves, nous voulons partir tôt ou pas tard demain matin, donc nous quittons toute cette formidable grande famille de malades et d’assistants malade tout aussi malade que nous finalement, un dernier bisous  sur le front à Jean Luc et Denis ( même si je crains certaines potentielles séquences de son film pas à mon avantage encore une fois ) et nous rentrons en nous disant que l’on se reverra certainement sur une prochaine épreuve en 3 ou 4 lettres au choix vu les dernières annonces …( j’avais pas vu l’annonce corse, merci Patrick )).

Nous repassons par l’aire d’arrivée où justement arrivent les 2 dernière équipes de l’Euforia à 5, chapeau messieurs !

( 23h, arrivée des derniers de l'Euforia )

J+1

Avant de partir nous allons faire un peu de shopping à la boutique de l’AUTV où Monica nous accueille gentiment alors qu’ils sont en plein rangement pour posters, chapeaux et T shirt pour la famille . Ils ont de quoi ouvrir un magasin eux aussi .

Sur le retour, forcément on discute de la course et je me demande qui va lancer les plans sur l’après et sur laquelle, dans ma tête je mets un billet sur PTL  … et sans surprise, Rémi lance les hostilités sur … PTL et il a déjà fait l’équipe : Julien, Rémi, et moi-même, ben voilà c’est facile, emballé, pesé, voilà ton programme 2020 quasi fait )) . Bon on va se laisser redescendre d’Andorre d’abord, puis déprimer un bon coup, puis on y repensera à Noël quand ce sera l’heure de demander les cadeaux 2020 à madame )). Rémi nous offre gentiment un verre en arrivant histoire de ne pas se séparer juste comme çà même si peut être chacun ressent le besoin de se retrouver chez soi , de raconter à sa famille.

Et forcément de manière contradictoire, une fois rentré, bon alors gros apéro, par où je commence ? je te raconte la version intégrale, ou d’abord un résumé ? je sais et madame sait aussi d’avance que je ne vais parler que de çà les jours et semaines qui suivent, je prends donc RDV pour nos apéros-thérapie en rentrant du boulot ))  Faut dire que les post sur FB aident pas trop, tout le monde se lâche pendant plusieurs jours entre photos, dédicaces, les « merde on était bien »  «  je vous aime tous » «  quand est-ce qu’on recommence » etc bref ambiance bisounours grands malades incurables. Cécile va remettre le couvert pour la PicaPica 1 mois plus tard, chapeau, même si in fine rattrapée par la BH au 80°, fallait quand même y aller. Fred sera sur le TOR, Patrick et Thierry sur les Glaciers pour une première de 450 km . Du coup je me fais une bonne sortie de 40 km dans le Sancy 1 semaine plus tard pour tester l’état général et je suis plutôt en bon état même si la tête décroche pas.

1 mois plus tard, le hasard faisant bien les choses, Patrick fait un passage imprévu pour un week end dans le Mercantour  et nous faisons le Gélas ensemble par les arêtes où il est comme un poisson dans l’eau, çà fait plaisir de voir un amoureux de la « roche mère «  comme çà )). .. et plus j’y pense et plus je me dis qu’il faut refaire un Off Mercantour en 2020 ou 2021 pour faire découvrir ce superbe massif et Parc pas assez connu.

FEEDBACK EUFORIA

+ Parcours superbe avec crêtes et sommets, peu de passages roulants ennuyeux, même si quelques détours à discuter cf étape 1

+ Orga et bénévoles, tout est bien fait côté sécurité notamment

+ à 2 c’est quand même plus sympa et cela crée des relations entre équipes

+ L’arrivée : le lieu et le nombre s’y prête mais quelle ambiance

-+ on peut faire des suggestions d’améliorations sur les ravitos en BV, sur l’emplacement de la BV solanelles, et duf ait de ne pas être plus mélangé avec Ronda notamment sur la fin sur les BV pour partager et donner envie aux autres de vivre cette aventure

- Bref on y reviendra, mais je voudrais bien que ce soit un peu plus long ))

ENCORE MILLE MERCIS  AUTV / CIMS MAGIC

Rémi

Pour ma part cela confirme que J'ADORE courir à plusieurs. Il va être difficile pour moi de refaire une course "seul". C'était une aventure EXTRAORDINAIRE dans un cadre Idylique. On a eu une chance ENORME entouré de personnes FABULEUSES qu'elles soient coureurs/ses ou suiveurs(euses) Maintenant il va falloir ce que le genou dit, opération ou pas. Bref, se remettre d'aplombs pour pouvoir envisager rautre chose. La tête est préte a tout, mais c'est le corps qui décidera!!!!

LONGUE VIE A EUFORIA ET LONGUE VIE A KIKOUROU.

 

 

12 commentaires

Commentaire de shef posté le 10-09-2019 à 17:31:55

Gros bravo les mecs !

Commentaire de shef posté le 11-09-2019 à 09:10:03

A posteriori, je me dis quand meme que Remi est sacrement courageux (ou inconscient) d'avoir confie la navigation a David. Quand je me rappelle notre passage en Tenibre... :P

Commentaire de Cheville de Miel posté le 11-09-2019 à 14:04:41

Il c’était perdu aussi à la Swiss Peak ;-)

Commentaire de L'écureuil posté le 10-09-2019 à 18:54:57

Bon j'essaie de rajouter quelques commentaires photos ce soir ))

Commentaire de Trixou posté le 10-09-2019 à 21:57:09

Comme quoi les genoux et l’entraînement ca sert peut-être pas tant que ça...

Commentaire de L'écureuil posté le 10-09-2019 à 22:04:09

Gilles, c'est pour çà que je ne m'entraine pas, sinon ce serait trop facile ;-)

Commentaire de Antoine_974 posté le 11-09-2019 à 09:09:44

Géniale cette intégrale comme si on y était.
Bravo les gars et bien content de vous avoir fait vous rencontrer !!

Commentaire de jul32 posté le 11-09-2019 à 10:19:45

Super récit et bravo à vous 2 pour la perf.Merci.

Commentaire de L'écureuil posté le 11-09-2019 à 12:31:30

Shef, cette fois-ci j'avais toutes les cartes ))

Commentaire de L'écureuil posté le 11-09-2019 à 12:32:18

Antoine, je te rassure je suis resté fidèle, on n'a pas dormi dans un king size ensemble ))

Commentaire de Vince88 posté le 11-09-2019 à 20:36:29

Bravo les gars. Survivre au Mordor, tout un programme... !

Commentaire de Mazouth posté le 12-09-2019 à 22:35:19

Super récit que je lis avant d'aller dormir depuis 3 jours... Bravo les gars ! Ceci dit je n'ai pas encore fini de lire mais je tiens à signaler si la boulangère avait eu un robinet, c'eût été un boulanger...

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