Récit de la course : Le Radicassant - 123 km 2019, par kilkenny84

L'auteur : kilkenny84

La course : Le Radicassant - 123 km

Date : 27/4/2019

Lieu : Lillebonne (Seine-Maritime)

Affichage : 500 vues

Distance : 123km

Objectif : Pas d'objectif

3 commentaires

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Quel plaisir quand tout va bien

Vendredi 26 avril, veille de course. Je me pose encore la question d'y aller ou pas sur ce Radicassant. Je dois l'avouer j'y vais pour prendre 5 points UTMB, mon objectif de l'année étant d'avoir les 15 points ncessaires en fin d'année. 15? et bien non, le changement de réglement vient de tomber il n'en faut plus que 10. Du coup moi qui m'étais inscrit au Radicatrail pour "assurer" le coup des 15, j'en vois l'intéreêt réduit. Mais, je décide d'y aller. Ca sera un bon test. Et un 100 bornes, même en Normandie, ca reste un 100 bornes. Go on y va.

 

2h45 je me lève. Un gros petit dèj, mon sac est déjà prêt, et hop on part pour Lillebonne. Niveau préparation elle est bonne, mais par contre la course doit me permettre de tester 2 points, le premier volontaire, le second non.

Je vais tester mes SLab Sense 7 sur 123km. Le drop 4 et le peu d'amorti peuvent paraitre risqué sur du très long. Mais les 76km du challenge XL sur la TDA 3 semaiens plus tôt m'avaient convaincus. Je prend le risque donc de partir avec.

Le second, je n'avais plus de boisson isotonique, du coup je vais tourner 100% à l'eau. Comment le corps va réagir sachant qu'à côté j'ai du mal à m'alimenter après plusieurs heures de course.

 

5h le départ est donné! Nightwish résonne et on part sous les fumigènes. Ca met dans l'ambiance! Je suis en gros au milieu de peloton, mais part très lentement et perd rapidement des places. La course est longue. Et je sais que j'ai tendance à souvent partir vite. Souvent oui, mais pas il y a 3 semaines sur la TDA où j'ai courur avec un ami qui gère très bien ses courses. Ce rythme régulier, lent au départ, mais constant m'avait vallu une très belle fin de course et un résultat au final très satisfaisant. Je repense aussi à ce que disait Stéphane Brogniart dans une vidéo "poses toi toujours la question, Si je cours à cette vitesse, est-ce que je peux courir jusqu'à la fin?". J'adapte donc cette stratégie. 

 

L'allure est lente. Oui, mais je vais la tenir très longtemps je le sais. On me double? Je m'en moque, dans 10h je courerais encore, peut être pas eux. Le seul endroit où je m'autorise de taper un peu dans la machine c'est dans les montées, mon point fort. Je ne cours pas non, je monte en marchant. Mais en marchant vite. Je commence donc à remonter des les premières ascensions des grappes de coureurs. Mais, je suis très bien et ne force pas. Les descente je les fais sans prendre de risques. Le plat, je me force à aller "lentement" pour moi. Pas plus de 6min/km. Les km passent et un point important m'apparait alors. Il va falloir gérer avec une météo pas clémente. Il pleut (beaucoup), mais rarement plus de 10min. Il y a (beaucoup) de vent, mais pas dès qu'on est en forêt. C'est donc une stratégie à faire entre se couvrir contre le vent, la pluie, la grêle, ou au contraire se dévétir quand le soleil tape (oui ca arrivera). Je deviens donc expert en mise en place et retrait express de veste. Elle n'avait jamais servie contre la pluie avant la course, Je sais maintenant qu'elle est étanche. 

 

Le ravito du 18eme arrive vite. Je me connais, j'ai tendance à perdre du temps aux ravito. Je fais le plein des flasques, me remplit les mains de saucissons/tuc/pain d'épices, et je repars, je mangerais en trottinant. Bilan j'ai du rester moins d'1min au stad. Pour le coup c'est rapide. Je suis pleinement dans ma course. On peut maintenant ranger la frontale. Le jour arrive. 

Je continue sur mon rythme habituel. Ne pas se cramer sur le plat, marcher vite en montant, pas de risques dans les descentes. Je remonte toujours du monde, mais que dans les montées, mon rythme n'est pas assez rapide sur le plat, voir même plus lent que des personnes qui reviennent sur moi après chaque montées. Chacun sa stratégie, je continue comme ca, la course est longue.

Ravito du 38eme, même stratégie qu'avant, on fait le plein, et on repart. 1min top chrono. Je demande le classement à tout hasard, on me répond 20eme (sur le site de chronométrage ca sera marqué 14 je ne sais pas pourquoi). Je n'ai pas l'impression d'avoir doublé autant de monde, j'ai encore en tête l'image au départ avec un peloton énorme devant moi. Du coup j'ai peur d'être parti trop vite, beaucoup trop vite. Mais ce n'est pas du tout mon ressenti. Je prends le risque de continuer comme avant en me disant que les sensations valent plus que le classement.

On repart donc pour 20km, je sais que je pourrais prendre un vrai repas au prochain ravito. Mais déjà je me surprend à repartir de celui ci avec un sandwich. Et oui je mange. Miracle, moi qui sature très souvent et ne peut plus rien avaler. Mais là en fait je n'ai pas de boisson isotonique, que de l'eau. Et je me rends compte que je bois beaucoup plus que d'habitude. ben oui je m'arrête pour des pauses techniques, donc c'est que l'hydratation est bonne. Est-ce lié? je ne sais pas mais Au ravitaillement je me fais plaisir. Alors certes un sandwich paté avec du saucisson possède surement moins devitamines et autres trucs techniques qui vont bien que possède une barre ou une boisson isotonique. Mais, entre ne pas pouvoir manger un truc top et manger un bon repas de campagnard, la diifférence est énorme! 

Les 20kms défilent encore une fois très rapidement. Je suis désolé aux personnes qui me parlent, mais quand je suis dans ma course je ne dois pas être très sociable et j'ai du mal à échanger. 

6h30 de course, j'arrive au bivouac. Je n'ai pas de sac, je ne veux pas m'attarder (sur mon premier Ultra j'avais passé 50min sans m'en rendre compte). Le plein d'eau est fait en 30s, je pars chercher un plat de pate. Je suis seul dans la pièce avec la cuisinière, les sensations sont bien. J'arrive à manger. Pas de bobos, je reste concentré.

Je repars 10min plus tard, On m'annone 13eme (mais 10 sur le site de chrono). Soit je vais m'effondrer, soit j'ai bien progressé. Je reste sur ma stratégie, reprise lente pour bien digérer, puis je relance au rythme habituel. Je stoppe net quelques kilomètres plus loin, prit d'un gros doute. On est en effet sur une portion à double sens, il y en a plusieurs je le sais. Mais là j'arrive à un endroit où une flêche indique la direction dans l'autre sens. Est-ce que j'ai loupé un changement? Je suis rejoins par un puis 2 autres coureurs. Je sors le plan, non il faut continuer. On repart donc à 3, ouf c'était bien par là. Mais ca m'a un peu perturbé et je perds 5min dans l'histoire. Je reprends un peu d'avance sur mes 2 compagnons, mais il restent toujours à portée de vue sur les endroits bien dégagés. Toujours RAS sur les sensations qui sont bonnes. J'arrive toujours à boire autant. Ben oui je m'arrête encore pour des escales techniques. Et donc arrive le ravito du 80km.

Je n'ai pas spécialement envie de solide, je prend donc juste une soupe. Je me pose 5min, de quoi laisser le temps à mes 2 amis de revenir. On échange, ca va bien chez tout le monde, enfin bien pour des personnes qui viennent de faire quasiment 2 marathons. On plaisante, il ne nous en reste plus qu'un à faire. Je repars le premier, mais ils reviennent très vite sur moi, puis me passent. Mon moral me lâche un peu. Qu'est-ce que je fais là! Le vent m'use complètement, les rafales sont horribles. J'en ai marre. Je ressasse tout ca pendant des kilomètres. Pourquoi ne pas s'arrêter là, ca soulagerait les jambes. Les jambes? Pourquoi faire, elles vont bien. Fatiguées, mais je cours encore. Mes 2 amis sont quelques centaines de metres devant moi. Je ne reviens pas, mais ils ne prenent rient non plus. Derrière? personne. Je suis comme les autres en fait, pourquoi s'arrêter. Et puis dans un long faut plat je reviens sur mes 2 amis. Nous revoilà à 3. et bientôt devant un mur, au 98eme environ. Mais une fois la haut le moral est revenu. Je lance un "Allez les gars on ne lâche plus rien on va au bout". Un léger doute suivra le panneau 100 bornard étant au 102eme à notre montre. Mais le ravito du 103 est bien au 103 à la montre.

Le ravito est bien. Une tente, elle nous coupe du vent. Quel plaisir. Je prends encore une soupe. Un mec du groupe repart 1min plus tôt. J'attends le 3eme et on enchaine. Au loin en voit un coureur qui apprche du ravito, ca revient par l'arrière. Allez plus que 20km.

Le mec avec moi craque un peu, j'essaye de partir chercher celui devant. J'y arrive, puis je le passe et prend une belle avance, je ne vois plus personne. Mais je sens après que sur le plat j'ai de plus en plus de mal à relancer. Mais je cours toujours. 117eme km, on arrive sur la fin de la boucle. Je vois mes 2 compagnons de fortune derrière. Mais moi je suis bloqué au grille du près, les vaches sont en train de passer, le bénévole m'interdit, à raison, de passer. Je passe enfin mais l'écart est plus faible. Je croise alors un ancien collgèe engagé sur le 123km. Il me demande ce que je fais là, je lui répond que je termine la boucle. J'ai donc 30km d'avance sur lui. Il terminera avant dernier, mais il terminera.

Mais les relances sont de plus en plus difficiles. La jonction est faite par l'arrière et un des 2 repart tout seul devant. Pour de bon. Aller plus que 4km. Soudain on me passe comme une fusée! La personne aperçue au loin au ravito du 103 a fait la jonction. Son rythme est très bon, je ne peux suivre. 121km, la dernière bosse. Elle passe finalement très bien pour moi, en haut je visualise les 2 devants moi. Je me sens mieux, mais trop tard je ne peux pas revenir. J'accélère ce que je peux dans la descente. Enfin la ville. Il reste 1km et là..... les 2 de devants se sont trompés, ils ont traversés la route. Ca me peret de revenir très proche, mais ils sont trop rapides, et dans les cas je ne me vois pas passer devant si proche. Ils sont meilleurs, ils doivent être devant. La question ne se posera pas, ils repartent avec 50 d'avance. Onentend l'arrivée, ca y'est je suis dans le parc, l'arche est proche, les jambes accelèrent encore! Quelle "fraicheur" après 123km! Je franchis la ligne. 11eme, 15h12. 

Je suis content, tout s'est bien passé, mieux que je ne pouvais l'imaginer. Je n'ai jamais aussi bien géré une course. Physiquement tout a été, seul le moral m'aura lâché pendant 15km. J'ai réussi à boire toute la course, et à m'alimenter beaucoup mieux que d'habitude. 

Je n'ai aucun bobos à déclarer, même pas une ampoule. Le test chaussure est validé. Pas la moindre alerte musculaire, pas la moindre crampe. J'ai passé une nuit de rêve et le lendemain je marchais sans difficultés. Ma gestion doit donc être bonne. 

Dans les points à améliorer je dirai l'alimentation entre ravito, je n'ai pas encore trouvé un truc que je sois capable de manger n'importe quand (mais leur échantillon de la marque FlapJack est très bien passé). Et j'ai une batterie externe 10000mAh qui me permet d'être serain pour les charges téléphone/montre/frontale, mais qu'est-ce que c'est lourd. Il faut que j'arrive à alléger mon sac.

Dans 1 mois je serai sur l'Ultra Race à Annecy, j'y fais du coup avec une bonne confiance! Et il y aura mes enfants et ma femme qui seront avec moi sur place et pour l'arrivée. La motivation ne pourra pas me faire défaut cette fois ci!

3 commentaires

Commentaire de yoyotito posté le 03-05-2019 à 09:52:28

Chouette récit, belle gestion de course, joli classement! tout le meilleur pour l'ultra Race, un top 10 de prévu?

à bientôt peut être sur les chemins de France, où plutôt au départ vu ton niveau :)

Commentaire de kilkenny84 posté le 03-05-2019 à 15:50:28

Top 10 sur l'Ultra race je signe de suite. Mais non si je rentre dans les 200 ca sera déjà bien. 1000 partants, le dossard est fonction de la cote ITRA, donc avec le 506 de mémoire... je suis loin de pouvoir prétendre à un classement!

Commentaire de BouBou27 posté le 10-05-2019 à 11:52:16

Bravo Kilk ! L'eau, c'est ce qu'il y a de meilleur ;)
Et en plus, on profite mieux des ravitos

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