Récit de la course : Lyon Urban Trail LUT by Night - 8 km 2018, par Khioube

L'auteur : Khioube

La course : Lyon Urban Trail LUT by Night - 8 km

Date : 3/11/2018

Lieu : Lyon 01 (Rhône)

Affichage : 368 vues

Distance : 8km

Matos : Topo Magnifly 2

Objectif : Se défoncer

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LUT express !

Le 22 novembre, je m'attache à éviter une situation fort fâcheuse : avoir une course de retard dans mes récits - ce qui, au-delà de plonger mes fidèles lecteurs dans une profonde confusion, créerait probablement une faille spatio-temporelle aux conséquences irréversibles. Pour ne pas en arriver là, voici quelques mots sur le LUT by night 2018, format 8km.

Je comptais initialement faire le grand parcours, histoire de faire une sortie longue en vue de la Saintélyon et, si possible, améliorer un peu mon chrono de l'an dernier, mais mon mollet en a décidé autrement. J'ai été contraint de lever un peu le pied au début de l'automne et, de ce fait, ai jugé plus sage de profiter de ces quelques semaines très allégées pour m'essayer au format sprint, d'autant que je suis convaincu d'avoir les qualités requises pour m'en sortir dignement.

Récupération du dossard vers 18h, encore 90 minutes avant le départ. Trois questions se posent : à quel moment faut-il partir à l'échauffement ? À quelle heure déposer le sac à la consigne, sachant qu'il fait un peu frais ? À quel moment venir se placer dans le sas ?

Vers 18h30, j'ai le grand honneur de confier mon sac à Laurent / Arclusaz, venu prêter main forte à l'organisation. Je suis désormais à poil, en short, tee-shirt et avec une gourde de 500ml. L'échauffement est rapide, je fais quelques montées et descentes en dessous de la ligne de départ, assez pour faire monter le cardio et chauffer les jambes. Constatant que les coureurs commencent à s'entasser vers la ligne de départ, et souhaitant pouvoir prendre un départ rapide en descente, je rejoins à mon tour le sas de départ et arrive à me positionner autour du 5e ou 6e rang, en embuscade. Je tombe sur Cindy, une de mes camarades d'entraînement, c'est parfait pour passer le temps. Ensemble, nous constatons que certains se sont mis devant alors qu'ils n'ont manifestement pas l'intention de mener la danse (certains sont habillés comme s'ils partaient pour un ultra en montagne, c'est invraisemblable). Je pense qu'ils n'ont aucune expérience des courses (il doit y avoir beaucoup de débutants sur ce format) et qu'ils ont simplement suivi les consignes du speaker. J'espère pour eux qu'ils ne se feront pas piétiner par les centaines de gnous derrière eux...

Le départ est lancé, direction la cathédrale par la route. Il faut un peu slalomer, mais ça va, j'ai bien fait de me placer devant. Très vite je constate que c'est aussi violent que je l'imaginais, je dois avoir trois débuts de points de côté, mais rien de bien méchant. Juste un corps qui me dit "mais qu'est-ce que tu fous, là ?!". Une fois en bas, c'est parti, il faut courir. Pas facile de trouver la bonne allure. Je dois faire du 15 à l'heure, quelque chose comme ça, j'essaie de ne pas trop me mettre dans le rouge et de ne pas me prendre les pieds dans les pavés de la rue Saint-Georges.

Nous arrivons vite à la première montée, la montée de Choulans. Elle fait mal. J'ai les jambes qui me crament, alors à mi-chemin je passe en marche rapide. Je prends un petit coup au moral, j'ai le sentiment d'être parti très vite et je me dis déjà "bon, ben ça fera toujours une sortie à bonne allure". Pas trop le temps de me morfondre, parce qu'il y a une petite relance sur 50m en descente avant de reprendre les escaliers de la montée du Télégraphe, qui mènent à l'école Albert Camus. Je connais trop bien cette montée pour savoir qu'elle est vilaine et n'essaie donc pas de courir. Je me console en doublant quelques concurrents sur le plat et attaque avec une joie certaine la descente, qui doit faire un kilomètre, avant de remonter vers la Sarra en longeant les jardins ouvriers et le fort. Celle-là, elle passe en courant tranquillement, alors je l'aborde avec plus de plaisir. Et, en effet, je n'ai pas de mal à relancer au virage. Le ravitaillement nous attend, mais personne ne s'y arrête. J'ai dû boire l'équivalent d'un shot, alors je suis loin d'être à sec. Arrivé vers la piste de la Sarra, j'ai du mal à croire que c'est déjà presque la fin. Quel pied ! Ça change des ultras, pardi. Je double encore un peu sur le plat, c'est plaisant. Après quelques minutes de solitude je rejoins un petit grupetto, ça me permet de me caler. Je me fais un peu surprendre par les chicanes de la passerelles des quatre vents, je laisse passer la fille qui me suit. Lorsque la montée Nicolas de Lange pointe le bout de son (très long) nez, je me lance. Les descentes dans les escaliers, j'adore, alors je prends un peu d'avance sur les autres, ils me redoubleront sans doute en remontant. Cela étant, je ne fonce pas non plus tête baissée, à la fois parce que je tiens à la vie et parce que je cours dans la pénombre, étant parti sans frontale. Malin, n'est-ce pas ?

Une fois à la gare Saint-Paul, il n'y a plus beaucoup de questions à se poser, même pour le prince de la gamberge que je suis : on remonte jusqu'à la Basilique, d'abord sur la route puis dans le parc. La première partie est clairement courable, alors j'y vais. On me double, mais je ne me fais pas non plus déposer, il ne faut pas pousser. Par contre, la côte se fait vraiment taire à l'entrée du parc et, tout en sachant qu'il est grand temps de tout donner, je me remets à marcher. Il y a des relances possibles, j'ai fait assez de séances d'entraînement ici pour le savoir, alors je tente de refaire le retard que j'accumule sur les concurrents qui ne marchent pas. Ce jeu de yo-yo dure quelques minutes, et puis il est temps de plonger vers l'amphithéâtre romain. Le type devant est trop loin, alors je fais surtout en sorte de ne pas perdre une nouvelle place, autant jouer le jeu de la compétition à fond.

Finalement je franchis la ligne en un peu moins de 41 minutes, à la 54e position sur 1500 partants. Je passe l'arche quelques instants seulement avant la 2e féminine, la première m'avait fait forte impression au pied de la toute première ascension de ce terrible Mont Fourvière. 



Je suis vraiment content de cette course, j'ai adoré. Je ne suis toujours pas très bon en montée, il aurait fallu que je fasse du spécifique (j'ai surtout pris l'habitude de monter longtemps, tranquillement, avec des bâtons, ce n'était pas trop l'esprit du jour), mais je m'en sors grâce aux relances. 

La moralité, c'est que je ne suis pas taillé pour le trail, et encore moins pour le trail long. Mais bon, c'est plus sympa, il y a de beaux paysages et des copains, alors tant pis ! Je vais essayer de me faire des petits plaisirs coupables comme ce LUT de temps à autre, ça fait du bien de changer !

NB : c'est idiot, quand-même, j'ai dû mettre aussi longtemps à faire la course qu'à rédiger ce récit... 

4 commentaires

Commentaire de Jean-Phi posté le 22-11-2018 à 13:37:31

Super retour, merci ! Belle moyenne !

Commentaire de Khioube posté le 23-11-2018 à 09:40:56

Merci Jean-Phi !

Commentaire de Arclusaz posté le 22-11-2018 à 15:41:49

Quelle facilité tu as sur ce type de format ! tu es vraiment une formule 1....qui aime s'encanailler dans les chemins de labour.

Commentaire de Khioube posté le 23-11-2018 à 09:44:26

Je crois qu'on peut dire à cet égard que toi et moi avons des qualités diamétralement opposées ! On verra la semaine prochaine ce que donne la Formule 1 sur les sentiers, j'espère te croiser à un moment donné !

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