Récit de la course : L'Echappée Belle - Traversée Nord - 85 km 2018, par Thomas74

L'auteur : Thomas74

La course : L'Echappée Belle - Traversée Nord - 85 km

Date : 1/9/2018

Lieu : Vizille (Isère)

Affichage : 590 vues

Distance : 85km

Matos : Altra Olympus 2.5

Objectif : Terminer

13 commentaires

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EB 85 : Sleepy Hollow

Objectif de l’année, premier petit ultra. Fait précédemment deux trails longs pleins d’enseignements qui me mènent aux portes de la course de grand fond. Quelques sorties cet été en bonne compagnie agrémentées à chaque fois d’une belle météo. Deux semaines avant le départ, je gère bien la bouffe (je coupe l’alcool aussi, c’est dire), le sommeil, je me repose... bref physiquement tous les voyants sont au vert. La veille au soir, quasi impossible de fermer l’œil (je n’ai dormi qu’une heure) alors j’essaye de suivre les quelques connaissances qui se sont engagées sur le 140. C’est la grosse galère pour eux, brouillard, pluie, vent etc, ça leur rend le terrain plus difficile et l’organisation a décidé par sécurité de zapper la croix ainsi que le col de l’Aigleton. Tout est bouché, pour les paysages, on repassera, mais dans notre discipline ça fait partie du jeu. Je prends la navette à Aiguebelle qui m’emmène au départ à 5h.


Moi quand je découvre la météo sur place

Froid, brouillard. Mince Katman et courotaf abandonnent… les sachant bien meilleurs que moi effectivement ils n’ont pas trop dû rigoler dans ces conditions. Puis je me recentre sur moi-même, m’habille plus chaudement et me place sur la ligne du départ. La réponse est donnée à la question que l’on se posait tous : on ne fera pas le col du Moretan. Je suis partagé entre déception (je n’aurais pas fait le vrai parcours) et soulagement (déjà fait en reco ; de toute façon, on aurait rien vu ; le terrain aurait été trop dangereux notamment dans la descente ; ça me fera arriver bien plus tôt à mi-parcours augmentant mes chances de réussite). Il est samedi 6h et c’est parti.     

Du Pleynet (km 0) au Gleysin (km 18) : du brouillard

Tout ce brouillard on se croirait dans « The Fog » de Carpenter ou dans un film de la Hammer.


Habitant typique de Belledonne

Petit tour de la station, on redescend à la queu-leu-leu dans un single boisé, ça trottine gentiment. Il neige brièvement, sympa l’entrée en la matière, je me dis que ça va être roots. Habituellement sur mes courses longues, les paysages me remotivaient bien dans la difficulté. Là il ne faudra pas compter là-dessus alors je fais avec ce que j’ai. Le petit lac brumeux que l’on longe en bas de la descente, la silhouette agréable d’une jeune coureuse devant moi (#balancetontraileur), etc. Nous voilà à la première bosse, un petit 1000m d+ à faire, le début est simple puis en haut c’est plus technique, je fais gaffe à la pose du pied, ne traine pas trop et relance en douceur quand le terrain le permet.

Redescente roulante jusqu’à Gleysin, je voulais mettre à la base entre 3h et 3h15, je mets 3h25… sachant que l’on a 4h max pour faire cette portion. C’est la barrière horaire la plus serrée du parcours. Pas mangé jusque-là (pas faim), ce sera comme ça tout le long de la course, je ne mangerai pratiquement qu’aux ravitaillements, pour tout le reste j’ai dû consommer deux ou trois barres et deux pom’potes… idem pour l’eau, je bois bien moins que d’habitude, l’eau froide me fait bizarre… le fait de m’être habitué au cagnard tout l’été et être soudain dans le froid comme ça, ce n’est pas top pour l’estomac. Bref on est au ravito, il y’a du peuple, on se marche dessus, 10 minutes d’arrêt et je repars.


Un bénévole croisé sur le chemin

Du Gleysin (km 18) à Super Collet (km 37) : encore du brouillard

Comme on contourne le col du Moretan on passe par un itinéraire de replis pas glamour du tout. De la piste forestière, ça fait rêver… mais bon pas le choix. C’est chiant mais il faut le faire. Du coup on va direct à Super Collet. Je connais le début du chemin d’ailleurs, c’est par là que l’on est revenu sur Gleysin lors d’une reco début août. J’ai les jambes mais je ne suis absolument pas motivé pour courir donc je marche, je marche, je me fais doubler par des paquets de coureurs. Comme ce n’est pas technique on peut relâcher la concentration sur le terrain et rester dans ses pensées. Mais je ne pense à rien de spécial. On monte, se succède une redescente roulante (je me remets à trottiner), puis ça remonte sec après. En haut je m’arrête quelques minutes profitant d’un moment avec moins de coureurs, juste s’imprégner du silence de la brume. 2-3 km vallonnés et on arrive sur Super Collet.


Nous devinons de temps à autres les spectateurs

J’y suis à 13h, la BH est à 18h (le shunt du Moretan m’a fait arriver bien plus vite que prévu) autrement dit, je suis très large. Alors ce ravito, point noir quand même, on se caille grave les miches, nous ne sommes pas protégés du froid. Du coup je ne songe même pas à changer mes affaires car pas envie de me les geler en me dessapant. C’est noir de monde, je ne trouve pas de place pour m’assoir manger à table alors c’est dans un petit coin à terre que je mange mon bol de soupe en caillant les miches. Le sac de délestage, j’y avais mis plein d’affaires que je ne touche pas, de la bouffe aussi que je laisse dedans, n’ayant presque pas touché à ce que j’avais depuis le départ. Au contraire je m’allège de quelques bricoles, niveau vestimentaire je suis couvert un max (gants, bonnets etc), besoin de rien d’autre jusqu’à l’arrivée. 30 minutes d’arrêt quand même puis je me remets en route.

De Super Collet (km 37) à Val Pelouse (km 54) : toujours du brouillard

Il est 13h30, je dois arriver à Aiguebelle avant demain 12h. Donc 22h30 pour parcourir une portion que je connais pour l’avoir fait en 2017 en un peu moins de 12h. Le doute n’est plus permis, je finirai cette promenade. Je me souviens de mes temps de passages entre chaque ravitos de l’année dernière donc je me base sur des estimations à peu près correctes, en prenant en compte la fatigue je me rajoute 1h à 2h de plus à chaque fois, plus ou moins…

Bref je sors de Super Collet, ça monte avant de redescendre via un sentier assez technique. C’est le premier moment que j’apprécie vraiment sur cette course : il fait un peu moins brumeux, on voit un peu mieux les paysages, la végétation est belle, je suis plutôt seul sur ces chemins. En bas, ben faut remonter. Je croise Ewi qui a l’air bien plus frais que moi alors qu’il a 24h de plus dans les jambes. On a une bonne montée qui s’annonce, je fais la première moitié lentement pour me préserver ensuite j’essaye de mettre un peu plus de rythme. Je me sens bien mais petit à petit ça se dégrade, en effet la fin de ce col d’Arpingon met une plombe à apparaître. C’est un putain de purgatoire, je me revois dans la montée de Tré la Tête à la Montagn’hard. A chaque fois que l’on se croit en haut il faut descendre un peu, puis remonter, rebelotte… ras le bol. Il fait bien froid (je plains les bénévoles), il se met à pleuvoir. J’arrive quand même au bout du truc puis il faut se farcir la descente caillouteuse, rendue plus glissante avec la pluie, pas simple, je suis lent, j’assure mes appuis. Arrivé en bas c’est plus facile, on revient sur un sentier boisé plus classique jusqu’à Val Pelouse. Il est 19h20 j’ai mis quasi 6h… là aussi il y a du monde mais j’arrive à me faufiler sur un banc pour boire ma soupe tranquille. Une nouvelle fois 30 minutes de pause qui me ragaillardissent. A partir de là, c’est plus facile.


Un peu d'animation au ravito

De Val Pelouse (km 54) au Pontet (km 71) : vous ai-je dis qu’il y avait du brouillard ?

Sur cette portion, pas de grosses montées pour une fois, c’est des montagnes russes. Je monte 300m facilement, la nuit tombe, il est temps de sortir la frontale. Une descente de 3-400m techniques, on remonte 300m, puis dernier passage vallonné afin d’atteindre le sommet du Grand Chat. De jour c’est un superbe point de vue sur les montagnes environnantes. Là, nous voyons les lumières des villes au loin en bas. Quand je suis seul je m’amuse à m’arrêter et couper ma frontale, m’imprégner du silence et de la nuit complète m’environnant. Et c’est parti pour une descente merdique de 1000m jusqu’au Pontet. Heureusement que je la connais, je sais qu’elle sera très longue : les genoux commencent à dire stop, donc elle sera intégralement parcourue en marchant, la rendant encore plus interminable. Je sais aussi qu’il restera encore une mega descente à la toute fin, donc autant s’économiser maintenant.

A un moment dans les bois nous tombons sur un petit groupe de coureur et bénévoles réunis autour d’un feu, je les rejoins pour une quinzaine de minutes de pause à se réchauffer. Je ne suis pas pressé et préfère profiter de l’instant plutôt que de vouloir gagner coûte que coûte quelques places au classement auquel je ne me préoccupe pas. Certains en profitent pour dormir, c’est très confortable. Je finis par me relever, je ne suis pas fatigué et je préfère continuer à avancer même lentement. Une fois en bas il y a un peu de plat à se farcir. Je guette les panneaux qui étaient placés l’année dernière, ils finissent par apparaitre. Des messages humoristiques, d’autres pouvant paraître plus gnangnan  du genre « si tu veux quelque chose dans la vie il faut se battre pour l’avoir », ou quelque chose comme ça, mais qui ont un bon effet positif mine de rien. Plus on est fatigué sur un trail plus tout se focalise autour des trucs simples. Cette phrase je l’aurai en tête lors de la dernière montée. Bref, je sais aussi que ces pancartes précèdent de peu le ravitaillement du Pontet, et m’y voilà vers minuit 50.

J’aurai mis deux bonnes heures depuis le sommet du grand Chat… il était temps que j’y sois. Pointage, je grignote quelques bricoles, je me pose boire une soupe puis un thé. Par ce froid c’est toujours ce qu’il y a de mieux pour l’estomac. Une trentaine de minutes d’arrêt, je prends mon temps… ok j’aurai pu mieux optimiser mon temps aux divers ravitos mais mon objectif sur cette coursette est simplement de finir, désolé les vrais sportifs... bon là, je me fixe quand même pour but de finir pour 5h si possible.    

Du Pontet (km 71) à Aiguebelle (km 85) : PAS de brouillard !

Je repars en tremblant, ça caille, puis me réchauffe dans la dernière montée du parcours (un peu moins de 500m). Je lève la tête, pour la première fois depuis le départ nous avons quitté le brouillard, le reste du chemin se fera accompagné par la lune et les étoiles. Cette petite montée est progressive avec un passage raide au milieu où je faibli, avançant comme je peux plié en deux en appuyant au max sur les bâtons, ça ne ressemble à rien mais ça fonctionne. S’il faut se battre pour avoir ce qu’on veut moi je veux être finisher (ça devient une petite litanie à la con qui rythme le planté du bâton, « fi-ni-sher-tac, fi-ni-sher-tac »… dernier point de contrôle au Fort de Montgilbert (c’est comme ça que ça s’appelle mais je ne l’ai jamais vu, moi, ce fort…). « Salut Thomas ». Tiens bonne surprise c’est JUCB et elnumax avec qui j’ai fait une belle sortie quelques semaines plus tôt sur la Tournette. Ils ont de sacré ballades à leur actif, ce sont des experts.


Je ne les reconnais pas sur le coup et je ne suis d’ailleurs pas bien causant, je commence à être un peu décalqué mais leur présence fait plaisir. Pas mal de bouteilles de bières et autre, arf ils se font plaisir. Bon il est temps de se remettre en marche. Il n’y a plus que la dernière grosse descente (similaire à la précédente) jusqu’à l’arrivée. Pas pressé, je marche, tranquille, je n’ai plus mal aux genoux tiens.

Solitude nocturne dans les bois j’éteins encore de temps en temps la frontale… on aura rien vu de tout le trajet alors autant se focaliser sur les sensations… à deux ou trois reprise on quitte les bois pour traverser un petit hameau, dans le silence de la nuit où nous sommes seuls à errer. A l’un d’eux j’entends comme un bruit de sifflet, qu’est-ce que c’est ? Je me retourne et je vois un autre traileur plus haut derrière moi. Sur le coup je me dis que c’est quelqu’un de l’organisation qui m’avertit que je me suis trompé de route. Je le laisse me rejoindre, « bonjour ? » (J’ai failli rajouter « monsieur »). Ebloui par sa frontale je ne le reconnais pas, mais c’est Ewi ! Il m’a déjà rattrapé. Le bruit de sifflet c’est les détecteurs de mouvement devant certaines maisons. On descend quelques minutes ensemble, je lui propose de courir jusqu’à l’arrivée, il me dit de filer devant… je pense qu’il veut savourer la fin de course à sa manière.

Je trottine doucement, avec appréhension, aucunes douleurs, j’accélère petit à petit avant de franchement dérouler comme si j’étais sur un 20 km ! Je reprends plusieurs autres traileurs, la plupart marchant ou trottinant tout doucement. Le fait de m’être beaucoup préservé sur le parcours (peut-être trop ?), ajouté à l’euphorie/adrénaline de la fin, chaque pas me rapprochant d’Aiguebelle et son arche d’arrivée, a gommé toutes douleurs, tout sentiment de fatigue. Je deviens Flash, laisse les autres sur le carreau. J’ai passé tout ce trail à me faire doubler alors voilà ma vengeance accomplie en ces grisantes dix dernières  minutes. Il est 4h42, arche franchie, je sonne la cloche. Bon je n’ai pas été frappé par la foudre ou je ne sais quoi, je ne ressens rien de spécial à ce moment là… juste satisfait d’être arrivé au bout, et que ce soit enfin finit, on ne va pas se mentir. Premier court ultra validé, dans la continuité de ce que j’ai fait plus tôt dans la saison. Pas d’inflammation, zéro ampoules (alors que j’ai noké les pieds seulement la veille et avant le départ), c’est bon ça !

La suite des aventures au raid des bogomiles fin octobre dans le sud, un petit 100 bornes plus roulant et moins technique pour une dernière course longue sans se prendre la tête. Et déjà en pleines réflexions sur le programme 2019.

13 commentaires

Commentaire de L'Dingo posté le 05-09-2018 à 21:28:39

Cette Echappée Belle, tu nous en as fait un film et c'est très divertissant à suivre.
L imagination travaille plein pot dans ce CR puisqu'il n'a pas de paysages à admirer .

Mais il me semble que dans les brumes on reconnait Vik, sans débardeur, sur la photo 3 et la famille De Brignais sur la photo 4 :-)) :-))

Well done

Commentaire de Thomas74 posté le 06-09-2018 à 18:10:02

Oui, pas de photos du parcours, il n'y avait rien à voir. Donc quelques images de bons films rendent mon récit moins chiant à lire enfin j'espère.

Commentaire de skumy posté le 06-09-2018 à 11:03:57

joli CR et très sympa de t'avoir rencontré. Après réflexion, j'aurai du me donner un coup de pieds au cul quand tu m'as doublé pour te suivre. J'ai aussi vécu un sentiment partagé sur la fin que j'ai vu la lune et les étoiles... Partagé entre le plaisir de sortir de ce brouillard et la déception que ça soit pas arrivé plus tôt !! A bientôt

Commentaire de Thomas74 posté le 06-09-2018 à 18:11:26

Tu n'es d'ailleurs pas resté bien loin derrière, je pense que tu gérais mieux les descentes que moi. Ouais tu aurais du me suivre, je me serais occupé des montées et toi de donner le rythme en descente.

Commentaire de skumy posté le 10-09-2018 à 10:55:03

je suis vraiment un escargot en montée. J'arrive pas à me donner pleinement par peur de caler... et oui, en général, j'envoi plus en descente, quand elles sont roulanes, pas comme l'EB...
Pour le Grand duc, je l'ai fait en 2016, les BH sont pas si extraordinaires. je l'ai fait sans prépa et c'est passé, et c'est vraiment sympa

Commentaire de bipbip73 posté le 06-09-2018 à 15:40:04

Bravo, thomas74, j'adore ton style.
ton programme 2019?
Le grand duc de chartreuse pour l'apero et l'EB 144 pour le plat de résistance, bon appétit. A+

Commentaire de Thomas74 posté le 06-09-2018 à 18:17:16

Et bravo à toi pour avoir bouclé l'intégrale. Je t'avais pas reconnu en repartant d'Aiguebelle haha.

Pas de grand duc pour moi l'année prochaine mais il fait parti des courses à faire une fois. Pour le moment je ne suis pas sûr d'être capable de passer leurs BH exigeantes. Je vise déjà la MH100, et je reviendrai sur l'EB, soit l'intégrale en mode survivor le couteau entre les dents, soit refaire le 85 plus proprement en trainant moins.

Peut-être un St Guiral et un GR73 en apéro, je me tâte encore et j'essaye de ne pas avoir les yeux plus gros que le ventre...

Commentaire de Thomas74 posté le 06-09-2018 à 18:50:15

... eeet ce sera l'EB intégrale l'année prochaine, la faute à ton récit...

Commentaire de Katman posté le 06-09-2018 à 21:49:45

Superbe récit Thomas, les photos retracent parfaitement le ressenti de ma descente de la vache...
À deux on a fait l’integrale en relais, l’an prochain on la fera en compagnons de route!!
Bravo pour ta course! T’as été costaud de finir un truc pareil!

Commentaire de Thomas74 posté le 06-09-2018 à 22:27:26

Merci manu. Ça fait plaisir de te voir partant pour une revanche l'année prochaine, on finira ce truc ! Je te souhaites de trouver une solution à tes soucis digestifs.

Commentaire de JuCB posté le 10-09-2018 à 18:18:39

Bravo

Si tu as pris du plaisir sur le 85 avec ce parcours et cette météo de m..., tu vas te régaler l'an prochain sur l'intégrale.
@+

Commentaire de Ewi posté le 02-10-2018 à 08:49:23

Et bien, nous voila fixé. Après une MH65 et une EB85, plus de doute, l'intégrale sera un jeu d'enfant ;) Sympa de t'avoir croisé (et recroisé) pendant cette course.

Commentaire de courotaf posté le 05-06-2019 à 23:08:52

Tu m'as bien fais marré avec les photos de ce CR… :-D
Et bravo pour la bambée!
Rien n'est jamais gagné d'avance, mais tu es prêt sans aucun doute pour l'intégrale!
Aller à ce WE dans ton jardin et très bientôt aux 7 Laux ;-)

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