Récit de la course : 24 heures d'Arcueil 2006, par runstephane

L'auteur : runstephane

La course : 24 heures d'Arcueil

Date : 7/10/2006

Lieu : Arcueil (Val-de-Marne)

Affichage : 1299 vues

Distance : 163.947km

Matos : Au départ.
* en haut, le t-shirt technique Ufo ;
* en bas, un short ;
* sur la tête, casquette Ufo ;
* aux pieds (enduits de pommade style Nok au départ), chaussettes et Adidas Supernova Control (ancien modèle, le nouveau me donne trop d’ampoules) ;

La nuit.
* Winter trail Raidlight-Ufo
* caleçon long Adidas
* buff "Vulcain"

Aux petites heures.
* 2 t-shirts l'un sur l'autre, dont un maches longues
* veste de pluie "de ville", avec capuche baissée
* bonnet
* lecteur mp3 sur les oreilles
* buff remonté jusqu'au nez

Sous la tente.
crème de marron, gâteaux salés (Tuc, pétales salés), saucisson, papayes, bières, Coca, Badoit, bananes, plein de changes (les chaussettes ne serviront pas), des pansements, de l’Arnigel, des granules Arnica 9 CH homéopathie, Doliprane, coupe-ongles, lecteur mp3, piles de rechange, mais pas assez : un grand merci à thierryM qui m’a permis d’aller au bout de mon objectif grâce à… une pile.

Objectif : Objectif majeur

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Happy end !

Départ de la maison vers 9h20, et arrivée au stade Louis Frébault un peu avant 10h. Prise de température de la piste, des bénévoles déjà sur place et des concurrents. Les Ufos sont déjà là : Koline, ThierryM, L'Sanglier, Latie1, Gillou, Ysolo nous rejoint peu après. Il y a également Marie, la soeur du Sanglier qui est venu pour le coacher, et qui s'occupera de chacun d'entre nous durant toute la course (Merci Maris !) ainsi que Laetitia, épouse de Latie1, qui préparent leur départ pour une traversée nord-sud de l’Europe, du Cap Nord à Gibraltar. Mon papa sera également présent jusqu'à 17h et à partir de 6h (?) le lendemain.

Après quelques discussions entre Ufos, j’avais décidé de tenter de transformer ce premier essai de 24h en partant dès le début en méthode Cyrano, 5' de course pour 1' de marche. Ceci devait me permettre, avec les pauses, de rester en dessous des 9 km/h de moyenne, et ainsi de réaliser mon objectif du jour : 100 miles. J’ai une feuille de route qui après un découpage par tranche de 4h doit me permettre de maintenir un semblant de rythme. C’est donc à peu près 30, puis 29, 28, 26, 25 et 24 km que je devais effectuer pour rentrer dans les 161 km.

Le départ est bientôt donné dans une ambiance détendue, les premiers sont déjà bien identifiés, Christine Bodet suivra un plan de marche pour dépasser des 200 km, tandis que chez les hommes, Claude Hardel, Christophe Laborie et Christian Efflam partent pour largement dépasser cette marque. Au total, 36 partants dont seulement 4 féminines.

Et c’est parti vite ; le bal est emmené par Frédéric Vacarella, qui est parti à 12 km/h et restera en tête jusqu’à la 3e heure de course, avant de lâcher prise et d’abandonner. Je m’habitue tranquillement à mon rythme, et commence à discuter ou échanger des regards avec les autres participants. Notamment avec Gérard Dehu, 72 ans et qui entame son 4e 24h en 4 semaines, avant de participer encore aux championnats de France la semaine prochaine, à Saint Doulchard. Impressionnant !

Je garde le même rythme (5/1) jusqu’à environ 4h de course, où un début de tendinite pointe son nez, mais Koline intervient immédiatement en me proposant un comprimé d’ibuprofène pour stopper la douleur naissante et surtout un petit massage avec du cryo gel, dont il me faudra me munir pour les prochaines. Je repars donc, toujours en 5'/1'. J’ai mangé assez tôt des petits sandwiches, accompagnés de ma Badoit rouge, ou de mon Coca-Cola (je me méfie des colas des organisations en général, je suis habitué au Coca et je trouve le goût des autres parfois douteux). Et aussi j’ai commencé à manger des Tuc, très tôt dans la course.

Bizarrement, la piste ne me lasse pas, je parle avec les Ufos du coin à chaque passage, j’essaie de discuter avec ceux qui le veulent bien, je m’amuse beaucoup, à vrai dire. Je fais des « Olé » à chaque passage au pointage, je suis bien. En parlant du pointage, l’organisation est vraiment superbement bien rodée. Chaque temps au tour est noté, il suffit de faire signe à son pointeur (un pointeur pour deux participants) pour être sûr de ne pas se faire oublier de tours. Ça marche très bien, et ça enlève des soucis.

À la septième heure de course, j’ai le plaisir de trouver des collègues sur le bord de la piste, j’en profite pour faire quelques pauses discussion, qui sont les bienvenues. Je commence à accuser le coup vers ces heures-là, et ça devient de plus en plus dur. Vers 21h viennent encore me voir des collègues, je fais de grandes pauses discussions et une très grande pour me restaurer. Je commence à prendre du thé. C’est également vers cette heure que je m’aperçois que je n’urine plus du tout, ce qui me motive encore plus pour boire. Deux arrêts pipi seulement, ce n’est pas beaucoup. Les 100 kilomètres sont encore loin, et mon objectif des 100 miles commence peu à peu à disparaître. J’aviserai une fois au 100e. Les coups de mou se suivent mais je ne suis jamais très mal, comme Ysolo qui ne peut plus rien avaler, ni Gillou confronté au même problème, ni ThierryM qui ira se reposer car trop fatigué. Donc je suis relativement bien, j’arrive encore à marcher, mais plus à courir, et la reprise après chaque pause est de plus en plus longue.



Après le départ des collègues, je branche le lecteur mp3 pour essayer. Je voulais attendre les heures « noires » de la nuit, celles que je redoutais le plus, de 3h au lever du Soleil, mais bon, autant essayer maintenant. Et je fais bien, car la musique me redonne un sacré coup de fouet et c’est finalement le passage au 100 kilomètres qui approche et me redonne encore des ailes. Je reprends la course, avec des enchaînements de 5 tours en courant, un tour en marchant pour prendre du thé. La moyenne s’en ressent tout de suite et j’arrive heureux aux 100 km en 13h26, ce qui me fait saluer mon pointeur, et faire un « Olé » aux autres. Je n’ai jamais couru aussi loin… si tant est que l’on puisse courir loin sur une piste. Bon, voilà un cap de passé, reste le suivant sur la liste, un autre 100, mesure anglo-saxonne cette fois-ci. Durant cette période, je prendrai au moins un tour à tous les concurrents sauf au premier, mais tout de même, j’aurai doublé, une fois dans ma vie, Christophe Laborie et Christian Efflam, ce qui n’est pas donné à tout le monde, même si c’était sur cinq tours à fond ! Christophe aura garder une superbe foulée tout au long de cette épreuve, j’en suis resté très impressionné. Impressionné également par Christian, d’une très très grande élégance de course.

Je repars très décidé, mais j'arrête la course. Je ne ferai plus que de la marche rapide, je n’ai jamais été si vite en marchant. Je calcule mes temps de passage à ce rythme, et comprends rapidement que les 100 miles sont encore possibles. Cela me redonne assez de courage pour ne pas coincer. Je continue à boire du thé, mais je ne mange pas grand chose, plus très envie de rien. Le thé par contre, j’en prends des litres ! La petite pause pour le prendre est un régal, aussi. J’en prends un en marchant, mais le plaisir n’est pas le même alors je préfère m’arrêter un peu pour profiter pleinement de ce moment de douceur. Les tours s'enchaînent au tours, les changements de sens au changements de sens (à 17h, 23h, 3h et 7h). La nuit est magique, mais fraîche. Je m’habille donc en conséquence, bien que je sois le seul finalement aussi couvert. Certains resteront en short toute la nuit, et un en t-shirt. Je suis pour ma part habillé de deux t-shirts, dont un manches longues, sous ma veste de pluie. J’ai mis mon caleçon long vers 21h je crois, et au cours de la nuit je rajoute un buff, remonté pratiquement tout le temps sur le nez, ainsi que mon bonnet et ma capuche, descendue elle jusqu'aux yeux, ce qui me fait, dixit Ysolo, un look Ninja redoutable. Au moins j’ai chaud, enfin, pas trop froid. Cela va durer jusqu’à la fin de la nuit, ou plutôt juste avant. Vers 7h, je commence à marcher comme Christine Bodet (je l’interpelle lorsqu’elle me double en titubant à moitié, et elle me répond : « je dors. ») et mes yeux commencent à se fermer, alors je prends une grosse pause. Thé bien sûr et aussi de nouveau à manger avec deux brioches aux pépites de chocolat, et un yaourt. Cela me fait du bien, et je repars le couteau entre les dents pour ne pas laisser s’échapper cette barrière des 100 miles. J’arrive même à reprendre un petit peu de course, mais jamais très longtemps.



Arrive enfin la 23e heure de course, et le passage tant attendu. Depuis 8 km, je pense en relatif : « n km, 2 tours et la bande » puisque les 100 miles sont matérialisés sur la piste par une bande adhésive. J’y ai vu le passage du premier, au cours de la 14e heure, je n’avais alors qu’une bonne cinquantaine de kilomètres de retard. Un mile sur cette piste représente donc un kilomètre, deux tours et… presqu’un demi tour, jusqu'à la bande à terre. Je suis donc dans cette optique à partir du 8e kilomètre avant celà, c’est-à-dire à partir du km 142, si je me souviens bien. Ensuite, c’est une bête suite arithmétique de raison –1, et j’arrive à suivre :
« 2 km, 2 tours et la bande »,
« 4 tours, 2 tours et la bande »,
« 3 tours, 2 tours et la bande »,
« 2 tours, 2 tours et la bande »,
« 1 tour, 2 tours et la bande »,
« 2 tours et la bande »,
« 1 tour et la bande »,
« La bande ! »,
Là je laisse exploser ma joie, j’avais choisi le tour précédent le morceau de musique qui m’accompagnerait sur cette gloire personnelle éphémère, un morceau du World Saxophone Quartet qui résonne encore à mes oreilles. Je finis mon tour pratiquement les bras levés en permanence, je passe la ligne du km 161,2 et serre la main du pointeur, en lui disant que je prends une pause. La meilleure de ma vie ! Deux yaourts, un thé, il m’aura fallu 23h08 pour faire 100 miles. La qualification à la Hardrock Hundred Mile Endurance Run est donc possible (puisque réelle à cet instant), reste à trouver les fonds pour faire cette course de rêve (trail de 100 miles dans le Colorado, à 3000 m d’altitude moyenne, un passage à 4300 m et 10000 m de dénivelé positive ; un gros truc, quoi !). Enfin, je n’en suis pas là et pour l’instant je savoure mon exploit, en discutant avec Sylvain61, l'Ufo de service qui encourage en rigolant et reveille ceux qui dorment avec des vannes bien senties, et avec tous ceux qui se présentent ! J’ai du mal à repartir, j’en profite pour repasser en mode été, en enlevant mon bonnet, ma veste, en repassant mon Winter Trail et ma casquette Ufo pour être en habits de lumière au final. Je ferai le dernier tour en courant, et finis avec L'Sanglier, un grand plaisir de finir sur la même ligne pour mon premier 24h ; enfin, même ligne c’est une façon de parler puisqu’il est loin devant, à plus de 10 kilomètres.

Je passe ensuite aux massages, fait par une ostéopathe qui me fait découvrir que je courais depuis longtemps avec des appuis décalés à la cheville droite, décalage dû à une ou plusieurs entorses pas soignées ! (Et pour cause, je me suis déjà fait des « chevilles qui partent toutes seules » mais elles se sont toujours remises toutes seules également, mal à ce qu’on dirait !) Enfin, un peu de ré-activation du retour veineux par massage extra-fort de la voute plantaire me fait du bien, et c’est très tranquillement que je vais m’asseoir pour attendre la remise des récompenses. La malléole intérieure droite sera douloureuse au toucher pendant quelques jours encore.

Claude Hardel en a terminé pour sa part avec plus de 244 km, laissant Christophe Laborie à presque 20 longueurs derrière, et Christian Efflam a près de 27. Christine Bodet remporte la première place chez les féminines, avec plus de 187 km. Je suis 16e, après avoir pointé à la 28e place aux premières heures et jusqu'à la 14e à la 21e. Je suis très content de mon sort, et me vois remettre une coupe et une polaire, que j’enfile illico. J’en profite – puisque personne ne me connaît, ou presque – pour faire un petit discours de présentation (1er 24h) et de remerciements : « Vous [l’organisation] êtes formidables… et je reviendrai ».

La fête se termine par un buffet, auquel je n’assiste pas pour rejoindre au plus vite mes loulous à la maison. Mais j’en profite dans la voiture (je ne conduis pas), grâce au doggy bag que m’a incité à prendre Mireille, quel régal ! Et je profite de la grande partie de journée restante pour faire une sieste, incontournable.

4 commentaires

Commentaire de totoche58 posté le 14-10-2006 à 20:11:00

Encore toutes mes félicitations Mister runstéphane. Belle course qui n'en doutons pas ,sera la première d'une grande série.....
Tu sais les Ulis le 8 et 9 décembre y'a plein de trucs à faire (MDR)
Abientot
totoche88

Commentaire de Ludovic76 posté le 16-10-2006 à 07:18:00

Bravo stéphane pour cette belle course qui s'est magnifiquement déroulée. Merci pour les petits conseils alimantaires. Peux-tu m'en dire plus pour le problème de maléole intérieure droite car c'est exactement le seul mal dont je souffre? C'est quoi Ubuprofène et le gel glacial? Ton Cr m'aide pour préparer mon objectif 2007, les 24h de Séné. Merci pour tes réponses et bravo encore. Ludovic

Commentaire de momoVH3 posté le 17-10-2006 à 00:25:00

Bravo Stéphane, quelle détermination et beau CR.
Félicitations
momoVH3

Commentaire de runner14 posté le 21-10-2006 à 14:16:00

Salut Runsthéphane!Un 24h très bien mené et d'une limpidité à couper le "souffle" ou plutôt rondement
gérer avec talent!Je n'est pus participer à celui-ci était sur une autre épreuve à cette date dommage pour moi j'aurais pu faire ta connaissance sur celle-ci peut-être và tu faire comme moi les 24h des ULIS!Amitiés sportives.

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