Récit de la course : 12 heures de la Voie Romaine 2018, par BouBou27

L'auteur : BouBou27

La course : 12 heures de la Voie Romaine

Date : 9/6/2018

Lieu : Lillebonne (Seine-Maritime)

Affichage : 682 vues

Distance : 100km

Objectif : Battre un record

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Centbonard !

Je me suis inscrit au dernier moment au 12h de course à pieds à Lillebonne. Mon amie était inscrit en marche et je me suis décidé au dernier moment.

Cela va être une première pour moi. Je n’ai jamais fait de course horaire. Ma plus longue course a été le marathon de Paris. Ma plus grosse sortie, 53km 2000mD+ en 7h…

A force de lire les comptes rendu de Christian Mauduit, ce format m’attirait pour sa convivialité. De plus j’avais le projet il y a 2 ans de faire un 100km, mais c’est tombé à l’eau. Bref, l’objectif va être 100km, ce qui, sur le papier, est dans mes cordes avec un record marathon de 3h09, mais sans aucun entrainement spécifique. Rien à cette allure de 6'/km que je ne connais pas (mon EF lent est plutot à 5'40).

Acheté la veille une paire de running dkt une taille au dessus pour 30€. Les autres paires plus chères, je ne les trouvais pas assez souple. Je me suis trop habitué à mes trails un peu minimaliste…

Nous arrivons sur zone vers 8h15 avec mon amie et une de ses amie inscrite elle aussi à la marche. Nous avons largement le temps de préparer notre petite table de ravitaillement et d’aller à pieds en ville prendre un petit café au bistro.


Le départ est donné à 11h. Je commence avec mes vieilles asics qui ont plus de 1000km mais qui je sais vont devenir un peu étroites quand les pieds vont gonfler.


Le premier tour est fait en l’honneur d’un habitué de cette course qui a disparu durant l’année.

Je pars tranquillement en contrôlant le rythme, n’étant pas habitué à cette allure.

Le circuit fait 1180m. A chaque tour, j’ai prévu de marcher 80m pour boire et manger et courir le reste. Je marche donc, soit au passage à notre tente, un peu avant la fin du circuit, ou au ravitaillement officiel, juste après le passage de la ligne.

Je me suis préparé de l’eau sucrée et salé (6 bouteilles de 1,5L) et des barres d’amandes et stick de lait concentré sucré, que j’aime bien manger sur les sorties longues.

3 tours sur 4, je prend mon eau sucré, et le 4ème tour, de l’eau plate ou pétillante après avoir manger une barre ou un stick.

Durant les premiers tours, je discute un peu avec quelques concurrents. Nous sommes 65 à tourner sur le circuits dont 29 en marche ce qui permets de les croiser plus régulièrement que les coureurs.


Il y a un gars en fauteuil roulant. Il fait les 24h avec un fauteuil pas du tout adapté au circuit de terre. On discute un peu. Il est plutôt habitué au parquet des salles de basket.

Toutes les 30 minutes environ, je croise ma chérie qui marche énergiquement en marche nordique. On discute un peu, se fait un petit bisou et c’est reparti.

Je fais 9,4km la première heure. Pile poil dans les temps avec 10km/h de course à pied, ce qui fait un tour à 7’40”. J’ai des tours plus rapide, mais c’est normal avec mon système de marche avant ou après la ligne.

A la fin de la 2nd heure, je suis à 18,6km (+9,2).

Je suis second et dernier sur ma catégorie. A chaque tour, je vois le tableau. Je ne vise pas le classement, l’objectif étant les 100km, mais je ne croise jamais mon concurrent, enfin, il ne me dépasse pas !

J’assiste aussi à un miracle en voyant l’homme dans le fauteuil roulant marcher ! En fait, il n’est pas handicapé...

Je me suis déjà arrêté 2 fois pour aller aux toilettes. Je me dit que le lait concentré sucré à un peu de mal a passer et je vais arrêter d’en prendre. Par contre, je continue de boire beaucoup. La chaleur commence à bien monter, et l’air est saturé d’humidité. Heureusement, quelques portions du circuit sont un peu abritées.

3ème heure, 27,7 km(+9,1)

Je passe 1er à 3h40 sans voir mon concurrent...

4ème heure, 36,7 km(+9,0)

Le rythme baisse un peu, sans trop m’inquiéter. Je fais quelques pauses pipi et je change de chaussures au 4h. La sensation est bizarre avec la voûte plantaire plus soutenue.

Le marathon en 4h37.

5ème heure  45,7 km (+9,0).

J’ai le mollet droit qui commence à bien durcir et je sens la contraction pas très loin.

A 5h30 de course, je décide de passer au massage pour voir si cela fait quelque chose. Sinon, je sens bien que je ne pourrai pas continuer 6h30 comme cela !

Je reste 4 minutes sur la planche à me faire masser les mollets et repart. J’ai perdu ma 1ère place, preuve que nous sommes dans un mouchoir de poche. Mais 2 tours après, je reprends la 1ère place.

Le massage a fait son effet et je ne ressens plus rien au mollet ! C’est magique.

6ème heure 53,9 km (+8,2)

Même si le mollet va bien, je suis dans le dur. J’ai l’impression que les 100km ne vont pas être possible et le moral baisse. En plus, il y a moins de monde sur le circuit avec la fin des 6 heures. Je ne suis qu’à la moitié du temps ! Ma chérie me remotive un peu.

7ème heure 62,1 km (+8,2)

Toujours dur. Je fais la connaissance de Gégé, inscrit aux 24h) qui discute avec ma Juliette (un peu jalou ?). Du coup il m'appellera Roméo jusqu’à la fin.

8ème heure 70,7 km (+8,6)

Je vais mieux. Tous les voyants sont au vert et je me suis prévu une bière au 75km.

Par contre j’ai oublié de prendre un décapsuleur alors je demande à un groupe très joyeux s'ils en ont un et de me le préparer pour dans 5 tours…

75 km en 8h30. J’ai bien mérité ma bière. Gégé me reprends et je lui offre une gorgée !


C’est reparti…

il reste 3h30 pour faire 25km. Largement faisable si tout va bien !

9ème heure 79,0km (+8,3)

Je commence a avoir bien mal au tendon du releveur du pied droit. Je pense que j’ai trop poussé avec le pied ces dernières heures pour garder le rythme et je ne suis pas habitué sur une aussi longue durée. J'ai plutot une foulée assez courte avec une cadence évelée.

Je repasse au massage pendant 6 bonnes minutes pour le releveur, et les mollets, juste en préventif.

Il me reste 21km à faire en 3h. Je sens que c’est faisable.

10ème heure 86,4km (+7,4)

Le massage n’a cette fois rien pu faire sur le tendon. Ca tire toujours. J’allonge de plus en plus mon temps de marche. Je sais que je ne ferais pas plus que l’objectif. Je vise 85 tours, pas un de plus.

Juliette a trouvé Gilles, mon concurrent et discute avec lui quand je les rejoins. Il avait aussi prévu de faire 100km, mais encore une fois (4ème tentative), il sait qu’il va échouer: il a maintenant 4 tours de retard sur moi. Il m’encourage pour que j'atteigne mon objectif. Je repars.

11ème heure 94,4km (+8,0)

A chaque tour, je compte le nombre de tour qu’il me manque, le temps qu’il me reste et calcule le temps au tour. On est pas ingénieur pour rien... Cela me rassure en voyant que ce temps augmente. Je marche sur au moins le quart du parcours.

Arrive le dernier tour. Il me reste presque 20' pour le faire. Je marche presque tout le tour en discutant avec les marcheurs que je dépasse. Les encourageants s’ils continuent encore toute la nuit. Encourage les coureurs qui, eux, me dépassent.

Je termine mon dernier tour à 11h51’41”. On me libère de ma puce. Voilà, c’est fait ! Je suis centbonard ! Je suis heureux !



Je reviens sur la fin du parcours pour encourager ma chérie qui est repartie limite pour un dernier tour. Elle le finit en 9’42, à 7,3km/h, toujour en marchant. J’ai du mal à suivre et je cours sur la ligne pour voir le temps qu’il reste. Elle termine à moins d’une minute de la limite de temps. C’était la dernière des 12h sur ce circuit, et termine 1ère, toutes catégories (devant les hommes) avec 73,2km, améliorant sa distance de l’année dernière. Nous sommes heureux !


Le seul bémol pour moi est cette tendinite au releveur droit, mais sinon, aucune douleur musculaire. 2 jours après, aucunes courbatures !


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