Récit de la course : 24 heures de l'INSA 2018, par tidgi

L'auteur : tidgi

La course : 24 heures de l'INSA

Date : 18/5/2018

Lieu : Villeurbanne (Rhône)

Affichage : 618 vues

Distance : 0km

Objectif : Pas d'objectif

12 commentaires

Faire connaître ce récit sur Twitter :

Faire connaître ce récit sur Facebook : Partager

Chronique d’une 1° victoire


2 ans après une première expérience sur un 24h officiel et un 1° podium (je laisse de côté la belle expérience du TALC - truc à la con – faite en 2015, prélude des 24h officiels de l’Ultra Boucle de la Sarra), je décide de rejouer le hamster, cette fois-ci sur les 24h de l’INSA.

 

Initialement, je devais faire l’Ultra des Coursières, mais parti sur une séquence « bitume et plat » je vais enchainer le marathon d’Annecy et ces 24h.

 

Cette course se déroule dans le cadre du festival annuel organisé par l’INSA à Lyon.

C’est la 44° édition, autant dire que cette épreuve, même si elle est peu médiatisée, a sa place dans le calendrier.

En regardant les résultats de l’année précédente et le nombre de km parcourus, peu de concurrents... et il y a moyen de faire une très bonne place, et pourquoi pas une première victoire ?

 

4 semaines séparent le marathon d’Annecy et ces 24h. Le temps de récupérer un peu du marathon, autant dire que la prépa sera très light. Juste une reprise de la fin du plan qui m’avait servi pour St Fons : 40’ à 1h en allure cible et pis c’est tout.

1 semaine avant, une petite reco sur site avec les crocs. Je me verrai bien faire le parcours avec. Même si les pieds sont habitués, la plus longue distance en continu ne dépasse pas 25km.

Pour le parcours, bof... et bien… j’espère que l’animation pourra compenser…

 


 

Le jour J, j’arrive sur site suffisamment tôt car le campus ferme ses accès à 10h. Pour un départ à 14h, j’ai le temps de me préparer. La voiture est garée en plein soleil mais au bord du parcours, ce peut être pratique pour la logistique (l’agencement de la salle est trop compliqué pour optimiser ses tours)

Je repère la team de choc (Stéphane, Pascale, Christophe, Loïc) venue courir sur la catégorie par équipe. Ils sont bien installés dans leur tente et acceptent que je squatte un bout de m². Sympa (et merci encore à eux !) : je me sentirai moins seul lors des arrêts et je peux ainsi mettre à l’ombre quelques affaires.

 

 



 

Après un tour de reconnaissance en groupe, les coureurs sont lâchés en même temps que les cyclistes. Chaque discipline a son parcours… et son sens de rotation… Ce sera amusant de les croiser régulièrement.

Je cours en crocs et mon objectif est donc d’aller le plus loin possible.

La stratégie appliquée sera celle de Saint Fons : tous les 2 tours, un passage au ravito et une petite marche à pied juste derrière avant de repartir. Et idéalement arrêt toutes les 3 heures.

Un bidon perso avec de la gestion énergétique restera à proximité de la tente de la team. Car le ravito (et le suivi des résultats au tour) se passe surtout dans un bâtiment à proximité du parcours, avec 3/4 marches à gravir (et donc à redescendre... çà va être sympa au bout de quelques heures !

 

Les 2 premières heures se passent bien. Le rythme est plutôt rapide, 10km/h.

Au fur et à mesure, je sens néanmoins une gêne à la jambe gauche : est-ce le revêtement qui n’est pas terrible ? Les crocs qui me font modifier mes appuis (j’ai pourtant un peu l’habitude) ? Cette gêne est aléatoire, cela n’entame pas pour autant mon périple.

Pas de ravito solide proposé pendant cette période ! Il faut se débrouiller, et attendre les victuailles.

La chaleur est bien présente, mais pas étouffante heureusement.

 

 

 

3h de course, 31km. Je fais une pause pour crémage des pieds.

On m’apprend à la 3° heure que je suis deuxième. Vu l’allure un poil rapide, cela ne m’étonne qu’à moitié. Tenir le haut du pavé, comme à St Fons, voilà une situation plutôt motivante.

La gêne à la jambe à l’air d’avoir disparu…

 

Le marathon est passé en 4h15. L’allure commence à décliner.

Mais j’ai toujours mes crocs…

 

Jean-phi vient m’accompagner pour une quinzaine de bornes, merci pour la compagnie. A discuter ainsi, le temps passe plus vite.

 

 

 

5h40 de course, 55km

L’arrêt « 6h » prévu pour se changer arrive un peu plus tôt. J’ai besoin de me poser.

Ce sol irrégulier tape bien et la fatigue commence à se faire sentir.


 

J’apprends que je suis passé premier depuis la 5° heure (je ne passais pas beaucoup consulter le classement car il faut à chaque fois rentrer dans le local ravito, à côté du chrono. Premier sur une course !!

C’est bien, mais le chemin est encore très très long.
Du coup, je prévois d’aller voir ce classement régulièrement.

Je suis donc dans la position du chassé.

 

Une ampoule commence à se former au bout d’un orteil.

Conseillé par mes amis, je décide d’arrêter là… non mais… en crocs. Oui, cette première place accrochée, je préfère revenir à des appuis plus conventionnels et ne pas prendre de risques.

J’aurais quand même fait la plus longue distance en une seule sortie : 55km. C’est déjà çà.

 

Côté 1° place, mes amis l'ont accrochée aussi en relais 4.

 

 

9h de course

Le jour décline mais il fait encore chaud quand je passe en manches longues.

La frontale ne semble pas obligatoire, peu de portions sont dans le noir : tant mieux, moins de fatigue pour les yeux… et le haut du crâne.

Côté alimentation, je commence à avoir du mal. Envie de ne rien grignoter, seul le liquide arrive à passer. Ce qui n’aide pas à maintenir l’allure.

Je laisse tomber la boisson énergétique et passe au coca mélangé à l'eau (c'était bien la peine de prévoir des petits sachets)

 

 

10h20 de course, 90km

La nuit est tombée, tout comme les températures. Pour courir, c’est quand même mieux !

Le bide n’a pas très envie de se requinquer : on va y aller doucement. Je profite de ce temps d’arrêt pour me poser  -> 20 minutes qui passent très très vite !

 

 

Le campus reste animé grâce aux concerts qui ont lieu pas loin.

Tout comme sur le parcours. C’est quand mieux qu’à St Fons où malheureusement la nuit, il ne se passait pas grand-chose.

J’ai 6 tours d’écart avec mon poursuivant, que j’ai enfin repéré (bizarrement, pas facile de se repérer entre solo). Il a l’air d’avoir un peu de mal aussi.

On échange un petit mot rapidement. Je verrai plus tard que c’est un habitué des lieux (1° il y a 2 ans, 3° l’an dernier).

 

 

 

13h de course, 110km

La mi-course est passée.

L’objectif des 200km (comme le record de 198 km d’ailleurs) devient très ambitieux avec la fatigue qui va croissant.

Mais la 1° place est toujours là.

Un groupe de fêtard s’est posé par très loin du parcours: coffre ouvert d’une voiture, des bières et autres liquides posés sur le toit… Ils mettent un peu d’animation.

La nuit semble passer assez vite, je n’ai pas envie de dormir. D’ailleurs, je n’ai pas le droit, il y a une 1° place à défendre.

C’est que l’écart du nombre de tours s’est réduit (4) : hop ! hop ! Il faut relancer… pour retrouver les 6 tours environ. Ca va ! Les jambes répondent bien. Donc on continue tout en gestion ;-)

 

L'aversion au coca me fait changer de boisson : du sirop de menthe. Tout se qui a de plus classique, mais çà fait un bien fou. Top là, on va tourner au liquide vert.

 

 

18h10 de course, 150km

Il reste moins de 6h. Vu l’allure déclinante, faire 40km serait déjà bien. On oublie la perf/record/etc...

Le seul objectif – et non des moindres – est à présent de protéger coute que coute la place. L’avance reste stable, mais je surveille mon chasseur. Il suffit d’une grosse défaillance, voire d’un arrêt forcé et en un peu plus d'1h, ce matelas confortable s’envole. On se fait de ces idées parfois…

D'ailleurs, il a suffit d'un nouvel prolongé pour qu'il me reprenne 2 tours. Allez ! Hop ! On y retourne !

 

 

 

20h40 de course, 166km

Les arrêts plus nombreux ont rendu la progression plus lente : les km s’additionnent moins vite.

En même temps, je ne cherche plus à aller vite, mais à conforter cette 1° place. Sauf défaillance, et si je continue à "bouger", la victoire est au bout.

Jean Phi revient à nouveau m’accompagner et faire son WE choc ( !).


Pour quelqu’un qui a du mal à retrouver de la motivation, il est même ravi, et moi de même. Bien joué mec ! En espérant que tu puisses t’appuyer sur ces moments-là pour revenir.

 

 

Après Jean Phi, c’est Laurence, puis Franck qui viennent m’accompagner au milieu de l’agitation de fin de course.

Franck passera avec moi le 100° tour. 


Même si cela me fait sortir de ma bulle forcément, c’est très agréable d’avoir de la compagnie et de partager cette magnifique boucle ( !).

 

 

 

22h30 de course, 171km

De plus en plus de monde arrivent sur le campus. C’est dimanche, il fait beau.

Ma femme et 2 de mes fils viennent d’arriver. Ils m’accompagnent, l’un après l’autre, sur un tour chacun.

Attention aux relais qui ont l’air d’aller de plus en plus vite (où c’est moi qui n’avance plus), ce décalage de vitesse a tendance à m’agacer. Cela devient vraiment 2 mondes : entre les circadiens qui luttent pour finir et le relais qui se tirent la bourre pour améliorer leur classement.

D'ailleurs "ma" team répond toujours présent. Ils continuent à conforter leur 1° place.

 

 

 

Dernière heure

Ayant compris l’acquisition définitive de cette première place, je peux m’arrêter maintenant.

En effet, je n’ai pas envie de devoir récupérer pendant un long moment comme ce fut le cas à St Fons il y a 2 ans. J’avais mis plus de 2 semaines à m’en remettre, ayant accéléré sur la fin pour engranger des km.

Ce n’est donc pas la peine d’en arriver là. Le record est loin, je vais juste chercher à arrondir le kilométrage : 180 ? C’est bien non ? Et puis ça sonne bien, je ne sais pas pourquoi ;-)

 

J’en suis à 103 tours. Il m’en faut donc 106 (faire des maths à bientôt 24h de course, c’est pas humain !).

Plus que 3. Le premier se fait en marchant sur les ¾ de la boucle (1° fois que je marche autant) puis les 2 derniers en courant tranquillement.

23h35, fin de l’amusement.





 

Après une bonne douche, je retrouve mes amis victorieux aussi avec leur équipe. Bravo !

Les podiums suivront :






 

 


 

En guise de bilan…

Evidemment, bien content de cette première première place (non je ne bagaie pas) !

Parti un peu vite (en même temps, je me suis essayé à atteindre les 200km), l’allure n’a fait que décroitre progressivement, contrairement à St Fons où j’avais été étonnamment régulier.

En même temps, 4 semaines après le marathon d’Annecy, et sans prépa spécifique, il ne fallait pas s’attendre à un miracle donc la satisfaction est énorme, notamment sur la gestion de course (et de mon « chasseur »).


La régularité n'aura donc pas été mon fort, mais la gestion oui : à surveiller cette 1° place acquise au bout de 5h, tout en cherchant à s'économiser. Etre leader pendant presque 20 heures, ce n'est pas tous les jours, alors on profite...


Un bon travail d’équipe puisque cette 1° place aura été acquise à la force des crocs, et protégée ensuite grâce à mes Hoka.

 


Merci à mes acolytes qui ont bien voulu me céder un bout de chaise dans leur tente, et permettre de partager leur aventure (eux aussi ont lutté pour garder leur première place). Encore bravo pour leur victoire en relais.

Une belle tente de vainqueurs…

 

 

Côté organisation, un grand bravo aux bénévoles qui, en plus du ravito, devaient gérer aussi le public venu pour le festival, les animations.


S'il y avait des points à améliorer :

- Un ravito solide dès le départ et non au bout de 2 heures

- Ce même ravito est en 2 parties, dont une sur le parcours : pourquoi ne pas le fournir un peu plus (comme celui dans le bâtiment), afin d'éviter de devoir rentrer dans celui-ci et donc de monter quelques marches pour ceux qui font le 24h (le plus dur est plutôt de les descendre... ces marches)

- Eviter d'escalader le bout de trottoir devant le chrono, au bout de 50 tours çà devient usant...

- Avoir un affichage dehors, pour éviter de rentrer une fois de plus dans le bâtiment


Je pense que je reviendrai...

 

 

 


 

 

En chiffres :

15 concurrents solo

1° place avec 106 tours / 180 km en 23h35

 

55 km en crocs (dommage qu'il n'y ait pas eu plus, voire la totalité)

115 000 pas pour la seule journée du dimanche (c’est ma montre qui le dit...)

Une grosse ampoule sur le dessus d’un orteil

Fracass mais pas trop ;-)


Le podium avec David Briand (3°). Bravo mon pote !

 

 

 

12 commentaires

Commentaire de Kirikou69 posté le 30-05-2018 à 21:54:25

Bravo tidgi, t'es vraiment un gars épatant. Vivement ton prochain exploit!

Commentaire de jano posté le 30-05-2018 à 22:23:08

bravo tidgi, polyvalence et abnégation comme toujours.

Commentaire de Arclusaz posté le 30-05-2018 à 22:26:11

une nouvelle expérience, celle de la plus haute marche. Place aux chemins maintenant !

Commentaire de Jean-Phi posté le 31-05-2018 à 08:42:43

Très content de t'avoir accompagné un bout et avoir pu te distraire même momentanément. Pour moi tu as mieux que 200 kms dans les jambes mais il faudra une belle prépa pour ça. Partie remise et place aux traails et ultra trails ou tu assures aussi comme il faut. Bref, Tidgi tout terrain ! Bravo mon pote !

Commentaire de zeze posté le 31-05-2018 à 11:46:16

Bravo Thierry ..premier sans son St Bernard
RDV à Tullins pour la bagarre :)

Commentaire de tidgi posté le 31-05-2018 à 13:44:00

Merci les gars !
@zeze, ce peut être aussi une course d'équipe à Tullins ;-)

Commentaire de zeze posté le 31-05-2018 à 14:08:45

Oui bien sur ; mais cela ne rime pas avec Bernard ;)

Commentaire de Trixou posté le 31-05-2018 à 14:28:00

Bravo Thierry !

Commentaire de coco38 posté le 31-05-2018 à 20:03:36

Bravo Thierry... tu as l'ai un poil fatigué quand même sur la photo derrière le chrono 24h.

Commentaire de tidgi posté le 31-05-2018 à 21:47:28

C'était après la douche.

Commentaire de franck de Brignais posté le 31-05-2018 à 21:38:55

Bravo Thierry... une sacrée perf !

Commentaire de tidgi posté le 31-05-2018 à 21:47:41

Merci @ tous

Il faut être connecté pour pouvoir poster un message.

Accueil - Haut de page - Version grand écran